Bilan économique 2015 - Auvergne-Rhône-Alpes

Après une année 2014 morose sur le plan économique, la reprise s'amorce en 2015, pour la région Auvergne-Rhône-Alpes comme au niveau national. Si le chômage reste stable, le niveau de l'emploi salarié augmente, notamment dans le secteur marchand. Les exportations augmentent de 6,2 % par rapport à 2014. Les secteurs des transports et du tourisme montrent des signes de reprise. En revanche, ceux de la construction et de l'agriculture connaissent encore des difficultés en 2015.

Insee Conjoncture Auvergne-Rhône-Alpes
Paru le : 31/05/2016

Conjoncture agricole - Une année difficile pour l’élevage

Bernadette Josserand, Jean-Baptiste Guittard, Pôle conjoncture Sriset, Draaf Auvergne-Rhône-Alpes

L’année 2015 est marquée par la canicule et la sécheresse estivales qui impactent la majorité des productions. L’abondance de l’offre sur la plupart des marchés mondiaux pèse sur les prix. Ceux-ci chutent fortement pour le lait, le porc et les céréales. Le marché de la viande bovine reste atone toute l’année. En revanche, les prix des fruits d’été et des légumes sont en hausse.

Insee Conjoncture Auvergne-Rhône-Alpes
No 3
Paru le : 31/05/2016

En 2015, après un printemps doux et sec, le déficit hydrique s’intensifie en juillet. Les températures grimpent en effet à l’arrivée de l’été pour devenir caniculaires. Le retour des pluies en août réveille la végétation avant une fin d’année douce et sèche (figure 1).

Figure 1 – Douceur et sécheresse prédominent en 2015

Douceur et sécheresse prédominent en 2015
Pluviométrie écart normal Température écart en°C
Janvier 42,8 1,0
Février -3,1 -1,2
Mars -5,5 0,8
Avril -20,5 1,7
Mai -44,7 1,1
Juin 17,3 2,1
Juillet -46,6 3,3
Août 9,1 2,8
Septembre 54,6 -0,9
Octobre -26,0 -1,5
Novembre -46,1 2,1
Décembre -74,9 3,8
  • Source : Météo France.

Figure 1 – Douceur et sécheresse prédominent en 2015Écart de la pluviométrie et des températures 2015 par rapport aux normales saisonnières

Des moissons hétérogènes et des prix bas

En raison de la sécheresse et des températures élevées de l’été, la récolte s’avère contrastée : les rendements corrects atteints en cultures d’hiver tranchent avec les mauvais résultats du maïs et du tournesol. La récolte de céréales à paille est proche de celle de 2014 (+ 1,4 %), et légèrement en dessous de la moyenne quinquennale.

Avec un rendement moyen régional de 79 quintaux par hectare, la production de maïs grain diminue d’un tiers par rapport à 2014 et de 23 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Les terres consacrées à cette culture reculent de 10 % en un an, une part conséquente des surfaces étant ensilée pour compenser de maigres fenaisons. Le rendement moyen de la betterave recule de 17 % par rapport au record de 2014, malgré de bonnes conditions d’arrachage et un taux de sucre en progression. L’excellente récolte de blé française (+ 9 %) et les stocks mondiaux élevés pèsent sur les cours des céréales qui restent fortement orientés à la baisse. En décembre 2015, les prix sont inférieurs de 15 % (pour le maïs) à 20 % (pour le blé) à leur niveau moyen des cinq dernières années à la même période (figure 2).

Figure 2 – L'abondance des disponibilités pèse sur les cours

en €/tonne
L'abondance des disponibilités pèse sur les cours
Blé tendre Rendu Rouen Maïs grain Rendu Bordeaux
déc-13 203,00 171,00
janv-14 192,00 165,00
févr-14 188,88 165,63
mars-14 201,13 173,25
avr-14 201,30 177,20
mai-14 189,50 165,63
juin-14 180,67 161,00
juil-14 176,40 158,38
août-14 171,00 146,50
sept-14 165,00 132,25
oct-14 163,75 134,20
nov-14 172,88 140,50
déc-14 186,00 149,50
janv-15 191,50 146,75
févr-15 179,50 144,38
mars-15 178,80 149,00
avr-15 171,75 148,90
mai-15 159,50 141,17
juin-15 167,50 148,75
juil-15 181,83 168,13
août-15 163,50 160,00
sept-15 154,00 150,75
oct-15 163,63 155,70
nov-15 170,38 157,50
déc-15 163,67 154,00
janv-16 153,00 143,38
  • Source : La Dépêche.

Figure 2 – L'abondance des disponibilités pèse sur les coursCotation du blé tendre et du maïs-grain

Une campagne fourragère très déficitaire

Après un début de campagne favorable, la pousse de l’herbe est ralentie par le manque d’eau. En juin, la fenaison s’effectue dans de bonnes conditions mais les rendements sont faibles. La canicule et la sécheresse de juillet stoppent toute pousse et dessèchent le maïs fourrage. Le retour des précipitations en août et septembre permet une pousse d’arrière saison correcte, mais loin de compenser le fort déficit printanier et estival. Les ensilages de maïs sont également très déficitaires (– 36 %) et de faible valeur fourragère.

Le prix du lait de vache en fort recul

Avec 26 millions d’hectolitres, les livraisons de lait sont stables malgré la fin des quotas laitiers au 31 mars 2015. À 335 euros pour 1 000 litres, le prix moyen régional payé au producteur est en retrait de 13 % par rapport à celui de 2014 (figure 3). L'augmentation de la collecte européenne et la poursuite de l'embargo russe tirent le prix vers le bas. Dans les Alpes, le lait AOP tire son épingle du jeu avec une hausse de la collecte et une progression du prix moyen de 4 % par rapport à 2014 (577 euros pour 1 000 litres).

Figure 3 – Une baisse importante du prix du lait

Une baisse importante du prix du lait
Livraisons 2014 Livraisons 2015 prix moyen 2014 prix moyen 2015
janvier 227,17 229,18 0,404 0,343
février 209,91 210,15 0,401 0,340
mars 236,24 235,11 0,385 0,319
avril 237,90 234,30 0,371 0,320
mai 239,13 240,42 0,367 0,317
juin 212,57 216,02 0,373 0,322
juillet 207,43 199,54 0,387 0,326
août 204,04 197,09 0,407 0,355
septembre 195,52 195,43 0,415 0,358
octobre 205,27 209,65 0,396 0,349
novembre 202,89 206,43 0,371 0,341
décembre 219,63 222,64 0,358 0,334
  • Sources : Enquête mensuelle SSP - FranceAgriMer - extraction du 05.02.2016.

Figure 3 – Une baisse importante du prix du laitLivraison et prix moyen du lait de vache (hors lait alpin) payé au producteur

Le retour de la fièvre catarrhale ovine

Malgré l’épisode de fièvre catarrhale ovine (FCO) en fin d’été, qui peut toucher tous les ruminants, les exportations régionales de bovins maigres (275 000 têtes) sont en progression de 3 % par rapport à 2014, du fait d’une forte demande turque (figure 4). En moyenne sur l’année, les cours des animaux légers sont en progression (+ 2 % pour le mâle croisé U 300 kg) tandis que ceux des animaux lourds sont stables (– 0,5 % pour le mâle croisé U 400 kg). Les cours des bovins finis et des veaux de boucherie reculent dans toutes les catégories, à l’exception des vaches de réforme de race allaitante.

La production de fruits à noyau est inférieure de 10 % à 2014 mais de belle qualité. La demande, stimulée par la chaleur estivale, favorise une hausse des prix de plus de 20 % par rapport à 2014. La qualité sanitaire est belle et les prix sont très corrects en fruits d’automne (pommes, poires), avec une récolte proche d’une année normale. La sécheresse compromet en revanche la récolte des châtaignes, déficitaire de plus de 30 %. L'automne trop doux pèse sur la consommation et sur les prix de la noix AOC de Grenoble, en recul de 10 % après plusieurs années de hausse. Les fortes chaleurs de l’été pénalisent les rendements en production légumière, entraînant des cours inhabituellement hauts pour la saison (figure 5).

Figure 4 – La fièvre catarrhale ovine (FCO) perturbe le marché

La fièvre catarrhale ovine (FCO) perturbe le marché
exports 2014 exports 2015 cotation 2014 cotation 2015
Janvier 25 286 23 769 2,54 2,38
Fevrier 19 305 20 333 2,56 2,41
Mars 19 588 24 469 2,59 2,48
Avril 18 277 19 902 2,6 2,5
Mai 15 165 17 446 2,6 2,51
Juin 18 718 23 721 2,55 2,55
Juillet 20 617 25 158 2,5 2,6
Aout 20 618 27 052 2,59 2,61
Septembre 28 487 19 037 2,49 2,63
Octobre 26 871 5 286 2,36
Novembre 30 524 46 743 2,33 2,39
Decembre 23 052 22 576 2,37 2,38
  • Source : Commission de cotation des bovins maigres de Clermont-Ferrand - BDNI.

Figure 4 – La fièvre catarrhale ovine (FCO) perturbe le marchéCotation du mâle croisé U 400 Kg et nombre de broutards exportés

Figure 5 – En 2015, les prix agricoles à la production régressent sauf pour les oléagineux et fruits et légumes frais

Indices bruts des prix agricoles à la production (Ippap)
En 2015, les prix agricoles à la production régressent sauf pour les oléagineux et fruits et légumes frais
Indice moyen annuel, base 100 en 2010 2013 2014 2015
Indices des prix des produits agricoles à la production 121,0 114,6 111,8
Produits végétaux sauf fruits et légumes 122,4 116,7 113,0
céréales 129,6 111,7 106,9
vins 119,2 130,9 129,7
oléagineux 104,5 88,7 101,8
Animaux et produits animaux 119,3 118,2 109,9
gros bovins 128,9 121,6 120,4
veaux 110,8 111,0 106,4
porcins 126,3 115,7 108,0
ovins 115,5 118,7 117,8
lait 112,6 120,7 102,1
Fruits et légumes frais 107,4 93,8 99,1
fruits frais 121,8 99,2 108,2
légumes frais 97,7 90,2 93,0
  • Sources : Agreste, Insee.

Une excellente qualité des vins qui ne dope toutefois pas les ventes

La vendange atteint 2,3 millions d’hectolitres en 2015, en baisse de 13 % par rapport à 2014 et de 4 % par rapport à la moyenne 2010-2014. La production de Beaujolais est très amputée par la sécheresse et la canicule estivales (– 17 % par rapport à 2014). La qualité exceptionnelle des vins ne suffit pas à stimuler la demande ; les transactions sont faibles. Les cours du Beaujolais Nouveau sont négociés 8,4 % en dessous de ceux de la précédente campagne. En Côtes du Rhône, les cours sont élevés : 3,6 % au dessus de ceux de l’an passé. Les prix des vins à Indication Géographique Protégée (IGP) sont en hausse en début de campagne (+ 6,2 %).

Figure 6 – Un prix de l'énergie en forte baisse

indice base 100 en 2010
Un prix de l'énergie en forte baisse
2013 2014 2015
Indice |général 114,5 111,8 109,6
Énergie et| lubrifiants 119,9 115,0 98,5
Engrais et| amendements 122,3 116,4 118,6
Aliments des| animaux 132,8 122,8 117,5
  • * Indices des prix d'achat des moyens de production agricole.
  • Source : La Dépêche.

Figure 6 – Un prix de l'énergie en forte baisseÉvolution des indices nationaux IPAMPA*

Documentation

Définitions (pdf, 81 Ko)