Économie et Statistique n°417-418 - Patrimoine : développements récents

Economie et Statistique
Paru le : 01/06/2009
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Travail indépendant et transmissions patrimoniales : le poids des inégalités au sein des fratries

Sibylle Gollac

Les fils, enfants uniques et aînés sont ceux qui bénéficient le plus fréquemment d’investissements particuliers de la part de leurs parents, tant financiers qu’en capital humain informel. Si le patrimoine familial a bien une influence sur leur mise à leur compte, c’est moins par la transmission clé en main de l’affaire familiale que par un soutien économique plus diffus et par le signe positif que représente la richesse des parents pour le jeune actif qui hésite à s’installer à son compte. Ce patrimoine familial ne serait que de peu d’effets sans les autres formes de transmissions : compétences professionnelles et compétences managériales. Les inégalités de transmissions entre enfants d’indépendants sont ambiguës. Si ceux qui reprennent le statut, et en particulier l’affaire familiale, bénéficient de transferts économiques plus importants, ils peuvent également se sentir prisonniers de leur rôle de repreneur, surtout lorsque les parents ont faiblement investi dans leur réussite scolaire. S’ils ont plus de chance de devenir chef d’entreprise, ce n’est pas forcément un choix. Cet article combine une exploitation de l’enquête « Patrimoine 2003-2004 » à la mobilisation de travaux ethnographiques pour considérer les conditions de transmission du statut d’indépendant. On prend non seulement en considération les avantages particuliers dont bénéficient les enfants d’entrepreneurs pour se mettre à leur compte, mais aussi les inégalités qui existent entre eux face à l’installation.

Economie et Statistique
No 417-418
Paru le : 01/06/2009