Bilan économique 2014 de la Basse-Normandie

En 2014, la Basse-Normandie est toujours confrontée aux difficultés économiques qui pèsent sur la France, mais l'amorce de reprise nationale ne se fait pas trop sentir dans la région. L'emploi poursuit son déclin au même rythme que l'an dernier, et la demande d'emploi s'accroît même plus rapidement. La construction et l'industrie demeurent les secteurs les plus touchés. Toutefois, la Basse-Normandie, au centre de l'actualité en juin et septembre, a attiré bon nombre de touristes et de voyageurs en cette année 2014, offrant ainsi un peu de ciel bleu dans une année encore bien morose.

Insee Conjoncture Basse-Normandie
Paru le : 29/05/2015
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Transport - Afflux de voyageurs dans les ports bas-normands

Franck Legardinier (Dreal)

L’année 2014 a été marquée par une progression importante du nombre de voyageurs dans les ports et les aéroports bas-normands. Seul l’aéroport de Deauville, dans un contexte d’insécurité au Maghreb, a été confronté à une baisse de son trafic aérien.

Côté marchandises, l’année a été plutôt médiocre dans les ports de Caen et de Cherbourg. Les immatriculations de voitures neuves ont légèrement diminué, mais bien moins que celles des véhicules industriels.

Insee Conjoncture Basse-Normandie
No 5
Paru le : 29/05/2015

En 2014, dans les ports bas-normands, les manifestations liées au 70e anniversaire du Débarquement ainsi que les Jeux Équestres Mondiaux ont favorisé un trafic de voyageurs en progression (+ 4,5 %).

Gains de voyageurs partout sauf à l’aéroport de Deauville

La hausse la plus conséquente est à mettre au crédit du Port de Cherbourg, qui termine l’année sur un accroissement de 7,3 % de son trafic voyageurs. Au total, il a ainsi accueilli 593 000 passagers soit 40 500 de plus qu’en 2013. Le Port de Cherbourg a en effet bénéficié d’une croissance importante d’escales de navires de croisière (32 navires en 2014 contre 21 en 2013 ), qui ont généré à elles seules 29 000 passagers de plus. Par ailleurs, le trafic avec l’Irlande dépasse 218 000 passagers (+ 6.7 %). Seul, les échanges avec le Royaume Uni sont restés stables (295 000 passagers soit - 1 %).

Le Port de Caen, qui affiche le plus gros trafic de voyageurs des ports bas-normands, a lui aussi accru son trafic de voyageurs pour atteindre 970 000 passagers, soit 5,1 % de voyageurs en plus. Dans le Port de Caen, le nombre d’escales de navires de croisière a plus que doublé, même si cette activité demeure anecdotique, comparé au volume de passagers transporté par les ferries.

Avec 177 880 passagers payants, le Port de Granville a accueilli 3 500 voyageurs de plus qu’en 2013 (+ 2 %). Ainsi, l’activité voyageurs continue sa progression (hors 2012) des liaisons entre Granville et Chausey, favorisées par une météo plutôt clémente, notamment à l’arrière saison (septembre et octobre) venue compenser les mauvaises conditions climatiques du mois d’août.

Figure 1 – Évolution du trafic voyageurs dans les ports bas-normands

Unité : nombre
Évolution du trafic voyageurs dans les ports bas-normands
2014 Évolution 2013/2014 (en %)
Cherbourg 593 223 7,3
Caen-Ouistreham 969 928 5,1
Granville 177 880 2,0
  • Source : Ports Normands Associés PNA (Caen-Ouistreham, Cherbourg) - CCI centre et sud Manche (Granville)

En Basse-Normandie, avec 235 000 passagers, le trafic aérien de passagers payants recule de 5,3 % en 2014 par rapport à 2013. Cette baisse est imputable au seul aéroport de Deauville-Saint Gatien, où le nombre de passagers a reculé de 17 % en 2014 pour se limiter à 115 000 voyageurs. L’aéroport a été pénalisé par le retrait de nombreux tour-operators sur les liaisons vers les pays du Maghreb en raison du climat d’insécurité qui y régnait. Du fait de ce recul, l’aéroport de Deauville Saint-Gatien partage ainsi en 2014, sa position de premier aéroport de Normandie avec celui de Caen-Carpiquet. Dopé par les évènements exceptionnels de 2014, le trafic voyageurs y a augmenté de près de 10 % pour atteindre lui aussi 115 000 voyageurs. L’aéroport de Cherbourg, enfin, gagne 7,6 % de voyageurs, mais avec 5 200 passagers, son trafic reste bien en-deçà des deux autres aéroports bas-normands.

Figure 2 – Évolution du trafic voyageurs des aéroports bas-normands

en nombre
Évolution du trafic voyageurs des aéroports bas-normands
Caen-Carpiquet Deauville-Normandie Cherbourg - Maupertus
2000 100773 21106 11364
2001 100198 18367 4333
2002 138529 22794 9240
2003 100020 23511 10161
2004 102062 35616 11337
2005 100337 42100 12262
2006 106986 57051 14650
2007 112169 80534 10032
2008 107903 92502 8246
2009 90197 87158 7502
2010 77114 125228 3154
2011 99744 129110 3218
2012 100611 142130 5218
2013 105022 138554 4812
2014 115013 114984 5178
  • Source: Bilan d'activité des CCI de Caen, Cherbourg et du Pays d'Auge

Figure 2 – Évolution du trafic voyageurs des aéroports bas-normands

Transport maritime de marchandises en recul dans le port de Caen-Ouistreham

En 2014, en Basse-Normandie, le trafic de marchandises a reculé de 5,8 % dans les ports bas-normands.

Dans le port de Caen Ouistreham, en 2014, le trafic de marchandises régresse de 3,4 % pour atteindre 3 123 milliers de tonnes. Cette contraction de volume établie à 110 milliers de tonnes est principalement due à la baisse des exportations des produits agro-alimentaires et notamment des céréales dont la qualité et les cours du second semestre ont favorisé le stockage (céréales - 29 %, nourriture animales - 35 %, engrais - 6 %). Le transport de matériaux de construction (5 200 tonnes) est également en recul (- 48 %).

C’est le port aval de Caen qui a le plus souffert de cette baisse de trafic. En effet, entre Caen et les écluses de Ouistreham, 560 milliers de tonnes de marchandises ont été chargées ou déchargées en 2014, soit une baisse d’environ 25 % du tonnage par rapport à 2013. Dans le port aval, en revanche, la hausse du trafic (+ 3,2 %) n’a pas suffi à compenser les mauvaises performances du port amont. Au total, en 2014, 2 563 milliers de tonnes de marchandises ont ainsi transité dans le port aval.

Le trafic marchandises dans le port de Cherbourg diminue lui aussi (1 366 000 tonnes en 2014, soit - 16 %). Pour le trafic transmanche, les échanges avec le Royaume-Uni (319 000 tonnes) reculent de - 29 %, contrairement à ceux d’avec l’Irlande (913 646 tonnes) qui progressent de 5.5 %. Le trafic conventionnel est également en baisse de 57 % (matériaux de construction - 3 %, produits de recyclage - 9 %, produits dangereux - 63 %, autres produits - 63 %).

En 2014, les résultats sont meilleurs pour les ports de Honfleur et de Granville. A Honfleur, le trafic de marchandises progresse de 12 % (409 000 tonnes). A Granville, le trafic s’accroît de 39 % pour atteindre 75 000 tonnes. Avec 45 escales de bateaux de vrac contre 31 en 2013, le trafic marchandises tend à retrouver son niveau de 2011 (81 333 tonnes), notamment du fait d’une augmentation du tonnage de la ferraille et d’un maintien du volume de gravier dans la continuité du marché passé avec le Royaume-Uni.

Figure 3 – Évolution du trafic marchandises dans les ports bas-normands

Unité : millier de tonnes
Évolution du trafic marchandises dans les ports bas-normands
2014 Évolution 2013/2014 (en %)
Cherbourg 1 366 -15,9
Caen-Ouistreham 3 123 -3,4
Granville 75 39,0
Honfleur 409 12,0
  • Source : Ports Normands Associés PNA (Caen-Ouistreham, Cherbourg) - CCI centre et sud Manche (Granville) - CCI Pays d'Auge (Honfleur)

Les voitures essence grignotent la suprématie du diesel

En 2014, 34 600 voitures particulières neuves ont été immatriculées en Basse-Normandie. C’est une baisse de 1,2 % par rapport à 2013. Les véhicules essence progressent légèrement alors que les véhicules diesels immatriculés sont moins nombreux. En 2014, les véhicules essence ne constituent toujours qu’un tiers des immatriculations.

Le recul des immatriculations touche aussi les véhicules industriels neufs (- 28 %), mais épargne les utilitaires légers neufs ( 8 700 immatriculations, + 3 %)

La baisse des immatriculations de véhicules industriels est principalement dûe à la baisse de la mise en circulation de tracteurs routiers (- 36 %) probablement liée à l’entrée en vigueur de la norme Euro 6 au 1er janvier 2014 (achats anticipés fin 2013).

Figure 4 – Immatriculations de véhicules neufs

Immatriculations de véhicules neufs
Véhicules particuliers Véhicules utilitaires légers (1) Véhicules industriels à moteur (2) Ensemble immatriculations (3)
2014 (nombre) Évolution 2014/2013 (en %) 2014 (nombre) Évolution 2014/2013 (en %) 2014 (nombre) Évolution 2014/2013 (en %) 2014 (nombre) Évolution 2014/2013 (en %)
Calvados 17 573 -2,3 4 377 5,7 1 063 -28,4 23 084 -2,4
Manche 10 461 -0,2 2 170 -5,9 212 -22,6 12 862 -1,7
Orne 6 521 0,1 2 155 7,9 306 -27,8 8 996 0,5
Basse-Normandie 34 555 -1,2 8 702 3,0 1 581 -27,5 44 942 -1,6
France métropolitaine 1 765 855 0,5 370 130 1,5 38 895 -13,6 2 180 776 0,3
  • Note : données brutes.
  • (1) : camionnettes et véhicules automoteurs spécialisés <= 3,5 t de PTAC.
  • (2) : camions, véhicules automoteurs spécialisés > 3,5 t de PTAC et tracteurs routiers.
  • (3) : y compris immatriculations de transports en commun.
  • Source : SOeS, SIDIV.

Figure 5 – Évolution du nombre d'immatriculations de véhicules particuliers neufs

en indice base 100 en 2006
Évolution du nombre d'immatriculations de véhicules particuliers neufs
Basse-Normandie France métropolitaine
2006 100 100
2007 105,49 103,21
2008 107,57 102,49
2009 128,52 113,39
2010 124,89 110,44
2011 119,75 108
2012 103,96 92,81
2013 100,7 87,81
2014 99,49 88,26
  • Note : données brutes.
  • Source : SOeS, Fichier central des automobiles, SIDIV.

Figure 5 – Évolution du nombre d'immatriculations de véhicules particuliers neufs

Recentrage du transport routier de marchandises sur l’intra-régionalité

Après une année 2013 favorable (+ 8 %), le volume de marchandises transportées en 2014 par mode routier en intra-régional a continué de progresser (+ 3,3 %). Dans le même temps, les exportations (- 13 %) et les importations (- 9 %) sont en repli.

Figure 6 – Transport de marchandises par la route

en %
Transport de marchandises par la route
Basse-Normandie 2014 (p) (millions de Tonnes- Kilomètres transportés) Évolution annuelle moyenne 2014/2009 (1)
Entrées dans la région 2 622 -2,5
Sorties de la région 2 483 -3,4
Intérieur de la région 1 722 1,6
  • p : données provisoires.
  • (1) : taux d'évolution annuel qu'aurait connu le transport de marchandises si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée.
  • Champ : France métropolitaine hors Corse. Données hors transport international.
  • Source : SOeS, Enquête Transport routier de marchandises.

Sources

Avertissement 

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.