Les créations et créateurs d'entreprises en 2010 : situation initiale, situation en 2013 et en 2015Enquête SINE - Insee Résultats

Chiffres détaillés
Insee Résultats
Paru le : 17/05/2017

Il est recommandé d’utiliser systématiquement les résultats de la dernière enquête disponible, quelles que soient les informations recherchées (profil des entreprises au démarrage, perennité, emploi, etc.)

En effet, le dispositif SINE permet de suivre sur cinq ans une cohorte d’entreprises créées une année donnée. Dans ce but trois interrogations sont menées : l'année de la création, trois ans après et cinq ans après. Les résultats obtenus à la fin de chaque enquête font l’objet de traitements basés sur le repértoire SIRENE. Certaines informations concernant notamment des cessations d’activité peuvent être déclarées et donc enregistrées tardivement. Elles sont alors prises en compte avec retard dans les résultats de l’enquête SINE.

Les résultats de la première vague prennent en compte les données SIRENE les plus récentes au moment de la publication de cette première vague, et ne sont pas mis à jour par la suite. Les résultats de la deuxième vague reprennent les résultats de la première vague, mis à jour avec les données SIRENE les plus récentes au moment de la publication de cette deuxième vague. Les résultats de la troisième vague reprennent et actualisent les résultats des deux vagues précédentes, mis à jour avec les données SIRENE les plus récentes au moment de la publication de cette troisième vague. Ce sont les résultats utilisant le maximum d'information et ils doivent donc être considérés comme les résultats définitifs de l’ensemble des trois interrogations de la cohorte donnée.

Sommaire

Entreprises créées en 2010 :sept sur dix sont encore actives trois ans après leur création

Damien Richet, pôle Démographie des entreprises et des établissements, Insee

Trois ans après leur création, 71 % des entreprises créées au premier semestre 2010 sont encore actives. Pour tous les secteurs, la pérennité des entreprises de cette génération est plus élevée que celle de la génération 2006, touchée de plein fouet par la récession de 2008-2009. La pérennité à trois ans est plus faible pour les entreprises du commerce (64 %), des activités immobilières (67 %) et de la construction (68 %). À l’opposé, elle est la plus forte dans la santé (85 %), l’industrie (80 %), le transport (78 %) et les services aux entreprises (77 %).

Les principaux déterminants de la pérennité restent les mêmes que ceux observés pour les entreprises créées en 2006. Les sociétés demeurent bien plus pérennes que les entreprises individuelles. Un fort investissement initial, un niveau de formation élevé du créateur de l’entreprise et une expérience précédente dans le même métier augmentent également les chances de durer.

Au bout de trois ans, le bilan en matière d’emplois de ces entreprises créées au premier semestre 2010 est globalement neutre. Les créations d’emplois dans les entreprises pérennes compensent à peu près les destructions liées aux cessations d’entreprises.

La pérennité des entreprises est plus élevée pour la génération 2010 que pour celle de 2006

En 2010, 262 000 créations d’entreprises ont été effectuées, hors régime de l’auto-entrepreneur. Parmi ces entreprises, 138 000 ont été créées au premier semestre, dont 118 000 entrent dans le champ de cette étude (sources). Pour ces dernières, la pérennité à trois ans est de 71 %. Elle est bien plus élevée que celles des entreprises créées au premier semestre 2006, qui n’étaient que 66 % à être encore actives au bout de trois ans. La génération de 2010 connaît en effet un environnement économique moins défavorable et moins chahuté que la génération 2006, qui a notamment affronté la récession de 2008-2009. De plus, l’apparition du régime de l’auto-entrepreneur en 2009 pourrait expliquer en partie la plus forte pérennité de la génération 2010 ; en effet, certains projets plus fragiles peuvent d’abord être testés sous ce régime, en particulier pour les créations d’entreprises individuelles avec un faible investissement initial.

Pour les deux générations, les proportions d’entreprises encore actives un an après la création sont identiques : 91 % (figure 1). À horizon de trois ans, le risque de cessation d’une année sur l’autre pour la génération 2010 se stabilise autour de 12 %. En revanche, pour la génération 2006, ce risque atteignait déjà 14 % en deuxième année et passait à 16 % en troisième année, qui correspondait à une période de récession (débutée fin 2008 et plus forte encore en 2009).

Figure 1Taux de pérennité d'une année sur l'autre des entreprises créées aux premiers semestres 2010 et 2006

en %
Taux de pérennité d'une année sur l'autre des entreprises créées aux premiers semestres 2010 et 2006
Génération 2010 Génération 2006
1ère année 91 91,4
2e année 88,8 86,1
3e année 88,3 83,5
  • Lecture : 91 % des entreprises de la génération 2010 sont actives un an après leur création. Parmi elles, 89 % sont encore actives un an après, soit deux ans après leur création.
  • Champ : entreprises du champ Sine, hors régime de l’auto-entrepreneur.
  • Source : Insee, Sine 2006 et 2010.

Figure 1Taux de pérennité d'une année sur l'autre des entreprises créées aux premiers semestres 2010 et 2006

Forte pérennité à trois ans dans la santé, l’industrie, le transport et le soutien aux entreprises

Le secteur de la santé, largement constitué de professions libérales, est le plus robuste. L’industrie et le transport-entreposage sont également des activités où la pérennité des nouvelles entreprises est forte. Mais seulement 15 % des créations se font dans ces trois secteurs d’activité. Dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques, la pérennité frôle 80 %. Ce secteur génère 13 % des créations du premier semestre 2010.

À l’opposé, une pérennité plus faible, déjà observée pour les générations 2002 et 2006, semble inhérente à certains secteurs. Ainsi, dans le commerce, qui concentre un quart des créations d’entreprises du premier semestre 2010, la pérennité des jeunes entreprises est plus faible : au bout de trois ans, seulement 64 % des nouvelles entreprises commerciales sont encore actives. Après le commerce, la construction est le second secteur le plus important en matière de créations d’entreprises, avec près d’une création sur cinq. Dans ce secteur, la pérennité à trois ans s’élève à 68 %. Dans l’hébergement-restauration, seulement deux tiers des nouvelles entreprises survivent au moins trois ans.

Dans tous les secteurs, la pérennité à trois ans des entreprises créées en 2010 est plus forte que celle de la génération 2006

Au-delà des effets structurels liés à chaque activité, la crise n’a pas affecté les secteurs de la même façon (figure 2). Après une période faste, les activités immobilières et la construction ont été durement touchées par la crise de 2008-2009 qui a entraîné de nombreuses cessations, y compris parmi les jeunes entreprises. Quelques années plus tard, la génération 2010 traverse une conjoncture plus stable, mais encore défavorable. Entre les générations 2006 et 2010, le taux de pérennité augmente ainsi moins vite dans ces deux secteurs que dans les autres activités.

Figure 2Taux de pérennité à trois ans des entreprises créées en 2010 ou en 2006 selon leur activité

en %
Taux de pérennité à trois ans des entreprises créées en 2010 ou en 2006 selon leur activité
Génération 2010 Génération 2006
Ensemble (100 %) 71,3 65,8
Commerce, réparation d’automobiles et de motocycles (25 %) 64,3 58,6
Activités immobilières (4 %) 66,8 62,9
Construction (19 %) 68,2 64,4
Hébergement et restauration (7 %) 68,9 66,4
Autres activités de services (6 %) 70,8 65,5
Activités de services administratifs et de soutien (6 %) 72,0 64,0
Information et communication (4 %) 74,2 67,2
Activités financières et d’assurance (1 %) 77,2 66,1
Transports et entreposage (3 %) 77,6 72,5
Industrie (6 %) 79,6 67,9
Activités spécialisées, scientifiques et techniques (13 %) 79,6 72,7
Enseignement, santé humaine et action sociale (7 %) 82,3 81,4
  • Lecture : le secteur du commerce représente 25 % des entreprises créées au 1er semestre 2010 ; 64 % d’entre elles sont pérennes au moins 3 ans.
  • Champ : entreprises du champ Sine, hors régime de l’auto-entrepreneur.
  • Source : Insee, Sine 2006 et 2010.

Figure 2Taux de pérennité à trois ans des entreprises créées en 2010 ou en 2006 selon leur activité

L’industrie a également souffert de la crise, mais la pérennité y est élevée et en hausse marquée entre les deux générations d’entreprises. C’est aussi le cas dans l’information-communication et les services aux entreprises. Les nouvelles entreprises financières et d’assurance de 2010 sont également bien plus pérennes que leurs homologues de 2006.

Dans le transport-entreposage et l’hébergement-restauration, c’est sur la troisième année d’activité que se voit la différence entre les deux générations d’entreprises. Dans le transport, la pérennité à un ou deux ans est plus forte pour la génération 2006, car on se situait alors en période de croissance. La pérennité à trois ans est plus forte pour la génération 2010, qui évite le choc de la crise de 2008-2009.

L’investissement initial est un gage de pérennité

Les moyens financiers au démarrage sont un important facteur de pérennité. Trois entreprises sur dix démarrent avec des moyens inférieurs à 4 000 euros, et autant avec un investissement compris entre 4 000 et 16 000 euros.

Les entreprises créées avec un fort apport initial sont les plus pérennes (figure 3). Parmi les entreprises qui ont démarré avec moins de 2 000 euros, seulement 65 % sont encore actives trois ans après leur création. À l’opposé, les 7 % d’entreprises ayant disposé de plus de 160 000 euros à leur lancement sont encore 83 % à être actives après trois ans. Dépasser 40 000 euros d’investissement augmente significativement les chances de pérennité. Une analyse « toutes choses égales par ailleurs », qui contrôle l’ensemble des facteurs pouvant influencer la pérennité d’une entreprise afin de dégager les effets propres de chacun, confirme ces résultats.

Figure 3Pérennité à trois ans des entreprises créées en 2010 selon les moyens au démarrage

en %
Pérennité à trois ans des entreprises créées en 2010 selon les moyens au démarrage
en euros
Moins de 2 000 euros 65,5
De 2 000 à moins de 4 000 euros 69,5
De 4 000 à moins de 8 000 euros 70,3
De 8 000 à moins de 16 000 euros 71,1
De 16 000 à moins de 40 000 euros 71,6
De 40 000 à moins de 80 000 euros 75,6
De 80 000 euros à moins de 160 000 euros 75,9
160 000 euros ou plus 82,8
  • Champ : entreprises du champ Sine, hors régime de l’auto-entrepreneur.
  • Source : Insee, Sine 2010.

Figure 3Pérennité à trois ans des entreprises créées en 2010 selon les moyens au démarrage

Plus forte pérennité chez les créateurs les plus diplômés

La pérennité de l’entreprise augmente également avec le niveau de diplôme du créateur. Deux tiers des entreprises créées en 2010 par un créateur sans diplôme sont encore actives trois ans après. Pour les diplômés ayant un niveau bac+5 ou plus, 78 % le sont encore.

L’analyse « toutes choses égales par ailleurs » confirme l’effet positif du niveau de formation sur la pérennité de l’entreprise. Ce rôle est toutefois moindre que pour la génération 2006. L’élévation générale du niveau de diplôme des créateurs a peut-être atténué cet effet. Entre les générations 2006 et 2010, la proportion de créateurs sans diplôme a en effet diminué de deux points, tandis que celle des diplômés des 2e ou 3e cycles universitaires est passée de 24 % à 27 %. La mise en place du régime d’auto-entreprise en 2009, qui attire des créateurs moins diplômés, peut expliquer cette évolution. En effet, 42 % des auto-entrepreneurs de 2010 ont un niveau de diplôme inférieur au bac, contre 38 % des créateurs classiques.

Les chances d’être pérenne augmentent avec l’expérience du créateur dans le métier

L’expérience du créateur dans le métier joue un rôle notable dans la survie d’une entreprise. Une analyse « toutes choses égales par ailleurs » le confirme, comme pour la génération 2006. Deux tiers des entreprises créées par des personnes sans expérience dans leur nouveau métier sont encore actives trois ans après. Chez les créateurs qui ont au moins trois années d’expérience, trois quarts des entreprises survivent au moins trois ans. Changer de domaine de compétence en créant son entreprise diminue le taux de pérennité de 5 points par rapport à un entrepreneur qui possède déjà plus de dix ans d’expérience dans le même métier.

Les sociétés sont plus pérennes que les entreprises individuelles

La catégorie juridique de l’entreprise joue également sur sa pérennité. Les sociétés sont plus pérennes que les entreprises individuelles. Trois ans après leur création, 77 % des premières sont encore actives, contre 62 % des secondes (figure 4).

Les sociétés sont plus présentes dans les secteurs les plus pérennes, comme l’industrie, l’information-communication et le soutien aux entreprises. De plus, de nombreuses entreprises individuelles démarrent avec un financement très faible, ce qui accroît fortement leur risque de cessation plus rapide.

L’analyse « toutes choses égales par ailleurs » confirme l’influence de la catégorie juridique sur la pérennité, au-delà du secteur d’activité et des moyens engagés. Elle montre qu’une société a une probabilité de pérennité à trois ans supérieure d’un tiers à celle d’une entreprise individuelle.

Figure 4Principaux déterminants de la pérennité à trois ans d’une entreprise

Principaux déterminants de la pérennité à trois ans d’une entreprise
Variable Odds ratio Variable Odds ratio
Catégorie juridique de l’entreprise Niveau de formation du créateur
Société (personne morale) 1,8 Diplôme universitaire de 3e cycle 1,4
Entreprise individuelle (personne physique) Réf Diplôme universitaire de 2e cycle 1,2
Diplôme d’ingénieur, d’une grande école 1,1
Région d’implantation Diplôme universitaire ou général de 1er cycle 1,4
Île-de-France ns Diplôme technique de 1er cycle ns
Province Réf Baccalauréat général ns
DOM ns Baccalauréat technologique ou professionnel 1,2
CAP, brevet de compagnon, BEP ns
Secteur d’activité CEP, BEPC, brevet des collèges ns
Industrie 1,8 Aucun diplôme Réf
Construction 1,1
Commerce Réf Moyens financiers nécessaires pour démarrer
Transports et entreposage 2,0 Moins de 2 000 euros Réf
Hébergement et restauration 1,1 De 2 000 à moins de 4 000 euros ns
Information et communication 1,3 De 4 000 à moins de 8 000 euros ns
Activités financières et d’assurance 1,9 De 8 000 à moins de 16 000 euros 1,1
Activités immobilières 1,2 De 16 000 à moins de 40 000 euros ns
Activités spécialisées, scientifiques et techniques 1,9 De 40 000 à moins de 80 000 euros 1,3
Activités de services administratifs et de soutien 1,4 De 80 000 euros à moins de 160 000 euros 1,3
Enseignement, santé humaine et action sociale 3,1 160 000 euros ou plus 1,8
Autres activités de services 1,4
Expérience du créateur
Âge du créateur Aucune expérience 0,8
Moins de 30 ans ns Dans un autre métier 0,8
Entre 30 et 49 ans Réf Dans le métier :
50 ans et plus 0,9 moins de trois ans d’expérience 0,9
de trois à dix ans d’ancienneté 0,9
plus de dix ans d’expérience Réf
Sexe du créateur
Femme 0,9 Statut du créateur avant la création
Homme Réf Non salarié, chef d’entreprise ns
Salarié ns
Nombre de clients Chômeur Réf
Un client 0,9 Inactif 1,1
Deux clients 0,8
Trois à dix clients 0,9
Un plus grand nombre Réf Emploi au démarrage (au 30/09/2010)
Un plus grand nombre, mais avec quelques clients importants ns Avec salarié (hors dirigeant salarié) 1,3
Sans salarié Réf
  • ns : non significativement différent de 1 au seuil de 5 %.
  • Lecture : l’odds ratio de la pérennité à trois ans d’une société par rapport à une entreprise individuelle vaut 1,8. Cela signifie que, toutes choses égales par ailleurs, la cote de pérennité à trois ans d’une société est 1,8 fois supérieure à la cote de pérennité d’une entreprise individuelle. La cote c d’un événement est égale au rapport de sa probabilité p sur la probabilité de l’événement opposé : c = p / (1 − p). Ce calcul permet de déterminer les effets propres de chaque caractéristique par rapport aux caractéristiques de référence (Réf).
  • Champ : entreprises du champ Sine actives au 30 septembre 2010, hors régime de l’auto-entrepreneur.
  • Source : Insee, Sine 2010.

L’emploi est globalement stable trois ans après la création

L’enquête Sine mesure l’emploi dans les nouvelles entreprises en septembre 2010 et en décembre 2013. Dans les entreprises créées au premier semestre 2010, environ 212 000 personnes travaillent fin 2013, dont 114 000 salariés. Entre septembre 2010 et décembre 2013, en tenant compte à la fois des évolutions dans les entreprises pérennes et des pertes d’emploi liées aux disparitions d’entreprises, l’emploi total stagne.

La hausse du nombre de salariés dans les entreprises pérennes (61 000 emplois salariés) compense ainsi les pertes d’emplois dans les entreprises cessées. Entre septembre 2010 et décembre 2013, la cessation de certaines entreprises entraîne la perte de 62 000 emplois. Il s’agit en majorité de postes de dirigeants des entreprises cessées, mais également d’emplois salariés (− 17 000).

En parallèle, parmi les entreprises créées en 2010 et toujours actives en décembre 2013, 35 % ont gagné des emplois depuis leur création. Deux tiers d’entre elles n’employaient que leur dirigeant. Elles représentent trois quarts des créations nettes d’emploi. Au total, l’emploi dans les entreprises pérennes augmente de 40 %. Ce sont exclusivement des emplois salariés, dont 4 000 postes de dirigeants salariés. L’emploi non salarié est quant à lui stable.

Le bilan de l’emploi dans les entreprises de la génération 2010 reste bien meilleur que celui de la génération 2006. En effet, pour cette dernière, le bilan global s’est soldé par la perte de 20 000 emplois. Les cessations, plus fréquentes pour la génération 2006, ont entraîné la perte de 75 000 emplois, tandis que les entreprises pérennes en ont créé seulement 55 000.

Des gains d’emplois dans les activités les plus pérennes : santé et soutien aux entreprises

L’emploi augmente plus fortement dans les secteurs où la pérennité est forte. Dans le transport-entreposage, les activités financières et d’assurance, le soutien aux entreprises ou le secteur « enseignement, santé humaine, action sociale », l’emploi global dans les nouvelles entreprises a augmenté d’un quart environ. L’industrie fait figure d’exception : malgré une forte pérennité, l’emploi n’y augmente pas. Dans les services aux ménages et l’information-communication, secteurs d’activité où la pérennité est moyenne, l’emploi total stagne ou augmente peu (figure 5).

Figure 5Importants gains d’emploi dans le soutien aux entreprises, le secteur « enseignement, santé, action sociale » et le transport-entreposage

Importants gains d’emploi dans le soutien aux entreprises, le secteur « enseignement, santé, action sociale » et le transport-entreposage
Nombre d'emplois Évolution (en %) Emplois perdus à cause des cessations Emplois gagnés dans les entreprises pérennes
au 31 décembre 2013 au 30 septembre 2010
Industrie 16 100 16 600 -3 3 500 3 000
Construction 36 500 39 600 -8 15 700 12 600
Commerce 44 200 48 300 -9 16 100 12 000
Transports-entreposage 7 800 6 300 23 1 400 2 900
Hébergement-restauration 17 900 21 200 -16 6 000 2 700
Information-communication 7 800 7 300 7 2 000 2 500
Finance-assurance 3 300 2 600 25 400 1 100
Immobilier 5 300 5 700 -6 1 900 1 500
Activités spécialisées 27 000 25 600 5 5 200 6 600
Soutien aux entreprises 18 200 15 100 21 3 900 7 000
Enseignement, santé, social 15 700 12 700 24 2 300 5 300
Autres services 11 800 11 800 0 3 300 3 300
Ensemble 211 600 212 800 -1 61 700 60 500
  • Lecture : le 31 décembre 2013, il y a 16 100 emplois dans les entreprises industrielles créées au 1er semestre 2010 et qui sont encore actives. Le 30 septembre 2010, les entreprises industrielles créées au 1er semestre 2010 comptaient 16 600 emplois. La différence s’explique d’une part par la cessation d’entreprises entre ces deux dates ayant entraîné des pertes de 3 500 emplois, et d’autre part par un gain de 3 000 emplois dans les entreprises pérennes.
  • Champ : entreprises du champ Sine actives au 30 septembre 2010, hors régime de l’auto-entrepreneur.
  • Source : Insee, Sine 2010.

Parallèlement, les plus importantes pertes d’emploi ont logiquement lieu dans les secteurs où la pérennité est la plus faible. Entre septembre 2010 et décembre 2013, les nouvelles entreprises de l’hébergement et de la restauration ont perdu 16 % de leurs emplois et celles du commerce, 9 %. Dans la construction, 8 % des postes ont été supprimés, et 6 % dans l’immobilier.

Sources

Le système d’information sur les nouvelles entreprises (Sine) est un dispositif permanent d’observation d’une génération de nouvelles entreprises tous les quatre ans. L’échantillon utilisé pour l’enquête contient 52 000 entreprises créées au premier semestre 2010. Elles ont été enquêtées à deux reprises, en 2010 et 2013. Elles seront de nouveau enquêtées en 2015. Le champ de l’enquête Sine couvre l’ensemble des entreprises, hormis les auto-entrepreneurs, qui ont vécu plus d’un mois dans l’ensemble des activités économiques marchandes, à l’exclusion des activités agricoles. Ces dernières font l’objet d’une enquête spécifique. Ainsi, 118 000 entreprises entrent dans le champ de cette étude parmi les 138 000 unités créées au premier semestre 2010. La nomenclature utilisée pour les enquêtes relatives à la génération 2010 est la NAF rév. 2 au niveau A21.

Définitions

Création d’entreprise : elle correspond à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production. Ce concept harmonisé au niveau européen inclut aussi la réactivation d’entreprise après une interruption de plus d’un an et la reprise d’entreprise s’il n’y a pas continuité entre la situation du cédant et celle du repreneur, en termes d’activité et de localisation. La notion de création d’entreprise dans les enquêtes Sine est un peu plus restrictive. En effet, sont exclues les entreprises ayant vécu moins d’un mois et les « activations économiques » correspondant à des immatriculations dans Sirene (système informatisé du répertoire national des entreprises et des établissements) avant le 1er janvier de l’année de la génération considérée.

Taux de pérennité à n année(s) : rapport entre le nombre d’entreprises créées au cours du premier semestre de l’année considérée (2010 ou 2006), ayant atteint leur énième anniversaire, à l’ensemble des entreprises créées au cours du premier semestre de l’année considérée.

Mesure de l’effet spécifique de chaque facteur de pérennité : les nombreux facteurs influant sur la durée de vie des entreprises ne sont pas indépendants les uns des autres. La régression logistique permet de mesurer l’effet spécifique de chaque facteur sur la pérennité des entreprises, les autres facteurs étant inchangés (« toutes choses égales par ailleurs »). Les effets de chaque facteur sont présentés en écart par rapport à une situation de référence notée « Réf. ». Le coefficient appelé odds ratio est le rapport des cotes de pérennité de la sous-population d’intérêt sur la sous-population de référence. La cote c d’un événement est égale au rapport de sa probabilité p sur la probabilité de l’événement opposé : c = p / (1 − p). Plus l’odds ratio est supérieur à 1 (respectivement inférieur à 1), plus la probabilité d’atteindre le troisième anniversaire est forte (respectivement faible) par rapport à la situation de référence. Par exemple, les chances d’être toujours actives au bout de trois ans des entreprises créées en 2010 par les femmes et par les hommes sont proches (respectivement 70 % et 72 %). Mais ce constat masque des effets de structure. Les femmes sont plus diplômées que les hommes ; or, le niveau de diplôme du créateur joue positivement sur la pérennité de son entreprise. Toutes choses égales par ailleurs, la probabilité qu’une entreprise créée en 2010 par une femme soit encore active en 2013 est inférieure de 10 % à celle d’une entreprise créée par un homme (l’odds ratio associé vaut 0,9) : cet écart est supérieur à celui constaté sans correction des effets de structure.

Pour en savoir plus

Batto V. et Rousseau S., « Hausse des créations d’entreprises en 2014, notamment des sociétés », Insee Première n° 1534, janvier 2015.

Barruel F., Filatriau O., « Les entreprises créées en 2006 : une pérennité plus faible dans la construction », Insee Première n° 1441, avril 2013.

Barruel F., Thomas S., Filatriau O., Mariotte H., « Créateurs d’entreprises : avec l’auto-entreprenariat, de nouveaux profils », Insee Première n° 1487, février 2014.

Barruel F., Penaud N., Lefèvre G., Schmitt A., « Les créations et créateurs d'entreprises de 2006 : situation initiale, situation en 2009 et en 2011 », Insee Résultats n° 65 Économie, avril 2013.

Sources

Système d'information sur les nouvelles entreprises / SINE

Le monde des entreprises est en perpétuel renouvellement. Des entreprises nouvelles voient le jour tandis que d'autres disparaissent ou sont reprises. Le répertoire Sirene (Système Informatisé du Répertoire national des Entreprises et des Établissements), géré par l'Insee, permet de dénombrer de façon exhaustive les nouvelles entreprises. Il fournit les informations essentielles concernant leur identification, localisation, activité économique ou taille, mais ne permet pas d'assurer le suivi des nouvelles entreprises au cours de temps et de dresser le profil des créateurs.

Donc, pour suivre les nouvelles entreprises au cours du temps et disposer d'informations sur leurs créateurs, les montages de projets ou encore les difficultés rencontrées les premières années d'existence, l'Insee a créé un Système d'information sur les nouvelles entreprises (Sine).

Cet Insee Résultats présente les données des entreprises créées au cours du premier semestre de 2010, enquêtées une première fois en 2010 et réinterrogées en 2013 puis en 2015.

La fiche descriptive de l'enquête Système d'information sur les nouvelles entreprises / SINE est disponible dans la rubrique « Définitions, méthodes et qualité » du site insee.fr.

Descriptif du dispositif Sine

Un outil de connaissance des nouvelles entreprises et de leurs créateurs

Ce dispositif vise à étudier de façon permanente et régulière la naissance et la vie des jeunes entreprises autour de thèmes centraux tels que :

  • le profil du créateur et de son entreprise ;
  • les conditions de la création ou de la reprise ;
  • les difficultés rencontrées ;
  • l'impact de la création sur l'économie, en particulier l'emploi ;
  • le développement au cours des premières années d'existence.

Par ailleurs, en janvier 2009, le statut d'auto-entreprise a été créé. Il connaît un vif succès, à tel point qu'en 2010 il s'est créé plus entreprises auto-entrepreneuriales que d'entreprises classiques. Par conséquent, depuis 2010, le dispositif Sine s'est enrichi d'une enquête auprès des auto-entrepreneurs. Il comporte dorénavant 2 enquêtes : l’une sur les créations d’entreprises « classiques » et l’une sur les créations d’entreprises auto-entrepreneuriales, et permet ainsi de compléter le panorama de la création d'entreprises en France.

Des enquêtes par échantillon

Toutes les nouvelles entreprises ne sont pas enquêtées. Seul un échantillon d'entre elles est interrogé, représentant :

  • pour la cohorte 2010 des auto-entrepreneurs, environ 21 % du total (il n'y avait pas d'extension régionale) ;
  • pour la cohorte 2010 des autres entreprises, environ 42 % du total (y compris les extensions régionales).

Ces échantillons (entreprises classiques et auto-entrepreneurs) sont tirés à partir du répertoire Sirene.

Le suivi d'une génération sur quatre

Comme le présente le schéma figurant ci-après, le dispositif Sine prévoit d'enquêter une nouvelle génération d'entreprises créées, tous les 4 ans : 1994, 1998, 2002, 2006, 2010, 2014, 2018. A partir de 2010, le dispositif Sine enquête une génération d'entreprises « classiques » et une génération d'auto-entrepreneurs. Les enquêtes qui se font par voie postale sont représentées sur le schéma par des "?" :

  • La génération 2002 s'est terminée en 2007 ;
  • La génération 2006 s'est terminée en 2011 ;
  • La génération 2010 s'est terminée en 2015 pour les entreprises « classiques » et les auto-entrepreneurs.

Calendrier du dispositif Sine

La suivi d'une cohorte d'entreprises sur cinq ans

Le dispositif Sine est un système permanent d'observation des jeunes entreprises, et depuis 2010 les auto-entrepreneurs. Il a pour objectif de suivre une génération d'entreprises pendant cinq ans. Une génération correspond aux entreprises nées la même année. L'ossature de ce système repose sur trois enquêtes directes par voie postale :

  • la première enquête intervient dès les premiers mois de la création de l'entreprise ;
  • la deuxième interrogation est réalisée la troisième année d'existence de l'entreprise ;
  • la troisième enquête est adressée cinq ans après la naissance de l'entreprise.

Le dispositif Sine a débuté en 1994, avec l'interrogation des entreprises créées ou reprises au premier semestre 1994. Ces entreprises ont été suivies pendant cinq ans par le biais de trois enquêtes. La première enquête est intervenue en septembre 1994, la seconde en septembre 1997, et la troisième en septembre 1999.

Le suivi d'une deuxième génération d'entreprises a été lancé en 1998. Il concernait les créations et reprises des deux semestres de l'année 1998. Ces entreprises ont été suivies jusqu'en 2003.

Le suivi d'une troisième génération d'entreprises a été lancé en 2002. Il a concerné les créations, reprises et réactivations du premier semestre de l'année 2002. Ces entreprises ont été interrogées en 2002, puis en 2005. Elles ont été réinterrogées pour la dernière fois en 2007.

Le suivi d'une quatrième cohorte d'entreprises a débuté en 2006. Il a concerné les créations, reprises et réactivations du premier semestre de l'année 2006. Ces entreprises ont été interrogées en 2006 puis en 2009, enfin une dernière fois en 2011.

Cet Insee Résultats présente les résultats du suivi de la cinquième cohorte d'entreprises relatifs aux créations d’entreprises, hors auto-entrepreneurs, de la génération 2010, entreprises actives au 30 septembre 2010, enquêtées à cette date pour la première fois. Il contient les résultats complets issus des trois interrogations 2010, 2013 et 2015 de la cohorte d'entreprises créées en 2010.

Thèmes d'études et de diffusion

Remarque : les données présentes dans ce produit concernent des populations d'entreprises qui peuvent varier d'un tableau à l'autre selon le thème étudié. Par conséquent, il est normal de trouver des totaux différents ou des proportions différentes pour la valeur « ensemble » d'un tableau à l'autre, selon le thème traité et la population d'entreprises étudiée.

Les 4 thèmes d'études et de diffusion des données de la génération 2010 des entreprises « classiques », hors auto-entrepreneurs.

a) Un thème est défini pour l'étude du profil du créateur et de l'entreprise au démarrage. Seules les entreprises actives à la date de l'enquête (septembre 2010) sont prises en compte pour étudier le profil du créateur et de l'entreprise au démarrage.

b) Trois thèmes sont définis pour l'étude du devenir de l'entreprise :

  • la durée de vie des entreprises pour mesurer les taux de pérennité des entreprises. Pour ce thème, toutes les entreprises du champ de l'enquête Sine sont retenues ;
  • l' emploi. Pour mesurer l'emploi, seules les entreprises au moins actives à la première enquête sont retenues. Les données des tableaux peuvent intégrer deux types de population : les entreprises actives en 2010 ou les seules entreprises pérennes en 2015 ;
  • les entreprises pérennes à un, deux, trois, quatre ou cinq ans pour étudier l'évolution des entreprises au cours des cinq années ; toutes les entreprises encore actives l'année considérée (survie à un, deux, trois, quatre ou cinq ans) sont retenues.

Principes de constitution des tableaux

Le respect du secret statistique

La diffusion des résultats des enquêtes du dispositif Sine obéit aux règles du secret statistique de façon à garantir la confidentialité des données. Ainsi, aucun résultat n'est publié s'il concerne moins de trois entreprises. De même, aucune donnée n'est diffusée lorsqu'une seule entreprise représente au moins 85 % de sa valeur.

Ce respect de la confidentialité limite la diffusion des données. En particulier, les tableaux croisant plusieurs variables (plusieurs informations) ne sont diffusables que si le secret statistique est respecté.

Raisonner en pourcentage plus qu'en nombre

La plupart des tableaux sont exprimés en pourcentage. La diffusion sous cette forme est plus appropriée au fait que le champ de l'enquête Sine ne couvre pas l'ensemble des créations de l'année.

Champ

Champ de l'enquête Sine (entreprises hors auto-entrepreneurs)

La couverture économique de l'enquête Sine auprès des créateurs d'entreprises « classiques » correspond au secteur marchand non agricole.

C'est le champ économique utilisé pour la statistique courante de création d'entreprise.

Ce champ couvre les activités économiques marchandes des secteurs de l'industrie, de la construction, du commerce et des services.

Sont exclus de l'enquête Sine 2010 (entreprises hors auto-entrepreneurs) :

  • les entreprises saisonnières, ou ayant une activité occasionnelle ;
  • les entreprises étrangères ;
  • les entreprises dont le siège se trouve à l'étranger ;
  • les entreprises ayant une activité d'administration d'entreprise (NAF : 6420Z) ;
  • les groupements de droit privé non dotés de la personnalité morale : indivisions (catégorie juridique 21), sociétés créées de fait (CJ 22), sociétés en participation (CJ 23), autres (CJ 29) ;
  • les personnes morales de droit étranger (CJ 31 et 32) ;
  • les Cuma (Coopératives d'Utilisation du Matériel Agricole en commun : CJ 6316) ;
  • les groupements d'intérêts économiques (CJ 62) ;
  • les sociétés civiles immobilières (CJ 6540 et 6541) ;
  • les loueurs de fonds (NAF 6820A) ;
  • les unités « sans domicile fixe » ;
  • les collaborateurs, vacataires, stagiaires.

Secteurs d'activité représentés et codés en NAF rév. 2 (niveau A21)

Secteurs d'activité représentés et codés en NAF rév. 2 (niveau A21)
Code Section Intitulé
B Industries extractives
C Industrie manufacturière
D Production et distribution d'électricité, de gaz, de vapeur et d'air conditionné
E Production et distribution d'eau, assainissement, gestion des déchets et dépollution
F Construction
G Commerce, réparation d'automobiles et de motocycles
H Transports et entreposage
I Hébergement et restauration
J Information et communication
K Activités financières et d'assurance
L Activités immobilières
M Activités spécialisées, scientifiques et techniques
N Activités de services administratifs et de soutien
P Enseignement
Q Santé humaine et action sociale
R Arts, spectacles et activités récréatives
S Autres activités de services

Échantillon de la cohorte 2010, entreprises hors auto-entrepreneurs

La base de sondage de l'enquête Sine 2010 a été stratifiée selon trois critères : la région d'implantation du siège de l'entreprise, l'activité (en nomenclature agrégée A21) et la présence ou non de salarié à la création. Elle comporte 124 842 entreprises dont le siège se situe en France métropolitaine ou dans les DOM.

L'échantillon 2010 de l'enquête Sine « classique » est tiré conformément au champ Sine à partir des créations et reprises d'entreprises enregistrées dans le répertoire Sirene au cours du premier semestre 2010. Il comprend 52 053 entreprises (hors auto-entrepreneurs) créées au premier semestre (soit un taux de sondage global de 41,7 %).

L'échantillon national compte 39 900 entreprises.

Au lancement de l'enquête, en septembre 2010, neuf anciennes régions (Champagne-Ardenne, Centre, Franche-Comté, Pays-de-la-Loire, Limousin, Poitou-Charentes, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Corse, Réunion) ont demandé une extension régionale par rapport à l'échantillon national de départ.

Ces extensions ont porté pour la plupart sur l'exhaustivité de la région et pour quelques-unes sur un ou des secteurs d'activité particuliers. L'ensemble de ces extensions représente 12 153 entreprises supplémentaires.

Pour en savoir plus