Bilan démographique 2022

Chiffres détaillés
Paru le : Paru le 17/01/2023
Sylvain Papon (Insee)
- Janvier 2023

Le bilan démographique contient :
- la population de la France estimée au 1ᵉʳ janvier de chaque année (depuis 1946 pour la France métropolitaine et depuis 1982 pour la France) ;
- l'évolution de la situation démographique (naissances, décès, mariages) ;
- les principaux indicateurs démographiques (fécondité, mortalité, nuptialité)

Bilan démographique 2022 L’espérance de vie stagne en 2022 et reste inférieure à celle de 2019

Sylvain Papon (Insee)

Au 1er janvier 2023, la France compte 68,0 millions d’habitants. Au cours de l’année 2022, la population a augmenté de 0,3 %.

En 2022, 723 000 bébés sont nés en France, soit 19 000 de moins qu’en 2021. Les naissances avaient connu un rebond en 2021, mettant fin à six années de baisse consécutive. Elles repartent à la baisse en 2022 et atteignent un niveau historiquement bas. L’indicateur conjoncturel de fécondité est de 1,80 enfant par femme en 2022, après 1,84 en 2021.

En 2022, 667 000 personnes sont décédées en France, soit 5 000 de plus qu’en 2021, et seulement 2 000 de moins qu’en 2020, année marquée par le début de l’épidémie de Covid‑19. Ce nombre élevé de décès est dû au vieillissement de la population, mais aussi à la poursuite de la pandémie et aux canicules. L’espérance de vie à la naissance est de 85,2 ans pour les femmes et de 79,3 ans pour les hommes, des niveaux proches de ceux de 2021 et toujours inférieurs de 0,4 an à ceux de 2019.

En 2022, 244 000 mariages ont été célébrés, un nombre élevé, marqué sans doute par un début de rattrapage des mariages reportés en raison de la pandémie. En 2021, 209 000 Pacs ont été conclus, le nombre le plus élevé depuis sa création en 1999.

68 millions d’habitants en France en 2023

Au 1er janvier 2023, la France compte 68,0 millions d’habitants (figure 1) : 65,8 millions résident en France métropolitaine et 2,2 millions dans les cinq départements d’outre-mer. La population augmente de 0,3 % en 2022, après + 0,4 % en 2021 et + 0,3 % en 2020.

Figure 1 – Évolution générale de la situation démographique

en milliers
Figure 1 – Évolution générale de la situation démographique (en milliers) - Lecture : la population est de 67 442 milliers d’habitants au 1er janvier 2020 d'après le recensement de 2020, en hausse de 0,40 % sur un an.
Années Population au 1er janvier Nombre de naissances vivantes Nombre de décès Solde naturel Solde migratoire évalué Ajustement1 Évolution de la population2 (en %)
2018 66 992 758,6 609,6 + 148,9 + 201 – 84 0,52
2019 67 258 753,4 613,2 + 140,1 + 128 – 84 0,40
2020 67 442 735,2 668,9 + 66,3 + 161p – 34p 0,34p
2021 67 635p 742,1 661,6 + 80,5 + 161p – 34p 0,36p
2022 67 843p 723,0p 667,0p + 56,0p + 161p – 17p 0,32p
2023 68 043p nd nd nd nd nd nd
  • p : données provisoires arrêtées fin novembre 2022 ; nd : non disponible.
  • 1. Du fait d'un changement de questionnaire du recensement de la population visant à améliorer la connaissance des situations de multi-résidence, un ajustement a été introduit pour estimer les évolutions de population à questionnement inchangé. Cet effet de questionnaire sera visible pendant huit ans compte tenu de la méthode de recensement [Insee, 2020].
  • 2. Le taux de variation de la population une année donnée correspond à la somme du solde naturel et du solde migratoire divisée par la population au 1er janvier de cette année.
  • Lecture : la population est de 67 442 milliers d’habitants au 1er janvier 2020 d'après le recensement de 2020, en hausse de 0,40 % sur un an.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil réalisées fin novembre 2022.

En 2022, le , différence entre les nombres de naissances et de décès, atteint son plus bas niveau depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale à + 56 000. Il avait déjà atteint en 2020 un niveau historiquement bas du fait de la forte hausse du nombre de décès due à l’épidémie de Covid‑19 (figure 2). Il était légèrement remonté en 2021 grâce au rebond du nombre de naissances et à une baisse du nombre de décès. Le est quant à lui estimé provisoirement à + 161 000 personnes (sources). Il contribuerait ainsi pour près des trois quarts à la hausse de la population.

Figure 2a – Nombre de naissances et de décès depuis 1957

en milliers
Figure 2a – Nombre de naissances et de décès depuis 1957 (en milliers) - Lecture : en 2022 en France, 723 000 bébés sont nés et 667 000 personnes sont décédées.
Années Naissances
(France hors Mayotte)
Décès
(France hors Mayotte)
Naissances
(France)
Décès
(France)
1957 851,5 542,2
1958 847,2 510,7
1959 864,6 518,6
1960 856,5 530,6
1961 875,2 509,4
1962 870,5 550,5
1963 907,3 567,2
1964 916,1 529,2
1965 904,7 552,8
1966 902,0 538,9
1967 877,5 551,9
1968 872,9 562,4
1969 877,1 582,5
1970 883,7 551,3
1971 916,4 562,6
1972 911,2 558,5
1973 888,8 567,4
1974 832,1 560,8
1975 774,5 568,4
1976 747,2 565,2
1977 770,2 544,0
1978 761,0 554,7
1979 782,4 549,4
1980 826,1 555,0
1981 831,0 562,4
1982 823,3 550,7
1983 775,4 567,8
1984 787,4 550,3
1985 796,1 560,4
1986 805,5 554,7
1987 795,8 535,4
1988 800,6 532,5
1989 796,1 537,5
1990 793,1 534,4
1991 790,1 532,9
1992 774,8 529,8
1993 741,3 540,5
1994 740,8 528,1
1995 759,1 540,3
1996 764,0 544,6
1997 757,4 539,3
1998 767,9 543,4
1999 775,8 547,3
2000 807,4 540,6
2001 803,2 541,0
2002 792,7 545,2
2003 793,0 562,5
2004 799,4 519,5
2005 806,8 538,1
2006 829,4 526,9
2007 818,7 531,2
2008 828,4 542,6
2009 824,6 548,5
2010 832,8 551,2
2011 823,4 545,1
2012 821,0 569,9
2013 811,5 569,2
2014 811,4 558,7 818,6 559,3
2015 798,9 593,7
2016 783,6 593,9
2017 769,6 606,3
2018 758,6 609,6
2019 753,4 613,2
2020 735,2 668,9
2021 742,1 661,6
2022p 723,0 667,0
  • p : données provisoires arrêtées fin novembre 2022.
  • Lecture : en 2022 en France, 723 000 bébés sont nés et 667 000 personnes sont décédées.
  • Champ : France hors Mayotte jusqu'en 2013 et France à partir de 2014.
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil réalisées fin novembre 2022.

Figure 2a – Nombre de naissances et de décès depuis 1957

  • p : données provisoires arrêtées fin novembre 2022.
  • Lecture : en 2022 en France, 723 000 bébés sont nés et 667 000 personnes sont décédées.
  • Champ : France hors Mayotte jusqu'en 2013 et France à partir de 2014.
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil réalisées fin novembre 2022.

Au 1er janvier 2021, la France représente 15 % de la population de l’Union européenne à 27 pays (UE27) et en est le deuxième pays le plus peuplé derrière l’Allemagne (19 %).

Le nombre de naissances atteint un point bas historique

En 2022, 723 000 bébés sont nés en France (selon les estimations réalisées fin novembre 2022 [Insee, 2023b]), soit 19 000 de moins qu’en 2021 (– 2,6 %). Entre 2015 et 2020, les naissances ont été chaque année de moins en moins nombreuses. En 2021, le nombre de naissances avait augmenté, dans un contexte marqué par les conséquences de la pandémie. Le nombre de naissances avait tout d’abord chuté neuf mois après le confinement du printemps 2020 : entre le 15 décembre 2020 et le 15 février 2021, il était né 10 % de bébés de moins qu’à la même période un an auparavant [Papon, 2022]. Le contexte de crise sanitaire et de fortes incertitudes économiques avaient pu inciter des couples à reporter leurs projets de parentalité. Le rebond des naissances qui avait suivi en mars et avril 2021, puis la forte remontée durant le second semestre, avaient permis de dépasser le niveau des naissances de l’année 2020. En janvier 2022, les naissances reculent à nouveau, neuf mois après le troisième confinement, et augmentent temporairement en février. À partir de mars 2022, les naissances sont presque toujours inférieures à celles du mois correspondant en 2020, en particulier en octobre 2022. Le nombre de naissances en 2022 est ainsi le plus faible depuis 1946.

Le nombre de naissances dépend à la fois du nombre de femmes en âge de procréer et de leur fécondité. La population féminine de 20 à 40 ans, âges où les femmes sont les plus fécondes, marque un palier depuis 2016. Les évolutions récentes s’expliquent donc principalement par l’évolution de la fécondité (figure 3).

Figure 3 – Évolution du nombre de naissances, de femmes en âge de procréer et ICF1

Figure 3 – Évolution du nombre de naissances, de femmes en âge de procréer et ICF1 - Lecture : entre 1995 et 2022, le nombre de femmes âgées de 20 à 40 ans a diminué de 8,9 %.
Années Nombre de femmes âgées de 15 à 50 ans Nombre de femmes âgées de 20 à 40 ans Nombre de naissances Nombre de femmes âgées de 15 à 50 ans Nombre de femmes âgées de 20 à 40 ans Nombre de naissances Indicateur conjoncturel de fécondité pour 100 femmes
(indice 100 en 1995)
1995 15 276 696 9 259 685 759 058 100,0 100,0 100,0 173,0
1996 15 361 940 9 198 704 764 028 100,6 99,4 100,7 175,0
1997 15 442 834 9 126 984 757 384 101,1 98,6 99,8 174,5
1998 15 425 745 9 068 116 767 906 101,0 97,9 101,2 177,9
1999 15 369 552 9 005 655 775 796 100,6 97,3 102,2 180,8
2000 15 354 542 8 977 795 807 405 100,5 97,0 106,4 189,3
2001 15 345 968 8 965 301 803 234 100,5 96,8 105,8 189,5
2002 15 346 926 8 957 710 792 754 100,5 96,7 104,4 188,1
2003 15 366 134 8 947 737 793 044 100,6 96,6 104,5 189,1
2004 15 382 524 8 922 374 799 361 100,7 96,4 105,3 191,5
2005 15 410 862 8 891 568 806 822 100,9 96,0 106,3 193,8
2006 15 424 337 8 866 478 829 352 101,0 95,8 109,3 199,7
2007 15 410 051 8 842 913 818 705 100,9 95,5 107,9 197,7
2008 15 379 251 8 806 036 828 404 100,7 95,1 109,1 200,7
2009 15 328 588 8 781 200 824 641 100,3 94,8 108,7 200,4
2010 15 272 611 8 747 731 832 799 100,0 94,5 109,7 202,9
2011 15 220 368 8 712 161 823 394 99,6 94,1 108,5 201,0
2012 15 161 589 8 671 375 821 047 99,3 93,7 108,2 200,8
2013 15 109 530 8 614 480 811 510 98,9 93,0 106,9 198,8
2014 15 078 758 8 542 722 811 384 98,7 92,3 106,9 199,9
2015 15 028 472 8 479 064 790 114 98,4 91,6 104,1 195,5
2016 14 973 905 8 437 183 774 336 98,0 91,1 102,0 192,4
2017 14 910 734 8 422 723 760 078 97,6 91,0 100,1 189,3
2018 14 878 139 8 429 106 749 308 97,4 91,0 98,7 187,0
2019 14 862 798 8 424 682 743 901 97,3 91,0 98,0 186,3
2020 14 827 520 8 430 006 726 235 97,1 91,0 95,7 182,0
2021p 14 818 132 8 447 347 731 665 97,0 91,2 96,4 183,9
2022p 14 815 850 8 431 500 712 000 97,0 91,1 93,8 179,6
  • p : données provisoires arrêtées fin novembre 2022.
  • 1. Indicateur conjoncturel de fécondité.
  • Lecture : entre 1995 et 2022, le nombre de femmes âgées de 20 à 40 ans a diminué de 8,9 %.
  • Champ : France hors Mayotte (naissances et nombre de femmes) ; France hors Mayotte jusqu’en 2013 et France à partir de 2014 (ICF).
  • Source : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil réalisées fin novembre 2022.

Figure 3 – Évolution du nombre de naissances, de femmes en âge de procréer et ICF1

  • p : données provisoires arrêtées fin novembre 2022.
  • 1. Indicateur conjoncturel de fécondité.
  • Lecture : entre 1995 et 2022, le nombre de femmes âgées de 20 à 40 ans a diminué de 8,9 %.
  • Champ : France hors Mayotte (naissances et nombre de femmes) ; France hors Mayotte jusqu’en 2013 et France à partir de 2014 (ICF).
  • Source : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil réalisées fin novembre 2022.

L’indice conjoncturel de fécondité est de 1,80 enfant par femme en 2022

En 2022, l’ s’établit à 1,80 enfant par femme, en baisse, après 1,84 en 2021. Il avait diminué chaque année entre 2015 et 2020, avant d’augmenter en 2021 grâce aux nombreuses naissances du second semestre.

L’augmentation régulière de l’âge moyen à la maternité n’a pas été perturbée par la pandémie. Cet âge est de 31,0 ans en 2022, contre 29,4 ans vingt ans plus tôt (figure 4). Les femmes les plus fécondes sont celles de 25 à 34 ans. Toutefois, le des femmes de moins de 30 ans baisse depuis les années 2000. Cette diminution s’accentue depuis 2015 et il n’y a pas eu de rebond à ces âges en 2021. En 2022, 100 femmes âgées de 25 à 29 ans donnent naissance à 10,1 enfants, contre 13,0 en 2002. Le taux de fécondité des femmes de 30 à 34 ans a, quant à lui, baissé plus tardivement et il a même rebondi en 2021. En 2022, il retrouve cependant son niveau de 2020 (12,4 enfants pour 100 femmes). Le taux de fécondité des femmes de 35 à 39 ans oscillait autour de 7 depuis 2017, il avait lui aussi augmenté en 2021 (à 7,3) et repart également à la baisse en 2022 (7,2).

Figure 4 – Taux de fécondité par groupe d'âges

Figure 4 – Taux de fécondité par groupe d'âges - Lecture : en 2022, 100 femmes âgées de 30 à 34 ans (âge atteint dans l'année) ont eu en moyenne 12,4 enfants.
Nombre de naissances pour 100 femmes ICF1 pour
100 femmes
Âge moyen
des mères2
15 – 24
ans
25 – 29
ans
30 – 34
ans
35 – 39
ans
40 – 50
ans
2002 3,3 13,0 11,6 5,2 0,6 188,1 29,4
2012 3,1 12,5 13,1 6,6 0,8 200,8 30,1
2017 2,4 11,2 12,7 6,9 0,9 189,3 30,5
2018 2,3 11,0 12,7 6,9 0,9 187,0 30,6
2019 2,3 10,8 12,6 7,0 0,9 186,3 30,7
2020p 2,2 10,5 12,4 6,9 0,9 182,0 30,8
2021p 2,1 10,3 12,9 7,3 1,0 183,9 30,9
2022p 2,0 10,1 12,4 7,2 1,0 179,6 31,0
  • p : données provisoires arrêtées fin novembre 2022.
  • 1. Indicateur conjoncturel de fécondité.
  • 2. Âge calculé pour une génération fictive de femmes qui auraient à tous les âges la fécondité de l'année considérée.
  • Lecture : en 2022, 100 femmes âgées de 30 à 34 ans (âge atteint dans l'année) ont eu en moyenne 12,4 enfants.
  • Champ : France hors Mayotte jusqu'en 2013 et France à partir de 2014.
  • Source : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil réalisées fin novembre 2022.

En 2020, dernière année pour laquelle les chiffres sont disponibles, la France est le pays de l’UE27 le plus fécond (ICF de 1,82), suivie par la Roumanie (1,80). Trois pays ont des ICF inférieurs à 1,3 : Malte, l’Espagne et l’Italie. L’Allemagne figure dans la moyenne (ICF de 1,53, contre 1,50 pour l’ensemble de l’UE27).

Un nombre toujours élevé de décès dû à la poursuite de la pandémie et aux canicules

En 2022, 667 000 personnes sont décédées en France (selon les estimations réalisées fin novembre 2022 [Insee, 2023b]). C’est 5 000 de plus qu’en 2021 (+ 0,8 %), à peine moins qu’en 2020 (– 2 000), première année marquée par l’épidémie de Covid-19, et nettement plus qu’en 2019 (+ 54 000). La hausse entre 2019 et 2022 peut se décomposer, sur la base de ces données provisoires, de la manière suivante : + 29 000 dus au vieillissement et à la hausse de la population, – 21 000 dus à la tendance à la baisse des quotients de mortalité et + 46 000 d’écart entre les décès attendus et observés.

En effet, du fait de l’arrivée des générations nombreuses du baby‑boom à des âges de forte mortalité, le nombre de décès a tendance à augmenter ces dernières années (+ 0,7 % par an en moyenne entre 2004 et 2014, puis + 1,9 % entre 2014 et 2019). L’augmentation en 2020 a néanmoins été sans commune mesure du fait de la forte lors des deux premières vagues de la pandémie : 48 000 décès de plus en 2020 que le nombre attendu si les risques de décéder par âge avaient continué à baisser au même rythme qu’entre 2010 et 2019. En 2021, le nombre de décès est resté élevé (43 000 décès de plus que le nombre attendu) malgré les effets positifs de la campagne de vaccination. La pandémie s’est poursuivie avec le variant Omicron, très contagieux, qui s’est propagé en fin d’année 2021 et en 2022. En outre, une épidémie de grippe tardive, avec un pic en avril [Ouvrir dans un nouvel ongletSanté Publique France, 2022a], et trois périodes de canicule (mi‑juin, du 10 au 25 juillet et la première quinzaine d’août) ont été la cause de pics de mortalité ponctuels [Ouvrir dans un nouvel ongletSanté Publique France, 2022b] qui ont maintenu les décès à un niveau élevé en 2022.

L’espérance de vie en 2022 reste inférieure de 0,4 an à celle de 2019

En 2022, l’ est de 85,2 ans pour les femmes et de 79,3 ans pour les hommes (figure 5). Les hommes gagnent 0,1 an d’espérance de vie par rapport à 2021 (+ 0,2 an par rapport à 2020), alors que l’espérance de vie des femmes reste identique à celle de 2021 (+ 0,1 an par rapport à 2020). Du fait de sa forte baisse en 2020 (− 0,5 an pour les femmes, − 0,6 an pour les hommes), l’espérance de vie en France est inférieure de 0,4 an à celle de 2019, pour les femmes comme pour les hommes.

Figure 5a – Espérance de vie à divers âges et mortalité infantile

Figure 5a – Espérance de vie à divers âges et mortalité infantile - Lecture : en 2022, l'espérance de vie des femmes de 20 ans est de 65,7 ans. Ce chiffre représente le nombre d'années restant à vivre aux femmes de 20 ans dans les conditions de mortalité à chaque âge observées en 2022.
Années Femmes
(en années)
Hommes
(en années)
Taux de mortalité infantile
pour 1 000 enfants
nés vivants1
0 an 1 an 20 ans 60 ans 80 ans 0 an 1 an 20 ans 60 ans 80 ans
2012 84,8 84,1 65,3 27,2 10,6 78,5 77,8 59,0 22,6 8,6 3,5
2017 85,3 84,6 65,8 27,6 11,1 79,4 78,7 60,0 23,2 9,0 3,9
2018 85,4 84,7 65,9 27,7 11,2 79,5 78,9 60,1 23,3 9,1 3,8
2019 85,6 84,8 66,0 27,8 11,3 79,7 79,0 60,3 23,4 9,2 3,8
2020p 85,1 84,4 65,5 27,3 10,9 79,1 78,4 59,6 22,8 8,7 3,6
2021p 85,2 84,5 65,7 27,4 11,1 79,2 78,5 59,7 22,9 8,9 3,7
2022p 85,2 84,5 65,7 27,5 11,1 79,3 78,7 59,9 23,1 9,0 3,9
  • p : données provisoires arrêtées fin novembre 2022.
  • 1. Rapport entre le nombre d’enfants décédés avant leur premier anniversaire et l’ensemble des enfants nés vivants.
  • Lecture : en 2022, l'espérance de vie des femmes de 20 ans est de 65,7 ans. Ce chiffre représente le nombre d'années restant à vivre aux femmes de 20 ans dans les conditions de mortalité à chaque âge observées en 2022.
  • Champ : France hors Mayotte jusqu'en 2013 et France à partir de 2014.
  • Source : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil réalisées fin novembre 2022.

En 2021, l’espérance de vie, en France, est supérieure de plus de deux ans à la moyenne de l’UE27 (82,8 ans pour les femmes, 77,2 ans pour les hommes).

En France, comme dans l’Union européenne, une personne sur cinq a 65 ans ou plus

Au 1er janvier 2023, en France, 21,3 % des habitants ont 65 ans ou plus (figure 6). Cette proportion augmente depuis plus de trente ans et le vieillissement de la population s’accélère depuis le milieu des années 2010, avec l’arrivée à ces âges des générations nombreuses du baby‑boom [Athari et al., 2019]. Ce constat est partagé par tous les pays de l’UE27. En 2021, les personnes de 65 ans ou plus représentent 20,8 % de la population de l’UE27, contre 17,8 % en 2011. Leur part est supérieure à 22 % en Italie, en Finlande, en Grèce, au Portugal et en Allemagne.

Figure 6a – Pyramides des âges au 1er janvier 2023

en milliers
Figure 6a – Pyramides des âges au 1er janvier 2023 (en milliers) - Lecture : au 1er janvier 2023, 397 000 femmes de 20 ans résident en France (arrondi au milliers).
Âge1 Femmes Hommes
0 331 346
1 343 357
2 341 357
3 352 369
4 357 377
5 367 383
6 378 395
7 388 407
8 402 418
9 404 422
10 410 432
11 413 433
12 425 446
13 419 441
14 421 444
15 420 441
16 423 447
17 413 438
18 407 433
19 399 423
20 397 419
21 395 418
22 399 421
23 376 390
24 376 383
25 369 375
26 374 374
27 376 372
28 372 363
29 375 367
30 395 384
31 402 390
32 413 402
33 420 401
34 428 406
35 430 404
36 436 410
37 436 408
38 430 405
39 423 399
40 447 425
41 449 427
42 455 433
43 428 410
44 418 402
45 416 404
46 405 393
47 417 407
48 437 428
49 459 446
50 468 458
51 465 455
52 455 443
53 450 435
54 446 427
55 443 426
56 456 435
57 458 435
58 464 437
59 458 428
60 442 412
61 441 410
62 440 405
63 437 399
64 427 385
65 425 381
66 422 373
67 418 364
68 412 361
69 403 350
70 409 351
71 395 339
72 406 347
73 398 335
74 394 331
75 383 319
76 360 295
77 271 216
78 261 205
79 251 195
80 230 175
81 201 150
82 205 149
83 213 146
84 201 135
85 193 123
86 186 113
87 173 97
88 164 87
89 144 73
90 136 63
91 117 52
92 102 41
93 80 30
94 65 22
95 52 15
96 40 11
97 29 7
98 21 5
99 15 3
100 10 2
101 7 1
102 4 1
103 2 0
104 1 0
105 1 0
106 0 0
107 0 0
108 0 0
109 0 0
110 ou plus 0 0
  • 1. Âge atteint le 1er janvier.
  • Note : données provisoires arrêtées fin novembre 2022.
  • Lecture : au 1er janvier 2023, 397 000 femmes de 20 ans résident en France (arrondi au milliers).
  • Champ : France.
  • Source : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil réalisées fin novembre 2022.

Figure 6a – Pyramides des âges au 1er janvier 2023

  • 1. Âge atteint le 1er janvier.
  • Note : données provisoires arrêtées fin novembre 2022.
  • Lecture : au 1er janvier 2023, 397 000 femmes de 20 ans résident en France (arrondi au milliers).
  • Champ : France.
  • Source : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil réalisées fin novembre 2022.

Un rattrapage des mariages reportés pendant la pandémie

En 2022, 244 000 mariages ont été célébrés (estimation réalisée fin novembre 2022 [Insee, 2023b]), dont 237 000 entre personnes de sexe différent et 7 000 entre personnes de même sexe (figure 7). Ce nombre est le plus élevé depuis 2012, alors que la tendance était plutôt à la baisse. Après une année 2020 marquée par un recul historique (– 31 % par rapport à 2019) en raison des contraintes sur l’organisation des mariages pendant la pandémie, le nombre de mariages a rebondi en 2021 malgré la poursuite de certaines restrictions sanitaires. Les célébrations de mariages n’ont pas été interdites en 2021, contrairement au printemps 2020, mais certains couples ont pu souhaiter reporter leur union en l’absence de visibilité sur l’évolution de la pandémie. Le nombre élevé de mariages en 2022 s’explique donc en partie par un rattrapage des unions reportées pendant la pandémie.

Figure 7 – Mariages et Pacs

Figure 7 – Mariages et Pacs - Lecture : en 2022, 237 000 couples de sexe différent et 7 000 couples de même sexe se sont mariés en France.
Années Mariages de personnes de sexe différent Mariages de personnes de même sexe Pacs1 de personnes de sexe différent Pacs1de personnes de même sexe
2000 305 234 /// 16 859 5 412
2001 295 720 /// 16 306 3 323
2002 286 169 /// 21 683 3 622
2003 282 756 /// 27 276 4 294
2004 278 439 /// 35 057 5 023
2005 283 036 /// 55 597 4 865
2006 273 914 /// 72 276 5 071
2007 273 669 /// 95 772 6 206
2008 265 404 /// 137 766 8 194
2009 251 478 /// 166 192 8 437
2010 251 654 /// 196 405 9 145
2011 236 826 /// 144 714 7 499
2012 245 930 /// 153 715 6 975
2013 231 225 7 367 162 609 6 083
2014 230 770 10 522 167 469 6 262
2015 228 565 7 751 181 930 7 017
2016 225 612 7 113 184 425 7 112
2017 226 671 7 244 188 233 7 400
2018 228 349 6 386 200 282 8 589
2019 218 468 6 272 188 014 8 356
2020 149 983 4 598 165 911 7 983
2021 212 413 6 406 199 651 9 810
2022p 237 000 7 000 182 000 10 000
  • p : mariages 2022, Pacs depuis 2018 : données provisoires fin novembre 2022.
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • 1. Pacte civil de solidarité.
  • Lecture : en 2022, 237 000 couples de sexe différent et 7 000 couples de même sexe se sont mariés en France.
  • Champ : France hors Mayotte jusqu'en 2013 et France à partir de 2014.
  • Sources : Insee, statistiques de l'état civil réalisées fin novembre 2022 (mariages) ; ministère de la Justice, Conseil supérieur du notariat (Pacs).

Figure 7 – Mariages et Pacs

  • p : mariages 2022, Pacs depuis 2018 : données provisoires fin novembre 2022.
  • 1. Pacte civil de solidarité.
  • Lecture : en 2022, 237 000 couples de sexe différent et 7 000 couples de même sexe se sont mariés en France.
  • Champ : France hors Mayotte jusqu'en 2013 et France à partir de 2014.
  • Sources : Insee, statistiques de l'état civil réalisées fin novembre 2022 (mariages) ; ministère de la Justice, Conseil supérieur du notariat (Pacs).

L’âge moyen des mariés de sexe différent augmente régulièrement depuis plus de vingt ans. En 2020, il avait augmenté fortement, probablement en lien avec le contexte sanitaire qui avait davantage dissuadé les couples les plus jeunes d’organiser leur mariage dans un contexte incertain. Il a ensuite stagné en 2021, avant de remonter en 2022. Il atteint 37,2 ans pour les femmes (+ 0,4 an) et 39,6 ans pour les hommes (+ 0,3 an). Pour les couples de même sexe, l’âge au mariage est toujours supérieur à celui des conjoints de sexe différent. Il avait tendance à diminuer depuis 2013, première année d’ouverture du mariage aux conjoints de même sexe, mais avait augmenté en 2020, comme pour les conjoints de sexe différent, avant de diminuer à nouveau en 2021. En 2022, il est de 38,5 ans pour les femmes (+ 0,9 an), et de 44,0 ans pour les hommes (stable par rapport à 2021).

En 2021, 209 000 pactes civils de solidarité (Pacs) ont été conclus, soit une hausse de 20 % par rapport à 2020, probablement due à un rattrapage après une année où leur nombre avait baissé de 11 % en raison de la pandémie. Il s’agit du nombre le plus élevé depuis sa création en 1999 : le nombre de Pacs augmente presque chaque année depuis 2002, hormis lorsque des évolutions législatives ont incité les couples à des reports calendaires. Ce rattrapage terminé, le nombre de Pacs reculerait en 2022 de 8 % (estimation réalisée fin novembre 2022 [Insee, 2023b]).

Sources

La France, dans cette publication, correspond au territoire de la France métropolitaine et des cinq départements d’outre-mer.

Le recensement de la population sert de base aux estimations annuelles de population. Il en fixe les niveaux de référence pour les années où il est disponible. Pour les années 2021 et suivantes, les estimations de population sont provisoires. Elles sont réalisées en actualisant la population du dernier recensement de 2020 grâce à des estimations d’une part, du solde naturel et d’autre part, du solde migratoire et d’un ajustement, introduit pour tenir compte de la rénovation du questionnaire du recensement en 2018 et rendre comparables les niveaux de population annuels successifs [Insee, 2020]. Jusqu’en 2021, le recensement était quinquennal à Mayotte. Aussi, pour ce département, l’Insee réalise des estimations de population au 1er janvier à partir du dernier recensement disponible qui a eu lieu en 2017 (dans l’attente de disposer d’un cycle de cinq enquêtes annuelles) et grâce à des estimations d’une part du solde naturel, comme pour les autres départements français, et d’autre part du solde migratoire, en prenant pour hypothèse le maintien des caractéristiques des migrations résidentielles constatées entre 2012 et 2017.

Les statistiques d’état civil sur les naissances, les mariages et les décès sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee. Pour 2022, il s’agit d’une estimation provisoire, et plus particulièrement sur les derniers mois de l’année [Insee, 2023b]. Les statistiques concernant le pacte civil de solidarité (Pacs) sont fournies conjointement par le ministère de la Justice, le Conseil supérieur du notariat et l’Insee, et sont disponibles plus tardivement que les données d’état civil.

Le solde migratoire d’une année donnée est estimé indirectement par différence entre l’évolution de la population mesurée à deux recensements successifs et le solde naturel déduit de l’état civil. L’ajustement précédemment mentionné permettant de rendre comparables les niveaux de population annuels successifs est ensuite retiré pour estimer le solde migratoire à partir de 2015. Les évolutions de ce solde migratoire peuvent refléter des fluctuations des entrées et des sorties, mais également l’aléa de sondage du recensement. Le dernier recensement disponible étant celui du 1er janvier 2020, les soldes migratoires de 2020, 2021 et 2022 sont estimés provisoirement par la moyenne des trois derniers soldes connus. En 2020 toutefois, les entrées comme les sorties du territoire national ont été nettement freinées, voire quasi impossibles à certaines périodes. Les flux migratoires en 2021 sont peut-être affectés également. En 2020, le nombre de premiers titres de séjour délivrés à des ressortissants de pays tiers a été inférieur de 20 % à 2019 ; en 2021, le nombre de titres délivrés a augmenté de 21 % par rapport à 2020 [Ouvrir dans un nouvel ongletDSED, 2022]. Cependant, les méthodes d’estimations pour 2020 et 2021 n’ont pas été modifiées, les sorties, pour lesquelles on ne dispose pas de mesure directe, pouvant également avoir été affectées par les limitations de déplacement.

Les données sur l’Union européenne (UE) sont les plus récentes publiées par Eurostat. Elles concernent les 27 pays actuellement dans l’UE, c’est-à-dire sans le Royaume-Uni, y compris pour les années passées. Selon la thématique, elles s'arrêtent en 2020 ou 2021.

Définitions

Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période.

Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours d’une période.

L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) est la somme des taux de fécondité par âge observés une année donnée. Il peut être interprété comme le nombre moyen d’enfants qu’aurait une génération fictive de femmes qui connaîtrait, tout au long de leur vie féconde, les taux de fécondité par âge observés cette année-là. Il est exprimé en nombre d’enfants par femme. C’est un indicateur synthétique des taux de fécondité par âge de l’année considérée.

Le taux de fécondité à un âge donné est le nombre d’enfants nés vivants des femmes de cet âge au cours de l’année, rapporté à la population moyenne de l’année des femmes de même âge.

Le taux de mortalité à un âge donné est le nombre de décès à cet âge au cours de l'année rapporté à la population moyenne de l’année des personnes de même âge.

L’espérance de vie à la naissance est égale à la durée de vie moyenne d’une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les conditions de mortalité par âge de l’année considérée. C’est un indicateur synthétique des taux de mortalité par âge de l’année considérée.

Pour en savoir plus

Sources

Ce bilan annuel est établi à partir des résultats définitifs du recensement 2020. L'estimation de population au 1ᵉʳ janvier 2020 est donc définitive. Pour les années suivantes, cette estimation est actualisée à partir des statistiques d'état civil et d'une estimation du solde migratoire. Il s'agit donc d'estimations de population provisoires pour les années 2021, 2022 et 2023.

Définitions

Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période.

Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours d’une période.

L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) est la somme des taux de fécondité par âge observés une année donnée. Il peut être interprété comme le nombre moyen d’enfants qu’aurait une génération fictive de femmes qui connaîtrait, tout au long de leur vie féconde, les taux de fécondité par âge observés cette année-là. Il est exprimé en nombre d’enfants par femme. C’est un indicateur synthétique des taux de fécondité par âge de l’année considérée.

Le taux de fécondité à un âge donné est le nombre d’enfants nés vivants des femmes de cet âge au cours de l’année, rapporté à la population moyenne de l’année des femmes de même âge.

Le taux de mortalité à un âge donné est le nombre de décès à cet âge au cours de l'année rapporté à la population moyenne de l’année des personnes de même âge.

L’espérance de vie à la naissance est égale à la durée de vie moyenne d’une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les conditions de mortalité par âge de l’année considérée. C’est un indicateur synthétique des taux de mortalité par âge de l’année considérée.

Champ

Les données sont disponibles sur deux champs : France métropolitaine et France. Les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, anciennement en Guadeloupe, ont changé de statut depuis le 15 juillet 2007 et sont devenues des collectivités d'outre-mer. À cette date, elles sont sorties du champ France. Pour ne pas créer de rupture de champ dans les séries, elles ont été exclues du champ France pour toutes les années diffusées. Mayotte, devenu un département d'outre-mer, est intégré au champ France à partir de l'année 2014. Les données concernant Mayotte ne sont pas inclues au champ France pour les années précédentes.

Pour en savoir plus

Pyramides interactives

« La situation démographique en 2020 », Insee Résultats, juillet 2022