L'économie française - Comptes et dossiersÉdition 2019

Comme chaque année, L'Économie française - Comptes et dossiers présente une synthèse des mouvements essentiels ayant affecté les économies française et mondiale au cours de l'année écoulée.

L’ouvrage s’appuie pour cela sur les comptes de la Nation en base 2014 publiés fin mai 2019 par l’Insee.

Insee Références
Paru le : Paru le 28/06/2019
Marie-Baianne Khder, Remi Monin (Insee)
L'économie française - Comptes et dossiers - juin 2019
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La productivité en France de 2000 à 2015 : poursuite du ralentissement et hausse modérée de la dispersion entre entreprises

Marie-Baianne Khder, Remi Monin (Insee)

En France, les gains de productivité du travail des branches marchandes de l’économie baissent régulièrement depuis le début des années 1980. Si la tertiarisation de l’économie explique ce ralentissement jusqu’à la fin des années 1990, il devient commun à presque tous les secteurs depuis 2000. La hausse de la dispersion des productivités entre les entreprises a fréquemment été mise en avant par la littérature économique pour expliquer ce ralentissement généralisé. Pourtant, l’évolution de la dispersion des productivités dans le cas français n’est ni homogène entre les secteurs, ni semblable dans ses mécanismes. Dans l’industrie, cette divergence de la productivité des entreprises est liée à un décrochage au moment de la crise des entreprises les moins productives, dont les gains de productivité étaient fortement soutenus par une intensification capitalistique, et dont la productivité stagne après la crise. Dans les services de basse et moyenne technologies, la divergence est manifeste dans les années 2000 et se caractérise par une stagnation de la productivité des entreprises les moins productives, notamment commerciales, pour lesquelles l’emploi a augmenté légèrement plus vite que l’activité. Enfin, le secteur des services de haute technologie échappe à ce phénomène de divergence. La vitesse de rattrapage technologique des entreprises les moins productives a légèrement ralenti dans l’industrie et les services de basse et moyenne technologies depuis 2010, ce qui pourrait contribuer à la timide hausse de la dispersion dans ces secteurs. Cependant, dans les services de haute technologie, la diminution de la dispersion depuis le milieu des années 2000 ne résulte pas d’une accélération du rattrapage technologique des entreprises. Le capital humain, et en particulier le recrutement et l’emploi d’ingénieurs et de techniciens, semble par ailleurs être un moteur important de la diffusion du progrès technique au sein des entreprises.

Insee Références

Paru le : 28/06/2019

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