Bilan économique 2014 de l'Ile-de-France

En 2014, la croissance de l'économie française est ralentie : + 0,2 % après + 0,7 % en 2013. La consommation des ménages accélère légèrement, mais les investissements sont en repli. Le marché du travail peine à se redresser. En Ile-de-France, la reprise économique est encore hésitante. Les emplois salariés du secteur marchand progressent de 0,2 % grâce au tertiaire, mais le taux de chômage est en hausse de 0,3 point. La conjoncture est mitigée dans la plupart des secteurs d'activité.

Insee Conjoncture Ile-de-France
Paru le : 29/05/2015

Maintien de la construction de logements franciliens, dans un marché atone

Philippe Monier, DRIEA

Dans un contexte national de baisse, les autorisations de construction de logements résistent en Ile-de-France en 2014 tandis que celles de locaux d’activité reculent nettement. L’activité réelle, mesurée par les ouvertures de chantiers (logements et locaux), est en retrait. La commercialisation de logements neufs est confrontée à une certaine mévente. Les stocks atteignent un niveau record, tandis que les mises en vente diminuent, les prix n'évoluant guère.

Insee Conjoncture Ile-de-France
No 5
Paru le : 29/05/2015

Avec 62 300 logements, soit 17 % des permis de construire délivrés en France métropolitaine, le volume des autorisations est stable en Ile-de-France : - 0,8 % contre - 10,6 % en France métropolitaine (figure 1). Ce résultat masque cependant des évolutions départementales contrastées. À Paris, les autorisations sont en hausse de 65 % en 2014 après avoir augmenté seulement de 0,5 % par an en moyenne entre 2008 et 2013 (figure 2). Elles progressent également dans les départements de petite couronne à l’exception des Hauts-de-Seine. À l’inverse, elles diminuent de plus de 20 % dans les départements de grande couronne sauf dans le Val-d’Oise où elles sont stables.

Figure_1 – Évolution de la construction de logements

en indice base 100 en 2005
Évolution de la construction de logements
Logements autorisés - Ile-de-France Logements commencés - Ile-de-France Logements autorisés - France métropolitaine Logements commencés - France métropolitaine
2005 100 100 100 100
2006 116,23 100,88 109,31 105,82
2007 110,62 106,83 103,75 105
2008 105,61 98,24 85,58 85,5
2009 89,18 93,17 68,27 74,55
2010 122,85 109,47 85,54 89
2011 146,89 118,94 93,89 90,52
2012 146,49 133,7 86,5 85,39
2013 125,65 135,68 75,64 85,77
2014 124,85 126,65 67,27 76,38
  • Note : données brutes provisoires arrondies à la centaine en date réelle.
  • Champ : logements individuels et collectifs.
  • Source : SOeS, Sit@del2, estimations à fin février 2015.

Figure_1 – Évolution de la construction de logements

Figure_2 – Logements autorisés par département

Logements autorisés par département
Logements en 2014 (nombre) Évolution 2014/2013 (en %) Évolution annuelle moyenne 2013/2008 (1) (en %)
Paris 5 100 65,2 0,5
Seine-et-Marne 8 600 -22,6 5,2
Yvelines 7 000 -21,4 7,8
Essonne 6 700 -29,4 3,6
Hauts-de-Seine 8 500 -5,6 3,7
Seine-Saint-Denis 11 700 23,2 5,7
Val-de-Marne 8 300 56,9 -3,6
Val-d'Oise 6 300 0,1 1,3
Ile-de-France 62 300 -0,8 3,5
France métropolitaine 356 800 -10,6 -2,5
  • (1) : taux d'évolution annuel qu'aurait connu la construction de logements, pour le département ou la région, si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée.
  • Note : données brutes provisoires arrondies à la centaine en date réelle. Les évolutions sont calculées sur données non arrondies.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : SOeS, Sit@del2, estimations à fin février 2015.

Les autorisations de locaux diminuent, notamment celles de bureaux

La superficie autorisée des locaux d’activité diminue pour la deuxième année consécutive de plus de 20 % pour atteindre 3 406 000 m2 en 2014 (figure 3). Les autorisations de bureaux diminuent de près des deux tiers pour atteindre le niveau le plus bas des 15 dernières années. En revanche, la conjoncture est plus favorable aux entrepôts (+ 62,0 %) qui retrouvent leur niveau moyen sur cette même période. Les autorisations de locaux de service public ou d’intérêt collectif regagnent, quant à elles, un peu de terrain (+ 4,6 %).

Figure_3 – Construction autorisée de locaux non résidentiels, selon le type

Construction autorisée de locaux non résidentiels, selon le type
Ile-de-France France métropolitaine
Surfaces autorisées en 2014 (en milliers de m² ) Évolution 2014/2013 (en %) Évolution moyenne annuelle 2013/2008 (1) (en %) Évolution 2014/2013 (en %) Évolution moyenne annuelle 2013/2008 (1) (en %)
Artisanat 114 36,8 26,3 5,2 42,1
Bureaux 617 -65,5 3,9 -22,3 -1,5
Commerce 518 -3,0 -2,5 -14,1 0,6
Entrepôt 722 62,2 -13,1 8,3 -6,6
Exploitation agricole ou forestière 75 -24,0 8,0 -13,5 -2,0
Hébergement hôtelier 180 23,7 0,3 -16,1 3,5
Industrie 207 -21,7 -17,3 -2,0 -14,9
Service public ou d'intérêt collectif 973 4,6 -2,0 -19,7 -0,9
Ensemble 3 406 -20,6 -2,7 -11,5 -3,1
  • (1) : taux d'évolution annuel qu'aurait connu la construction de locaux, si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée.
  • Note : données brutes provisoires en date réelle.
  • Source : SOeS, Sit@del2, estimations à fin février 2015.

Diminution du nombre de mises en chantier

Le volume des ouvertures de chantier estimé (Méthodologie) s’élève à 57 500 en 2014 après avoir dépassé 60 000 en 2012 et 2013. Ce volume demeure inférieur à l’objectif annuel de 70 000 logements franciliens neufs fixé par l’État dans la loi de 2010 relative au Grand Paris.

Diminution des transactions dans l’immobilier neuf francilien

Hormis l’effondrement ponctuel de 2008, le volume des réservations de logements neufs évolue peu (figure 4) et est au même niveau qu’il y a 10 ans (près de 22 000 logements). Après la bonne année 2012, les mises en vente diminuent pour la deuxième année consécutive de plus de 20 % pour atteindre 21 100 logements, tandis que le stock de biens disponibles a continué à progresser ; ce dernier représente en fin d’année 2014 un volume quasi équivalent à celui des ventes réalisées au cours de l’année.

En 2014, le volume de ventes de maisons neuves diminue de 12 % contre 18 % en France métropolitaine (figure 5) dans un contexte pourtant favorable de légère baisse des prix (- 1,0 %). Les ventes d’appartements neufs diminuent de 6 % et leur prix moyen au m2 se stabilise à 4 704 euros/m2 en 2014. Ce prix moyen au m2 des appartements franciliens est supérieur de 22 % à celui constaté en France métropolitaine.

Figure_4 – Évolution de la commercialisation de logements neufs dans la région Ile-de-France

en indice base 100 en 2005
Évolution de la commercialisation de logements neufs dans la région Ile-de-France
Logements neufs disponibles en fin d'année Logements neufs mis en vente Logements neufs vendus (réservés)
2005 100 100 100
2006 157,4 118,33 94,34
2007 181,34 109,14 97,67
2008 191,35 72,04 66,53
2009 118,77 69,15 88,05
2010 91,67 97,46 102,33
2011 142,59 118,02 94,9
2012 261,35 149,7 100,45
2013 280,58 127,36 110,1
2014 297,52 105,06 103,16
  • Note : données brutes.
  • Champ : permis de 5 logements et plus destinés à la vente aux particuliers ; France métropolitaine.
  • Source : SOeS, enquête ECLN.

Figure_4 – Évolution de la commercialisation de logements neufs dans la région Ile-de-France

Figure_5 – Ventes des maisons et des appartements neufs

Ventes des maisons et des appartements neufs
Ile-de-France France métropolitaine
En 2014 (nombre ou prix en euro) Évolution 2014/2013 (en %) Évolution moyenne annuelle 2013/2008 (2) (en %) En 2014 (nombre ou prix en euro) Évolution 2014/2013 (en %) Évolution moyenne annuelle 2013/2008 (2) (en %)
Maisons neuves
Nombre de ventes (1) 1 239 -11,9 -4,0 7 263 -17,6 -3,9
Prix moyen par maison 328 081 -1,1 -1,6 252 614 2,0 -0,2
Appartements neufs
Nombre de ventes (1) 20 790 -5,9 12,1 78 558 -2,4 3,5
Prix moyen au m² 4 704 0,7 2,4 3 862 -0,4 3,0
  • (1) : réservations avec dépôt d'arrhes.
  • (2) : taux d'évolution annuel qu'auraient connu le nombre de ventes ou le prix moyen si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée.
  • nd : données non disponibles.
  • Champ : permis de 5 logements et plus destinés à la vente aux particuliers ; France métropolitaine.
  • Source : SOeS, enquête ECLN.

Encadré

Méthodologie

La base de données Sit@del2 rassemble les informations relatives aux autorisations de construire (permis accordés) et aux mises en chantier transmises par les services instructeurs (État, collectivités territoriales) au service statistique du ministère de l’Écologie, du développement durable et de l’énergie (MEDDE). Les mouvements relatifs à la vie du permis (dépôts, autorisations, annulations, modificatifs, déclarations d’ouverture de chantier, déclarations d’achèvement des travaux) sont exploités à des fins statistiques.

Les séries de la construction utilisées pour la conjoncture et le bilan économique sont élaborées à partir de cette base.

En matière de logement, les séries d’estimations en date réelle sont produites mensuellement pour évaluer le nombre d’autorisations et de mises en chantier. Elles visent à retracer dès le mois suivant l’ensemble des évènements à leur date réelle. Sur la base des données collectées, les séries intègrent une estimation de l’information non encore remontée. Ces séries sont actualisées chaque mois pour prendre en compte les informations les plus récentes. Les estimations en date réelle corrigent des éventuels défauts de collecte des déclarations d’ouverture de chantier.

Pour les locaux non résidentiels, les séries de surface de plancher en date de prise en compte permettent le suivi conjoncturel de ce secteur. Elles agrègent les informations issues des permis (autorisés, commencés, etc.) selon la date d’enregistrement de la donnée dans l’application Sit@del2.

Les séries de surface de plancher en date réelle sont utilisées pour les études structurelles. L’information est restituée selon la date effective de l’autorisation ou de la date de la mise en chantier. Ces séries sont présentées nettes des annulations et ne comportent pas d’estimations : elles minorent donc la réalité, spécialement pour les mois de collecte les plus récents.

Sources

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Pour en savoir plus

Labrador J., « Les conditions de logement en Ile-de-France en 2013 », Insee Analyses Ile-de-France n° 17, avril 2015.

Sur la construction neuve et le marché du logement neuf, consulter le site :

http://www.driea.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/http://www.driea.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr, rubrique habitat logement.

Documentation

Définitions (pdf, 39 Ko)