Economie et Statistique n°346-347 - Le RMI : entre redistribution et incitations

Economie et Statistique
Paru le : 01/01/2002
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RMI et revenus du travail : une évaluation des gains financiers à l'emploi

Marc Gurgand et David Margolis

Le revenu disponible des ménages bénéficiaires du RMI est comparé au revenu disponible à long terme de ces mêmes ménages si l'un des membres percevait son salaire potentiel en janvier 1998. À cette fin, on estime la structure des salaires mensuels qui pourraient être offerts aux bénéficiaires du RMI s'ils occupaient un emploi. Les distributions des gains monétaires éventuels sont alors décrites et décomposées pour des ménages de caractéristiques différentes (ces gains ne tiennent pas compte des coûts d'opportunité tels que garde des enfants, frais de transports, etc.). Les estimations et les simulations s'appuient sur une enquête représentative des allocataires du RMI en décembre 1996 : les salaires observés dans cette enquête sont très faibles, notamment en raison du travail à temps partiel, y compris pour les hommes. Sur la base de cette distribution de salaires, les trois quarts des ménages gagneraient financièrement à occuper un emploi et la médiane des accroissements de revenu est de 202 euros environ. Cependant, les gains d'un montant très faible sont nombreux. De plus, moins de la moitié des mères isolées verraient leur revenu augmenter. En affectant un salaire aux deux membres des couples, 96 % de cette catégorie de ménages gagneraient à travailler dans ces conditions. La distribution des salaires observés sur cette population étant très atypique, on lui affecte la structure des salaires observée sur l'ensemble des salariés de mêmes caractéristiques objectives selon l'enquête Emploi 1998. Cela revient à considérer que les bénéficiaires du RMI n'ont pas des caractéristiques inobservables systématiquement différentes du reste de la population et constitue donc une hypothèse haute. Neuf ménages au RMI sur dix verraient alors leur revenu de long terme augmenter (et la médiane passe à 433 euros). Les mères isolées restent les plus mal placées en termes d'intérêt monétaire.

Economie et Statistique
No 346-347
Paru le : 01/01/2002