Bilan économique 2014 de la Basse-Normandie

En 2014, la Basse-Normandie est toujours confrontée aux difficultés économiques qui pèsent sur la France, mais l'amorce de reprise nationale ne se fait pas trop sentir dans la région. L'emploi poursuit son déclin au même rythme que l'an dernier, et la demande d'emploi s'accroît même plus rapidement. La construction et l'industrie demeurent les secteurs les plus touchés. Toutefois, la Basse-Normandie, au centre de l'actualité en juin et septembre, a attiré bon nombre de touristes et de voyageurs en cette année 2014, offrant ainsi un peu de ciel bleu dans une année encore bien morose.

Insee Conjoncture Basse-Normandie
Paru le : 29/05/2015
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Chômage - La croissance de la demande d’emploi se poursuit en 2014

Christelle BERARD et Catherine CLEMENT (Direccte)

Le nombre de demandeurs d'emploi a continué de croître en 2014, à un rythme plus soutenu qu'en 2013. Tous les demandeurs d’emploi sont concernés par cette évolution, particulièrement les seniors et les chômeurs de longue durée. Le taux de chômage a augmenté de 4 dixièmes de point sur un an en Basse-Normandie comme au niveau national. Les aides à l’emploi sont en retrait sur l’année, à l’exception des mesures en faveur des jeunes.Le recours à l’activité partielle par des entreprises en difficulté diminue.

Insee Conjoncture Basse-Normandie
No 5
Paru le : 29/05/2015

En Basse-Normandie, à la fin du mois de décembre 2014, 113 450 personnes sont inscrites à Pôle emploi en catégorie A, B ou C (c’est-à-dire ayant exercé une activité ou non), soit 6 600 personnes de plus que fin décembre 2013 (+ 6,2 %, conforme à la moyenne nationale + 6,4 %). Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A, B, C augmente dans les trois départements : + 7,1 % dans le Calvados, + 5,6 % dans la Manche et + 4,9 % dans l’Orne.

Parmi ces demandeurs, 71 100 sont sans activité fin décembre 2014 (catégorie A) en Basse-Normandie. Ce nombre est supérieur de 3 300 à celui de décembre 2013, soit une croissance relative de + 4,8 %, égale au double de celle de l’année 2013 (+ 2,4 %) et un peu moins forte que celle de la France métropolitaine (+ 5,4 %). Le nombre de demandeurs d’emploi sans activité augmente sensiblement sur le 1er semestre 2014 (+ 3,4 %) puis plus modestementau 2nd semestre (+ 1,7 %). Cette dernière évolution est concomitante à une croissance significative du nombre de demandeurs d’emploi en activité réduite (catégories B et C). Le développement de l’emploi de courte durée et à temps partiel au second semestre s’accompagne d’un afflux des demandeurs d’emploi sans activité vers ceux en activité réduite.

Le taux de chômage s’établit à 9,3 % de la population active au 4e trimestre 2014 en Basse-Normandie, soit 7 dixièmes de point de moins que le taux de chômage métropolitain. Il est en hausse de 0,4 point sur un andans la région comme en France. .Le chômage est le plus élevé dans le Calvados (9,8 %), suivi de l’Orne (9,4 %) puis de la Manche (8,4 %).

Figure 1 – Demandeurs d'emploi en fin de mois

Demandeurs d'emploi en fin de mois
Demandeurs d'emploi au 31/12/2014 (en milliers) Évolution 2014/2013 (en %) (1)
Catégories A, B, C Catégorie A Catégories A, B, C Catégorie A
Hommes 56,6 39,0 6,4 6,1
Femmes 56,9 32,1 6,0 3,4
Moins de 25 ans 21,3 13,5 2,7 2,1
25 à 49 ans 67,1 41,1 5,9 4,0
50 ans ou plus 25,0 16,5 10,4 9,5
Inscrits depuis un an ou plus 47,8 nd 11,4 nd
Basse-Normandie 113,4 71,1 6,2 4,8
France métropolitaine 5 291,8 3 552,9 6,4 5,4
  • nd : données non disponibles.
  • (1) : évolution de l'indicateur entre le 31/12/2013 et le 31/12/2014
  • Note : données brutes.
  • Source : Pôle emploi ; DARES.

Figure 2 – Évolution trimestrielle du taux de chômage

en % de la population active
Évolution trimestrielle du taux de chômage
Basse-Normandie France métropolitaine
1er trim. 2005 8,0 8,3
2e trim. 2005 8,1 8,4
3e trim. 2005 8,3 8,6
4e trim. 2005 8,4 8,7
1er trim. 2006 8,4 8,8
2e trim. 2006 8,3 8,6
3e trim. 2006 8,2 8,5
4e trim. 2006 7,8 8,0
1er trim. 2007 7,8 8,1
2e trim. 2007 7,5 7,8
3e trim. 2007 7,3 7,6
4e trim. 2007 6,7 7,1
1er trim. 2008 6,4 6,8
2e trim. 2008 6,6 7,0
3e trim. 2008 6,9 7,1
4e trim. 2008 7,4 7,4
1er trim. 2009 8,3 8,2
2e trim. 2009 8,8 8,8
3e trim. 2009 8,5 8,8
4e trim. 2009 8,7 9,1
1er trim. 2010 8,5 9,0
2e trim. 2010 8,5 8,9
3e trim. 2010 8,4 8,8
4e trim. 2010 8,3 8,8
1er trim. 2011 8,3 8,7
2e trim. 2011 8,3 8,6
3e trim. 2011 8,4 8,8
4e trim. 2011 8,4 8,9
1er trim. 2012 8,6 9,1
2e trim. 2012 8,7 9,3
3e trim. 2012 8,9 9,4
4e trim. 2012 9,2 9,7
1er trim. 2013 9,2 9,9
2e trim. 2013 9,3 10,0
3e trim. 2013 9,3 9,9
4e trim. 2013 8,9 9,6
1er trim. 2014 9,0 9,7
2e trim. 2014 9,0 9,7
3e trim. 2014 9,3 9,9
4e trim. 2014 9,3 10,0
  • Note : données CVS.
  • Source : Insee, taux de chômage au sens du BIT et taux de chômage localisé.

Figure 2 – Évolution trimestrielle du taux de chômage

Figure 3 – Taux de chômage

en % de la population active
Taux de chômage
2013 T4 2014 T1 2014 T2 2014 T3 2014T4 (p) Évolution 2014T4/2013T4 (en points de %)
Calvados 9,3 9,5 9,5 9,8 9,8 0,5
Manche 8,2 8,2 8,2 8,4 8,4 0,2
Orne 9,0 9,2 9,2 9,4 9,4 0,4
Basse-Normandie 8,9 9,0 9,0 9,3 9,3 0,4
France métropolitaine 9,6 9,7 9,7 9,9 10,0 0,4
  • p : données provisoires.
  • Note : données CVS.
  • Source : Insee, taux de chômage au sens du BIT et taux de chômage localisé.

Forte hausse du chômage de longue durée

La hausse a touché tous les types de demandeurs d’emploi de catégorie A, B, ou C, avec plus d’intensité pour les hommes que pour les femmes, les jeunes et les demandeurs d’âge intermédiaire. Une nouvelle fois, les seniors et les chômeurs de longue durée ont été les plus affectés par l’augmentation de la demande d’emploi. Les seniors sont même devenus plus nombreux que les jeunes de moins de 25 ans parmi les demandeurs d’emploi : il y a trois ans, ces derniers représentaient 20,5 % de la demande d’emploi, soit 1,5 point de plus que les seniors. Fin 2014, les jeunes représentent 18,8 % de la demande d’emploi,soit 3,2 points de moins que les seniors.

Comme les deux années précédentes, le chômage de courte durée (moins d’un an) croît faiblement en 2014 (+ 2,8 %), pendant que celui de longue durée (plus d’un an) augmente sensiblement (+ 11,4 %). Cela induit de façon mécanique un glissement du chômage de courte durée vers celui de longue durée et une croissance qui augmente avec l’ancienneté d’inscription : + 6,0 % pour les demandeurs inscrits depuis un à deux ans, + 13,3 % pour ceux inscrits depuis deux à trois ans et + 19,7 % enfin pour ceux ayant plus de trois ans d’inscription.

L’activité partielle diminue en 2014

Dans un contexte économique difficile, le recours à l’activité partielle se révèle être un outil important pour préserver l’emploi. Près de 400 000 heures d’activité partielle ont été consommées par les établissements dans la région sur le 1er semestre 2014, contre 550 000 au 1er semestre 2013. L’industrie automobile et la fabrication de produits métalliques sont les deux principaux secteurs concernés. Ils ont consommé plus de la moitié du volume régional en 2014.. Le secteur de la construction vient en 3e position. Néanmoins le niveau reste bas si on le compare à celui observé pendant la crise.

Figure 4 – Heures consommées d'activité partielle

en indice base 100 au 2009 T1
Heures consommées d'activité partielle
Basse-Normandie France métropolitaine
1er trim. 2009 100 100
2e trim. 2009 100,73 103,93
3e trim. 2009 59,73 58,44
4e trim. 2009 83,47 81,43
1er trim. 2010 47,31 48,63
2e trim. 2010 31,27 32,47
3e trim. 2010 7,91 12,75
4e trim. 2010 7,97 19,03
1er trim. 2011 7,06 13,52
2e trim. 2011 3,9 11,44
3e trim. 2011 3,25 7,87
4e trim. 2011 4,97 17,81
1er trim. 2012 6,84 21,19
2e trim. 2012 6,18 16,37
3e trim. 2012 5,18 14,71
4e trim. 2012 28,17 39,96
1er trim. 2013 41,09 34,7
2e trim. 2013 16,35 22,17
3e trim. 2013 14,4 16,68
4e trim. 2013 25,91 31,08
1er trim. 2014 30,31 29,54
2e trim. 2014 10,86 21,57
  • Note : données brutes, hors conventions FNE et APLD (activité partielle de longue durée).
  • Source : DARES-DGEFP, extraction Sinapse.

Figure 4 – Heures consommées d'activité partielle

Retrait des aides à l’emploi en 2014

La politique de l’emploi est en retrait en 2014 par rapport aux années précédentes, conformément aux objectifs budgétaires. Les mesures spécifiques d’aide à l’emploi ont été moins nombreuses pour la plupart d’entre elles, à l’exception des actions en faveur des jeunes, qui se maintiennent au niveau de 2013.

En Basse-Normandie, en 2014, dans le secteur non marchand, près de 1 100 emplois d’avenir destinés à des jeunes peu ou pas qualifiés ont été signés; la moitié sont des contrats de 3 ans ou des contrats à durée indéterminée. Dans le même temps, 7 100 Contrats uniques d'insertion - contrats d'accompagnement dans l'emploi (CUI-CAE) étaient conclus, au profit des publics les plus en difficulté : 67 % par des demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi depuis au moins un an et 40 % par d’anciens bénéficiaires de minima sociaux. Du fait de la réforme du financement de l’insertion par l’activité économique mise en œuvre en 2014, les ateliers et chantiers d’insertion ne peuvent plus embaucher, depuis juillet 2014, leurs salariés avec des CUI-CAE, mais en utilisant un nouveau contrat aidé : le contrat à durée déterminée d’insertion (CDD-I). En 2014, ces structures ont bénéficié de 1 600 CUI-CAE puis de 1 800 CDD-I. Avec moins de contrats signés en 2014 mais sur des durées plus longues, l’année 2014 s’achève avec 4 800 bénéficiaires de CUI-CAE, 1 800 emplois d’avenir et 1 500 CDD-I en Basse-Normandie, soit 800 bénéficiaires d’un contrat aidé du secteur non marchand de plus qu’un an auparavant.

Les principales mesures en faveur de l’emploi dans le secteur marchand sont aussi en retrait, que ce soit les Contrats uniques d'insertion - contrats initiative emploi (CUI-CIE), destinés aux demandeurs d’emploi en grande difficulté d’insertion ou les contrats d’apprentissage. Plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer la baisse des contrats d’apprentissage : conjoncture économique difficile, modifications des indemnités versées aux employeurs d’apprentis, concurrence avec d’autres dispositifs (emplois d’avenir et contrats de génération), maintien des jeunes dans le système éducatif classique. Mais quatre mesures du secteur marchand progressent : les emplois d’avenir, les contrats de génération, les aides aux créateurs et repreneurs d’entreprise, ainsi que les exonérations pour embauche dans les zones prioritaires. Les emplois d’avenir sont ouverts au secteur marchand depuis avril 2013 ; plus de 500 jeunes ont bénéficié de ce contrat en 2014, 56 % en contrats à durée indéterminée et 21 % en contrats de 3 ans.

Parallèlement à la diminution des licenciements, les aides au reclassement se réduisent nettement : en 2014, 2 800 salariés licenciés, contre 3 160 en 2013, ont adhéré à un contrat de sécurisation professionnelle, qui leur offre un accompagnement renforcé dans leur recherche d’emploi.

Selon les premières estimations (*), les actions de formation en faveur des demandeurs d’emploi, financées par le Conseil Régional, Pôle emploi ou l’Etat, diminueraient. Les différents dispositifs auraient accueilli 18 500 demandeurs d’emploi jeunes et adultes, soit 300 de moins qu’en 2014. En effet, le résultat consolidé sur 2014 s’élève à 18 800 et non 17 700, comme annoncé dans la publication de l’année dernière.

Figure 5 – Nombre d'entrées dans les principales mesures d'accompagnement et d'aide à l'emploi

Nombre d'entrées dans les principales mesures d'accompagnement et d'aide à l'emploi
2013 2014 (p) Évolution 2014/2013 (en %)
Contrats en alternance
Contrats de professionnalisation nd nd ///
Contrats d'apprentissage du secteur privé 7 219 6 674 -7,5
Emplois aidés du secteur marchand
Contrat unique d'insertion - Contrat initiative emploi (CUI-CIE) 1 766 1 523 -13,8
Emplois d'avenir 316 517 63,6
Emplois aidés du secteur non marchand
Contrat unique d'insertion - Contrat d'accompagnement dans l'emploi (CUI-CAE) (1) 10 234 7 103 -30,6
Emplois d'avenir 1 162 1 088 -6,4
Mesures d'accompagnement des jeunes
Contrat d'insertion dans la vie sociale (CIVIS) 3 722 3 781 1,6
  • p : données provisoires.
  • /// : absence de donnée due à la nature des choses.
  • (1) : les contrats aidés CUI-CAE de 2013 ont une durée de 6 à 24 mois et ceux de 2014, une durée de 12 à 24 mois.
  • Note : extraction en avril 2015, hors données CIVIS 2014 (ensemble de l'année 2014).
  • Source : DARES.

(*) Le bilan des politiques d’emploi présenté ici est un bilan provisoire pour l’année 2014 ; pour de nombreuses mesures, les résultats consolidés sur l’année 2014 ne seront disponibles qu’en juillet 2015.

Sources

Avertissement 

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.