L'économie française - Comptes et dossiersÉdition 2019

Comme chaque année, L'Économie française - Comptes et dossiers présente une synthèse des mouvements essentiels ayant affecté les économies française et mondiale au cours de l'année écoulée.

L’ouvrage s’appuie pour cela sur les comptes de la Nation en base 2014 publiés fin mai 2019 par l’Insee.

Insee Références
Paru le : Paru le 28/06/2019
Sylvain Billot, Alexandre Bourgeois (Insee)
L'économie française - Comptes et dossiers - juin 2019
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Quelle(s) mesure(s) du pouvoir d’achat ?

Sylvain Billot, Alexandre Bourgeois (Insee)

Sujet de préoccupation des Français et élément du débat politique, le pouvoir d’achat suscite des controverses récurrentes, en partie liées à l’absence de définition partagée de ce terme. Il est certes facile de s’entendre sur le fait que le pouvoir d’achat doit rendre compte de l’évolution simultanée des revenus et des prix : si les revenus d’un ménage progressent plus rapidement que les prix, il gagne du pouvoir d’achat et pourra consommer ou épargner davantage ; dans le cas contraire, il perd du pouvoir d’achat et doit diminuer sa consommation ou son épargne. La difficulté est de donner un sens précis à ces différents termes. La comptabilité nationale utilise des définitions qui ont l’avantage d’être cohérentes entre elles et harmonisées sur le plan international. Mais elle conduit à des évaluations qui sont souvent perçues comme trop optimistes, même lorsqu’on prend soin de bien différencier le pouvoir d’achat global de l’ensemble des ménages et le pouvoir d’achat par unité de consommation, qui est le concept le plus pertinent d’un point de vue individuel.

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à ce décalage entre mesure et perception. Il y a d’une part la limite inhérente au raisonnement en moyenne. Même s’il y avait accord complet sur les conventions de mesure, il y aurait toujours une proportion importante de ménages dont le pouvoir d’achat évoluerait moins vite que cette moyenne. Il y a également les biais de perception sur la mesure des prix, bien documentés lors du passage à l’euro. S’y ajoutent des incompréhensions à clarifier sur certaines des conventions de mesure du revenu ou de ses différentes utilisations : la prise en compte de revenus « imputés », le traitement des remboursements d’emprunts, etc. Enfin, l’écart peut venir du fait que les ménages raisonnent en termes de revenu arbitrable, considérant comme « contraintes » un certain nombre de dépenses, soustraites de fait, au moins à court terme, aux arbitrages courants de consommation. Tous ces sujets peuvent être éclairés par des indicateurs complémentaires à la mesure du pouvoir d’achat moyen.

Insee Références

Paru le : 28/06/2019

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