Le bilan économique 2014 en Alsace

En 2014, l'emploi recule encore en Alsace dans les secteurs principalement marchands (- 0,7 %), un peu plus qu'en 2013. Les pertes s'accélèrent dans la construction, à un rythme proche de celui de 2009. Le tertiaire, qui représente presque les deux tiers des emplois, reste à peine stable, sans l'effet d'entrainement de 2013. De même, la progression de l'intérim observée l'année précédente revient de + 10 % à + 2 %. Elle contribue cependant à soutenir l'emploi industriel dont le recul est ralenti de moitié. Le chômage est au plus haut depuis dix ans. Après une année de stabilisation, il atteint 9,3 % de la population active en fin d'année. L'Alsace compte fin décembre 98 000 demandeurs n'ayant pas travaillé au cours du mois.

Insee Conjoncture Alsace
Paru le : 29/05/2015
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Climat conjoncturel favorable en Allemagne et en Suisse

Marie-Laure Kayali

En Allemagne et particulièrement dans le land du Bade-Wurtemberg, l’année 2014 a été marquée par une croissance vigoureuse, largement supérieure à celle de 2013, dopée par la consommation des ménages et les échanges extérieurs. Dans ce contexte favorable, la hausse de l’emploi s’accentue.

La Suisse maintient son niveau de croissance à 2 % grâce au dynamisme de son commerce extérieur.

Insee Conjoncture Alsace
No 5
Paru le : 29/05/2015

En 2014, le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 1,3 % dans l’Union européenne des 28 et de 0,9 % dans la zone euro des 18, contre 0,0 % et - 0,5 % en 2013, soutenu par la consommation des ménages et les exportations.

Croissance plus soutenue en Allemagne

Avec une croissance de + 1,6 %, l’économie allemande s’est révélée plus robuste en 2014, après deux années de ralentissement (+ 0,1 % en 2013 et + 0,4 % en 2012). La croissance, élevée au premier trimestre (+ 0,8 %), a nettement fléchi ensuite pour se redresser au cours du dernier trimestre (+ 0,7 %).

En 2014, la consommation intérieure reste le principal soutien à la croissance et y contribue pour 0,9 point. Elle a augmenté de 1,1 % pour les ménages et de 1,0 % pour l’État.

Dans le même temps, les entreprises et l’État investissent davantage qu’en 2013 : + 3,7 % d’investissements en machines et équipements, particulièrement en ce qui concerne l’automobile. Dans la construction, ils sont également en forte hausse (+ 3,4 %), un peu moins dans la recherche et le développement (+ 1,2 %). L’industrie manufacturière joue un rôle important dans le développement économique et sa contribution au produit intérieur brut a été maintenue à un niveau quasi constant depuis 20 ans : 22,3 % en 2014 pour 23 % en 1994.

Le commerce extérieur de l’Allemagne reste dynamique et participe à la croissance de l’activité pour 0,4 point. L’excédent commercial ainsi réalisé s’élève à 217 milliards d’euros, en nette hausse par rapport à 2013 (195 milliards). Les exportations (1 133,6 milliards d’euros), qui bénéficient de la dépréciation de l’euro, sont vigoureuses et progressent de 3,7 %. La hausse est moins marquée pour les importations (+ 2,0 %), qui atteignent 916,5 milliards d’euros. Les pays de l’Union européenne représentent 58 % de l’ensemble des exportations de l’Allemagne (+ 5,4 %) et 65 % des importations (+ 3,6 %). La France reste le partenaire privilégié et occupe la première place avec 9 % du total des exportations, soit 102,1 milliards d’euros. Parmi les pays fournisseurs de l’Allemagne, la France occupe la troisième place (67,6 milliards d’euros, soit 7,4 %), derrière les Pays-Bas et la Chine. Les ventes vers les pays tiers, qui représentent 42 % de l’ensemble, affichent une hausse de 1,5 %, alors que les importations diminuent de 0,9 %.

Le revenu disponible des ménages continue de croître (+ 2,2 % en 2014 contre + 1,8 % en 2013) et contribue, de ce fait, à accroître le pouvoir d’achat des ménages.

Nouvelle hausse de l’emploi

L’Allemagne compte en moyenne en 2014 42,6 millions d’actifs au lieu de résidence, soit + 372 000 personnes par rapport à 2013 (+ 0,9 %). La population active en emploi a même dépassé le cap des 43 millions au quatrième trimestre. La population issue du « halo » du chômage ainsi que l’afflux de main d’œuvre étrangère sur le territoire ont accompagné cette croissance de l’emploi. Le solde migratoire a, en effet, progressé de 240 000 personnes durant les six premiers mois de 2014 comparé à la même période en 2013 (+ 17 %). Ainsi, le taux d’emploi des 20 à 64 ans s’établit à 77,7 % (+ 0,6 point). En 2014, le taux de chômage au sens du BIT moyen annuel s’établit à 5,0 % contre 5,2 % en 2013. Avec 2,09 millions de chômeurs en moyenne sur l’année, la baisse est de 3,7 %.

Accélération de l’économie dans le Bade-Wurtemberg

La croissance du land du Bade-Wurtemberg atteint + 2,4 % en 2014, soit la plus forte d’Allemagne, après un ralentissement en 2013 (+ 0,9 %). Le PIB est tiré par la bonne performance de l’industrie et de ses exportations, principaux facteurs de l’expansion économique du Land. La valeur ajoutée brute de l’industrie enregistre une forte hausse de 4,1 % (Allemagne : + 2,2 %). Dans le même temps, la production industrielle progresse de 1,9 %, en particulier l’industrie automobile et la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques (+ 5,5 %), ainsi que la fabrication de produits métalliques (+ 4,5 %). Son chiffre d’affaires nominal atteint un niveau record de 328,3 milliards d’euros (+ 4,7 %), dont le secteur automobile particulièrement performant (+ 97 milliards d’euros, soit + 10,3 %). La croissance du chiffre d’affaires repose essentiellement sur le dynamisme des exportations réalisées par l’industrie, en hausse de 7,9 %. Globalement, le Bade-Wurtemberg, qui réalise des recettes à l’exportation inégalées (181,4 milliards d’euros soit + 4,7 %), occupe la première place dans le pays. Il importe pour 150,7 milliards, montant également en forte progression (+ 7,0 %).

La hausse de l’emploi s’accentue, avec près de 6,02 millions d’actifs en emploi en moyenne en 2014, soit + 74 600 personnes par rapport à 2013 (+ 1,3 %). Le secteur tertiaire, qui regroupe 68 % des emplois, gagne 54 500 actifs, soit + 1,4 %, bien plus que l’industrie (+ 0,8 %). Quant aux effectifs du BTP, ils augmentent de 2,5 %.

La population salariée, (4,27 millions), qui représente 71 % de l’ensemble des actifs, progresse de 2,2 %.

L’évolution favorable de l’emploi entraîne une diminution du chômage : 3,1 % en 2014 contre 3,3 % en 2013. Le chômage des jeunes de 15 à 24 ans faiblit également et passe de 5,4 % en 2013 à 5,0 %.

La Rhénanie-Palatinat affiche une croissance de 1,1 % en 2014, nettement plus dynamique qu’en 2013 (- 0,4 %) et 2012 (+ 0,7 %), grâce à la contribution positive du secteur tertiaire (0,8 point du PIB) et de l’industrie (0,3 point du PIB). La valeur ajoutée brute des services progresse de 1,2 % et celle de l’industrie de 1,0 %. En comparaison avec 2013, la production industrielle se contracte (- 0,7 %), en particulier dans l’industrie automobile (- 8,3 %) et l’industrie chimique (- 3,2 %), alors qu’elle s’est redressée dans la fabrication de machines et équipements (+ 7,3 %). La construction a enregistré une nette progression de son activité (+ 4,3 %) et de son chiffre d’affaires (+ 11 %).

Le commerce extérieur conserve son dynamisme avec des exportations en nette hausse (48,1 milliards d’euros soit + 3,4 %), tout comme les importations (31,9 milliards, soit + 2,2 %). Les exportations à destination des pays de l’Union européenne, qui représentent 60 % de l’ensemble, ont progressé de + 4,9 %.

Le land de Rhénanie-Palatinat compte en moyenne 1,97 million d’emplois en 2014, soit 0,8 % de plus qu’en 2013. L’augmentation des effectifs concerne tous les secteurs : + 0,8 % dans le tertiaire, + 0,5 % dans le secondaire et + 1,4 % dans la construction. La hausse du nombre des actifs repose sur celle des salariés (+ 1,4 % en octobre 2014), qui en représentent les deux tiers. Dans le même temps, les emplois à un euro « Ein-Euro-Jobs » reculent de 15 %. Le taux de chômage au sens du BIT est de 3,9 % (- 0,1 point).

Croissance continue en Suisse

D’après une estimation provisoire du Secrétariat d’État à l’économie (SECO), la Suisse affiche une croissance de 2,0 % en 2014 (après 1,9 % en 2013). La croissance économique bénéficie surtout d’un commerce extérieur dynamique qui participe pour + 1,4 point à la hausse du PIB. La consommation intérieure y a également contribué (+ 0,5 point). La demande extérieure conserve son dynamisme en 2014 et soutient les exportations qui ont atteint un niveau record de près de 200 milliards d’euros, soit + 3,5 %, alors que les importations stagnent. Les ventes de la bijouterie ont progressé de 18 % et celle de la chimie-pharmacie de 5 %.

La Suisse compte 4,23 million d’emplois fin 2014, soit une augmentation de 1,0 % sur un an. Le secteur secondaire enregistre une hausse de 0,2 % grâce au gain d’emplois dans la construction (+ 0,3 %), alors que l’industrie manufacturière stagne. Dans le secteur tertiaire, l’emploi progresse de 1,3 %.

Fin 2014, 287 100 frontaliers de nationalité étrangère travaillent en Suisse, en augmentation de 8 600 personnes en un an (+ 3,1 %). Cette croissance est inférieure à celle de 2013 (+ 3,8 %) et la plus faible des cinq dernières années. Plus de la moitié des frontaliers est domiciliée en France (52,4 %). Parmi eux, 20,6 % résident en Alsace et se rendent en Suisse du Nord-Ouest.

Le taux de chômage suisse au sens du Bureau International du Travail (BIT) a légèrement augmenté : il est passé de 4,4 % en 2013 à 4,5 % en 2014 et de 8,5 % à 8,6 % pour les jeunes de 15 à 24 ans.

Figure_1 – Taux de croissance du PIB réel - en volume

  • Le produit intérieur brut (PIB) est une mesure de l'activité économique. Il est défini comme la valeur de tous les biens et services produits, moins la valeur des biens et services utilisés dans leur création. Le calcul du taux de croissance annuel du PIB en volume est destiné à permettre les comparaisons des dynamiques du développement économique à la fois à travers le temps et entre des économies de différentes tailles.
  • Pour le calcul du taux de croissance du PIB en volume, le PIB à prix constants est évalué avec les prix de l'année précédente et les changements du volume ainsi calculés sont imputés au niveau d'une année de référence. C'est ce qu'on appelle une série chainée liée. Par conséquent, les mouvements de prix ne contribuent pas à augmenter le taux de croissance.
  • Sources : Insee, Eurostat, Destatis, Statistisches Landesamt Rheinland-Pfalz et Baden-Württemberg, Confédération Suisse Secrétariat d'Etat à l'économie.