Economie et Statistique n°393-394 - Histoires de vie

Economie et Statistique
Paru le : 01/11/2006
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Lieux habités, lieux investis : le lien au territoire, une composante identitaire ?

France Guérin-Pace

Une personne sur trois interrogée dans l'enquête Histoire de vie évoque son lieu d'origine ou un lieu d'attachement, comme importants pour dire qui elle est. Dans un contexte où les parcours géographiques individuels sont de plus en plus complexes, le lieu de naissance et la nationalité sont insuffisants pour comprendre comment se forme le sentiment d'appartenance des populations à un territoire. Cette composante spatiale de la construction identitaire est appréhendée dans l'enquête à partir du recueil des lieux de vie successifs des personnes mais aussi de lieux plus subjectifs comme les lieux d'attachement, de projet, un lieu éventuel de sépulture et le sentiment d'origine géographique. Le sens donné à ces lieux investis et leur mobilisation comme référent identitaire diffèrent selon les parcours, les appartenances sociales et les caractéristiques démographiques des individus. À titre d'exemple, donner un lieu d'attachement est plus le fait de personnes vivant seules, d'étudiants, de personnes ayant investi dans un endroit (propriétaires) ou ayant connu une forte mobilité. Le lieu de projet est quant à lui plus le fait des moins de 50 ans, des personnes n'ayant pas d'attache matérielle ou professionnelle, et des urbains. Se référer à son lieu d'origine pour se définir est beaucoup plus fréquent pour les personnes immigrées ou de parents immigrés que pour celles nées françaises. Les immigrés devenus Français se réfèrent moins souvent à ce lieu, même s'ils le citent fréquemment comme lieu d'attachement.

Economie et Statistique
No 393-394
Paru le : 01/11/2006