Bilan économique du Languedoc-Roussillon

L'économie du Languedoc-Roussillon a tâtonné en 2014. L'emploi salarié marchand s'est stabilisé avec une baisse dans les secteurs présentiels et une hausse dans les secteurs productifs. La progression de l'emploi total n'a pas été suffisante pour endiguer la hausse du chômage qui a surtout touché les personnes de plus de 50 ans. Les conséquences sociales des tensions sur le marché du travail s'amplifient, le nombre de bénéficiaires de minima sociaux progressant encore plus vite que la croissance démographique.

Insee Conjoncture Languedoc-Roussillon
Paru le : 29/05/2015
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Légère augmentation du nombre de créations d’entreprises

Stéphane DURAND (Insee)

Après la baisse de 2013, le nombre de créations d’entreprises a légèrement augmenté entre 2014 et 2013 dans la région, avec des évolutions contrastées selon les types de création et les secteurs d’activité. L’auto-entreprenariat et les sociétés renouent avec la hausse, alors que les créations des autres entreprises individuelles chutent. Dans la construction, les créations d’entreprises sont toujours de moins en moins nombreuses. Dans les services mais surtout dans l’industrie, les créations sont en augmentation. Le taux régional de création d’entreprise continue de baisser tout en restant plus élevé qu’au niveau national. Les défaillances reculent en raison en partie de la baisse des créations depuis 4 ans, sauf dans les services aux entreprises.

Insee Conjoncture Languedoc-Roussillon
No 5
Paru le : 29/05/2015

En Languedoc-Roussillon, la création d’entreprises des activités marchandes non agricoles a progressé de + 0,3 % en 2014 après la baisse notable de 2013 : 29 200 entreprises marchandes non agricoles ont été créées, soit 100 de plus qu’en 2013. Au niveau national, la création d’entreprises a été plus dynamique, + 2,6 %. La région demeure bien positionnée en matière de créations d’entreprises. Elle contribue à hauteur de 5,5 % aux créations métropolitaines, alors que son parc d’entreprises pèse pour 5,1 % du total français.

L’auto-entreprise progresse à nouveau

La stabilité globale du nombre de créations en 2014 est liée à la reprise de l’auto-entreprenariat (figure 1). Hors auto-entreprises, la création est en baisse de 250 unités, soit - 1,8 %, après une hausse marquée en 2013. Les créations d’auto-entreprises sont à nouveau plus nombreuses (+ 2,1 %), après un net recul en 2013. Les nouvelles entreprises individuelles hors auto-entreprenariat sont moins présentes en 2014 (- 5,4 %), alors qu’elles avaient progressé l’année précédente. Pour les sociétés, l’évolution est limitée mais positive (+ 1 %). La part des sociétés à responsabilité limitée (SARL) décroît encore pour atteindre un peu moins de 55 % des créations de sociétés en 2014, alors quelle était de 64 % en 2013 et de 79 % en 2012. À l’inverse, les sociétés par actions simplifiées (SAS) pèsent de plus en plus lourd : 34 % des sociétés créées en 2014 contre 26 % en 2013, probablement en raison des modifications législatives de 2009 n’exigeant plus de capital minimum pour la création d’une SAS.

Plus de 96 % des entreprises créées en 2014 n’avaient pas de salarié au moment de la création. Le bilan sur l’emploi salarié est plus positif pour les sociétés, puisque 12 % d’entre-elles employaient un salarié au moment de la création. Toutefois, cette part est en constante baisse depuis 2009, année au cours de laquelle elle était de 16 %.

Figure 1 – Créations d'entreprises dans la région Languedoc-Roussillon

Créations d'entreprises dans la région Languedoc-Roussillon
Sociétés Entreprises individuelles hors auto-entreprises Auto-entreprises
2009 7113 6460 20038
2010 7671 6740 21398
2011 7812 6510 16089
2012 7480 5098 17349
2013 7421 5870 15831
2014 7494 5553 16171
  • Note : nombre de créations brutes.
  • Champ : ensemble des activités marchandes non agricoles.
  • Source : Insee, REE (Répertoire des Entreprises et des Établissements - Sirene).

Figure 1 – Créations d'entreprises dans la région Languedoc-Roussillon

Le taux de création régional se rapproche de la moyenne nationale

L’année 2014 confirme la tendance à la baisse des taux de création d’entreprises observée depuis plusieurs années (figure 2). Dans la région, 15 entreprises ont été créées en 2014 pour 100 présentes au 1er janvier, soit une de moins qu’en 2013 et sept de moins qu’en 2009. Depuis 5 ans, le taux de création régional tend vers le niveau national (14 %) alors qu’il lui était bien plus élevé en 2009.

Figure 2 – Des taux de créations d'entreprises en baisse depuis 5 ans

en %
Des taux de créations d'entreprises en baisse depuis 5 ans
Industrie Construction Commerce, Transports, Hébergement et Restauration Services aux entreprises Services aux particuliers Ensemble Languedoc-Roussillon France
2009 17,0 23,8 21,9 29,2 11,8 22,6 18,7
2010 17,2 26,1 20,5 24,9 22,0 22,2 18,7
2011 13,2 20,8 17,9 18,4 16,2 17,8 15,6
2012 13,1 20,0 17,3 17,5 15,7 17,2 15,3
2013 12,8 17,9 16,9 16,4 14,8 16,2 14,3
2014 12,9 16,0 16,2 15,4 13,9 15,2 14,0
  • Champ : Ensemble des activités marchandes non agricoles.
  • Source : Insee, répertoire des entreprises et des établissements (Sirene).

Figure 2 – Des taux de créations d'entreprises en baisse depuis 5 ansTaux de création d'entreprises en Languedoc-Roussillon par grand secteur d'activité

Baisse des défaillances

En 2014, les défaillances d’entreprises, qui ne recouvrent pas l’intégralité des cessations d’activité (définition) connaissent une baisse significative de - 3,6 %, probablement en lien avec la baisse des créations depuis 4 ans (figure 3). 3 270 entreprises ont ainsi fait l’objet d’une procédure judiciaire dans la région. La diminution des défaillances en Languedoc-Roussillon est plus marquée qu’au niveau national (- 0,7 %). Cependant, le nombre d’entreprises faisant défaillance rapporté au stock d’entreprises reste légèrement supérieur au taux de défaillance métropolitain : 1,7 entreprise régionale sur 100 a fait l’objet d’une procédure judiciaire contre 1,6 en France métropolitaine.

Figure 3 – Évolution annuelle des défaillances d'entreprises selon le secteur d'activité entre 2013 et 2014 dans la région Languedoc-Roussillon

en %
Évolution annuelle des défaillances d'entreprises selon le secteur d'activité entre 2013 et 2014 dans la région Languedoc-Roussillon
Languedoc-Roussillon France Métropolitaine
Ensemble (1) -3,595638078396699 -0,7084289931124959
Industrie -9,722222222222221 -2,59768609473914
Construction -7,587768969422424 1,3261039979095897
Commerce, Transport,| Hébergement,| Restauration -0,8190618019359642 -1,0277226012609033
Services| aux entreprises 2,402957486136784 -1,8606284009127612
Services| aux particuliers (2) -8,865248226950355 -2,4956471271038887
  • (1) : y compris agriculture.
  • (2) : hors administration publique, activités des ménages en tant qu'employeurs et activités extra-territoriales.
  • Note : données brutes, en date de jugement.
  • Source : Banque de France, Fiben (extraction du 9/2/15).

Figure 3 – Évolution annuelle des défaillances d'entreprises selon le secteur d'activité entre 2013 et 2014 dans la région Languedoc-Roussillon

Les créations dans le commerce baissent encore

Le secteur "Commerce, Transport et Hébergement-Restauration" est le plus gros contributeur de la création d’entreprises régionales, avec 9 300 créations en 2014. Les créations y progressent pour la deuxième année de suite alors que les défaillances reculent légèrement en 2014.

Le sous-secteur du commerce concentre le plus de nouvelles entreprises, avec 6 700 créations. Cependant, elles sont de moins en moins nombreuses depuis 2009, année au cours de laquelle 8 100 entreprises se sont créées dans cette activité. La baisse enregistrée en 2014 est le fait d’un moindre dynamisme des sociétés et des entreprises individuelles hors auto-entrepreneurs. La grande majorité des créations du commerce relèvent de l’auto-entreprenariat avec + 3,7 % (figure 4). Le commerce de gros comme celui de détails est impacté par cette baisse.

Dans l’hébergement-restauration, les créations progressent fortement, portées par un niveau encore soutenu des fréquentations touristiques. Avec 2 290 unités, le nombre de créations dans cette activité n’a jamais atteint un tel niveau dans la région depuis 2009. La hausse est particulièrement marquée pour les auto-entrepreneurs et les sociétés. La restauration rapide concentre 1 180 nouvelles entreprises, soit plus de la moitié des créations, suivie par la restauration traditionnelle (540 créations).

Figure 4 – Évolution annuelle du nombre de créations d'entreprises entre 2013 et 2014 dans la région Languedoc-Roussillon

Évolution annuelle du nombre de créations d'entreprises entre 2013 et 2014 dans la région Languedoc-Roussillon
Sociétés Entreprises individuelles hors auto-entreprises Auto-entreprises Ensemble
Ensemble 0,9836949198221264 -5,400340715502556 2,1476849219885037 0,3296476890323467
Industrie -5,528846153846154 30,87557603686636 5,548705302096177 6,163434903047092
Construction -3,8461538461538463 -9,93897122929381 -3,335889570552147 -4,953984726845506
Commerce, Transport,| Hébergement,| Restauration -0,7072135785007072 -11,327913279132792 6,912442396313364 0,9317443120260022
Services| aux entreprises 7,8590785907859075 0,30612244897959184 -2,2422680412371134 1,272264631043257
Services| aux particuliers -0,9819967266775778 -3,8072575847709698 3,8742138364779874 1,340354236476783
  • Note : données brutes.
  • Champ : ensemble des activités marchandes non agricoles.
  • Source : Insee, REE (Répertoire des Entreprises et des Établissements - Sirene).

Figure 4 – Évolution annuelle du nombre de créations d'entreprises entre 2013 et 2014 dans la région Languedoc-Roussillon

Hausse des créations de sociétés des services aux entreprises

Une entreprise créée en 2014 sur 4 a son activité dans le secteur des services aux entreprises à l’instar du parc régional d’entreprises. Avec 7 160 nouvelles unités, les créations y progressent de + 1,3 % après 3 ans de baisse. Les activités scientifiques et techniques et les services administratifs et de soutien représentent la plus grande part de ces créations et sont en nette progression (+ 2,6 %), portée notamment par les sociétés (+ 9,0 %). Particulièrement, le conseil pour les affaires et autres conseils de gestion avec 962 créations, suivie du nettoyage courant des bâtiments (530 créations) et de la programmation informatique (360 créations) sont les sous-secteurs concentrant le plus de créations.

Dans l’ensemble du secteur, le taux de création a particulièrement chuté en 5 ans, passant de 29 % en 2009 à 15 % en 2014. De plus, ce secteur est le seul dans lequel les entreprises régionales ont été l'objet de plus de défaillances en 2014 qu’en 2013 alors que la création a chuté depuis 2010.

Dynamisme de l’auto-entreprenariat dans les services aux particuliers

Avec 6 350 unités créées en 2014, les services aux particuliers ont été plus dynamiques qu’en 2013 en matière de création d’entreprises. Cette hausse est portée par les auto-entreprises. Les activités d’enseignement, de santé humaine et d’action sociale (3 380 créations) enregistrent en 2014 une forte progression (+ 4,3 %) de leurs créations, dont le niveau est le plus important depuis 2009. Le nombre de défaillances dans les services aux particuliers connaît une forte baisse en 2014 : - 8,9 %.

La construction en moindre dynamisme

Dans le secteur de la construction, fortement touché par la crise économique, les créations sont en baisse de - 5 % en 2014, soit 250 créations de moins qu’en 2013, atteignant son niveau le plus bas depuis 2009 (4 900). Le taux de création de ce secteur chute à 16 % en 2014, soit 2 points de moins qu’en 2013 et 8 de moins qu’en 2009. Tous les types de régimes de création sont en baisse, particulièrement les créations d’entreprises individuelles hors auto-entreprises (- 10 %). Le ralentissement de la création d’entreprises et celui des défaillances, - 12 % en 5 ans, - 7 % en un an, sont autant de signes d’un moindre dynamisme et d'un moindre renouvellement de ce secteur.

Des créations dans l’industrie qui repartent

Dans l’industrie, davantage d’entreprises ont vu le jour en 2014 qu’en 2013 (+ 6,2 %), après une quasi-stabilité depuis la forte chute de 2011. Son taux de création se stabilise depuis 2011 autour de 13 %. Près de 56 % des nouvelles entreprises sont des auto-entreprises, même si les créations sous ce régime y sont moins nombreuses. Moins de sociétés également se sont créées cette année alors que les nouvelles entreprises individuelles hors auto-entreprenariat portent le dynamisme du secteur. Les créations sont plus fréquentes dans le sous-secteur de la «fabrication d’articles de bijouterie fantaisie et articles similaires », avec 141 créations dont une grande majorité d’auto-entrepreneurs, suivi des « activités de pré-presse » (124 créations). Par ailleurs, les défaillances y sont en net recul (- 9,7 %), après la forte hausse de 2013.

Encadrés

Encadré 1 : Des créations d’entreprises tournées vers les besoins des populations présentes

Deux entreprises sur trois créées en 2014 dans la région appartiennent à la sphère présentielle. Ces créations, tournées vers les besoins de la population résidente, ont augmenté de + 0,6 % par rapport à 2013. Dans la sphère productive, la création d’entreprises est restée stable. Quelle que soit la sphère d’activité, les auto-entreprises sont majoritaires parmi les créations, 55 % en 2014.

La concentration territoriale des créations de nouvelles entreprises, tournées avant tout vers le présentiel, découle de la croissance de population, de l’attractivité touristique et du niveau des revenus locaux, de la répartition actuelle des entreprises existantes mais aussi du faible nombre d'entreprises de la sphère productive. En 2014, 80 % des créations régionales d’entreprises ont un siège social dans une des grandes aires urbaines (définition) de la région, et près de 54 % dans leurs pôles. La principale aire urbaine pour la création d’entreprises est celle de Montpellier, qui totalise en 2014 près de 26 % des créations d’entreprises contre 24 % des entreprises régionales, suivie de Perpignan (12 %) et de Nîmes (9 %). Les créations dans la sphère productive sont plus concentrées sur les aires urbaines de Montpellier, Perpignan et Nîmes (54 % des créations et 50 % des entreprises) alors que pour la sphère présentielle, ces territoires regroupent 44 % des créations pour 42 % de l’ensemble des entreprises de cette économie.

Encadré 2 : Finances publiques : deux mesures en faveur des entreprises

Sylvain BIANCAMARIA - DRFIP Languedoc-Rousillon

A la fin 2014, 42 118 entreprises de la région ont bénéficié du CICE

Le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE) est une mesure phare du pacte de responsabilité et de solidarité. Avantage fiscal dont l’objectif est d’améliorer la compétitivité des entreprises et de favoriser l’emploi, il équivaut à une baisse ciblée du coût du travail. Il s’adresse aux entreprises employant des salariés et soumises à un régime réel d’imposition (impôt sur les société ou impôt sur le revenu). Il se traduit par un allègement d’impôts et, le cas échéant, une restitution aux entreprises. Son montant représente 4 % des rémunérations versées en 2013 pour les salaires n’excédant pas 2,5 fois le SMIC. Son taux sera de 6 % en 2015. En Languedoc-Roussillon, en 2014, 42 118 entreprises ont bénéficié de cette mesure (figure 5), les sociétés en représentent 64 %. Le total des créances sur le trésor public ainsi constituées est de 176,5 millions d’euros dont 53,5 % correspond à des imputations sur les impôts dûs par les entreprises bénéficiaires. En 2014, au niveau national, plus d’une entreprise industrielle sur trois juge que le CICE leur permettra d’embaucher, contre une sur deux dans les services (Insee Focus n° 10). Dans les deux secteurs, plus de la moitié des entreprises envisagent de destiner ce surcroît de ressources majoritairement à l’investissement.

En 2014, 160 entreprises bénéficient d’un plan d’échelonnement de dettes publiques, fiscales ou sociale

En 2009, l’État a renforcé son dispositif d’accueil des entreprises fragilisées par la crise économique. La dégradation du chiffre d’affaires, associée à un accès plus difficile au crédit, s’est en effet traduit dans certains cas par des crises de trésorerie. Dans chaque département, une commission des chefs de services financiers (CCSF) réunit les créanciers publics des entreprises et coordonne leur action pour permettre aux entreprises de régler progressivement leurs échéances. Dans ce cadre, en 2014, des plans d’échelonnement de dettes publiques, fiscales et sociales ont été accordés à 160 entreprises, elles étaient 176 en 2013. La durée moyenne de ces plans est de 19 mois, soit 6 mois de moins qu’en 2013. L’ensemble des plans en cours représente fin décembre 2014 un montant total de dettes publiques de 26,2 millions d’euros et 2 635 emplois sont concernés.

Figure 5 – Entreprises bénéficiaires et montants du CICE en Languedoc-Roussillon en 2014

Entreprises bénéficiaires et montants du CICE en Languedoc-Roussillon en 2014
Aude Gard Hérault Lozère Pyrénées Orientales Languedoc-Roussillon
Entreprises bénéficiaires 5 127 10 628 17 430 1 378 7 555 42 118
dont - Entreprises individuelles 2 100 3 861 5 708 621 2 954 15 244
dont - Sociétés 3 027 6 767 11 722 757 4 601 26 874
Montant en M€ 18,98 43,13 79,65 5,02 29,71 176,49
Imputation sur l'impôt en M€ 9,74 21,55 45,79 2,46 14,84 94,38
Restitution en M€ 9,24 21,58 33,86 2,56 14,86 82,11
  • Source : DRFiP

Sources

Avertissement : Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Source : créations d'entreprises

Source : Banque de France