Insee Conjoncture Ile-de-France ·
Septembre 2026 · n° 61
Au deuxième trimestre 2026, l’industrie soutient l’activité économique morose en Île-de-France Note de conjoncture régionale - 2e trimestre 2026
Alors que l’activité mondiale et celle des principales économies de la zone euro progressent au cours du deuxième trimestre 2026, la France peine à suivre : l’activité stagne, l’inflation remonte et le marché du travail se dégrade.
Dans ce contexte, l’activité économique francilienne continue de fléchir. Au deuxième trimestre 2026, le volume d’heures rémunérées se contracte (-0,7 % sur un an). Seuls quelques secteurs résistent, comme la restauration, les transports ou l’industrie hors automobile.
De même, la situation sur marché du travail est défavorablement orientée. L’économie francilienne ne crée pas d’emplois salariés au deuxième trimestre et le taux de chômage atteint 8,2 % de la population active, son plus haut niveau depuis la crise sanitaire.
L’industrie francilienne résiste néanmoins. Hors industrie automobile, en restructuration, le volume d’heures rémunérées augmente au cours du trimestre (+0,5 %) et l’industrie est encore créatrice nette d’emplois salariés. En repli au deuxième trimestre 2026, les créations d’entreprises industrielles restent néanmoins à un niveau haut, alors que les défaillances reculent.
- Vigilance orange sur la croissance française
- Heures rémunérées : la baisse se poursuit
- L’emploi stagne au deuxième trimestre 2026
- Le chômage francilien en forte hausse ce trimestre
- L’industrie francilienne hors automobile, soutien de l’activité économique
- Encadré – Épisodes caniculaires de 2026 : les récoltes franciliennes en chute
Vigilance orange sur la croissance française
Au printemps, l’activité n’a pas faibli au niveau mondial et a progressé solidement dans les quatre principales économies de la zone euro (+0,3 % dans leur ensemble). L’économie française, quant à elle, décroche. Après avoir reculé à l’hiver (-0,2 %), l’activité a stagné au printemps (0,0 %). Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette divergence : le retournement de l’activité dans les travaux publics, dû aux élections municipales du printemps, les vagues de chaleur, aux conséquences plus marquées, notamment dans l’agriculture, un marché du travail plus dégradé, avec un chômage en hausse et des salaires peu dynamiques, et enfin une situation budgétaire moins favorable que dans les principales autres économies européennes.
En prévision, la France renouerait avec une croissance timide d’ici la fin de l’année (+0,1 % à l’été, puis +0,2 % en fin d’année) : sur l’année, la croissance serait trois fois plus faible qu’ailleurs en Europe (+0,4 % en 2026).
Tirée par les prix de l’énergie, dans un contexte de tensions au Moyen-Orient et de bombardement des raffineries russes, l’inflation est remontée cet été partout dans le monde (+3,3 % dans la zone euro en août), y compris en France (+2,4 %). L’inflation augmenterait au deuxième trimestre et atteindrait 2,9 % en fin d’année, la hausse des prix de l’énergie se répercutant sur les prix des autres produits, en particulier les produits manufacturés, et de certains services, notamment de transport.
Du côté du marché du travail, la dégradation se poursuivrait : les contrats d’alternance continueraient de se replier avec la réduction des soutiens publics, le reste de l’emploi salarié privé serait quasi stable et l’emploi non salarié continuerait de croître vigoureusement. La petite augmentation de l’emploi total qui en résulte ne suffirait pas à absorber la hausse tendancielle de la population active et le chômage grimperait ainsi à 8,6 % en fin d’année.
Heures rémunérées : la baisse se poursuit
Dans un contexte d’atonie de l’activité au niveau national, le volume d’heures de travail rémunérées par les employeurs recule, en Île-de-France comme au niveau national, de 0,7 % au deuxième trimestre 2026 par rapport au même trimestre de l’année précédente (figure 1). Cette baisse est ainsi la septième consécutive dans la région capitale.
Les services principalement marchands, qui représentent les trois quarts du volume d’heures rémunérées de la région, contribuent en grande partie à cette tendance. L'activité baisse pour le sixième trimestre consécutif (-0,5 % au cours de ce trimestre). Le recul est de nouveau prononcé dans l’information et communication (-2,7 % après -2,8 %). En forte croissance depuis la reprise post-Covid-19, le nombre d’heures rémunérées dans l'hébergement diminue (-1,7 %) alors que le nombre de nuitées hôtelières ralentit en lien avec une baisse de la fréquentation de la clientèle étrangère. A contrario, la restauration (+0,6 %), les transports et entreposage (+0,6 %) et les activités financières et d’assurance (+0,3 %) sont, comme le trimestre précédent, des secteurs relativement dynamiques.
L'activité dans les services non marchands se contracte encore (-0,9 % après -0,5 %). En revanche, l’industrie hors automobile, en restructuration, soutient toujours l’économie (+0,5 % après +1,1 %). Dans la construction, le recul du volume d’heures rémunérées est encore fortement marqué ce trimestre (-2,4 % après -2,2 %) dans un contexte de repli sensible des autorisations et des mises en chantier de logements et de locaux non résidentiels.
Tous les départements franciliens pâtissent de l’activité dégradée, à l’exception de la Seine-et-Marne où le volume d’heures rémunérées se maintient (+0,1 %). Celui-ci se replie légèrement en Seine-Saint-Denis (-0,2 % après +0,1 %). Dans les autres départements franciliens, le recul est plus marqué, allant de -0,4 % dans le Val-d'Oise à -1,3 % dans le Val-de-Marne.
tableauFigure 1 – Contributions sectorielles mensuelles à l'évolution des heures rémunérées par rapport au même mois de l'année précédente - Île-de-France
| Période | Industrie | Construction | Services principalement marchands | Services principalement non marchands | Évolution totale |
|---|---|---|---|---|---|
| janv. 2024 | 0,1 | -0,1 | 1,1 | 0,1 | 1,3 |
| févr. 2024 | 0,2 | 0,1 | 1,4 | 0,2 | 1,8 |
| mars 2024 | -0,1 | -0,1 | 0,2 | 0,0 | 0,0 |
| avril 2024 | 0,2 | 0,1 | 1,9 | 0,3 | 2,4 |
| mai 2024 | 0,0 | 0,0 | 1,1 | 0,2 | 1,2 |
| juin 2024 | -0,2 | -0,2 | -0,3 | 0,0 | -0,6 |
| juil. 2024 | 0,1 | -0,1 | 1,7 | 0,3 | 2,1 |
| août 2024 | -0,1 | -0,3 | 0,5 | 0,1 | 0,1 |
| sept. 2024 | 0,0 | -0,1 | 0,6 | 0,1 | 0,6 |
| oct. 2024 | 0,0 | -0,1 | 0,3 | 0,2 | 0,4 |
| nov. 2024 | -0,1 | -0,2 | -0,4 | 0,0 | -0,7 |
| déc. 2024 | 0,1 | -0,2 | 0,1 | 0,2 | 0,1 |
| janv. 2025 | 0,0 | -0,1 | -0,4 | 0,1 | -0,4 |
| févr. 2025 | -0,1 | -0,3 | -1,1 | 0,0 | -1,5 |
| mars 2025 | 0,0 | -0,2 | -0,6 | 0,1 | -0,7 |
| avril 2025 | 0,0 | -0,1 | -0,6 | 0,1 | -0,6 |
| mai 2025 | -0,1 | -0,1 | -0,9 | 0,0 | -1,1 |
| juin 2025 | -0,1 | -0,1 | -0,2 | 0,1 | -0,2 |
| juil. 2025 | -0,1 | 0,0 | -0,7 | 0,0 | -0,8 |
| août 2025 | -0,2 | 0,1 | -1,2 | 0,0 | -1,2 |
| sept. 2025 | 0,0 | 0,0 | -0,2 | 0,1 | -0,1 |
| oct. 2025 | -0,1 | 0,0 | -0,4 | 0,0 | -0,5 |
| nov. 2025 | -0,2 | -0,1 | -0,8 | -0,1 | -1,2 |
| déc. 2025 | 0,0 | 0,0 | -0,1 | 0,0 | -0,1 |
| janv. 2026 | -0,1 | -0,2 | -0,7 | -0,1 | -1,1 |
| févr. 2026 | 0,0 | -0,1 | -0,2 | 0,0 | -0,3 |
| mars 2026 | 0,0 | -0,2 | 0,0 | 0,0 | -0,1 |
| avril 2026 | -0,1 | -0,1 | -0,3 | -0,1 | -0,7 |
| mai 2026 | -0,2 | -0,2 | -0,7 | -0,2 | -1,3 |
| juin 2026 | 0,1 | -0,1 | 0,0 | 0,0 | 0,0 |
- Notes : Ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré. Le dernier mois est provisoire.
- Champ : Secteur privé hors secteur agricole.
- Source : DSN, traitement Insee.
graphiqueFigure 1 – Contributions sectorielles mensuelles à l'évolution des heures rémunérées par rapport au même mois de l'année précédente - Île-de-France

- Notes : Ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré. Le dernier mois est provisoire.
- Champ : Secteur privé hors secteur agricole.
- Source : DSN, traitement Insee.
Dans le secteur de la construction, les évolutions des heures rémunérées doivent être interprétées avec prudence, notamment dans les comparaisons en glissement annuel. En effet, les congés des salariés y sont indemnisés par des caisses de congés payés et non directement par les employeurs, et ne sont donc pas comptabilisés dans les heures rémunérées issues des déclarations.
Selon le positionnement calendaire des congés (congés de fin d’année, ponts, périodes estivales, etc.), un même mois peut inclure un nombre de jours de congés différent d’une année sur l’autre. Cela peut entraîner des variations marquées des heures rémunérées, sans que celles-ci reflètent nécessairement une évolution de l’activité économique.
L’emploi stagne au deuxième trimestre 2026
Au deuxième trimestre 2026, l’emploi salarié est atone en Île-de-France, comme au niveau national (respectivement 0,0 % et -0,1 % par rapport au trimestre précédent) (figure 2). Sur un an, il est également stable alors qu’en France (hors Mayotte) il recule de 0,3 %.
L’absence de créations nettes d’emplois salariés reflète celle observée dans le secteur tertiaire marchand (hors intérim). L’emploi est ainsi atone dans la plupart des secteurs tertiaires marchands, tels que le commerce et réparation d’automobiles (0,0 %), les activités immobilières (0,0 %) et les activités spécialisées scientifiques et techniques, services administratifs et de soutien (-0,1 %). Le secteur de l’information-communication perd encore des emplois ce trimestre (-0,4 %) et l’emploi dans les autres activités de services recule légèrement (-0,2 %) après une année de hausse. En revanche, l’hébergement et restauration reste sur sa dynamique du premier trimestre (+0,4 % après +0,3 % le trimestre précédent). Après un premier trimestre 2026 en recul, les emplois dans les transports et entreposage repartent à la hausse (+0,4 %).
Dans l’industrie, l’emploi progresse légèrement (+0,2 %, comme au trimestre précédent) et il est quasi stable dans le secteur tertiaire non marchand (+0,1 % après +0,2 %). Il se contracte dans la construction (-0,4 % après -0,6 %), poursuivant une tendance à la baisse observée depuis deux ans au niveau régional, comme au niveau national.
Au niveau départemental, l’emploi progresse fortement dans le Val-d’Oise (+0,3 % après +0,1 %). Dans les autres départements franciliens, l’emploi est stable ou quasi stable, excepté dans les Yvelines où il baisse (-0,2 %).
tableauFigure 2 – Évolution de l'emploi salarié par secteur - Île-de-France
| Période | Construction | Industrie | Tertiaire marchand hors intérim | Tertiaire non marchand |
|---|---|---|---|---|
| 4ᵉ trim. 2019 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
| 1ᵉ trim. 2020 | 99,6 | 100,0 | 98,9 | 100,2 |
| 2ᵉ trim. 2020 | 101,0 | 99,4 | 97,3 | 98,6 |
| 3ᵉ trim. 2020 | 103,0 | 99,1 | 98,6 | 100,5 |
| 4ᵉ trim. 2020 | 104,2 | 99,1 | 98,4 | 101,0 |
| 1ᵉ trim. 2021 | 105,5 | 99,4 | 99,1 | 101,3 |
| 2ᵉ trim. 2021 | 106,4 | 99,6 | 99,9 | 101,4 |
| 3ᵉ trim. 2021 | 106,7 | 99,6 | 101,3 | 101,3 |
| 4ᵉ trim. 2021 | 106,7 | 99,4 | 102,1 | 101,1 |
| 1ᵉ trim. 2022 | 107,1 | 99,5 | 103,2 | 101,4 |
| 2ᵉ trim. 2022 | 107,1 | 99,5 | 103,8 | 101,4 |
| 3ᵉ trim. 2022 | 107,2 | 99,8 | 104,2 | 101,2 |
| 4ᵉ trim. 2022 | 107,2 | 99,9 | 105,0 | 101,5 |
| 1ᵉ trim. 2023 | 107,8 | 100,2 | 105,6 | 101,5 |
| 2ᵉ trim. 2023 | 108,1 | 100,6 | 105,6 | 101,7 |
| 3ᵉ trim. 2023 | 108,0 | 100,8 | 105,9 | 101,8 |
| 4ᵉ trim. 2023 | 108,2 | 101,5 | 106,0 | 102,3 |
| 1ᵉ trim. 2024 | 108,5 | 101,5 | 106,2 | 102,4 |
| 2ᵉ trim. 2024 | 107,9 | 102,0 | 106,4 | 102,8 |
| 3ᵉ trim. 2024 | 107,3 | 101,8 | 106,5 | 103,3 |
| 4ᵉ trim. 2024 | 107,1 | 102,0 | 106,3 | 103,1 |
| 1ᵉ trim. 2025 | 106,8 | 102,0 | 106,3 | 103,2 |
| 2ᵉ trim. 2025 | 106,7 | 101,8 | 106,5 | 103,2 |
| 3ᵉ trim. 2025 | 106,6 | 102,1 | 106,4 | 103,8 |
| 4ᵉ trim. 2025 | 106,3 | 102,1 | 106,3 | 103,4 |
| 1ᵉ trim. 2026 | 105,7 | 102,3 | 106,4 | 103,6 |
| 2ᵉ trim. 2026 | 105,3 | 102,4 | 106,4 | 103,7 |
- Notes : Données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS, en fin de trimestre.
- Champ : Emploi salarié total hors intérim.
- Sources : Insee, Estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.
graphiqueFigure 2 – Évolution de l'emploi salarié par secteur - Île-de-France

- Notes : Données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS, en fin de trimestre.
- Champ : Emploi salarié total hors intérim.
- Sources : Insee, Estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.
Le chômage francilien en forte hausse ce trimestre
Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage en Île-de-France augmente de 0,3 point par rapport au trimestre précédent, soit un peu plus fortement qu’au niveau national (+0,2 point). Il s’établit à 8,2 % de la population active, niveau le plus haut depuis le troisième trimestre 2020, soit pendant la crise sanitaire. Il dépasse, après plusieurs trimestres de rapprochement progressif, celui observé en France métropolitaine (8,1 %) tout en restant inférieur au niveau France hors Mayotte (8,3 %).
Le taux de chômage augmente sensiblement dans tous les départements franciliens. Il croît de 0,2 point à Paris, où il atteint 6,6 %, dans l’Essonne (7,7 %) et dans le Val-de-Marne (8,6 %). L’évolution est supérieure (+0,3 point) dans les Hauts-de-Seine (7,4 %), en Seine-et-Marne (7,9 %) et dans les Yvelines (7,7 %). La plus forte hausse est observée dans le Val-d'Oise et la Seine-Saint-Denis (+0,4 point), les deux départements déjà les plus touchés par le chômage (respectivement 9,5 % et 11,5 %).
L’industrie francilienne hors automobile, soutien de l’activité économique
L’Île-de-France, région largement tertiarisée, est néanmoins un acteur industriel majeur. Bien que l’industrie ne représente que 7 % de l'emploi salarié régional et 8 % de la valeur ajoutée régionale (contre respectivement 12 % et 14 % au niveau national), l’Île-de-France est la deuxième région industrielle française en nombre d’emplois, derrière Auvergne-Rhône-Alpes. Les établissements industriels franciliens génèrent 18 % de la valeur ajoutée industrielle nationale. L’Île-de-France concentre des établissements relevant de secteurs à forte valeur ajoutée tels que l’aéronautique ou l'énergie ainsi que des fonctions stratégiques telles que la recherche et développement ou les sièges sociaux.
Après une phase de désindustrialisation, l’emploi industriel est reparti à la hausse après la crise sanitaire. Ce trimestre encore, l’emploi salarié industriel augmente de 0,2 %, comme au trimestre précédent. Tous les sous-secteurs industriels contribuent à la bonne tenue de l’emploi, en particulier la fabrication de matériels de transport (+0,9 %) et d’équipements électriques, électroniques et informatiques (+0,2 %).
Au deuxième trimestre 2026, 2 320 nouvelles entreprises ont été créées dans l’industrie, dont les deux tiers sous le régime du micro-entreprenariat, part qui ne cesse d’augmenter depuis début 2024. Après avoir atteint, au premier trimestre 2026, un niveau tutoyant le niveau record du troisième trimestre 2025, le nombre de créations baisse (-8,6 % par rapport au trimestre précédent contre -4,9 % au niveau national), mais reste à un niveau supérieur à celui de début 2025. Parallèlement, le nombre de défaillances se replie de 1,2 % (-1,8 % au niveau national). Sur un an, il est stable.
Le volume d’heures rémunérées par les employeurs dans l’industrie évolue de façon différenciée selon qu’il s’agit de l’industrie automobile ou du reste de l’industrie. Ainsi, il baisse de façon marquée, et ce depuis plusieurs trimestres, dans l’industrie automobile qui se restructure dans un contexte de passage du moteur thermique à l’électrification avec des normes européennes strictes, des prix élevés et une concurrence mondiale forte. En revanche, hors industrie automobile, le nombre d’heures dans l’industrie augmente régulièrement depuis la sortie de la crise sanitaire. Au deuxième trimestre 2026, la hausse (+0,5 %) traduit celle dans la fabrication d'autres matériels de transport (+3,6 %), des produits informatiques, électroniques et optiques (+3,0 %) et de la production et distribution d'électricité, de gaz, de vapeur et d'air conditionné, ces deux derniers secteurs stimulés par la multiplication des data centers. Les industries textiles, de l’habillement et de la chaussure sont également dynamiques (respectivement +3,7 %, +0,6 % et +2,9 %). A contrario, après plusieurs trimestres de hausse, l’industrie agroalimentaire s’essouffle et se replie de 0,3 %. Les heures travaillées dans les industries chimique et pharmaceutique se replient ce trimestre.
tableauFigure 3 – Contributions sectorielles trimestrielles à l’évolution de l’emploi salarié par rapport au même trimestre de l’année précédente dans l’industrie en Île-de-France
| Trimestre | Fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac | Cokéfaction et raffinage/Industries extractives, énergie, eau, gestion des déchets et dépollution | Fabrication d’équipements électriques, électroniques, informatiques ; fabrication de machines | Fabrication de matériels de transport | Fabrication d'autres produits industriels | Ensemble Industrie |
|---|---|---|---|---|---|---|
| T2 2024 | 0,13 | 0,05 | 0,03 | 0,14 | 0,06 | 0,41 |
| T3 2024 | 0,06 | -0,02 | 0,04 | -0,16 | -0,03 | -0,12 |
| T4 2024 | 0,04 | 0,04 | 0,04 | -0,03 | 0,06 | 0,16 |
| T1 2025 | 0,11 | 0,03 | 0,05 | -0,06 | -0,14 | 0,00 |
| T2 2025 | 0,05 | 0,07 | -0,02 | -0,27 | -0,06 | -0,22 |
| T3 2025 | 0,05 | 0,21 | 0,05 | 0,05 | -0,03 | 0,33 |
| T4 2025 | 0,04 | 0,00 | 0,04 | 0,03 | -0,16 | -0,05 |
| T1 2026 | 0,02 | 0,15 | -0,01 | 0,02 | 0,00 | 0,18 |
| T2 2026 | 0,02 | 0,02 | 0,03 | 0,14 | -0,03 | 0,17 |
- Lecture : En Île-de-France, au deuxième trimestre 2026, le nombre d’emplois salariés dans l’industrie augmente de 0,17 % par rapport au premier trimestre 2026. La fabrication de matériels de transport y contribue à hauteur de 0,14 %.
- Champ : Emploi salarié total.
- Sources : Insee, Estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.
graphiqueFigure 3 – Contributions sectorielles trimestrielles à l’évolution de l’emploi salarié par rapport au même trimestre de l’année précédente dans l’industrie en Île-de-France

- Lecture : En Île-de-France, au deuxième trimestre 2026, le nombre d’emplois salariés dans l’industrie augmente de 0,17 % par rapport au premier trimestre 2026. La fabrication de matériels de transport y contribue à hauteur de 0,14 %.
- Champ : Emploi salarié total.
- Sources : Insee, Estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.
Encadré – Épisodes caniculaires de 2026 : les récoltes franciliennes en chute
Au niveau national, les épisodes caniculaires de l’été 2026 coûteraient 0,1 point de croissance sur l’année à l’économie française, essentiellement en raison de la production agricole.
Comme au niveau national, la campagne agricole francilienne 2026 est marquée par un contexte météorologique difficile. À partir d’octobre 2025, les températures mensuelles enregistrées en Île-de-France sont supérieures aux normales de saison (moyenne 1991-2020), avec un écart qui dépasse les 3 °C en juin-juillet-août en raison d’une succession d’épisodes de canicule. Les précipitations sont également en moyenne en déficit sur la période, en particulier depuis le printemps, avec des mois d’avril et juillet quasi secs. Ces conditions météorologiques dégradent le niveau des nappes phréatiques et entraînent une sécheresse des sols. Elles accélèrent le développement des cultures d’hiver, mais altèrent celui des cultures de printemps et été. Ainsi, les rendements devraient être inférieurs à ceux de 2025 pour la quasi-totalité des céréales et oléoprotéagineux (COP), mais également pour les betteraves et les pommes de terre. Ils seraient parfois compensés par des hausses des surfaces cultivées. Selon les estimations provisoires de début septembre, la production francilienne de COP pourrait s’établir à 2,79 millions de tonnes, en repli de 15 % par rapport à 2025. La hausse de la production de blé tendre (+4 %), d’orge d’hiver (+11 %) et de colza (+3 %) ne suffit pas à compenser l’effondrement attendu de la production d’orge de printemps (-35 %), de maïs grain (-73 %), de tournesol (-21 %) et de protéagineux (-11 %). La production de betteraves pourrait être divisée par deux par rapport à 2025.
Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.
Pour comprendre
Emploi salarié :
- Note méthodologique sur l'emploi salarié (pdf, 232 Ko) ;
- Emploi : quelle source pour quel usage ? (pdf, 515 Ko).
Créations d’entreprises :
- Note méthodologique sur les créations d’entreprises (pdf, 116 Ko) ;
- Refonte du dispositif de calcul des créations d’entreprises (pdf, 130 Ko) ;
- Correction de la répartition des créations d'entreprises individuelles (2021) (pdf, 58 Ko).
Nomenclature :
Sources
- Ouvrir dans un nouvel ongletDéclaration Sociale Nominative (DSN) ;
- Estimations d’emploi ;
- Taux de chômage localisés ;
- Ouvrir dans un nouvel ongletStatistiques sur les demandeurs d’emploi inscrits et les offres collectées par France Travail ;
- SIDE (Système d'information sur la démographie d'entreprises) ;
- Créations d'entreprises ;
- Défaillances d'entreprises ;
- Enquête mensuelle de fréquentation dans les hébergements collectifs de tourisme.
Définitions
Les heures rémunérées couvrent les heures travaillées ainsi que des heures non travaillées mais rémunérées par l’employeur, notamment pendant les congés payés. Les périodes de chômage partiel indemnisées par l’administration publique et non par l’employeur ne sont à ce titre pas comprises dans les heures rémunérées.
Les salariés sont les personnes qui travaillent, aux termes d’un contrat, pour une autre entité résidente en échange d’un salaire ou d’une rétribution équivalente, avec un lien de subordination.
L'intérim (ou travail intérimaire ou travail temporaire) consiste à mettre à disposition provisoire d’entreprises clientes, des salariés qui, en fonction d'une rémunération convenue, sont embauchés et rémunérés à cet effet par l'entreprise de travail temporaire.
L'intérim se caractérise donc par une relation triangulaire entre l’entreprise de travail temporaire, l’entreprise cliente et le salarié, et implique la conclusion de deux contrats : un contrat de mise à disposition (entre l’entreprise de travail temporaire et l’entreprise cliente) et un contrat de mission (entre l’entreprise de travail temporaire et le salarié).
Le contrat ne peut être conclu que pour l’exécution d’une tâche précise et temporaire, dénommée mission, et seulement dans les cas énumérés par la loi. Quel que soit le motif pour lequel il est conclu, un tel contrat ne peut avoir ni pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise utilisatrice.
Le secteur tertiaire recouvre un vaste champ d'activités qui s'étend du commerce à l'administration, en passant par les transports, les activités financières et immobilières, les services aux entreprises et services aux particuliers, l'éducation, la santé et l'action sociale.
Il est composé du :
- tertiaire principalement marchand (commerce, transports, activités financières, services rendus aux entreprises, services rendus aux particuliers, hébergement-restauration, immobilier, information-communication) ;
- tertiaire principalement non-marchand (administration publique, enseignement, santé humaine, action sociale).
Le périmètre du secteur tertiaire est de fait défini par complémentarité avec les activités agricoles et industrielles (secteurs primaire et secondaire).
Le taux de chômage est le pourcentage de chômeurs dans la population active (actifs occupés + chômeurs).
On peut calculer un taux de chômage par âge en mettant en rapport les chômeurs d'une classe d'âge avec les actifs de cette classe d'âge. De la même manière se calculent des taux de chômage par sexe, par PCS, par région, par nationalité, par niveau de diplôme...
Le taux de chômage diffère de la part du chômage qui, elle, mesure la proportion de chômeurs dans l'ensemble de la population.
Le taux de chômage est le rapport entre le nombre de chômeurs et le nombre d’actifs (en emploi ou au chômage).
Les inscrits à France Travail regroupent l’ensemble des personnes inscrites sur les listes de France Travail. Ils sont regroupés en différentes catégories selon leur situation vis-à-vis de l’obligation de recherche d’emploi et de l’exercice ou non d’une activité. Historiquement, ils sont classés en cinq catégories. Depuis janvier 2025, deux nouvelles catégories ont été créées.
Une création d'entreprise correspond à la mise en œuvre d'une nouvelle combinaison de facteurs de production avec pour restriction qu'aucune autre entreprise ne soit impliquée dans cet évènement.
Les créations d’entreprises sont en fait des créations d’unités légales. On parle néanmoins de créations d’entreprises en raison de la spécificité de la situation au moment de la création. En effet, au moment de son immatriculation, il n’est pas possible de déterminer si une unité légale est indépendante ou appartient à un groupe. Par défaut, au moment de la création, toute entité est donc indépendante et considérée comme une entreprise.
La statistique mensuelle des créations d'entreprises est constituée à partir du dispositif SIDE (Système d’information sur la démographie d’entreprises). Ce dispositif est alimenté à partir de données du répertoire Sirene, enrichies d’éléments provenant du répertoire statistique Sirus.
Les créations d'entreprises correspondent aux unités légales du répertoire Sirene qui enregistrent un début d'activité relevant de l'un des cas suivants :
- l'immatriculation d'une nouvelle unité légale avec création d'une nouvelle combinaison de facteurs de production ;
- le cas où l'entrepreneur redémarre une activité après une interruption de plus d'un an (il n'y a pas de nouvelle immatriculation mais reprise de l'ancien numéro Siren, en général pour un entrepreneur individuel) ;
- le cas où l'entrepreneur redémarre une activité après une interruption de moins d'un an, mais avec changement d'activité ;
- la reprise par une unité légale nouvellement immatriculée de tout ou partie des activités et facteurs de production d'une autre unité légale, lorsqu'il n'y a pas de continuité économique entre la situation du cédant et celle du repreneur.
On considère qu'il n'y a pas continuité économique de l'unité légale si, parmi les trois éléments suivants concernant son siège, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l'unité légale contrôlant l'établissement siège, l'activité économique et la localisation.
Depuis les données relatives à janvier 2009, à la suite de la mise en place du régime de l'auto-entrepreneur (renommé micro-entrepreneur, à compter du 19 décembre 2014), les statistiques de créations d'entreprises incluent les demandes de créations enregistrées dans Sirene au titre de ce régime. Ce dénombrement n'inclut pas les entrepreneurs déjà en activité avant le 1er janvier 2009 et qui avaient demandé, à titre dérogatoire au plus tard le 31 mars 2009, à bénéficier du régime micro-social et du versement fiscal libératoire en 2009.
La statistique de créations d'entreprises couvre l'ensemble des activités marchandes hors agriculture.
Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d'entreprise s'appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons.
Une unité légale est en situation de défaillance ou de dépôt de bilan à partir du moment où une procédure de redressement judiciaire est ouverte à son encontre.
Cette procédure intervient lorsqu'une unité légale est en état de cessation de paiement, c'est-à-dire qu'elle n'est plus en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible.
Il ne faut pas confondre la notion de défaillance et la notion de cessation. La notion de cessation correspond à l'arrêt total de l'activité économique d'une entreprise. Toutes les défaillances ne donnent pas des cessations. Par exemple, un jugement d'ouverture de procédure de défaillance (dépôt de bilan d'une entreprise inscrite dans le cadre d'une procédure judiciaire) ne se résout pas forcement par une liquidation.
Toutes les cessations n'ont pas donné lieu à une défaillance. Par exemple, un entrepreneur individuel peut cesser son activité suite à un départ en retraite.
Un logement autorisé est un logement, non encore réalisé, dont la construction a été autorisée par un permis de construire ou une non-opposition à une déclaration préalable.
Un logement est considéré comme commencé (ou mis en chantier) après réception de la déclaration d’ouverture de chantier (DOC) envoyée par le pétitionnaire (ou maître d’ouvrage).
Un chantier est considéré ouvert lorsque les fouilles en rigole ou les fondations sont entreprises pour une partie ou la totalité des constructions autorisées.
Une « fouille en rigole » est un creusement du sol pour permettre la construction à l'emplacement des « semelles » (ces dernières sont les parties basses).
Le revenu de solidarité active est une allocation qui complète les ressources initiales du foyer pour qu'elles atteignent le niveau d'un revenu garanti.
Le montant du revenu garanti varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfant(s) à charge.
Le revenu de Solidarité active (RSA) se substitue au revenu minimum d'insertion (RMI) et à l'allocation parent isolé (API).
Le RSA est en vigueur depuis 2009 en métropole, depuis 2011 dans les départements et collectivités d’outre-mer (à l’exception de la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna où il n’est pas applicable) et depuis 2012 à Mayotte (selon des modalités spécifiques).
La prime d’activité est un complément de revenus d’activité s’adressant aux travailleurs percevant des revenus modestes. Elle remplace depuis 2016 le revenu de solidarité active (RSA-activité) et la prime pour l’emploi (PPE).
Sa réglementation s’inscrit dans la continuité de celle du RSA-activité, mais présente cependant quelques spécificités, notamment pour les temps partiels (bonus modulable individuel).
La correction des variations saisonnières permet d’éliminer l'effet de fluctuations périodiques infra-annuelles dues au calendrier et aux saisons, de manière à faire ressortir les évolutions les plus significatives de la série. Celles-ci sont contenues dans la tendance et la composante irrégulière.
Par exemple, les ventes de jouets augmentent toujours fortement entre novembre et décembre, en raison de Noël. Sur les données brutes, cet effet périodique masque l’évolution conjoncturelle sous-jacente pour une année donnée. Une fois la série désaisonnalisée, c’est-à-dire l’effet Noël retiré, les ventes peuvent s’avérer en baisse, signe d’une moins bonne année.
Pour en savoir plus
(1) Frontenaud A., Morer N., Touré P.-I., « L’industrie francilienne : un nouveau souffle après une longue période de désindustrialisation », Insee Analyses Île-de-France no 228, à paraître en octobre 2026.
(2) Prévost É., « Depuis mi-2025, l’avantage historique de l’Île-de-France face au chômage a disparu », Insee Analyses Île-de-France no 226, septembre 2026.
(3) Insee, « Vigilance orange sur la croissance », Note de conjoncture, septembre 2026.
(4) Insee, « Emploi et taux de chômage localisés (par région et département) – Au deuxième trimestre 2026, l’emploi salarié est stable ou quasi stable dans la moitié des régions », Informations Rapides no 223, septembre 2026.
(5) Driaaf, Ouvrir dans un nouvel ongletNote de conjoncture de septembre 2026, septembre 2026.
(6) Gatepaille X., Prévost É., « Au premier trimestre 2026, le recul du secteur de l’information et communication continue de peser sur l’économie francilienne », Insee Conjoncture Île-de-France no 60, juillet 2026.
(7) Insee, « Tableau de bord de la conjoncture : Île-de-France », insee.fr.
