Bilan économique 2018 - Île-de-France
L’activité francilienne perd de son élan, mais reste globalement bien orientée en
fin d’année
Après une année 2017 particulièrement favorable, 2018 reste bien orientée malgré
un léger fléchissement en fin d’année. Dans un contexte national marqué par une reprise
de la croissance économique, les indicateurs franciliens sont dans l’ensemble au vert.
Avec 64 800 créations nettes d'emplois en 2018, un taux de chômage au plus bas depuis
10 ans (7,6 % au quatrième trimestre 2018), le marché du travail reste dynamique.
Les créations d’entreprises sont à leur plus haut niveau depuis 2010. Dans la construction,
les mises en chantier restent à un niveau élevé même si elles diminuent de 7,9 % par
rapport à 2017. Enfin, la fréquentation touristique bat des records, malgré les mouvements
sociaux qui ont touché la capitale en toute fin d’année.
Ce bilan économique fait partie des 17 bilans économiques régionaux 2018 publiés par
l'Insee.
Retrouvez les bilans des autres régions ici.
Transport - En 2018, le transport francilien porté par le trafic aérien Bilan économique 2018
Boubacar Diallo, Insee Île-de-France, Service des études et de la diffusion
En 2018, le trafic aérien de passagers continue de progresser en Île-de-France, à un rythme moins soutenu qu’en 2017 en raison de la hausse des prix des carburants par rapport aux deux années précédentes. Les transports collectifs urbains se développent, notamment le réseau RATP. Le marché de l’automobile est moins vigoureux qu’au niveau national. Les immatriculations de véhicules neufs stagnent dans la région. L’activité du fret routier de marchandises augmente légèrement.
Insee Conjoncture Ile-de-France
No 25
Paru le :06/06/2019
En France, le trafic aérien continue de se développer en 2018 (+ 4,8 % de passagers par rapport à 2017), mais à un rythme moins soutenu qu’en 2017 (+ 5,8 % par rapport à 2016).
En Île-de-France, il progresse également (+ 3,8 % par rapport à 2017) malgré la hausse du prix des carburants (figure 1). La croissance de l’économie mondiale a permis de compenser en partie cette augmentation de prix.
L’Île-de-France concentre plus de la moitié de l’ensemble des passagers aériens à l’échelle nationale. La croissance du trafic aérien régional est surtout portée par les lignes à bas coût (+ 10,6 % par rapport à 2017) et, dans une moindre mesure, par l’ensemble des lignes internationales (+ 4,9 % en un an) (figure 2). En huit ans, le nombre de passagers voyageant sur les lignes à bas coût à plus que doublé. À l’inverse, le trafic sur les lignes aériennes nationales se replie (- 1,7 % par rapport à 2017), affecté probablement par la concurrence des lignes de trains à grandes vitesse (SNCF), mais aussi par les lignes de bus à très bas coût. Le trafic aérien progresse à Roissy-Charles-de-Gaulle (+ 4,0 % en un an) et dans une moindre mesure à Orly (+ 3,4 %).
tableauFigure 1 – Passagers des aéroports
Île-de-France | France entière | ||||
---|---|---|---|---|---|
Passagers 2018 (nombre) | Évolution 2018/2017 | Évolution annuelle moyenne 2017/2012 ¹ | Évolution 2018/2017 | Évolution annuelle moyenne 2017/2012 ¹ | |
Lignes nationales | 16 238 780 | -1,7 | 0,2 | 2,8 | 1,5 |
Lignes internationales | 89 074 990 | 4,9 | 3,3 | 5,6 | 4,1 |
Transit | 36 642 | -29,2 | -16,2 | 2,3 | -5,5 |
Total | 105 350 412 | 3,8 | 2,7 | 4,8 | 3,3 |
dont lignes à bas coût (low cost) | 23 523 443 | 10,6 | 11,7 | 10,4 | 11,0 |
Part des lignes à bas coût (low cost) (%) | 22,3 | /// | /// | /// | /// |
- Note : données brutes.
- ¹ : taux d'évolution annuel qu'aurait connu le trafic passager si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée.
- /// : absence de donnée due à la nature des choses.
- Source : Union des aéroports français.
tableauFigure 2 – Évolution du nombre de passagers des aéroports dans la région Île-de-France
National | International | À bas coût (low cost) | |
---|---|---|---|
2010 | 100 | 100 | 100 |
2011 | 107,2 | 105,4 | 111,5 |
2012 | 105 | 106,8 | 114,7 |
2013 | 105,5 | 109 | 118,5 |
2014 | 103,3 | 113 | 146,3 |
2015 | 104,2 | 116,9 | 159,5 |
2016 | 105,3 | 119,2 | 181,1 |
2017 | 106,3 | 125,4 | 199,8 |
2018 | 104,5 | 131,5 | 221 |
- Source : Union des aéroports français.
graphiqueFigure 2 – Évolution du nombre de passagers des aéroports dans la région Île-de-France
Les transports collectifs franciliens portés par le réseau RATP
S’agissant du transport ferroviaire, avec plus de 3,3 milliards d’usagers transportés en Île-de-France, le trafic voyageurs de la RATP a progressé de 1,1 % par rapport à 2017. Cette hausse est essentiellement portée par le réseau ferré. En effet, le trafic du métro a augmenté de 1,3 %, soit 21 millions de passagers supplémentaires par rapport à 2017, grâce à une bonne année touristique. Dans la région, le nombre de passagers utilisant le tramway continue de progresser (+ 6,8 % par rapport à 2017). En revanche, avec 33 millions de passagers de moins qu’en 2017, le trafic SNCF est en recul (- 3,5 %), affecté par les mouvements sociaux du printemps. En raison de l’exploitation partagée des lignes RER, ces grèves ont aussi ralenti la croissance du trafic des lignes RER assurées par la RATP (+ 0,8 % par rapport à 2017). Les travaux entrepris sur les lignes B et C ont aussi contribué à la baisse de fréquentation du RER.
Enfin, le trafic des bus se replie à Paris (- 1,7 %) et ralentit en banlieue (- 0,3 %), sauf en grande couronne où il progresse de 2,8 % (figure 3).
tableauFigure 3 – Nombre de voyages dans les transports collectifs franciliens
2017 | 2018 | Évolution 2018/2017 (en %) | |
---|---|---|---|
RATP, dont : | 3 328 | 3 363 | 1,1 |
Métro | 1 539 | 1 560 | 1,3 |
RER | 493 | 497 | 0,8 |
Bus Paris | 321 | 316 | -1,7 |
Bus banlieue | 692 | 689 | -0,3 |
Tramways (T4 SNCF exclu) | 284 | 302 | 6,5 |
SNCF* | 959 | 926 | -3,5 |
Bus grande couronne | 406 | 417 | 2,8 |
Ensemble | 4 693 | 4 706 | 0,3 |
- * Trains RER, T4 et T11E inclus.
- Sources : SNCF, RATP et Optile.
Le marché de l’automobile reste stable en 2018
En 2018, les immatriculations de véhicules neufs stagnent en Île-de-France par rapport à 2017 (après une légère hausse de 1,1 % en 2017), alors qu’elles progressent au niveau national (+ 3,3 %).
Cette stagnation du marché de l’automobile est essentiellement due à la diminution des ventes de véhicules particuliers (- 0,2 % en 2018 après + 0,1 % en 2017). À l’inverse, à l’échelle nationale, le nombre d’immatriculations de véhicules particuliers croît de 2,9 %, par rapport à 2017, avec plus de deux millions de véhicules neufs vendus. En Île-de-France, les ventes de véhicules neufs se contractent à Paris et en petite couronne en lien avec les nouveaux comportements privilégiant les modes de déplacement doux. En revanche, elles se développent en grande couronne, avec une progression des ventes de plus de 3 % dans l’Essonne, en Seine-et-Marne et dans le Val-d’Oise (figure 4).
tableauFigure 4 – Immatriculations de véhicules neufs
Véhicules particuliers | Véhicules utilitaires légers ¹ | Véhicules industriels à moteur ² | Ensemble immatriculations ³ | |||||
---|---|---|---|---|---|---|---|---|
2018 (nombre) | Évolution 2018/2017 (%) | 2018 (nombre) | Évolution 2018/2017 (%) | 2018 (nombre) | Évolution 2018/2017 (%) | 2018 (nombre) | Évolution 2018/2017 (%) | |
Paris | 51 189 | -4,9 | 10 857 | -7,5 | 388 | 15,1 | 62 743 | -5,3 |
Seine-et-Marne | 43 856 | 4,2 | 8 344 | 4,6 | 1 065 | 29,2 | 53 537 | 4,8 |
Yvelines | 72 862 | 0,0 | 8 986 | 6,5 | 578 | 1,2 | 82 635 | 0,7 |
Essonne | 38 504 | 4,1 | 7 821 | 9,9 | 1 274 | 47,8 | 47 861 | 6,1 |
Hauts-de-Seine | 79 412 | -0,7 | 18 095 | -4,0 | 1 038 | -3,9 | 99 124 | -1,4 |
Seine-Saint-Denis | 32 060 | -1,2 | 11 360 | -4,9 | 1 938 | 8,7 | 45 420 | -1,8 |
Val-de-Marne | 30 610 | -2,6 | 6 838 | -5,7 | 438 | 10,1 | 37 922 | -3,0 |
Val-d'Oise | 29 423 | 1,6 | 6 393 | 11,5 | 619 | 14,8 | 36 662 | 3,3 |
Île-de-France | 377 916 | -0,2 | 78 694 | -0,4 | 7 338 | 14,8 | 465 904 | 0,0 |
France entière | 2 203 740 | 2,9 | 469 775 | 4,6 | 56 837 | 8,6 | 2 736 815 | 3,3 |
- Note : données brutes.
- ¹ : camionnettes et véhicules automoteurs spécialisés <= 3,5 t de PTAC.
- ² : camions, véhicules automoteurs spécialisés > 3,5 t de PTAC et tracteurs routiers.
- ³ : y compris immatriculations de transports en commun.
- Source : SDES, SIDIV.
Le transport routier de marchandises progresse légèrement en 2018
En France métropolitaine, l’activité du transport routier de marchandises augmente de 4,0 % en 2018 par rapport à 2017.
En Île-de-France, elle augmente plus modérément. L’activité de fret à l’intérieur de la région est certes dynamique (+ 5 % par rapport à 2017), mais le rythme est un peu moins soutenu qu’en moyenne pour l’ensemble des régions (+ 7,1 %). Toutefois, les flux de marchandises entrants et sortants avec le reste de la France métropolitaine progressent de façon moins marquée (figure 5).
tableauFigure 5 – Transport de marchandises par la route
Île-de-France | 2017 (en millions de tonnes-kilomètres) | 2018 (p) (en millions de tonnes-kilomètres) | Évolution 2018/2017 (en %) |
---|---|---|---|
Entrées dans la région | 8 917 | 8 987 | 0,8 |
Sorties de la région | 7 485 | 7 678 | 2,6 |
Intérieur de la région | 4 049 | 4 252 | 5,0 |
- (p) Données provisoires.
- Champ : France métropolitaine hors Corse. Données hors transport international.
- Source : SDES, Enquête Transport routier de marchandises.
Avertissement
Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.