Refroidissement Note de conjoncture - décembre 2022

 

Note de conjoncture- Décembre 2022
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éclairage - Les entreprises face à la hausse des prix de l’énergie : des situations et des réactions contrastées

En novembre 2022, l’Insee a interrogé, dans ses enquêtes de conjoncture, les entreprises des secteurs de l’industrie (de plus de 20 salariés) et des services (quelle que soit leur taille) sur les caractéristiques de leurs contrats d’énergie (électricité et gaz), l’évolution passée et anticipée des prix de l’énergie auxquels elles font face ainsi que sur leurs réactions face à ces hausses de prix.

L’impact de la crise énergétique dépend notamment du type de contrat dont dispose chaque entreprise et de son horizon d’expiration. Dans l’industrie, 44 % des entreprises enquêtées déclarent se fournir en électricité via un contrat à prix fixe sur une durée contractuelle. Parmi celles-ci, près de la moitié indiquent que ce contrat arrive à échéance fin 2022, et près d’un tiers au cours de l’année 2023, ce qui les expose potentiellement à la hausse importante des prix de marché. Si l’on ajoute les 21 % d’entreprises dont le contrat est indexé sur le prix de marché, c’est plus de la moitié (56 %) des entreprises industrielles qui sont particulièrement exposées à la hausse des prix de l’électricité. S’agissant du gaz, cette proportion s’élève à environ deux tiers, sur le seul champ des entreprises industrielles s’approvisionnant en gaz (c’est-à-dire environ les trois quarts d’entre elles). Par ailleurs, les entreprises dont l’échéance de contrat a déjà eu lieu lors du deuxième semestre 2022 ont déjà été affectées par les conditions du marché.

Les entreprises de services bénéficient quant à elles plus fréquemment d’un contrat de fourniture d’électricité à tarif réglementé, ou indexé sur ce tarif (pour environ 45 % d’entre elles). 27 % seraient tout de même particulièrement exposées à la hausse des prix de l’électricité. Leur utilisation du gaz est beaucoup moins fréquente que dans l’industrie et concentrée dans l’hébergementrestauration et les services immobiliers.

Du fait des différences de contrats, les hausses de prix seraient très hétérogènes. Par exemple, 42 % des entreprises industrielles anticipent au moins un doublement de leur prix unitaire d’achat d’électricité en 2023 par rapport à 2022, quand un quart d’entre elles n’anticipent pas de hausse particulière sur la même période. La moyenne des évolutions anticipées par les industriels est de 132 % pour l’électricité (après +75 % estimé par les entreprises en 2022). Il est toutefois possible que ces hausses de prix déclarées par les entreprises n’intègrent pas l’ensemble des dispositifs d’aides disponibles.

Si la majorité des entreprises (65 % dans l’industrie, 31 % dans les services) déclarent avoir l’intention de répercuter au moins une partie de la hausse des prix énergétiques sur leurs propres prix de vente, une part non négligeable anticipent une diminution de leurs marges, et une part plus faible (8 % dans l’industrie, 3 % dans les services) prévoient de réduire leur activité dans ce contexte. Au total, la baisse de production industrielle en lien avec les hausses de prix de l’énergie serait de l’ordre de -1,5 %. Par ailleurs, l’utilisation du modèle Avionic de l’Insee à partir de ces résultats d’enquête suggère que la diffusion du choc de prix de l’énergie pourrait conduire en 2023 à un surcroît de prix de production de près de 4 % dans l’industrie.

Note de conjoncture

Paru le :15/12/2022