Mondialisation

Cette publication se compose de données clés, d'un jeu de questions-réponses apportant des éclairages plus spécifiques, des précisions méthodologiques et des liens vers des publications de l'Insee ou d'autres organismes pour aller plus loin. Sur le même modèle, retrouvez un panorama des données relatives à l'immigration.

Chiffres-clés
Paru le : 18/12/2018

Le terme mondialisation ("globalization" en anglais) désigne une interconnexion croissante à l’échelle mondiale : les personnes, les institutions, les lieux et, plus généralement, les sociétés sont de plus en plus reliés par-delà les frontières nationales, du fait de l’accroissement des mouvements de capitaux financiers et de biens et services mais aussi de l'augmentation des flux de personnes et de leurs savoirs.

1. Observe-t-on un accroissement du commerce mondial ?

De 1980 à 2017, le volume du commerce mondial a été multiplié par 6,8, tandis que le volume du PIB mondial a été multiplié par 3,5.

Evolution du commerce et du PIB mondial entre 1980 et 2017

Depuis le milieu des années 1980 jusqu'à la crise financière de 2008, le taux de croissance du commerce mondial est systématiquement supérieur au taux de croissance du PIB mondial. Le commerce mondial se replie fortement en cas de crise, sa décélération est même plus rapide que celle du PIB mondial. Depuis 2011, les taux de croissance du commerce mondial et du PIB mondial sont quasiment identiques; la mondialisation semble avoir atteint un palier.

Taux de croissance du commerce et du PIB mondial

Les échanges mondiaux, qu'ils soient vus du côté des importations ou des exportations, s'opèrent surtout entre 3 pôles principaux : l'Europe (pour l'essentiel l'Union Européenne), la zone asiatique et l'Amérique du Nord. L'Asie montre un excédent des exportations sur les importations tandis que l'inverse se produit pour l'Amérique du Nord. L'Europe, dans son ensemble, ne connaît pas un déséquilibre aussi marqué que les deux autres pôles.

Part de chaque zone géographique dans les exportations et les importations mondiales

2. Quid du commerce extérieur français ?

Les importations représentaient 13,5 % de la demande intérieure début 1949 contre 31,9 % ajourd'hui. Sur la même période, les exportations sont passées de 14,6 % du PIB français à 30,8 %.

Part des exports dans la production nationale et part des imports dans la demande intérieure

La partie de la demande intérieure satisfaite par les importations est la plus importante pour les secteurs de l'industrie et de la construction, suivis par ceux de l'agriculture, sylviculture, pêche et enfin des services marchands. Entre le milieu des années 1980 et 2010, cette part a le plus augmenté dans les secteurs de l'industrie puisqu'elle a été multipliée par 5,6, suivie par les services marchands dont la part a été multipliée par 2,5 tandis que dans le secteur de l'agriculture, sylviculture, pêche, cette part a été multipliée par 1,4.

Les exportations concernent en premier lieu les secteurs de l'industrie et de la construction, suivis par ceux de l'agriculture et des services marchands. La part exportée de la production a le plus augmenté dans l'agriculture, sylviculture, pêche (où elle a été multipliée par près de 6) suivie par l'industrie où la part exportée de la production a été multipliée par presque 5 tandis que ce même ratio a été multiplié par 2 dans les services principalement marchands.

 

Part des exports dans la production nationale par secteur

3. Quel développement pour les firmes multinationales sur le marché français ?

Entre 1993 et 2015, la part de la valeur ajoutée nationale réalisée par les entreprises françaises sous contrôle d'une firme multinationale étrangère a tout d'abord crû de 9,3 % à 16,8 % de 1993 à 2013, avant de stagner (16,5 % en 2015) par la suite. En ce qui concerne la part des emplois, elle a d'abord augmenté fortement entre 1993 (9,5 %) et 2003 (14,0 %) avant de diminuer à 11,2 % en 2015.

Valeur ajoutée et emploi des firmes multinationales étrangères

4. Quel développement pour les firmes multinationales françaises sur le marché étranger ?

Entre 2009 et 2015, le chiffre d'affaires des entreprises étrangères sous contrôle d'une firme multinationale française est passé de 1000 à 1 450 milliards d'euros. Dans le même temps, le nombre d'emplois dans ces filiales étrangères est passé de 4,7 à 5,5 millions de personnes tandis que le nombre de filiales a augmenté de 32 800 à 36 800.

Chiffre d'affaires des entreprises étrangères contrôlées par des firmes multinationales françaises


Comment se situe la balance commerciale de la France par rapport aux autres pays de l'Union~ Européenne ?

En 2016, le solde de la balance commerciale de la France s'élève à - 64,8 milliards d'euros. L'Allemagne est le pays européen le plus excédentaire avec un solde de 255,1 milliards d'euros tandis que le Royaume-Uni est le plus déficitaire avec un solde de - 204,7 milliards d'euros. Pour plus de détails, consulter la publication.


Qui sont les principaux partenaires commerciaux de la France ?

En 2016, les principaux partenaires commerciaux de la France sont les pays de l'Union Européenne dont l'Allemagne (où la France a exporté pour 71,8 milliards d'euros et importé pour 85,8 milliards), l'Espagne, l'Italie, le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays-Bas et la Suisse. Hors d'Europe, on retrouve le plus grand pays exportateur mondial, la Chine (où l'on a exporté pour 16 milliards d'euros et importé pour 46,4 milliards), et le premier pays importateur de la planète, les Etats-Unis (où l'on a exporté pour 32,6 milliards d'euros et importé pour 36,1 milliards). Pour plus de détails, consulter la publication.


Quels sont les soldes commerciaux par produits ?

Les échanges de la France sont très excédentaires pour les produits de l'aéronautique, les parfums et cosmétiques, l'agroalimentaire (vin) et la pharmacie. Ils sont très déficitaires pour les hydrocarbures bruts et les produits des industries extractives, les produits informatiques et électroniques et le textile, habillement, cuir. Pour plus de détails, consulter la publication.


Quel profil pour les entreprises exportatrices françaises ?

En 2015, les entreprises des secteurs marchands non agricoles déclarent un chiffre d’affaires total à l’exportation de 645 milliards d’euros. Les 200 300 petites et moyennes entreprises exportatrices n’en réalisent que 17 %, alors que 3 900 entreprises de taille intermédiaire (ETI) en réalisent 36 % et 270 grandes entreprises 47 %. Seules 6 % des microentreprises et 32 % des PME hors microentreprises exportent ; ces proportions sont beaucoup plus élevées pour les firmes multinationales. Ainsi, 42 % des microentreprises et 74 % des PME (hors microentreprises) multinationales étrangères exportent ; elles sont respectivement 19 % et 75 % parmi les multinationales françaises. Ces firmes multinationales de taille PME exportent pour des montants très nettement supérieurs à ceux des groupes franco-français ou des entreprises indépendantes.

Pour plus de détails, consulter la publication.


Qu'est-ce qu'une chaîne d'activité mondiale ?

La notion de chaîne d’activité décrit la séquence d’opérations conduisant à la production d’un bien final. Une chaîne se mondialise lorsque ces activités sont réparties entre filiales ou sous-traitants établis dans plusieurs pays. Délocalisations et recours à la sous-traitance internationale accroissent ce phénomène de fragmentation internationale. Dans l'exemple du groupe "Airbus Commercial Craft", plusieurs pays concourent au processus de production d'un avion. Une première enquête dédiée aux chaînes d'activité mondiales, coordonnée par Eurostat, a été réalisée en 2012. Pour plus de détails, consulter la publication.


Comment joue le commerce extérieur sur l'empreinte carbone ?

Dans le cas de la France, l’empreinte carbone de la consommation est supérieure de 50 % aux émissions réalisées sur le territoire national : 12,8 tonnes de CO2 par habitant contre 7,7 en 2010 (année de référence pour ce type d’évaluation). Les émissions associées aux importations se sont accrues de 60 % environ depuis 1990, ce qui a en grande partie compensé la réduction des émissions réalisées sur le territoire national.

Depuis 2010, l’évolution est toutefois plus favorable, l’empreinte carbone ayant été ramenée à 11,9 tonnes par habitant en 2016, dont 6,8 liées à la production sur le territoire.

Pour plus de détails, consulter la publication du Conseil d'Analyse Économique.

Définitions

Sources

Pour mesurer la mondialisation, plusieurs sources sont disponibles dont le World Economic Outlook (FMI), les données fournies par Eurostat ou par l'OMC (et son examen statistique du commerce mondial).

L'Insee analyse ce phénomène via la comptabilité nationale, au travers des enquêtes Liaisons financières (Lifi), Activité des filiales étrangères des groupes français (Ofats) , Chaînes d'Activités Mondiale (CAM) ou encore à l'aide des données douanières.

Comment prendre en compte la mondialisation ?

Si les échanges de biens et de services sont facilement quantifiables notamment au niveau des services douaniers, les flux de capitaux ou de main d’oeuvre sont plus complexes à mesurer. Dans un monde de plus en plus immatériel, le défi aujourd’hui est de mesurer les échanges qui circulent à l’intérieur des entreprises dont les chaînes de valeurs sont de plus en plus segmentées. Où localiser la production et la valeur ajoutée, lorsque la fabrication d’un produit ou la délivrance d’un service implique des entreprises dans plusieurs pays et relève d’une propriété intellectuelle basée encore ailleurs ? Les stratégies fiscales de certaines multinationales compliquent l’exercice. C’est ainsi qu’en 2015, le PIB de l’Irlande s’est accru de 25 %, du simple fait de la localisation de la propriété intellectuelle d’un certain nombre de filiales, principalement pour des raisons fiscales.

Le système statistique européen travaille à construire un cadre englobant les répertoires d’entreprises nationaux et le répertoire européen de groupes. L’enjeu est de pouvoir produire des statistiques sur les groupes multinationaux présents en Europe de manière coordonnée et homogène.