Insee Conjoncture Auvergne-Rhône-AlpesBilan économique 2018 - Auvergne-Rhône-Alpes

En 2018, l’économie poursuit sa dynamique en Auvergne-Rhône-Alpes, sur la lancée de l’année précédente. L’emploi salarié continue de croître et le chômage poursuit son recul. Les créations d'entreprises atteignent un nouveau record et concernent tous les secteurs. Celui de la construction est cependant marqué par un repli du secteur résidentiel. Le transport est dynamique avec un trafic routier et aérien à nouveau en hausse. La fréquentation touristique de la région reste très élevée, avec toutefois une augmentation plus modérée qu’en 2017. Le bilan est plus contrasté pour l’agriculture, en lien avec des conditions climatiques difficiles.

Insee Conjoncture Auvergne-Rhône-Alpes
No 18
Paru le :Paru le06/06/2019
Perrine Billard, Cerc Auvergne-Rhône-Alpes – Yves Pothier, Dreal Auvergne-Rhône-Alpes
Insee Conjoncture Auvergne-Rhône-Alpes No 18- Juin 2019

Ce bilan économique fait partie des 17 bilans économiques régionaux 2018 publiés par l'Insee.
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Construction - L’activité reste orientée à la hausse malgré le repli du secteur résidentiel Bilan économique 2018

Perrine Billard, Cerc Auvergne-Rhône-Alpes – Yves Pothier, Dreal Auvergne-Rhône-Alpes

La conjoncture du logement est en repli, aussi bien dans le parc privé pour les ménages cherchant à se loger ou à investir que dans le parc social. En revanche la construction de locaux non résidentiels, les travaux publics et les matériaux sont en progression. L’entretien-rénovation maintient son activité. L’emploi augmente dans le secteur.

Insee Conjoncture Auvergne-Rhône-Alpes

No 18

Paru le :06/06/2019

Baisse de l’activité dans le résidentiel

La construction de logements, qui avait connu une forte croissance en 2016 et 2017, s’oriente de nouveau à la baisse en 2018 (figure 1). 56 500 logements sont commencés au cours de l’année, en diminution de 5 % selon la dernière estimation de mars 2019. La tendance est identique pour les autorisations, qui diminuent de 11 %, pour atteindre un cumul de 60 800 logements sur l’année (figure 2).

Figure 1Fin de l’embellie pour la construction de logementsÉvolution de la construction de logements

indice base 100 en décembre 2010
Fin de l’embellie pour la construction de logements (indice base 100 en décembre 2010)
Logements autorisés - Auvergne-Rhône-Alpes Logements commencés - Auvergne-Rhône-Alpes Logements autorisés - France hors Mayotte Logements commencés - France hors Mayotte
2005 113,8 104,3 115,7 112,4
2006 129,6 110,3 126,3 119,4
2007 130,9 112,5 119,9 118,3
2008 99,8 95 99,9 96,5
2009 77,1 79,7 79,8 83,7
2010 100 100 100 100
2011 109,2 96,7 108,7 104,1
2012 104,6 87,9 101 92,6
2013 96,2 80,6 88,6 86,6
2014 82,3 80,1 79,8 81,6
2015 84,2 79,4 85 83,8
2016 98,3 90,2 97,1 92,6
2017 104,5 99 102,7 105,6
2018 93,4 93,9 95,6 101,3
  • Note : données estimées provisoires arrondies à la centaine en date réelle.
  • Champ : logements individuels, collectifs et en résidence.
  • Source : SDES, Sit@del2, estimations au 27 mars 2019

Figure 1Fin de l’embellie pour la construction de logementsÉvolution de la construction de logements

  • Note : données estimées provisoires arrondies à la centaine en date réelle.
  • Champ : logements individuels, collectifs et en résidence.
  • Source : SDES, Sit@del2, estimations au 27 mars 2019

Figure 2Un tiers de logements autorisés en moins dans le RhôneLogements autorisés par département

en %
Un tiers de logements autorisés en moins dans le Rhône (en %)
Logements en 2018 (nombre) Évolution 2018/2017 Évolution annuelle moyenne 2017/2012 ¹
Ain 5 200 -6,3 -2,3
Allier 800 -6,0 -8,3
Ardèche 1 900 -23,0 1,2
Cantal 400 -35,0 -2,1
Drôme 3 500 -6,6 -3,0
Isère 9 800 -12,1 1,2
Loire 3 200 12,2 -9,5
Haute-Loire 900 -12,2 -5,3
Puy-de-Dôme 4 300 -1,9 2,4
Rhône 11 000 -35,1 0,7
Savoie 6 200 9,4 1,2
Haute-Savoie 13 500 7,3 2,9
Auvergne-Rhône-Alpes 60 800 -10,6 -0,1
France hors Mayotte 455 600 -6,9 0,3
  • ¹ : taux d'évolution annuel qu'aurait connu la construction de logements, pour le département ou la région, si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée.
  • Notes : données brutes provisoires arrondies à la centaine en date réelle. Les évolutions sont calculées sur données non arrondies. En raison des arrondis, des totaux peuvent légèrement différer de la somme des éléments qui les composent.
  • Source : SDES, Sit@del2, estimations au 27 mars 2019

La conjoncture de la promotion immobilière n’est pas mieux orientée. 17 600 logements sont réservés à l’achat par des particuliers en 2018, en baisse de 10 % (figure 3). Le repli est encore plus important pour les mises en vente qui diminuent de 15 %. Le nombre de ventes dépassant celui des mises en vente, les stocks se réduisent légèrement (– 5 %).

Tous les segments de l’immobilier résidentiel sont à la baisse. En dépit de taux d’intérêt peu élevés, les investissements des ménages pour leur logement sont en repli. 15 900 maisons en individuel pur, c’est-à-dire faisant l’objet d’un permis de construire spécifique, sont mises en chantier au cours de l’année, en diminution de 8 %. Pour ce qui est de la promotion immobilière, 11 800 logements neufs sont réservés par des ménages en vue d’une occupation personnelle, soit 9 % de moins qu’en 2017. Pour les primo-accédants, les prêts à taux zéro (PTZ) dans le neuf pour l’achat ou la construction se réduisent de 19 % en données annuelles glissantes en septembre, et concernent 9 700 ménages.

Figure 3La promotion immobilière ralentitÉvolution de la commercialisation de logements neufs en Auvergne-Rhône-Alpes

indice base 100 en 2010
La promotion immobilière ralentit (indice base 100 en 2010)
Logements neufs disponibles en fin d'année Logements neufs mis en vente Logements neufs vendus (réservés)
2005 87,8 112,4 88
2006 132,5 128,9 93,7
2007 191,9 139,9 95,3
2008 194,7 82,4 62
2009 122,6 68,5 87,8
2010 100 100 100
2011 109,5 110,2 88,5
2012 134 97,1 70,3
2013 157,4 86,3 62,5
2014 162,7 84,1 65,2
2015 153,6 86,5 78,2
2016 156,3 105,9 94,9
2017 158,3 100,7 94,3
2018 149,6 85,7 85
  • Note : données 2018 redressées pour les logements neufs disponibles et mis en vente.
  • Champ : permis de 5 logements et plus destinés à la vente aux particuliers ; France métropolitaine.
  • Source : SDES, enquête ECLN

Figure 3La promotion immobilière ralentitÉvolution de la commercialisation de logements neufs en Auvergne-Rhône-Alpes

  • Note : données 2018 redressées pour les logements neufs disponibles et mis en vente.
  • Champ : permis de 5 logements et plus destinés à la vente aux particuliers ; France métropolitaine.
  • Source : SDES, enquête ECLN

La situation n’est pas plus favorable pour l’investissement locatif. 5 900 logements font l’objet d’un compromis de vente dans le cadre d’un dispositif de type Pinel, soit – 11 %.

Selon la fédération des promoteurs immobiliers, les ventes en bloc, essentiellement à destination des bailleurs sociaux, sont également en repli. En 2018, le nombre de logements sociaux dont le financement est agréé par les pouvoirs publics diminue de 10 % pour atteindre 13 800 logements. La plus grande partie de ces agréments aboutiront à une construction par des bailleurs sociaux ou par des promoteurs dans la cadre d’une vente en état futur d’achèvement (Vefa). Toutefois, les programmes destinés aux populations les plus fragiles se maintiennent. Ces logements financés à partir d’un prêt locatif aidé d’intégration (PLAI) sont destinés à des ménages dont les revenus ne dépassent pas 60 % du plafond de ressources pris en compte pour l’accès au logement social classique (Plus).

La construction de locaux toujours bien orientée

La construction de locaux non résidentiels reste en progression, mais à un rythme inférieur à celui de 2017. Les surfaces enregistrées au cours de l’année comme mises en chantier augmentent de 3 % et atteignent 3,7 millions de m² (figure 4). La croissance des surfaces commencées est essentiellement portée par les bureaux (figure 5). 4,9 millions de m² de plancher sont autorisés en 2018, soit 0,4 % de plus qu’en 2017.

Figure 4La construction de locaux reste bien orientéeÉvolution de la construction de locaux non résidentiels

indice base 100 en 2010
La construction de locaux reste bien orientée (indice base 100 en 2010)
Locaux autorisés - Auvergne-Rhône-Alpes Locaux commencés - Auvergne-Rhône-Alpes Locaux autorisés - France entière Locaux commencés - France entière
2005 116,8 136,3 104,9 127,2
2006 122,7 155,1 115,5 138,2
2007 119,9 163,8 114,8 144,7
2008 102,6 131,5 111,5 131,7
2009 90,2 105,8 98,7 110,5
2010 100 100 100 100
2011 104,1 108,6 105,6 104,2
2012 91,3 94,8 100,7 95,7
2013 94,9 97 91,5 94
2014 85,4 86,1 79 84,5
2015 92 86,6 87,3 79,4
2016 96,8 84,2 94,2 83
2017 102,1 100,2 95,8 88,3
2018 102,5 92,1
  • Note : données brutes provisoires en date réelle.
  • Source : SDES, Sit@del2, résultats au 27 mars 2019

Figure 4La construction de locaux reste bien orientéeÉvolution de la construction de locaux non résidentiels

  • Note : données brutes provisoires en date réelle.
  • Source : SDES, Sit@del2, résultats au 27 mars 2019

Figure 5La construction de bureaux toujours moteur de la croissanceConstruction autorisée de locaux non résidentiels, selon le type

en %
La construction de bureaux toujours moteur de la croissance (en %)
Auvergne-Rhône-Alpes France entière
Surfaces autorisées en 2018 (en milliers de m²) Évolution 2018/2017 Évolution annuelle moyenne 2017/2012 ¹ Évolution 2018/2017 Évolution annuelle moyenne 2017/2012 ¹
Artisanat 312 26,3 -0,9 11,6 -0,4
Bureaux 822 16,4 5,1 11,6 -0,3
Commerce 497 -22,3 2,4 -23,6 -0,1
Entrepôt 687 -0,1 4,3 1,5 1,8
Exploitation agricole ou forestière 926 -6,0 1,4 -11,8 -2,5
Hébergement hôtelier 221 -11,4 15,6 -11,8 4,9
Industrie 554 0,2 2,2 4,7 -2,2
Service public ou d'intérêt collectif 853 8,6 -2,0 0,2 -3,0
Ensemble 4 872 0,4 2,3 -3,8 -1,0
  • ¹ : taux d'évolution annuel qu'aurait connu la construction de locaux, si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée.
  • Note : données brutes provisoires en date réelle.
  • Source : SDES, Sit@del2, résultats au 27 mars 2019

Stabilité de l’entretien-rénovation

Selon la cellule économique régionale de la construction, le chiffre d'affaires du secteur de l’entretien-rénovation est stable en volume (+ 0,3 % par rapport à 2018). L’activité est portée par le logement qui progresse, alors que l’entretien-rénovation des locaux non résidentiels est en repli.

Dans le parc privé, le montant des aides accordées par l’agence nationale d’amélioration de l’habitat (Anah) aux propriétaires occupants, bailleurs ou syndicats de copropriété, augmente de 7 %. Il s’élève à 84 millions d’euros et concerne 12 700 logements.

Les subventions du programme « Habiter Mieux », qui visent à aider les propriétaires modestes en situation de précarité énergétique à entreprendre des travaux de rénovation énergétique, augmentent de 28 % en 2018 et portent sur 7 800 logements.

Les PTZ dans l’ancien avec travaux en zone détendue diminuent de 15 % en données annuelles glissantes en septembre et concernent 2 900 ménages.

Les éco-PTZ, distribués par les établissements bancaires pour financer des travaux de rénovation énergétique, se replient de 20 % en 2018 et concernent 2 500 ménages.

Croissance de l’activité dans les travaux publics et les matériaux

Les carnets de commande des entreprises de travaux publics se garnissent légèrement. En 2018, la production de béton prêt à l’emploi augmente de 4 % tandis que la production de granulats diminue de 2 %. La consommation de ciment de janvier à août croît de 3 %.

L’emploi en hausse

La situation de l’emploi reste globalement favorable. Le secteur représente 178 100 salariés fin 2018, en hausse de 1,9 % par rapport à l’année précédente. Le nombre moyen d’intérimaires sur trois mois à fin décembre 2018 augmente franchement (+ 8 %) et atteint 20 600 équivalents temps plein. Le chômage diminue : 28 400 demandeurs d’emploi de catégorie A recherchent un emploi dans la construction en décembre, soit 10 % de moins que fin 2017. Toutefois le turnover est important au niveau des entreprises. La création d’entreprises est en hausse de 15 % avec 8 900 nouvelles immatriculations en 2018, dont nombre d’auto-entrepreneurs. Dans le même temps, 1 400 défaillances d’entreprises sont enregistrées par la Banque de France, un chiffre en baisse de 2 % par rapport à 2017. Il représente 3 800 emplois salariés, soit une augmentation de 44 % des postes supprimés.

Avertissement

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Pour comprendre

La base de données Sit@del2 rassemble les informations relatives aux autorisations de construire (permis accordés) et aux mises en chantier transmises par les services instructeurs (État, collectivités territoriales) au service statistique du Ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES). Les mouvements relatifs à la vie du permis (autorisations, annulations, modificatifs, déclarations d'ouverture de chantier) sont exploités à des fins statistiques.

Les séries de la construction utilisées pour la conjoncture et le bilan économique sont élaborées à partir de cette base.

En matière de logement, les séries d'estimations en date réelle sont produites mensuellement pour évaluer le nombre d'autorisations et de mises en chantier. Elles visent à retracer dès le mois suivant, l'ensemble des évènements à leur date réelle. Sur la base des données collectées, les séries intègrent une estimation de l'information non encore remontée. Ces séries sont actualisées chaque mois pour prendre en compte les informations les plus récentes. Les estimations en date réelle corrigent des éventuels défauts de collecte des déclarations d'ouverture de chantier.

Pour les locaux non résidentiels, les séries de surface de plancher en date de prise en compte permettent le suivi conjoncturel de ce secteur. Elles agrègent les informations issues des permis (autorisés, commencés, etc.) selon la date d'enregistrement de la donnée dans l'application Sit@del2.
Les séries de surface de plancher en date réelle sont utilisées pour les études structurelles. L'information est restituée selon la date effective de l'autorisation ou de la mise en chantier. Ces séries sont présentées nettes des annulations et ne comportent pas d'estimations : elles minorent donc la réalité, spécialement pour les mois de collecte les plus récents.

Définitions

Un logement autorisé est un logement, non encore réalisé, dont la construction a été autorisée par un permis de construire ou une non-opposition à une déclaration préalable.


Un logement est considéré comme commencé (ou mis en chantier) après réception de la déclaration d’ouverture de chantier (DOC) envoyée par le pétitionnaire (ou maître d’ouvrage).

Un chantier est considéré ouvert lorsque les fouilles en rigole ou les fondations sont entreprises pour une partie ou la totalité des constructions autorisées.

Remarque :

Une « fouille en rigole » est un creusement du sol pour permettre la construction à l'emplacement des « semelles » (ces dernières sont les parties basses).

Un logement collectif (appartement) fait partie d’un bâtiment dans lequel sont superposés plus de deux logements distincts et dont certains ne disposent pas d’un accès privatif.

Un logement individuel est un logement dans une maison individuelle. Une maison individuelle peut comporter deux logements individuels s'ils ont été construits par le même maître d'ouvrage d'après le code de la construction et de l'habitation.

Définitions

Un logement autorisé est un logement, non encore réalisé, dont la construction a été autorisée par un permis de construire ou une non-opposition à une déclaration préalable.


Un logement est considéré comme commencé (ou mis en chantier) après réception de la déclaration d’ouverture de chantier (DOC) envoyée par le pétitionnaire (ou maître d’ouvrage).

Un chantier est considéré ouvert lorsque les fouilles en rigole ou les fondations sont entreprises pour une partie ou la totalité des constructions autorisées.

Remarque :

Une « fouille en rigole » est un creusement du sol pour permettre la construction à l'emplacement des « semelles » (ces dernières sont les parties basses).

Un logement collectif (appartement) fait partie d’un bâtiment dans lequel sont superposés plus de deux logements distincts et dont certains ne disposent pas d’un accès privatif.

Un logement individuel est un logement dans une maison individuelle. Une maison individuelle peut comporter deux logements individuels s'ils ont été construits par le même maître d'ouvrage d'après le code de la construction et de l'habitation.