Bilan économique du Languedoc-Roussillon

L'économie du Languedoc-Roussillon a tâtonné en 2014. L'emploi salarié marchand s'est stabilisé avec une baisse dans les secteurs présentiels et une hausse dans les secteurs productifs. La progression de l'emploi total n'a pas été suffisante pour endiguer la hausse du chômage qui a surtout touché les personnes de plus de 50 ans. Les conséquences sociales des tensions sur le marché du travail s'amplifient, le nombre de bénéficiaires de minima sociaux progressant encore plus vite que la croissance démographique.

Insee Conjoncture Languedoc-Roussillon
Paru le : 29/05/2015
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Agriculture - Une production viticole en baisse mais des prix en hausse, à l’inverse des fruits et légumes

Marie ROUSSON (Draaf)

En 2014, la viticulture régionale accuse une baisse de production, après une très bonne récolte 2013. Les mauvaises conditions climatiques (sécheresse printanière, pluies et orages parfois intenses) ont affecté les rendements, mais de manière très contrastée selon les départements. Par ailleurs, les cours des vins produits en région continuent leur progression.

Concernant les fruits et légumes, après une faible récolte en 2013, la production régionale apparaît globalement en hausse en 2014. L’augmentation des rendements en est à l’origine, les surfaces étant souvent stables ou en baisse. Côté commercialisation, la conjonction de quantités importantes mises sur les marchés et d’une consommation limitée compte tenu d’un été frais et pluvieux, a débouché sur des cours bien souvent en deçà de la moyenne quinquennale ou de la campagne précédente, surtout en ce qui concerne les fruits

Insee Conjoncture Languedoc-Roussillon
No 5
Paru le : 29/05/2015

Viticulture : une récolte en baisse, contrastée selon les départements…

En Languedoc-Roussillon, la récolte viticole s’établit à 12,7 millions d’hectolitres (Mhl) en 2014. La production 2013 ayant été particulièrement élevée, la récolte 2014 apparaît en net recul par rapport à la campagne précédente (- 6,4 %).

Cette diminution est d’autant plus notable qu’elle contraste avec la hausse observée au niveau national : contrairement à la campagne 2013, où les conditions climatiques avaient été défavorables, la production nationale s’établit en 2014 à 47,1 Mhl, soit 11 % par rapport à 2013. Ainsi, la part de la production régionale viticole représente désormais 27 % de la production nationale contre 32 % en 2013.

Cette baisse de la récolte régionale est uniquement due à la baisse des rendements, les surfaces en vignes restant stables. Cependant, la situation est très contrastée selon les départements. La baisse de la production est très marquée dans l’Hérault (- 17 %) et l’Aude (- 7 %), où la sécheresse printanière a sensiblement impacté le démarrage végétatif. Ces deux départements ont également connu des phénomènes météorologiques intenses, grêle dans l’Aude en juillet et orages violents en début d’automne dans l’Hérault notamment. En revanche, dans les départements du Gard ( + 10 % ) et des Pyrénées-Orientales ( + 7 %), les volumes récoltés progressent par rapport à la campagne précédente.

… mais des cours très élevés

L’année civile 2014 constitue une année record pour les cours des vins en vrac produits en Languedoc-Roussillon. Toutefois, les volumes échangés sont d’évolution variable selon la classification des vins.

Les volumes échangés des vins sans indication géographique (SIG) en 2014 sont en baisse par rapport à 2013 (- 12 %). Par rapport à l'an dernier, les quantités vendues en vins rouges SIG sont stables, alors que celles en blancs et rosés sont en repli respectivement de 25 % et 29 %. En revanche, les vins SIG se vendent à un meilleur prix : en moyenne 76,4 €/hl, soit 7,2 €/hl de plus que l’an dernier. Si tous ont connu une augmentation de leur cours moyen, elle est particulièrement marquée pour les vins blancs dont les cours atteignent en moyenne 90,6 €/hl, soit  12,6 €/hl par rapport à 2013 (figure 1). Cette valorisation ne compense pas la baisse des volumes contractualisés. Les rouges représentent en 2014, 64 % des volumes contractualisés en vins SIG, les blancs 21 % et les rosés 15 %.

Au regard de la bonne récolte de 2013, davantage de volumes de vins à indication géographique protégée (IGP) ont été commercialisés en 2014 par rapport à 2013 ( + 16 %). Cela est d’autant plus remarquable que ces transactions s’établissent à 85 €/hl, soit un prix record depuis 10 ans.

En 2014, les vins rouges à IGP représentent 53 % du total des vins à IGP contractualisés, soit 5 points de moins qu’en 2009. Cette baisse se fait au profit des vins blancs et rosés dont la hausse des volumes commercialisés et celle des prix moyens sont beaucoup plus marquées que pour les vins rouges (figure 2).

Les volumes de vins d’appellation d’origine protégée (AOP) contractualisés en 2014, y compris Côtes du Rhône (produits dans le Gard) et vins doux naturels produits essentiellement dans l’Hérault et les Pyrénées-Orientales, diminuent par rapport à 2013. Cette baisse est imputable aux seuls vins produits dans la vallée du Rhône dont la récolte avait chuté en 2013 et aux vins doux naturels car les volumes des autres vins progressent sensiblement ( + 6,3 %). En revanche, la hausse des cours ( + 8,3 %) concerne l’ensemble des AOP, même si cette augmentation est particulièrement élevée pour les vins de la vallée du Rhône ( + 18 %) (figure 3). La baisse des quantités mises sur le marché face à une demande importante a probablement modifié la valorisation du cours. Les cours des autres AOP (hors vins doux naturels) progressent également ( + 8,4 %) et ce, quelle que soit la couleur. Les vins rouges, qui constituent 80 % des quantités vendues, s'échangent à des cours moyens inférieurs (109,2 €/hl) à ceux des vins rosés (120,5 €/hl) et blancs (141,3 €/hl).

Figure 1 – Évolution des cours des vins sans indication géographique en Languedoc-Roussillon

unité : euros/hectolitre
Évolution des cours des vins sans indication géographique en Languedoc-Roussillon
Sans IG blanc Sans IG rosé Sans IG rouge
2009 62,768262250453700 47,627682209495100 43,032971237252000
2010 76,718804322292700 51,112332066264900 51,157922582125500
2011 74,214058712828500 60,242928375554400 60,586975702411200
2012 65,394622442810600 60,813113913269700 59,859652158455800
2013 78,011416182730300 69,304982267215400 65,586434147071400
2014 90,584366316754700 77,576367048988400 71,663707314080100
  • Source : Draaf Languedoc-Roussillon - France AgriMer

Figure 1 – Évolution des cours des vins sans indication géographique en Languedoc-Roussillon

Figure 2 – Évolution des cours des vins à indication géographique protégée en Languedoc-Roussillon

unité : euros/hectolitre
Évolution des cours des vins à indication géographique protégée en Languedoc-Roussillon
IGP blanc IGP rosé IGP rouge
2009 88,357173739734700 53,601998906644000 51,237407755084700
2010 86,911026904005700 58,044609262295100 59,044455975754800
2011 88,766632263832500 66,811559928438200 69,113048465103300
2012 84,820101787936900 69,112030915220300 72,232667878117600
2013 89,703800010756100 74,853881058460900 75,196701493362900
2014 98,344928973218900 84,597011149760200 80,269728081873100
  • Source : Draaf Languedoc-Roussillon - France AgriMer

Figure 2 – Évolution des cours des vins à indication géographique protégée en Languedoc-Roussillon

Figure 3 – Évolution des cours des vins à appellation d'origine protégée en Languedoc-Roussillon

unité : euros/hectolitre
Évolution des cours des vins à appellation d'origine protégée en Languedoc-Roussillon
Corbières rouges Côteaux Languedoc rouges Costières Nîmes rouges Côtes Roussillon rouges
2009 69,390662372054600 75,975175240089600 70,846641168971300 68,166780688326500
2010 68,956713327932900 80,614093710048600 75,342587082971200 72,614028159536500
2011 81,704507847582200 92,800977866892900 79,471767716882900 79,540139623750700
2012 91,128727171480700 93,540037357951700 82,697826493234700 79,857087650946500
2013 93,750563997466200 97,828728818349300 90,970115126209200 85,248297146906500
2014 100,409040713022000 107,931408187179000 105,842084842132000 95,498318858704500
  • Source : Sud de France et Inter-Rhône

Figure 3 – Évolution des cours des vins à appellation d'origine protégée en Languedoc-Roussillon

Plus de légumes produits, mais qui s’écoulent difficilement

En Languedoc-Roussillon, la campagne 2014 a été marquée par des niveaux de productions en légumes globalement en hausse (figure 4). Cette augmentation peut principalement s’expliquer par une hausse conjuguée des surfaces et des rendements. En revanche, bien que les rendements aient été assez bons cette année (à l’exception des tomates pour l’industrie agro-alimentaire), la qualité des produits s’est avérée plutôt mauvaise (petits calibres notamment), la région ayant connu des phénomènes météorologiques intenses (sécheresse printanière, orages violents…). Contrairement aux autres légumes, la production régionale de melons, premier légume frais régional en surfaces cultivées, a diminué (- 2,5 %), mais à un rythme moins soutenu que lors de la campagne précédente (- 12 %). Pour les chicorées, la campagne 2014 s’est soldée par un recul de la production régionale (- 7 %), les cultures de plein champ, majoritaires pour cette culture, ayant été affectées par les intempéries.

Côté débouchés, 2014 n’a pas été une bonne année pour les légumes, l’été frais et pluvieux n’ayant pas favorisé les ventes. Les stocks se sont écoulés difficilement, d'autant que la concurrence entre les différents bassins de production européens a été particulièrement forte : les volumes supplémentaires mis sur le marché par la concurrence ont entraîné un ajustement des prix par le bas. Les ventes des produits régionaux à l’exception des salades, se sont faites à des cours bien souvent en deçà de la campagne précédente et de la moyenne quinquennale, sauf en fin de campagne. La courgette s’est écoulée plus facilement à partir de l’été, à des cours globalement supérieurs à ceux de la campagne précédente. La campagne de la salade, qui se termine en avril 2015, a été correcte au vu d'une offre limitée. À partir de décembre, les cours se sont globalement maintenus au-dessus de la moyenne quinquennale, en dépit d'une baisse après les fêtes de fin d’année.

Figure 4 – Productions des exploitations agricoles du Languedoc-Roussillon

unité : quintal
Productions des exploitations agricoles du Languedoc-Roussillon
2010 2011 2012 2013 2014* 2014 / 2013
Concombres 117 415 121 370 121 700 131 600 156 800 19,1%
Salades laitues 344 175 271 220 274 810 268 080 275 600 2,8%
Salades chicorées (frisées et scaroles) 173 165 141 480 157 530 157 100 145 700 -7,3%
Tomates 897 460 692 200 709 090 604 860 641 660 6,1%
dont Tomates sous serre 345 120 324 690 317 760 317 500 318 000 0,2%
dont Tomates hors serre 552 340 367 510 391 330 287 360 323 660 12,6%
Courgettes 212 590 204 250 229 435 222 660 235 640 5,8%
Melons 566 545 555 645 564 495 497 985 485 630 -2,5%
Pêches, Nectarines et Pavies 1 378 070 1 298 935 1 146 390 1 024 165 1 059 700 3,5%
Abricots 417 175 402 400 443 800 391 800 454 700 16,1%
Pommes de table 817 520 883 315 815 005 812 230 851 630 4,9%
dont Pommes Granny Smith 197 805 218 600 174 040 177 190 191 260 7,9%
Poires 83 035 110 445 87 820 103 795 86 090 -17,1%
Cerises 47 995 58 235 45 525 47 335 52 730 11,4%
  • * versions provisoire et semi-définitive pour les salades
  • Source : Agreste, statistique garicole annuelle, Sriset Draaf Languedoc-Roussillon

De bonnes récoltes de fruits malgré des surfaces en baisse, mais qui se vendent mal

Après une campagne 2013 marquée par une production moindre, davantage de fruits d’été (pêches, nectarines, cerises…) ont été produits dans la région en 2014 malgré une baisse des surfaces des vergers en production. En effet, les conditions météorologiques plutôt clémentes au printemps, ont favorisé une augmentation des rendements. La production d’abricots a été particulièrement soutenue ( + 16 %) : il s’agit de la meilleure récolte depuis 5 ans, grâce à une augmentation simultanée des surfaces et des rendements. La production régionale de pommes s’est inscrite en 2014 dans la même dynamique : hausse des rendements et de la production.

La récolte de poires de table fait figure d’exception avec une production en forte baisse (- 17 %) en raison de conditions météorologiques défavorables ayant affecté les rendements lors des récoltes.

Côté commercialisation, suite aux bonnes récoltes de l’année, les volumes mis en vente sur les marchés ont été très importants. L’écoulement des stocks des fruits d’été a été d’autant plus difficile que la demande a été timide en raison du temps frais et pluvieux. Les cours se sont maintenus à des niveaux très bas, en deçà de la moyenne quinquennale et de la campagne précédente.

Encadrés

Déclaration de récolte et vente de vins

La demande de revendication en AOP ou IGP faite par un viticulteur dans sa déclaration de récolte ne préjuge pas totalement de la classification qu’il utilisera lors de la vente de sa production. En fonction de la demande de consommation et des cours des différents produits, le viticulteur peut en effet déclasser son vin et le commercialiser en vin sans IG alors que dans sa déclaration de récolte il demandait la revendication en IGP, voire en AOP. Ce phénomène de déclassement est difficilement quantifiable et aucune statistique n’existe pour l’heure sur ce sujet.

Hausse en 2014 de la production régionale en lait de vache

En 2014, dans la région, la production laitière bovine livrée à l’industrie s’établit à 833 000 hl, soit une augmentation de  2 % par rapport à 2013. Cette hausse est d’autant plus visible qu’elle intervient après une baisse globale observée de 2003 à 2013, que ce soit au niveau des volumes livrés ou du nombre de producteurs laitiers. L’augmentation en 2014 des quantités produites au niveau régional résulte de la hausse de la production laitière en Lozère ( + 3,4 %) alors que le reste de la région enregistre une baisse de 6,6 %. Ce phénomène renforce ainsi la concentration de cette production sur le département de la Lozère (86 %). En 2014, le prix moyen payé aux producteurs laitiers est de 37,4 €/hl, soit  15 % par rapport à la moyenne quinquennale 2009-2013.

Pour en savoir plus