Bilan économique 2014 des Pays de la Loire

En 2014, le PIB de la France progresse de 0,2 % après + 0,7 % en 2013. Reflétant la faiblesse de la croissance économique nationale, l'emploi salarié recule dans la région pour la troisième année consécutive, et de manière un peu plus marquée qu'en 2013. Entre fin 2013 et fin 2014, la région a perdu 4 400 emplois salariés dans les secteurs principalement marchands, une contraction de même ampleur qu'en France (- 0,5 %). L'année 2014 s'achève toutefois par une légère hausse de l'emploi salarié régional : + 0,1 % au quatrième trimestre.

Insee Conjoncture Pays de la Loire
Paru le : 29/05/2015
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Agriculture - Des produits agricoles impactés par l’embargo russe

Olivier Jean, Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt des Pays de la Loire

L’année 2014 est marquée par une très bonne récolte régionale en grandes cultures, avec des cours des céréales et oléagineux globalement en baisse. L’offre abondante en légumes surpasse la demande. Les récoltes de pommes et de poires sont de qualité, mais la concurrence européenne pèse sur les cours. La récolte viticole retrouve un niveau assez élevé. Abattages et production de viande bovine sont en progression. Une collecte élevée et un prix du lait baissier au dernier trimestre caractérisent la campagne laitière. Dans un marché européen très concurrentiel, le cours moyen du porc est en baisse sensible. Les abattages de volailles se développent dans un contexte de réduction des prix pour les producteurs.

Insee Conjoncture Pays de la Loire
No 5
Paru le : 29/05/2015

Le 29 janvier 2014, la Russie décide d’un embargo sur le porc suite à des cas de peste porcine en Pologne et en Lituanie. Début août, elle décrète un embargo d'un an sur les produits alimentaires européens, en représailles aux sanctions qui la visent pour son rôle dans le conflit ukrainien. Cet embargo concerne particulièrement la viande, le poisson, les produits laitiers et les fruits et légumes.

Une très bonne récolte en céréales, et des prix en baisse

Sauf en triticale, implanté en partie sur des sols souffrant d’excès d’eau, les rendements en blé, orge et colza sont du niveau de ceux des très bonnes années 2009 et 2012. Le rendement régional du maïs grain atteint un record ; celui du tournesol est correct, malgré la pression des maladies liées au temps humide (figure 1). En début d’année, les récoltes mondiales de blé, maïs et soja sont pléthoriques. Début mars, la situation en Ukraine entraîne une forte tension sur les marchés. Puis, de mai à septembre, les prix baissent régulièrement, au fil des prévisions puis de la confirmation de récoltes mondiales finalement abondantes. Courant octobre, les cours repartent à la hausse, amplifiés par l’activité des investisseurs financiers sur les marchés à terme.

Les récoltes de pommes et de poires sont de qualité et de bon calibre. Malgré des ventes actives, les cotations évoluent peu. L’embargo russe et une forte production dans les autres pays européens pèsent sur les prix.

Après deux années en demi-teinte, la récolte viticole renoue avec des volumes classiques de production. Récoltée dans des conditions favorables, la vendange est de bonne qualité, et les rendements sont meilleurs qu’en 2013.

Présents en abondance, l'offre de certains légumes se trouve rapidement en déphasage avec le niveau de la demande : les échanges manquent de fluidité pour absorber la production disponible, et les prix sont orientés à la baisse par rapport à l’année précédente.

Des cotations en repli pour les productions animales

En 2014, les ventes des produits porcins européens progressent vers de nouveaux débouchés, notamment en Asie, sans compenser pour autant les pertes du marché russe. Au final, le cours moyen annuel du porc se situe nettement en dessous de celui de l’année 2013.

Au premier semestre, les disponibilités limitées en vaches de réforme résultent d’une attitude de rétention des éleveurs, qui s’explique par la perspective de la fin des quotas laitiers et les incertitudes liées à la réforme de la PAC. Au dernier trimestre, les vaches de réforme, surtout laitières, reviennent sur le marché. Finalement, les abattages régionaux des gros bovins sont en hausse de 2 % par rapport aux bas niveaux de 2013. Face à cette offre globale conséquente, la pression sur les prix s’avère forte ; les cotations sont en recul toute l’année 2014 par rapport à celles de l’année précédente.

De janvier à septembre, la production laitière est dynamique, dans un contexte économique favorable et un coût de l’aliment un peu moins pénalisant. Au dernier trimestre, les marchés internationaux connaissent un retournement des prix des produits industriels (notamment en poudre et beurre). Les livraisons de lait de vache ralentissent, en lien avec la baisse des prix payés aux producteurs.

Récurrente depuis le début de l’année, la baisse des abattages de poulets s’interrompt en décembre. L’impact de la suppression des aides pour le poulet export est finalement compensé par le développement de l’activité d’abattoirs importants sur des animaux de poids plus élevé. Les abattages régionaux des autres volailles et des lapins sont en légère hausse. La production d’œufs de consommation se stabilise après sa forte hausse de 2013. Le prix de l’œuf progresse nettement en fin d’année.

En 2014, l’indice du prix d’achat des moyens de production agricole continue son repli amorcé en 2013 (figure 2). La chute des cours du pétrole et celle du coût de l’alimentation animale, liée au recul des cours des céréales et des matières azotées, expliquent la baisse de l’indice global.

Figure 1 – Augmentation marquée des rendements en céréales - Surfaces, rendements et productions des grandes cultures en Pays de la loire

Augmentation marquée des rendements en céréales - Surfaces, rendements et productions des grandes cultures en Pays de la loire
Cultures Surface (ha) Évolution 2014/2013 Rendement (q/ha) Évolution 2014/2009-2013 Production ( 1000 q ) Évolution 2014/2009-2013
Céréales, 726 125 ha dont :
Blé tendre 394 690 17% 73 6% 28 695 15%
Orge d'hiver 58 375 41% 70 9% 4 064 42%
Orge de printemps 6 115 -31% 58 17% 353 32%
Triticale 55 785 25% 57 -4% 3 175 -1%
Blé dur 24 845 3% 67 6% 1 655 -15%
Avoine 5 235 -2% 55 9% 286 3%
Maïs grain 155 115 -13% 102 21% 15 748 37%
Oléoprotéagineux, 103 825 ha dont :
Colza 60 715 -6% 36 10% 2 200 11%
Tournesol 27 895 -32% 28 11% 771 -22%
Pois protéagineux 7 685 21% 39 1% 298 -20%
Maïs fourrage 264 645 -8% 142 22% 37 601 16%
  • Source : Agreste, Statistique agricole annuelle provisoire ;FranceAgriMer Pays de la Loire.

Figure 2 – Comme en 2013, les coûts de production baissent en 2014

Comme en 2013, les coûts de production baissent en 2014
Indice général des Produits Intrants ÉNERGIE ET LUBRIFIANTS ENGRAIS ET AMENDEMENTS ALIMENTS DES ANIMAUX
janv-08 101,8 101,6 110,0 112,4
févr-08 102,8 102,4 116,1 113,8
mars-08 104,0 105,8 120,9 114,8
avr-08 105,2 107,8 124,5 116,0
mai-08 106,8 116,8 128,0 117,0
juin-08 107,8 120,9 132,5 117,0
juil-08 108,4 121,6 139,5 117,0
août-08 107,7 114,0 143,1 116,1
sept-08 107,3 111,6 147,7 114,8
oct-08 106,2 101,7 150,6 112,1
nov-08 104,2 91,0 150,4 108,8
déc-08 102,6 82,5 149,4 107,0
janv-09 102,2 85,1 144,9 104,8
févr-09 101,7 83,7 140,5 104,3
mars-09 100,8 78,6 137,1 103,7
avr-09 100,2 78,7 131,9 102,6
mai-09 99,6 78,6 122,9 101,9
juin-09 99,2 83,8 111,0 101,3
juil-09 98,4 83,0 100,0 100,7
août-09 98,2 86,3 97,5 99,7
sept-09 97,6 84,9 95,3 98,4
oct-09 97,2 87,2 93,6 96,5
nov-09 97,1 89,8 92,0 95,5
déc-09 97,1 90,2 91,8 95,6
janv-10 97,3 95,3 92,0 95,8
févr-10 97,5 94,7 94,6 96,0
mars-10 97,9 97,3 96,7 95,6
avr-10 98,3 99,2 98,0 95,3
mai-10 98,4 99,1 98,7 95,1
juin-10 98,5 99,6 97,2 95,3
juil-10 98,6 97,2 96,7 96,5
août-10 99,7 98,1 98,0 99,7
sept-10 101,6 99,8 103,3 104,1
oct-10 103,1 102,7 106,1 107,3
nov-10 104,0 105,1 108,5 109,0
déc-10 105,1 111,8 110,3 110,3
janv-11 106,5 112,9 115,4 113,3
févr-11 108,0 114,5 119,3 116,4
mars-11 109,3 119,3 121,8 118,2
avr-11 109,8 120,2 122,4 118,6
mai-11 109,2 114,6 122,0 118,5
juin-11 109,4 114,5 120,8 119,0
juil-11 109,6 116,8 121,5 118,6
août-11 109,3 115,4 122,6 117,7
sept-11 109,5 117,5 124,5 116,9
oct-11 109,3 117,9 126,2 115,5
nov-11 109,1 121,0 127,4 114,1
déc-11 108,9 121,6 127,3 113,2
janv-12 108,6 120,0 127,3 112,5
févr-12 109,2 121,7 127,6 113,5
mars-12 110,0 124,3 128,2 114,9
avr-12 110,6 123,7 128,0 116,4
mai-12 111,1 120,5 127,0 118,9
juin-12 111,0 115,8 125,5 120,0
juil-12 112,3 120,2 125,6 123,0
août-12 114,7 125,2 126,5 129,1
sept-12 116,1 125,2 127,5 133,1
oct-12 116,9 124,9 128,3 134,8
nov-12 117,2 122,9 128,6 136,2
déc-12 117,3 120,6 128,7 136,7
janv-13 117,5 122,2 128,6 136,9
févr-13 117,7 124,3 128,7 136,3
mars-13 117,4 122,3 129,0 135,3
avr-13 116,7 119,0 128,9 134,4
mai-13 116,4 118,6 127,9 133,3
juin-13 116,1 119,2 122,4 132,8
juil-13 115,5 120,0 119,4 131,4
août-13 114,8 121,9 118,9 128,7
sept-13 114,2 123,0 117,5 126,6
oct-13 113,4 120,4 114,6 124,7
nov-13 113,1 121,7 113,3 123,5
déc-13 113,1 123,6 113,0 123,3
janv-14 113,3 121,3 115,1 123,5
févr-14 113,4 120,1 117,9 123,5
mars-14 113,5 118,4 119,6 123,6
avr-14 113,6 117,7 121,2 123,8
mai-14 113,5 117,3 121,3 123,8
juin-14 113,4 119,1 118,3 123,4
juil-14 112,7 118,4 115,8 122,2
août-14 112,2 117,0 115,9 120,5
sept-14 111,5 117,4 116,5 118,6
oct-14 110,5 112,6 117,5 116,5
nov-14 109,9 109,9 118,2 115,1
déc-14 109,1 101,0 119,2 115,1
  • Sources : Insee ; Agreste.

Figure 2 – Comme en 2013, les coûts de production baissent en 2014