Bilan économique 2014 de la Basse-Normandie

En 2014, la Basse-Normandie est toujours confrontée aux difficultés économiques qui pèsent sur la France, mais l'amorce de reprise nationale ne se fait pas trop sentir dans la région. L'emploi poursuit son déclin au même rythme que l'an dernier, et la demande d'emploi s'accroît même plus rapidement. La construction et l'industrie demeurent les secteurs les plus touchés. Toutefois, la Basse-Normandie, au centre de l'actualité en juin et septembre, a attiré bon nombre de touristes et de voyageurs en cette année 2014, offrant ainsi un peu de ciel bleu dans une année encore bien morose.

Insee Conjoncture Basse-Normandie
Paru le : 29/05/2015
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Une année sous les projecteurs et pourtant sombre

Auteur : Pascal Capitaine, Laurent Clavel (Insee)

En 2014, la Basse-Normandie est toujours confrontée aux difficultés économiques qui pèsent sur la France, mais l’amorce de reprise nationale ne se fait pas trop sentir dans la région. L’emploi poursuit son déclin au même rythme que l’an dernier, et la demande d’emploi s’accroît même plus rapidement. La construction et l’industrie demeurent les secteurs les plus touchés. Toutefois, la Basse-Normandie, au centre de l’actualité en juin et septembre, a attiré bon nombre de touristes et de voyageurs en cette année 2014, offrant ainsi un peu de ciel bleu dans une année encore bien morose.

Insee Conjoncture Basse-Normandie
No 5
Paru le : 29/05/2015

En 2014, l’activité mondiale se redresse un peu. La zone euro doit attendre la fin de l’année pour commencer à bénéficier de la baisse du prix du pétrole et la dépréciation de l’euro vis à vis du dollar. La croissance du PIB national reste timide (+0,2 %). L’emploi salarié marchand pâtit de cette faible croissance et recule, mais, soutenu par les contrats aidés, l’emploi dans les branches non marchandes s’accroît, et permet à l’emploi salarié total de progresser de 0,3 %.

Synthèse régionale - Une année sous les projecteurs et pourtant sombre

L’emploi se rétracte encore

En Basse-Normandie, l’effet de la reprise se fait encore attendre. L’emploi salarié marchand se rétracte toujours au même rythme qu’en 2013 (-0,8 % ) et ce sont toujours les mêmes secteurs qui peinent à maintenir leurs effectifs.

Dans la construction, les effectifs permanents reculent de 3,2 %, soit un rythme semblable à 2013. Les mises en chantier ont reculé de 19 % par rapport à 2013, soit davantage qu’au niveau national (- 11 %). Les perspectives ne sont pas plus encourageantes, le nombre de logements autorisés, lui aussi en baisse (-19 %), ne laissant pas présager de reprise dans l’immédiat. La frilosité des ménages se fait également sentir dans leurs achats automobiles, puisque le nombre des immatriculations de voitures neuves est en légère baisse en 2014 (-1,2 %).

Dans l’industrie, l’année n’est guère meilleure sur le front de l’emploi. Hormis l’industrie agroalimentaire qui accroît légèrement ses effectifs, tous les secteurs industriels perdent des emplois. La forte présence de l’industrie agroalimentaire en Basse-Normandie apparaît de plus en plus comme un atout pour l’emploi régional. En concentrant aujourd’hui un quart de l’emploi industriel bas-normand, elle permet à ce dernier de reculer moins sensiblement qu’au niveau national. De son côté, l’industrie des matériels de transports, l’autre fleuron bas-normand, a dû supprimer 700 emplois en 2014.

Le chômage s’aggrave

Dans ce contexte défavorable, le nombre de demandeurs d’emploi s’accroît de nouveau en 2014, à un rythme plus soutenu qu’en 2013. Pôle emploi recense ainsi 6 600 demandeurs d’emploi supplémentaires, portant le taux de chômage régional à 9,3 % de la population active au 4e trimestre 2014. Cette hausse s’applique à tous les profils de demandeurs, mais les chômeurs de longue durée et les seniors sont les plus impactés. Parallèlement, les actions de politique de l’emploi ont été moins nombreuses qu’en 2013, sauf celles en faveur des jeunes maintenues au niveau de l’an dernier.

Regain de créations d’entreprises dans les services aux entreprises

En 2014, le nombre de créations d’entreprises a progressé de 2 %. Ce léger rebond des créations est à mettre au crédit des créateurs de sociétés (+9,4 %) et non pas à l’auto-entrepreneuriat ou aux entreprises individuelles pour lesquels le nombre de créations reste stable. Sans doute prudents face à la conjoncture, de moins en moins de Bas-Normands choisissent le secteur de la construction pour créer leur entreprise. En revanche, les services aux entreprises connaissent un certain succès cette année, permettant de combler une petite partie du retard structurel que cette activité accuse dans la région. Mais si les créations augmentent en Basse-Normandie, les défaillances sont elles aussi plus nombreuses qu’en 2013 (+6,8 %).

2014, une année pleine pour le tourisme

L’année 2014 était particulièrement attendue par les professionnels du tourisme dans la région. Avec les manifestations liées à la commémoration du 70e anniversaire du Débarquement en juin, puis les Jeux Équestres Mondiaux en septembre, le tourisme bas-normand a bénéficié de deux évènements attractifs. De fait, la fréquentation touristique progresse de 2,5 % en 2014. L’embellie est surtout sensible dans les campings (+5,6 %) et fait suite à une année 2013 en hausse elle aussi. L’impact est moins sensible dans les hôtels, où la légère progression (+0,9 %) ne compense pas la baisse de 2013.

Plus de voyageurs, moins de marchandises dans les ports

Les effets de ces évènements majeurs ont également favorisé la croissance du trafic de voyageurs dans tous les ports bas-normands ainsi qu’à l’aéroport de Caen Carpiquet. Seul l’aéroport de Deauville a été pénalisé par le retrait de liaisons charters vers le Maghreb. En revanche, l’activité des principaux ports de marchandises bas-normands (Caen-Ouistreham et Cherbourg) est en recul, notamment en raison de la baisse des exportations de produits agroalimentaires.

Des récoltes abondantes

L’année 2014 a offert de bonnes conditions climatiques aux cultivateurs bas-normands, permettant une récolte abondante. Les rendements fourragers sont même exceptionnels. La production laitière augmente, non plus seulement grâce à l’accroissement des performances d’élevage, mais aussi, pour la première fois depuis longtemps, grâce à un cheptel laitier en hausse. Pour autant, les difficultés du commerce extérieur, avec notamment le blocage des exportations vers la Russie, pèsent sur les résultats des exploitations.

Cadrage national - En 2014, l’économie française croît faiblement, le pouvoir d’achat des ménages accélère

Légère accélération de l’activité mondiale

En 2014, l’activité mondiale accélère légèrement : la reprise s’affermit dans les pays avancés, tandis que la croissance fléchit dans la plupart des pays émergents.

Dans les pays avancés, l’accélération de l’activité recouvre un décalage conjoncturel entre d’une part les pays anglo-saxons et d’autre part la zone euro. Ainsi, l’activité progresse à un rythme soutenu dans les premiers. La zone euro, en revanche, après deux années de contraction de l’activité, ne renoue que timidement avec la croissance et les hétérogénéités y restent fortes. La croissance de la zone se redresse surtout à la fin de l’année, sous l’effet notamment de deux stimuli extérieurs : d’une part le prix du pétrole baisse fortement au second semestre, d’autre part l’euro se déprécie nettement par rapport au dollar.

Dans les pays émergents, l’activité ralentit pour la quatrième année consécutive, sous l’effet de l’essoufflement de la croissance chinoise, mais aussi de la dégradation dans plusieurs autres grands pays, notamment le Brésil et la Russie.

L’économie française croît faiblement

En 2014, le PIB de la France progresse de 0,2 % après + 0,7 % en 2013.

Figure 1 – Évolution du PIB en volume et contributions à cette évolution

variation annuelle en %, contributions en points
Évolution du PIB en volume et contributions à cette évolution
Consommation des ménages Demande publique (1) Investissement privé Échanges extérieurs Variation de stocks Produit intérieur brut (PIB)
2007 1,299431628204960 0,565063875261071 1,158125931665840 -0,840059478237669 0,178906056096484 2,361468012990690
2008 0,248665240535342 0,175246399068264 0,270784469344508 -0,266871675611484 -0,232759401173831 0,195065032162800
2009 0,039522669941126 0,796874636295743 -2,314700185939290 -0,348052830821231 -1,115032236639300 -2,941387947162950
2010 0,941748527390573 0,357067670410097 0,498912949574924 -0,089839400372003 0,257807517801077 1,965697264804670
2011 0,237090127041356 0,091846184334135 0,640437648502487 0,035677166165530 1,074494603523750 2,079545729567260
2012 -0,134914968119160 0,466259696303591 -0,021269523562664 0,505029788841774 -0,632400768889338 0,182704224574204
2013 0,201247255143287 0,407320490481527 -0,139774705180680 -0,037567146956795 0,225176622820225 0,656402516307564
2014 0,314492576160299 0,128394181016700 0,014306257454225 -0,481460848121234 0,203870136340044 0,179602302850035
  • (1) : y compris Institutions sans but lucratif au service des ménages.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2010.

Figure 1 – Évolution du PIB en volume et contributions à cette évolution

La demande intérieure hors stocks est le principal contributeur à la croissance du PIB, à hauteur de + 0,5 point, comme en 2013. La consommation des ménages accélère légèrement (+ 0,6 % après + 0,4 % en 2013). La demande intérieure est également soutenue par le dynamisme des dépenses de consommation des administrations publiques (+ 1,6 %, comme en 2013), tandis que leur investissement recule fortement (- 6,9 % après + 0,1 % en 2013). L’investissement des entreprises non financières se redresse (+ 2,0 % après + 0,5 % en 2013), alors que l’investissement des ménages, principalement en logements, se replie pour la troisième année consécutive (– 5,3 % en 2014). Au total, l’investissement de l’ensemble des secteurs se replie en 2014 (- 1,2 %) plus fortement qu’en 2013 (- 0,6 %).

En 2014, les exportations gagnent en dynamisme (+ 2,4 % après + 1,7 % en 2013). Mais les importations accélèrent plus vivement (+ 3,8 %, après + 1,7 %). Au total, la contribution des échanges extérieurs à la croissance du PIB devient négative (- 0,5 point après une contribution neutre en 2013).

Figure 2 – Le PIB et les opérations sur biens et services

Le PIB et les opérations sur biens et services
Évolution en volume aux prix de l'année précédente (en %) 2014
2012 2013 2014 En milliards d'euros (volume chaîné) Contribution à la croissance du PIB en volume
Produit intérieur brut (PIB) 0,2 0,7 0,2 2 060,9 0,2
Importations 0,7 1,7 3,8 630,1 -1,2
Consommation effective des ménages, dont : 0,2 0,6 0,9 1 464,8 0,7
- dépense des ménages -0,3 0,4 0,6 1 094,9 0,3
- dépense individualisable des administrations 1,5 1,6 1,6 546,0 0,4
Consommation collective des administrations publiques 1,4 1,9 0,8 175,9 0,1
Formation brute de capital fixe, dont : 0,2 -0,6 -1,2 443,1 -0,3
- entreprises non financières -0,2 0,5 2,0 248,8 0,2
- ménages -2,1 -1,5 -5,3 98,8 -0,3
- administrations publiques 1,8 0,1 -6,9 75,2 -0,3
Variations de stocks (contribution à la croissance) -0,6 0,2 0,2 10,0 0,2
Exportations 2,5 1,7 2,4 593,6 0,7
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2010.

Par branche, l’activité est portée par les services marchands (+ 0,5 % après + 0,7 %), les services non marchands (+ 1,0 % après + 1,2 %) et l’agriculture (+ 8,5 % après - 1,9 %). L’activité de la branche énergie-eau-déchet se replie fortement (- 2,1 % après + 2,2 % en 2013), en raison d’un climat doux en début comme en fin d’année. La construction recule fortement (- 3,6 %), après une quasi-stabilisation en 2013 (+ 0,1 %). L’activité dans l’industrie manufacturière se replie (- 0,7 % après + 0,5 %).

Le pouvoir d’achat rebondit

Le pouvoir d’achat rebondit (+ 1,1 % après - 0,1 % en 2013). En termes nominaux, le revenu des ménages gagne en dynamisme (+ 1,1 % après + 0,7 % en 2013), alors que les prix de la consommation décélèrent de nouveau nettement (0,0 % après + 0,8 % en 2013).

L’emploi total croît légèrement

L’emploi salarié marchand non agricole recule légèrement (- 0,2 %), en raison du faible rythme de croissance de l’activité. Mais, grâce aux créations nettes d’emplois dans les branches non marchandes, principalement des contrats aidés (notamment la montée en charge des emplois d’avenir), l’emploi total augmente en moyenne sur l’année (+ 0,3 %) et le taux de chômage est quasi stable en moyenne annuelle (10,2 % après 10,3 % en 2013).

 

Avertissement

Dans le cadrage national, les évolutions sont en moyenne annuelle ; elles sont principalement en glissement annuel (T4 2014 / T4 2013) pour les autres évolutions du Bilan, ce qui peut expliquer certains écarts entre les chiffres du cadrage national et le reste du Bilan économique régional.