Insee Flash Ile-de-France ·
Février 2026 · n° 109
Un tiers des salariés franciliens télétravaillent régulièrement
En 2024, en Île-de-France, 32 % des salariés télétravaillent de manière régulière, c’est-à-dire au moins un jour par semaine. C’est le taux le plus élevé parmi les régions françaises.
Le recours au télétravail en Île-de-France est plus développé chez les salariés occupant un poste de cadre ou travaillant dans les activités financières et dans l’information et la communication.
La pratique du télétravail est également plus fréquente chez les femmes, les diplômés du supérieur et les salariés avec plus d’un an d’ancienneté. Elle est plus développée dans le secteur privé et augmente avec la taille de l’entreprise.
- La pratique du télétravail, plus développée en Île-de-France
- Les femmes, plus souvent en télétravail
- Un recours plus marqué chez les salariés en emploi à durée indéterminée et expérimentés
- Une majorité de cadres télétravaillent
- Des disparités importantes selon les secteurs d’activité
- Encadré - Près de trois télétravailleurs franciliens sur dix bénéficient d’au moins trois jours de télétravail hebdomadaire
La pratique du télétravail, plus développée en Île-de-France
Depuis la crise sanitaire, la pratique du télétravail s’est sensiblement développée en France et a été formalisée par la généralisation des accords d’entreprise sur le sujet. L’Île-de-France n’a pas échappé au développement de cette pratique. Ainsi, en moyenne en 2024, 32 % des salariés des secteurs privé et public résidant en Île-de-France sont des télétravailleurs réguliers, c’est-à-dire qu’ils déclarent avoir télétravaillé au moins un jour par semaine (encadré) sur les quatre semaines précédant l’enquête (pour comprendre). Cette proportion reste quasi stable par rapport à 2022 (34 %), année encore partiellement perturbée par la crise sanitaire de la Covid-19 survenue en 2020. La part de télétravailleurs réguliers est sensiblement plus élevée qu’au niveau national (18 % en 2024). L’Île-de-France est la région française où les salariés télétravaillent le plus, loin devant Auvergne-Rhône-Alpes (18 %) et l’Occitanie (17 %). Plusieurs éléments y concourent. L’économie francilienne est plus tertiarisée que celle des autres régions françaises, notamment parce que de nombreux sièges d’entreprises y sont implantés. Par ailleurs, les trajets domicile-travail, plus longs qu’ailleurs, en moyenne, rendent le télétravail particulièrement attractif pour les actifs franciliens, en réduisant le nombre de déplacements.
Les femmes, plus souvent en télétravail
En Île-de-France, les femmes télétravaillent plus fréquemment que les hommes (35 % en 2024 contre 30 %) (figure 1). Ce constat s’observe aussi à l’échelle nationale, mais dans une moindre mesure (19 % contre 17 %). La pratique varie aussi selon l’âge. Le télétravail est plus développé parmi les salariés âgés de 25 à 49 ans (37 %) que parmi ceux de moins de 25 ans (29 %).
Par ailleurs, le recours au télétravail est nettement plus répandu parmi les salariés les plus diplômés. La nature de leur poste a un lien direct avec le travail à distance. Les niveaux de diplôme élevés sont, en effet, plus souvent associés à des fonctions d’encadrement ou à un emploi dans de grandes entreprises, où le télétravail est plus fréquemment pratiqué. Parmi les salariés franciliens ayant un diplôme de niveau supérieur ou égal à bac+3, plus d’un sur deux télétravaille au moins un jour par semaine contre moins de quatre sur dix au niveau national. À l’inverse, le télétravail reste très marginal parmi les salariés les moins diplômés : seules 5 % des personnes dont le niveau de diplôme est inférieur au baccalauréat y ont recours.
tableauFigure 1 – Part des salariés pratiquant le télétravail selon leurs caractéristiques socio-démographiques, en Île-de-France
| Caractéristiques socio-démographiques | Part de télétravailleurs |
|---|---|
| Sexe | |
| Femme | 35 |
| Homme | 30 |
| Tranche d’âge | |
| Moins de 25 ans | 29 |
| De 25 à moins de 50 ans | 37 |
| 50 ans ou plus | 16 |
| Ancienneté | |
| Un an ou plus d’ancienneté | 34 |
| Moins d’un an d’ancienneté | 24 |
| Statut | |
| Emploi à durée indéterminée | 35 |
| Autre contrat | 16 |
| Temps de travail | |
| Temps complet | 35 |
| Temps partiel | 17 |
| Diplôme | |
| Diplôme inférieur au baccalauréat (BEP, CAP, équivalent ou non-diplômés) | 5 |
| Baccalauréat | 16 |
| Diplôme du supérieur (hors bac+3 ou plus) | 34 |
| Bac+3 ou plus | 53 |
| Catégorie socioprofessionnelle | |
| Ouvriers | < 1 |
| Employés | 9 |
| Professions intermédiaires | 24 |
| Cadres et chefs d'entreprise | 62 |
| Ensemble | 32 |
- Lecture : Parmi les salariés résidant en Île-de-France ayant obtenu un diplôme de niveau bac+3 ou plus, 53 % télétravaillent régulièrement au moins un jour par semaine en 2024.
- Champ : Personnes salariées en emploi résidant en logement ordinaire en Île-de-France.
- Source : Insee, enquête Emploi en continu 2024.
graphiqueFigure 1 – Part des salariés pratiquant le télétravail selon leurs caractéristiques socio-démographiques, en Île-de-France

- Lecture : Parmi les salariés résidant en Île-de-France ayant obtenu un diplôme de niveau bac+3 ou plus, 53 % télétravaillent régulièrement au moins un jour par semaine en 2024.
- Champ : Personnes salariées en emploi résidant en logement ordinaire en Île-de-France.
- Source : Insee, enquête Emploi en continu 2024.
Un recours plus marqué chez les salariés en emploi à durée indéterminée et expérimentés
Les caractéristiques du contrat de travail influent également sur la pratique du télétravail. Les salariés en emploi à durée indéterminée (EDI) télétravaillent plus fréquemment (35 % contre 16 % pour les autres contrats), comme ceux à temps complet (35 % contre 17 % pour les salariés à temps partiel).
Par ailleurs, les salariés avec un an ou plus d’ancienneté sur leur poste télétravaillent aussi plus souvent que ceux avec moins d’un an d’expérience (34 % contre 24 %). Cela peut s’expliquer par une période d’adaptation des nouveaux arrivants à la prise de poste, la présence sur site pouvant être exigée par l’employeur. Elle rend, de fait, plus simple la supervision, le tutorat et l’intégration au collectif de travail.
Une majorité de cadres télétravaillent
La pratique du télétravail est étroitement liée à la catégorie socioprofessionnelle. Les télétravailleurs franciliens sont essentiellement des cadres (40 %), des employés (24 %) ou des professions intermédiaires (23 %).
En Île-de-France, la pratique du télétravail est fréquente chez les cadres : 62 % d’entre eux y ont recours régulièrement, un taux bien supérieur à la moyenne nationale (48 %). C’est la catégorie qui travaille le plus à distance. Le télétravail régulier est, en revanche, moins courant pour les professions intermédiaires (24 % en Île-de-France et 18 % au niveau national). Il est assez limité pour les employés (respectivement 9 % et 7 %). Parmi la catégorie des employés, les employés administratifs d’entreprises sont ceux qui télétravaillent le plus souvent (32 %, contre 23 % en France). En revanche, la pratique régulière du télétravail est très rare pour les ouvriers.
Le télétravail est également plus développé chez les salariés franciliens ayant un emploi dans le secteur privé (35 %) que dans le secteur public (22 %). Ainsi, les cadres de la fonction publique télétravaillent beaucoup moins souvent (38 %) que ceux du privé (67 %). De même, 27 % des professions intermédiaires pratiquent le télétravail dans le privé contre 18 % dans le public. Enfin, parmi les employés, la pratique du télétravail reste faible, que ce soit dans le privé ou dans le public (9 %).
Des disparités importantes selon les secteurs d’activité
La fréquence du télétravail chez les salariés franciliens décroît en fonction de la taille de l'entreprise dans laquelle ils travaillent. Dans les entreprises de 250 salariés ou plus, la moitié des salariés télétravaillent. Dans celles de 50 à moins de 250 salariés, un tiers ont recours à cette pratique et, dans celles de moins de 50 salariés, cette part n’atteint que 18 %.
La part des salariés télétravailleurs dépend aussi du secteur dans lequel les salariés exercent leur activité (figure 2). La fréquence du télétravail est, en général, plus élevée dans les secteurs où la présence de cadres est importante. En 2024, 73 % des salariés télétravaillent au moins un jour par semaine dans le secteur de l’information et de la communication. La pratique régulière du télétravail dépasse même 80 % dans les services d’information (portails internet) ainsi que dans l’édition et la programmation informatique. Les cadres occupent les trois quarts des emplois de ce secteur. Le télétravail est aussi très important (69 %) dans les activités financières. En Île-de-France, où une majorité de salariés de ce secteur travaillent dans un siège social, la part des cadres est aussi prépondérante.
Le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques se démarque également. Six salariés franciliens sur dix y télétravaillent régulièrement, contre 45 % au niveau national. Ce résultat s’explique, en partie, par la forte proportion de cadres (80 % des emplois salariés) dans ce secteur. Celui-ci comprend notamment les activités de sièges sociaux, de conseils de gestion, de la publicité et des études de marché.
Dans l’industrie francilienne, la part des salariés télétravaillant au moins un jour par semaine est aussi conséquente : 48 %, soit 29 points de plus qu'à l'échelle nationale. Les métiers associés à l’industrie francilienne s’orientent, en effet, davantage vers la conception et la recherche alors que ceux liés à la fabrication sont plus nombreux dans les autres régions.
Dans le secteur regroupant les autres activités tertiaires et la construction, la part de salariés en télétravail au moins un jour par semaine n’est que de 19 %. Dans l’administration publique, elle est un peu plus élevée (32 %). Cette part est en revanche particulièrement faible dans les domaines de la santé humaine et de l’action sociale et de l’enseignement (10 % ou moins), en raison de la nature des emplois nécessitant une présence physique. De même, les télétravailleurs réguliers sont proportionnellement peu nombreux dans l’hébergement et la restauration (16 %).
tableauFigure 2 – Part des salariés régulièrement en télétravail au moins un jour par semaine selon le secteur d’activité de leur établissements en 2024
| Secteur d’activité | Île-de-France | France |
|---|---|---|
| Information et communication - Activités financières | 71 | 59 |
| Activités spécialisées, scientifiques et techniques | 60 | 45 |
| Industrie | 48 | 19 |
| Commerce | 27 | 13 |
| Autres activités tertiaires* - Construction - Agriculture | 19 | 12 |
| Ensemble | 32 | 18 |
- * Activités tertiaires : transports et entreposage, hébergement et restauration, activités immobilières, activités de services administratifs et de soutien, administration publique, enseignement, santé humaine et action sociale, autres activités de services.
- Lecture : Parmi les salariés résidant en Île-de-France et exerçant une activité dans le secteur regroupant l’information et communication et les activités financières, 71 % télétravaillent régulièrement au moins un jour par semaine en 2024.
- Champ : Personnes salariées en emploi résidant en logement ordinaire en Île-de-France.
- Source : Insee, enquête Emploi en continu 2024.
graphiqueFigure 2 – Part des salariés régulièrement en télétravail au moins un jour par semaine selon le secteur d’activité de leur établissements en 2024

- * Activités tertiaires : transports et entreposage, hébergement et restauration, activités immobilières, activités de services administratifs et de soutien, administration publique, enseignement, santé humaine et action sociale, autres activités de services.
- Lecture : Parmi les salariés résidant en Île-de-France et exerçant une activité dans le secteur regroupant l’information et communication et les activités financières, 71 % télétravaillent régulièrement au moins un jour par semaine en 2024.
- Champ : Personnes salariées en emploi résidant en logement ordinaire en Île-de-France.
- Source : Insee, enquête Emploi en continu 2024.
Encadré - Près de trois télétravailleurs franciliens sur dix bénéficient d’au moins trois jours de télétravail hebdomadaire
Dans la région francilienne, les télétravailleurs réguliers effectuent en moyenne 2,5 jours de télétravail lors de la semaine de référence, un chiffre comparable à celui observé en France et les départements d’outre-mer (2,4 jours).
Près de la moitié (46 %) des salariés ont régulièrement deux jours hebdomadaires de télétravail dans les entreprises de 50 salariés ou plus alors que cette part est de 35 % dans celles de moins de 50 salariés.
En 2024, parmi les télétravailleurs franciliens réguliers (au moins un jour par semaine), 44 % ont un rythme de télétravail de deux jours par semaine et 29 % disposent d’un jour par semaine. La pratique intensive du télétravail (trois jours ou plus par semaine) concerne 27 % des télétravailleurs. Elle est plus fréquente pour les hommes (31 %) que pour les femmes (25 %). Dans le secteur privé, 29 % des télétravailleurs sont en télétravail au moins trois jours par semaine contre seulement 15 % dans le secteur public.
Pour comprendre
À partir de 2021, les salariés interrogés dans l’enquête Emploi en continu répondent à plusieurs questions sur le télétravail, telles que la fréquence, le souhait et la possibilité de le pratiquer. L’enquête est menée en continu, sur l’ensemble des semaines de l’année, en France hors Mayotte. Chaque trimestre, environ 90 000 personnes de 15 ans ou plus vivant en logement ordinaire (c’est-à-dire hors foyers, hôpitaux, prisons, etc.) décrivent leur situation au cours d’une semaine donnée, dite « de référence ».
Seule la première interrogation est utilisée dans cette étude. Une nouvelle interrogation est réalisée tous les trimestres. Les données de l’enquête ont été compilées sur les quatre trimestres de l’année 2024 pour avoir suffisamment d’observations sur la région.
Définitions
Le télétravail consiste à travailler hors des locaux de son employeur, pendant ses horaires habituels de travail. Il suppose de pouvoir se connecter au système informatique de son établissement.
Les personnes en emploi à durée indéterminée sont en contrat à durée indéterminée (CDI) ou fonctionnaires sur leur emploi principal.
Pour en savoir plus
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(2) Génin G., Gueddar S., Jollivet J., « Un salarié sur six télétravaille, un sur trois aurait souhaité le faire », Insee Flash Nouvelle-Aquitaine no 129, novembre 2025.
(3) Borel Herbert C., Privas C., « Un salarié sur cinq télétravaille », Insee Flash Auvergne-Rhône-Alpes no 163, septembre 2025.
(4) Argouarc’h J., Roche C., « Un salarié sur six est un télétravailleur régulier », Insee Flash Provence-Alpes-Côte d'Azur no 113, juillet 2025.
(5) Askenazy Ph., Di Nallo U., Ramajo I., Thiounn C., « Télétravail et présentiel : le travail hybride, une pratique désormais ancrée dans les entreprises », Insee Analyses no 105, mars 2025.
(6) Jauneau Y., « En 2021, en moyenne chaque semaine, un salarié sur cinq a télétravaillé », Insee Focus no 263, mars 2022.
