Insee Conjoncture Guadeloupe ·
Juin 2022 · n° 19Bilan économique 2021 - Guadeloupe Une reprise contrainte par les suites de la crise sanitaire et les mouvements sociaux
En 2021, l’économie guadeloupéenne est en phase de reprise après la chute brutale de l’activité en 2020, due à la pandémie de Covid 19. La croissance est estimée à 1,9 % en volume soit un rebond relativement faible après la baisse significative de l’année précédente, estimée à 4,9 %. Cette reprise fluctue toutefois en fonction des pics pandémiques et des mesures sanitaires qui les accompagnent tout au long de l’année ainsi que des mouvements sociaux.
Ce bilan économique fait partie des 17 bilans économiques régionaux 2021 publiés par
l'Insee.
Retrouvez les bilans des autres régions ici.
Synthèse régionale - Contexte national Bilan économique 2021
Sylvie Blanc, Aliette Cheptitski (Insee)
- Synthèse régionale - Une reprise contrainte par les suites de la crise sanitaire et les mouvements sociaux
- Emploi et création d’entreprises en croissance
- Le tourisme encore en souffrance
- Bonne tenue de la consommation de des ménages et de l’investissement des entreprises
- L’inflation, une entrave à la reprise qui se dessine
- Une année très contrastée pour le secteur de la construction
- Agriculture : une année correcte mais des perspectives incertaines
- Contexte national - En 2021, l’économie mondiale a rebondi après sa chute en 2020, l’amélioration de la situation sanitaire s’étant accompagnée d’un allègement des restrictions
- En France, l’activité a davantage rebondi en 2021 que dans la moyenne de la zone euro
- Cet effet de miroir entre les évolutions de l’activité en 2020 et en 2021 a aussi été sectoriel, recouvrant toutefois des rattrapages hétérogènes selon les branches
- En 2021, l’emploi et la population active ont été dynamiques
- En 2021, tiré par des revenus d’activité dynamiques, et quoique pénalisé par une inflation en hausse, le pouvoir d’achat par unité de consommation a progressé de 1,9 %
- Encadré 1 - Les contraintes sanitaires en 2021 en Guadeloupe
- Encadré 2 - Les secteurs bénéficiant de mesures d’aides gouvernementales suite à la pandémie de Covid 19
Synthèse régionale - Une reprise contrainte par les suites de la crise sanitaire et les mouvements sociaux
En 2021, l’économie guadeloupéenne est en phase de reprise après la chute brutale de l’activité en 2020, due à la pandémie de Covid 19. La croissance est estimée à 1,9 % en volume soit un rebond relativement faible après la baisse significative de l’année précédente, estimée à 4,9 % . Cette reprise fluctue toutefois en fonction des pics pandémiques et des mesures sanitaires qui les accompagnent tout au long de l’année ainsi que des mouvements sociaux (encadré 1).
Le rebond de l’économie en 2021 a compensé en partie le fort recul de 2020 à l’exception du tourisme. En effet la reprise fluctue en fonction des pics pandémiques et des mesures sanitaires qui les accompagnent tout au long de l’année ainsi que des mouvements sociaux (encadré 1) Ainsi, la croissance du Produit intérieur brut (PIB) de la Guadeloupe est de 1,9 % en volume par rapport à 2020 mais en baisse de 3,3 % par rapport à 2019.
Cette croissance est en retrait par rapport à celle de la Martinique qui s’établit à 2,5 % pour 2021. La vigueur des mouvements sociaux en Guadeloupe constituerait un élément d’explication de cet écart entre deux régions aux structures économiques similaires. d’investissements et de dépenses et constitueraient un élément d’explication à cet écart entre deux régions à la structure économique similaire. La Guyane connaît une dynamique différente avec une croissance de 3,0 % lié à une poussée démographique très forte et une population beaucoup plus jeune que ses voisines des Antilles.
Par rapport à 2020, deux dynamiques contraires se dégagent.
D’une part, l’emploi salarié semble redémarrer et la création d’entreprises s’accroît nettement (emploi +1,5 % création +20 %). La consommation des ménages (+2,5 %) et l’investissement des entreprises (+4,9 %) progressent. Le niveau d’épargne des agents économiques retrouve un rythme de progression similaire à celui des années précédant la crise sanitaire, après une année 2020 marquée par l’octroi de différentes aides aux entreprises et d’épargne contrainte pour les ménages.
D’autre part, les acteurs du tourisme absorbent difficilement une seconde année de contraintes sanitaires et continuent de souffrir entraînant des effets négatifs sur le transport aérien et maritime, avec une activité réduite de moitié comme en 2020. En parallèle, l’inflation qui avait été contenue en 2020 se durcit à partir du second semestre 2021 pour atteindre 3,3 % en glissement annuel à fin novembre. Pour la Guadeloupe comme pour les autres régions du monde, cette montée en flèche des prix menace une reprise aiguillonnée par la consommation des ménages, fait peser des risques sur les approvisionnements et baisser le niveau des échanges extérieurs. Elle provient de mouvements saccadés sur la production et les stocks : après la baisse de la production en 2020 due à l’arrêt des échanges, les prix ont brusquement augmenté avec la poussée de la demande en 2021.
Emploi et création d’entreprises en croissance
En 2021, l’emploi repart sur une tendance positive. Les effectifs salariés augmentent de 1,5 % rattrapant ainsi la baisse de 0,9 % observée en 2020. Cette hausse se remarque surtout dans le secteur privé, qui regroupe les deux tiers des emplois salariés (+2,7 %) tandis que l’emploi dans le secteur public recule (-1,0 % ). La Guadeloupe se positionne ainsi en queue de peloton des régions françaises en termes de créations d’emplois, notamment derrière la Martinique (+2,3 %), la Guyane (+2,6 %). En moyenne, en France entière, l’emploi salarié s’accroît de +2,8 %.
Le maintien des aides gouvernementales, (Prêt garantis par l’État, Fonds de solidarité, activité partielle, Dispositif des coûts fixes Consolidation…) pour les entreprises des secteurs protégés expliquent la bonne tenue de ces deux indicateurs (voir encadré 2). Cette activité partielle, financée pour un montant de 40 millions d’euros par l’État, a permis de maintenir dans l’emploi, en 2021, 16 000 salariés dans 3 190 établissements. Le nombre de salariés concernés par une demande d'indemnisation augmente nettement à partir de février, avec un pic entre mars et mai puis un second en août où il dépasse pour le 2e fois 9500 personnes (figure 1 et figure 2).
tableauFigure 1 – Activité partielle : nombre de salariés concernés par une demande d'indemnisation
Guadeloupe | |
---|---|
mars 2020 | 36 575 |
avr. 2020 | 46 190 |
mai 2020 | 37 860 |
juin 2020 | 15 965 |
juil. 2020 | 9 590 |
août 2020 | 6 495 |
sept. 2020 | 6 985 |
oct. 2020 | 6 845 |
nov. 2020 | 6 020 |
déc. 2020 | 5 380 |
janv. 2021 | 2 945 |
févr. 2021 | 5 455 |
mars 2021 | 8 390 |
avr. 2021 | 9 960 |
mai 2021 | 9 930 |
juin 2021 | 6 390 |
juil. 2021 | 2 050 |
août 2021 | 8 895 |
sept. 2021 | 9 515 |
oct. 2021 | 3 170 |
nov. 2021 | 6 170 |
déc. 2021 | 4 800 |
- Note : données mensuelles brutes, provisoires pendant un an.
- Source : ASP-DGEFP-Dares - Extraction du SI APART du 19 avril 2022.
graphiqueFigure 1 – Activité partielle : nombre de salariés concernés par une demande d'indemnisation
tableauFigure 2 – Évolution sectorielle mensuelle des heures rémunérées par rapport au même mois de l'année 2019 - Guadeloupe
Industrie | Construction | Hébergement et restauration | Autres services principalement marchands | Services principalement non marchands | Ensemble - Guadeloupe | Ensemble - France hors Mayotte | |
---|---|---|---|---|---|---|---|
janv. 2020 | 3,3 | 8,5 | 10,8 | 1,6 | 2,2 | 3,1 | 1,9 |
févr. 2020 | 1,8 | 5,5 | 8,4 | 0,0 | -0,2 | 1,3 | 1,7 |
mars 2020 | -10,7 | -14,7 | -17,5 | -12,9 | -6,9 | -12,2 | -13,3 |
avr. 2020 | -36,4 | -57,6 | -73,3 | -36,6 | -24,0 | -39,0 | -33,2 |
mai 2020 | -17,7 | -30,0 | -67,4 | -24,7 | -15,6 | -25,7 | -22,4 |
juin 2020 | -7,5 | -8,9 | -45,0 | -12,9 | -5,9 | -12,7 | -10,3 |
juil. 2020 | -4,1 | -4,6 | -37,9 | -8,3 | -4,0 | -8,8 | -6,8 |
août 2020 | -2,6 | 4,7 | -30,5 | -6,7 | -2,6 | -6,3 | -4,5 |
sept. 2020 | -4,5 | -0,2 | -25,5 | -5,9 | 1,3 | -5,3 | -4,4 |
oct. 2020 | -6,9 | -2,4 | -38,8 | -5,6 | 2,1 | -6,5 | -4,8 |
nov. 2020 | -5,0 | 0,5 | -37,2 | -5,4 | 2,5 | -5,8 | -9,8 |
déc. 2020 | -4,4 | 3,2 | -29,9 | -3,7 | 3,4 | -4,0 | -6,7 |
janv. 2021 | -0,1 | 11,3 | -2,8 | -1,1 | 3,5 | 0,7 | -5,2 |
févr. 2021 | 0,4 | 9,1 | -11,8 | -1,9 | 4,4 | -0,3 | -5,4 |
mars 2021 | -1,3 | 14,8 | -29,9 | -3,8 | 6,5 | -2,1 | -5,1 |
avr. 2021 | -0,9 | 7,9 | -40,2 | -4,0 | 6,5 | -3,4 | -7,8 |
mai 2021 | -0,8 | 5,9 | -52,9 | -7,4 | 4,3 | -6,4 | -5,7 |
juin 2021 | -0,5 | 10,4 | -25,2 | -1,8 | 8,6 | -0,3 | -0,4 |
juil. 2021 | 0,7 | 5,7 | -8,6 | -0,1 | 6,6 | 1,0 | -0,8 |
août 2021 | -2,8 | 5,6 | -38,5 | -6,6 | 4,8 | -5,6 | -0,2 |
sept. 2021 | 1,6 | 5,2 | -42,5 | -7,3 | 5,3 | -5,3 | 0,7 |
oct. 2021 | 1,5 | 0,8 | -23,0 | -1,0 | 6,6 | -0,8 | 0,7 |
nov. 2021 | 1,0 | -5,3 | -14,9 | -1,9 | 6,3 | -1,6 | 2,4 |
déc. 2021 | 1,7 | 1,3 | -15,3 | 0,0 | 4,8 | 0,0 | 2,1 |
- Note : ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré.
- Source : DSN - traitement provisoire, Insee.
graphiqueFigure 2 – Évolution sectorielle mensuelle des heures rémunérées par rapport au même mois de l'année 2019 - Guadeloupe
La création d’entreprises reste à un niveau très élevé, poursuivant ainsi une tendance longue : en effet, elle est en augmentation continue depuis 2015, l’année 2020 mise à part où elle a marqué une pause (+0,2 %). En 2021, le nombre d’immatriculations de nouvelles entreprises inscrites au répertoire Sirene a crû en un an de 20 %. Ce rythme est supérieur à celui de la France entière (+17 %) mais reste inférieur à celui de la Martinique (+35 %) et bien en retrait derrière celui de la Guyane (+47 %). Près d’un tiers des nouvelles entreprises appartiennent au secteur du commerce, de l’hébergement, de la restauration et du transport et un autre tiers aux services aux entreprises. Cette croissance se vérifie également par rapport à 2019 (+15 %).
Le tourisme encore en souffrance
Deux éléments font diverger cette dynamique positive de l’économie guadeloupéenne.
En premier lieu, le tourisme absorbe difficilement une seconde année de contraintes sanitaires. L’activité hôtelière, directement dépendante de la clientèle touristique extérieure chute de 44 % par rapport à 2019. Ainsi, entre février et septembre, le chiffre d’affaires affiche un recul de plus de 40 % avec des variations atteignant 70 % en mars et avril par rapport aux mêmes mois de 2019. Les pertes sont plus limitées en fin d’année. Les effets sur le secteur de la restauration sont moindres, les dérogations aux différentes mesures prises pour limiter déplacements et rassemblements lui ayant permis de mieux résister. Pour l’ensemble du secteur, un rebond notable est enregistré au mois de juillet.
Les contraintes posées par la pandémie sur les déplacements affectent le transport maritime et aérien et se répercutent mécaniquement sur la santé du secteur touristique. Ainsi, le trafic de passagers a l’aéroport Pôle Caraïbes, s’il augmente légèrement en 2021, reste deux fois inférieur à celui de 2019. Les perspectives de développement de nouveaux flux s’amoindrissent avec le départ des compagnies low-cost et l’activité très réduite d’Air Belgium.
Le transport maritime est également touché sur une partie de son activité, les croisières en particulier, avec un nombre de passagers en chute de 22 %. Hors passagers, le transport maritime est en progression de 19 % pour le fret et 8 % pour les conteneurs et dépasse son niveau de 2019.
tableauFigure 3 – Évolution du chiffre d’affaires dans l’hôtellerie et la restauration - Guadeloupe
Hôtellerie | Restauration | |
---|---|---|
janv. 2019 | 7,3 | 2,5 |
févr. 2019 | 3,4 | 2,4 |
mars 2019 | -1,9 | 4,8 |
avr. 2019 | 5,5 | 7,4 |
mai 2019 | -20,4 | 1,2 |
juin 2019 | 36,5 | 1,6 |
juil. 2019 | -15,2 | 4,5 |
août 2019 | 22,4 | -1,3 |
sept. 2019 | 23,6 | 2,2 |
oct. 2019 | 22,2 | 0,3 |
nov. 2019 | -9,1 | 3,8 |
déc. 2019 | 17,9 | 7,0 |
janv. 2020 | -0,6 | 2,0 |
févr. 2020 | 11,5 | -0,5 |
mars 2020 | -70,2 | -59,4 |
avr. 2020 | -90,4 | -92,1 |
mai 2020 | -37,1 | -47,3 |
juin 2020 | -86,8 | -24,4 |
juil. 2020 | -26,3 | -14,0 |
août 2020 | -26,2 | -7,0 |
sept. 2020 | -51,8 | -7,6 |
oct. 2020 | -62,4 | -13,9 |
nov. 2020 | -69,0 | -23,1 |
déc. 2020 | -24,9 | -10,6 |
janv. 2021 | 5,0 | -4,6 |
févr. 2021 | -55,7 | -11,9 |
mars 2021 | -76,0 | -31,1 |
avr. 2021 | -70,8 | -29,8 |
mai 2021 | -53,7 | -42,9 |
juin 2021 | -45,6 | -9,0 |
juil. 2021 | 55,9 | 2,5 |
août 2021 | -48,0 | -33,8 |
sept. 2021 | -41,5 | -29,4 |
oct. 2021 | -21,9 | -5,1 |
nov. 2021 | -0,6 | -25,6 |
déc. 2021 | -17,4 | -16,1 |
- Note : pour l'année 2019, l’évolution est calculée par rapport au même mois que l’année précédente. À partir de janvier 2020, l’évolution est calculée par rapport au même mois de 2019.
- Champ : unités légales monorégionales pérennes de 2017 à 2021, dont l'activité principale n'a pas changé durant cette période.
- Source : DGFiP, Insee.
graphiqueFigure 3 – Évolution du chiffre d’affaires dans l’hôtellerie et la restauration - Guadeloupe
Bonne tenue de la consommation de des ménages et de l’investissement des entreprises
Le trafic de marchandises reflète ainsi la bonne tenue de la demande en Guadeloupe. Deux indicateurs en attestent: les importations d’automobiles augmentent de 29 % et celles d’équipements mécaniques, notamment d’appareils électroménagers et d’outils de bricolage, de 3 %. La dynamique de consommation des ménages se vérifie également dans l’évolution des encours de crédits à la consommation qui sont en hausse de 3,3 % sur un an. Cette dynamique se brise néanmoins en août, au moment de la reprise de l’épidémie puis en novembre et décembre au moment des mouvements sociaux (figure 4) .
L’évolution des importations des biens intermédiaires (+14,6 %) et des biens d’investissement (+12,2 %), en valeur tous les deux, témoigne également d’une bonne dynamique de l’investissement des entreprises, rattrapant ainsi le recul enregistré en 2020 (+1,4 % pour les biens intermédiaires et -9,5 % pour les biens d’investissement).
Le montant total des importations atteint 3,3 milliards d’euros, soit une hausse de 15,7 % par rapport à l’année précédente et dépasse le niveau de 2019, qui était de 3,0 milliards. Les exportations, qui se résument à la ré expédition de produits pétroliers notamment vers Saint-Barthélémy, la Guyane et la Martinique, augmentent également (+40,3 %) et dépassent de 0,35 millard d’euros leur niveau de 2019. La progression importante des échanges en valeur s’explique par la hausse du cours du Brent de 60 % en 2021. Hors produits pétroliers raffinés, la hausse des importations est nettement plus modérée (+12,7 %).
En 2021, la structure du transport de marchandises reste identique : 65 % importations, 15 % à l’exportation et 20 % pour le transbordement.
tableauFigure 4 – Évolution hebdomadaire des montants des transactions par carte bancaire CB par rapport à la même semaine de 2019
année | semaine | premier jour de la semaine | Guadeloupe | France entière |
---|---|---|---|---|
2020 | 2 | 06/01/2020 | 9,9 | 3,3 |
2020 | 3 | 13/01/2020 | 6,8 | 4,1 |
2020 | 4 | 20/01/2020 | 7,3 | 6,9 |
2020 | 5 | 27/01/2020 | 3,4 | 4,5 |
2020 | 6 | 03/02/2020 | 6,3 | 2,8 |
2020 | 7 | 10/02/2020 | 5,2 | 2,3 |
2020 | 8 | 17/02/2020 | 7,4 | 4,0 |
2020 | 9 | 24/02/2020 | -11,1 | 0,0 |
2020 | 10 | 02/03/2020 | 21,1 | 4,1 |
2020 | 11 | 09/03/2020 | 11,6 | 8,3 |
2020 | 12 | 16/03/2020 | -38,0 | -40,5 |
2020 | 13 | 23/03/2020 | -58,3 | -57,9 |
2020 | 14 | 30/03/2020 | -54,8 | -54,4 |
2020 | 15 | 06/04/2020 | -48,2 | -46,6 |
2020 | 16 | 13/04/2020 | -43,6 | -48,4 |
2020 | 17 | 20/04/2020 | -38,7 | -41,5 |
2020 | 18 | 27/04/2020 | -45,8 | -44,9 |
2020 | 19 | 04/05/2020 | -37,4 | -34,4 |
2020 | 20 | 11/05/2020 | 1,5 | 3,9 |
2020 | 21 | 18/05/2020 | -13,6 | -1,2 |
2020 | 22 | 25/05/2020 | 11,6 | 2,9 |
2020 | 23 | 01/06/2020 | -0,4 | 2,5 |
2020 | 24 | 08/06/2020 | 4,4 | 4,3 |
2020 | 25 | 15/06/2020 | 10,3 | 7,2 |
2020 | 26 | 22/06/2020 | -7,0 | -4,2 |
2020 | 27 | 29/06/2020 | -4,2 | -1,5 |
2020 | 28 | 06/07/2020 | 8,9 | 6,0 |
2020 | 29 | 13/07/2020 | 2,1 | 8,7 |
2020 | 30 | 20/07/2020 | 7,5 | 12,1 |
2020 | 31 | 27/07/2020 | -4,6 | 5,8 |
2020 | 32 | 03/08/2020 | 11,9 | 15,5 |
2020 | 33 | 10/08/2020 | 11,7 | 12,4 |
2020 | 34 | 17/08/2020 | 6,3 | 11,0 |
2020 | 35 | 24/08/2020 | 4,1 | 4,9 |
2020 | 36 | 31/08/2020 | 3,2 | 6,0 |
2020 | 37 | 07/09/2020 | 6,8 | 5,4 |
2020 | 38 | 14/09/2020 | 6,9 | 4,6 |
2020 | 39 | 21/09/2020 | -1,8 | 0,8 |
2020 | 40 | 28/09/2020 | -6,8 | 0,9 |
2020 | 41 | 05/10/2020 | 2,8 | 2,4 |
2020 | 42 | 12/10/2020 | 4,2 | 7,3 |
2020 | 43 | 19/10/2020 | 4,0 | 2,2 |
2020 | 44 | 26/10/2020 | 3,1 | -2,4 |
2020 | 45 | 02/11/2020 | -15,3 | -33,5 |
2020 | 46 | 09/11/2020 | -2,5 | -29,7 |
2020 | 47 | 16/11/2020 | -1,8 | -28,4 |
2020 | 48 | 23/11/2020 | -3,3 | -27,0 |
2020 | 49 | 30/11/2020 | 0,7 | 4,7 |
2020 | 50 | 07/12/2020 | 5,8 | -1,7 |
2020 | 51 | 14/12/2020 | -1,0 | -7,7 |
2020 | 52 | 21/12/2020 | 1,0 | -1,7 |
2020 | 53 | 28/12/2020 | 9,2 | -3,3 |
2021 | 1 | 04/01/2021 | 20,7 | -5,5 |
2021 | 2 | 11/01/2021 | 18,9 | -6,3 |
2021 | 3 | 18/01/2021 | 19,8 | 4,4 |
2021 | 4 | 25/01/2021 | 7,9 | 3,0 |
2021 | 5 | 01/02/2021 | 9,6 | -7,2 |
2021 | 6 | 08/02/2021 | 16,3 | -6,3 |
2021 | 7 | 15/02/2021 | -3,5 | -4,3 |
2021 | 8 | 22/02/2021 | -7,1 | -6,6 |
2021 | 9 | 01/03/2021 | 13,3 | 0,1 |
2021 | 10 | 08/03/2021 | -4,0 | -1,9 |
2021 | 11 | 15/03/2021 | 6,3 | 1,9 |
2021 | 12 | 22/03/2021 | -16,7 | -21,6 |
2021 | 13 | 29/03/2021 | -5,1 | 4,6 |
2021 | 14 | 05/04/2021 | -0,8 | -24,5 |
2021 | 15 | 12/04/2021 | 24,7 | -15,5 |
2021 | 16 | 19/04/2021 | 11,9 | -13,0 |
2021 | 17 | 26/04/2021 | -18,6 | -22,8 |
2021 | 18 | 03/05/2021 | -8,1 | -7,7 |
2021 | 19 | 10/05/2021 | -9,0 | -10,2 |
2021 | 20 | 17/05/2021 | -8,0 | 11,5 |
2021 | 21 | 24/05/2021 | 24,6 | 12,0 |
2021 | 22 | 31/05/2021 | 6,7 | 9,4 |
2021 | 23 | 07/06/2021 | 16,4 | 17,4 |
2021 | 24 | 14/06/2021 | 19,0 | 14,5 |
2021 | 25 | 21/06/2021 | 3,3 | -2,8 |
2021 | 26 | 28/06/2021 | 7,0 | 6,3 |
2021 | 27 | 05/07/2021 | 21,4 | 13,0 |
2021 | 28 | 12/07/2021 | 17,0 | 7,5 |
2021 | 29 | 19/07/2021 | 22,3 | 15,1 |
2021 | 30 | 26/07/2021 | 8,2 | 6,4 |
2021 | 31 | 02/08/2021 | 16,0 | 15,6 |
2021 | 32 | 09/08/2021 | 16,5 | 15,3 |
2021 | 33 | 16/08/2021 | -23,6 | 10,2 |
2021 | 34 | 23/08/2021 | -21,4 | 5,3 |
2021 | 35 | 30/08/2021 | -15,9 | 9,6 |
2021 | 36 | 06/09/2021 | -2,1 | 10,1 |
2021 | 37 | 13/09/2021 | -0,5 | 10,2 |
2021 | 38 | 20/09/2021 | 7,8 | 5,1 |
2021 | 39 | 27/09/2021 | 1,5 | 5,2 |
2021 | 40 | 04/10/2021 | 13,3 | 13,0 |
2021 | 41 | 11/10/2021 | 15,4 | 14,6 |
2021 | 42 | 18/10/2021 | 14,0 | 7,3 |
2021 | 43 | 25/10/2021 | 27,4 | 11,9 |
2021 | 44 | 01/11/2021 | -6,1 | 4,2 |
2021 | 45 | 08/11/2021 | 25,5 | 12,1 |
2021 | 46 | 15/11/2021 | -2,1 | 7,2 |
2021 | 47 | 22/11/2021 | -20,1 | -2,4 |
2021 | 48 | 29/11/2021 | -11,1 | 2,6 |
2021 | 49 | 06/12/2021 | 11,3 | 5,9 |
2021 | 50 | 13/12/2021 | 5,4 | -1,0 |
2021 | 51 | 20/12/2021 | 18,5 | 19,3 |
2021 | 52 | 27/12/2021 | 13,3 | 4,5 |
2022 | 1 | 03/01/2022 | 17,2 | 0,2 |
2022 | 2 | 10/01/2022 | 15,7 | 11,1 |
2022 | 3 | 17/01/2022 | 16,3 | 13,1 |
2022 | 4 | 24/01/2022 | 5,9 | 6,8 |
2022 | 5 | 31/01/2022 | 11,7 | 9,9 |
2022 | 6 | 07/02/2022 | 18,4 | 8,1 |
2022 | 7 | 14/02/2022 | 22,6 | 12,9 |
2022 | 8 | 21/02/2022 | 8,9 | 2,6 |
2022 | 9 | 28/02/2022 | 19,6 | 14,7 |
- Sources : Cartes bancaires CB, Calculs Insee.
graphiqueFigure 4 – Évolution hebdomadaire des montants des transactions par carte bancaire CB par rapport à la même semaine de 2019
Les données utilisées proviennent de Cartes Bancaires CB et couvrent l'essentiel des transactions par carte bancaire, à l'exception des transactions CB en vente à distance (internet). Elles sont issues d'une extraction de transactions anonymisées et agrégées à l'échelle départementale afin de respecter les exigences de confidentialité.
L’inflation, une entrave à la reprise qui se dessine
Après un ralentissement de l'inflation en 2020, les prix à la consommation s'inscrivent en hausse à partir du 2e semestre de l'année 2021. Ils augmentent en moyenne de +1,2 % sur l'année avec une accélération en fin d’année : +3,3 % en glissement annuel à fin novembre. Alimentation mise à part, l’ensemble des prix est touché par cette hausse, ceux de l'énergie expliquant à eux seuls 83 % dela dynamique de l'inflation en Guadeloupe en 2021.
Une année très contrastée pour le secteur de la construction
En 2021, le secteur de la construction est en net redressement par rapport à 2020 mais reste affecté par la crise sanitaire, les conflits sociaux et la flambée des prix des matériaux. Suite au ralentissement de 2020, la reprise des chantiers d’envergure a favorisé l’augmentation de 7,9 % de l’emploi salarié au 1er trimestre 2021 et de 10,6 % au second trimestre par rapport aux mêmes périodes en 2020. Les ventes de ciment sont en hausse de 16,2 % au premier semestre 2021.
Le durcissement des restrictions liées à la crise sanitaire et des mouvements sociaux au second semestre fait fléchir la tendance : la croissance de l’emploi salarié redescend à 4,1 % et les ventes de ciments reculent de 7,2 % sur l’année. Toutefois, le niveau de créations d’entreprises est en hausse par rapport à 2020 de 20 % et près de la moitié d’entrent-elles (49 %) sont des micro-entrepreneurs ou des entreprises individuelles.
Agriculture : une année correcte mais des perspectives incertaines
L’activité dans le secteur agricole se maintient dans toutes les filières, y compris dans les filières d’exportation. La production augmente mais l’année 2021 confirme une trajectoire de baisse des prix amorcée depuis plusieurs années et un marché de plus en plus concurrentiel, notamment sur la banane. Les filières traditionnelles agricoles de la canne et de la banane n’étant pas remplacées par de nouvelles, le rôle de ce secteur dans les exportations de l’archipel n’augure pas de perspectives de développement. Néanmoins, l'agriculture reste un secteur fondamental en Guadeloupe, bien que son poids dans l'économie soit en recul. Elle emploie 12 % de la population active du territoire et contribue à 6 % du produit brut régional.
Contexte national - En 2021, l’économie mondiale a rebondi après sa chute en 2020, l’amélioration de la situation sanitaire s’étant accompagnée d’un allègement des restrictions
En 2021, l’épidémie de Covid-19 est restée l’un des principaux déterminants de l’activité économique. L’apparition de variants a rythmé la propagation de nouvelles vagues, et, en conséquence, la poursuite des mesures de restrictions sanitaires. Celles-ci se sont cependant allégées, à mesure que les États apprenaient à limiter la propagation du virus – notamment par une campagne de vaccination à grande échelle – et que les ménages et les entreprises entraient dans le paradigme du « vivre avec ». Après la fermeture partielle des économies en 2020, qui avait fait plonger le PIB mondial à -3,1 % par rapport à son niveau de 2019, leur réouverture progressive en 2021 a engendré un rebond en partie mécanique, à 6,1 %. Ce rattrapage a néanmoins été hétérogène selon les pays (figure 5). Ainsi, le rebond de l’activité en zone euro, certes vif (+5,2 %), l’a toutefois été moins qu’aux États-Unis (+5,7 %) ou que pour les économies émergentes (+6,8 %), malgré un recul de l’activité en zone euro plus important en 2020. L’économie du Royaume-Uni a davantage rebondi (+7,4 %, après une chute en 2020 parmi les plus fortes des pays européens) malgré l’incertitude liée au Brexit, finalement mis en œuvre au 1er janvier. Enfin, l’activité en Chine a renoué avec une croissance vigoureuse (+8,6 %, après un ralentissement certes marqué de l’activité en 2020), même un peu supérieure à sa moyenne des années 2010 par effet de contrecoup. Ces évolutions hétérogènes selon les pays en 2021 sont notamment liées au rythme de diffusion du virus et aux stratégies sanitaires nationales (« zéro-covid », confinements, vaccination…), mais aussi aux spécialisations sectorielles (les branches des matériels et des services de transport, de l’hébergement-restauration ou encore des loisirs, sport et culture – et le tourisme en général – restant à des niveaux d’activité dégradés).
tableauFigure 5 – Écart du PIB par rapport à son niveau du quatrième trimestre 2019
France | Allemagne | Italie | Espagne | Royaume-Uni | États-Unis | Chine | |
---|---|---|---|---|---|---|---|
2016T1 | -5,9 | -5,5 | -2,9 | -8,3 | -6,3 | -8,5 | -20,7 |
2016T2 | -6,2 | -5,2 | -2,7 | -7,9 | -5,7 | -8,2 | -19,4 |
2016T3 | -5,9 | -4,8 | -2,2 | -7,1 | -5,3 | -7,7 | -18,1 |
2016T4 | -5,4 | -4,5 | -1,9 | -6,7 | -4,6 | -7,2 | -16,7 |
2017T1 | -4,6 | -3,4 | -1,4 | -6,0 | -4,0 | -6,8 | -15,1 |
2017T2 | -3,9 | -2,6 | -1,0 | -4,9 | -3,7 | -6,3 | -13,7 |
2017T3 | -3,1 | -1,8 | -0,6 | -4,4 | -3,3 | -5,6 | -12,6 |
2017T4 | -2,5 | -1,0 | -0,1 | -3,8 | -2,9 | -4,7 | -11,0 |
2018T1 | -2,4 | -1,4 | -0,1 | -3,4 | -2,7 | -4,0 | -9,1 |
2018T2 | -2,0 | -0,8 | -0,1 | -2,9 | -2,1 | -3,2 | -7,8 |
2018T3 | -1,6 | -1,3 | 0,0 | -2,4 | -1,5 | -2,7 | -7,0 |
2018T4 | -1,0 | -0,9 | 0,3 | -1,7 | -1,2 | -2,5 | -5,4 |
2019T1 | -0,4 | 0,2 | 0,5 | -1,1 | -0,5 | -1,9 | -3,0 |
2019T2 | 0,4 | -0,3 | 0,8 | -0,8 | -0,4 | -1,1 | -2,2 |
2019T3 | 0,3 | 0,1 | 0,8 | -0,4 | 0,0 | -0,5 | -1,7 |
2019T4 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
2020T1 | -5,7 | -1,8 | -5,9 | -5,4 | -2,5 | -1,3 | -9,4 |
2020T2 | -18,6 | -11,6 | -17,8 | -22,1 | -21,5 | -10,1 | 0,5 |
2020T3 | -2,8 | -3,6 | -4,6 | -9,0 | -7,6 | -3,3 | 2,9 |
2020T4 | -4,2 | -2,9 | -6,1 | -8,8 | -6,3 | -2,3 | 6,0 |
2021T1 | -4,0 | -4,5 | -5,9 | -9,3 | -7,4 | -0,8 | 7,6 |
2021T2 | -3,0 | -2,4 | -3,3 | -8,2 | -2,2 | 0,9 | 8,6 |
2021T3 | 0,1 | -0,8 | -0,8 | -5,8 | -1,3 | 1,4 | 8,1 |
2021T4 | 0,5 | -1,1 | -0,1 | -3,8 | -0,1 | 3,1 | 10,3 |
- Lecture : au quatrième trimestre 2021, le PIB en France s’est situé 0,5 % au-dessus de son niveau du quatrième trimestre 2019.
- Source : Insee, Destatis, Istat, INE, ONS, BEA, NBSC.
graphiqueFigure 5 – Écart du PIB par rapport à son niveau du quatrième trimestre 2019
En France, l’activité a davantage rebondi en 2021 que dans la moyenne de la zone euro
Après une chute de 7,9 % en 2020, l’activité économique française s’est nettement redressée en 2021, à +6,8 %. La croissance y a donc été à la fois plus forte qu’en Allemagne (+2,9 %), où le choc de 2020 a été presque deux fois moindre, et qu’en Italie (+6,6 %) et en Espagne (+5,1 %), pourtant davantage affectées en 2020. En moyenne en 2021, le PIB français se situait 1,7 % en deçà de son niveau de 2019, un rattrapage assez vif par rapport à ses principaux voisins européens.
En miroir de la chute d’activité enregistrée en France en 2020, tous les principaux postes de la demande (hors stocks) participent à son rebond en 2021 (figure 6). La plus forte contribution est celle de la consommation des ménages, de 2,7 points : les opportunités de consommer des ménages, bridées par les mesures de restrictions, se sont rétablies avec la réouverture progressive des magasins, des restaurants et cafés ou encore des activités culturelles et sportives. La contribution de l’investissement total a été du même ordre, portée par les entreprises (1,5 point) – en lien avec la reprise de l’activité, notamment après les fermetures de chantiers en 2020 et du fait d’un investissement en services très dynamique – et par les ménages (0,9 point) – avec un marché immobilier dynamique. La consommation des administrations publiques a contribué au rebond de l’activité à hauteur de 1,7 point, portée par les campagnes de tests et de vaccination. La contribution des échanges extérieurs a été faiblement positive, de 0,1 point : les exportations, plus affectées en 2020 que les importations, ont aussi plus fortement rebondi. Les importations comme les exportations sont cependant restées à un niveau nettement inférieur à celui d’avant la crise sanitaire. En particulier, les exports et imports de tourisme se sont situés en 2021 à environ 40 % sous leur niveau de 2019.
tableauFigure 6 – Variations annuelles du PIB et contribution des principaux postes de la demande
Consommation des ménages | Consommation des administrations publiques | Investissement des ménages | Investissement des entreprises | Investissement des administrations publiques | Echanges extérieurs | Stocks | PIB | |
---|---|---|---|---|---|---|---|---|
2017 | 0,9 | 0,4 | 0,3 | 0,7 | 0,0 | -0,1 | 0,2 | 2,4 |
2018 | 0,5 | 0,2 | 0,1 | 0,5 | 0,1 | 0,4 | 0,0 | 1,8 |
2019 | 0,9 | 0,3 | 0,1 | 0,4 | 0,3 | -0,3 | 0,0 | 1,9 |
2020 | -3,5 | -1,1 | -0,6 | -0,9 | -0,2 | -1,1 | -0,2 | -7,9 |
2021 | 2,7 | 1,7 | 0,9 | 1,5 | 0,1 | 0,1 | -0,3 | 6,8 |
- Note : les volumes sont corrigés des variations saisonnières et des effets des jours ouvrables (CVS-CJO).
- Lecture : en 2021, le PIB, en volume aux prix de l’année précédente chaînés, a augmenté de 6,8 % ; la contribution de la consommation privée des ménages a été de 2,7 points.
- Source : Insee, comptes nationaux trimestriels, base 2014 ; calculs Insee.
graphiqueFigure 6 – Variations annuelles du PIB et contribution des principaux postes de la demande
Cet effet de miroir entre les évolutions de l’activité en 2020 et en 2021 a aussi été sectoriel, recouvrant toutefois des rattrapages hétérogènes selon les branches
En 2021, la valeur ajoutée totale a dans l’ensemble davantage rebondi que la consommation des ménages, après une baisse également plus marquée en 2020 (figure 7). Les disparités selon les branches apparues en 2020 ont néanmoins persisté en 2021. Dans l’industrie, la fabrication de matériels de transport a faiblement rebondi en 2021, pénalisée à la fois par les difficultés d’approvisionnement (s’agissant de l’industrie automobile), et par l’état dégradé du tourisme mondial (s’agissant de l’aéronautique). Les services les plus affectés par les mesures de restriction – hébergement-restauration, transports, services aux ménages (sport, culture, loisirs) – ont poursuivi leur trajectoire de reprise, malgré un début d’année 2021 marqué à nouveau par l’épidémie. L’hétérogénéité ne s’est cependant pas résorbée, entre ces branches dont l’activité ou la consommation est restée en moyenne sous son niveau de 2019 et celles qui, ayant moins souffert de la crise sanitaire, s’en sont rapprochées ou l’ont dépassé (information-communication, services financiers…). Ce constat est aussi vrai à un niveau plus agrégé : en 2021, la valeur ajoutée est restée à un niveau par rapport à 2019 relativement plus dégradé dans l’industrie que dans les services, et inversement pour la consommation des ménages.
tableauFigure 7 – Variations annuelles et contribution des branches ou produitsValeur ajoutée
Agriculture | Autres branches industrielles | Industrie agroalimentaire | Matériels de transport | Construction | Autres services marchands | Commerce | Transport | Hébergement-restauration | Services aux entreprises | Services aux ménages | Services non marchands | VA totale 2020 | VA totale 2021 | ||
---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
Industrie | 2020 | 0,0 | -0,9 | -0,1 | -0,4 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | -8,2 | 6,8 |
2021 | 0,0 | 0,8 | 0,1 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | -8,2 | 6,8 | |
Construction | 2020 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | -0,9 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | -8,2 | 6,8 |
2021 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,6 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | -8,2 | 6,8 | |
Services marchands | 2020 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | -0,5 | -0,7 | -1,0 | -1,1 | -0,9 | -0,7 | 0,0 | -8,2 | 6,8 |
2021 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 1,3 | 0,5 | 0,5 | 0,2 | 1,2 | 0,3 | 0,0 | -8,2 | 6,8 | |
Services non marchands | 2020 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | -1,0 | -8,2 | 6,8 |
2021 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 1,3 | -8,2 | 6,8 |
- Note : les volumes sont corrigés des variations saisonnières et des effets des jours ouvrables (CVS-CJO). La valeur ajoutée totale est calculée hors impôts et subventions sur produits (contrairement au PIB).
- Lecture : en 2021, la valeur ajoutée totale a augmenté de 6,8 %. La contribution des autres services marchands (services marchands hors commerce, transport, hébergement-restauration, services aux entreprises et aux ménages) a été de 1,3 point ; celle de l’ensemble des branches des services marchands a été de 4,0 points.
- Source : Insee, comptes nationaux trimestriels, base 2014 ; calculs Insee.
graphiqueFigure 7 – Variations annuelles et contribution des branches ou produitsValeur ajoutée
En 2021, l’emploi et la population active ont été dynamiques
Après une diminution en 2020 (-216 900 emplois en fin d’année, par rapport à la fin d’année 2019), d’ampleur largement moindre que celle de l’activité, l’emploi salarié a vivement rebondi en 2021 (+855 100 entre fin 2020 et fin 2021), repassant fin 2021 nettement au-dessus du niveau de la fin 2019. Il est néanmoins resté en deçà de son niveau d’avant-crise dans l’industrie, tandis qu’il était particulièrement allant dans la construction, l’hébergement-restauration et les services aux entreprises. Le dispositif d’activité partielle, dont les conditions ont progressivement évolué au cours de l’année, ne concernaient en décembre 2021 qu’environ 400 000 salariés (contre 1 900 000 en janvier 2021).
Après des mouvements très heurtés en 2020 selon un effet en « trompe-l’œil », le taux de chômage a été quasi stable pendant les trois premiers trimestres de 2021, à environ 8 % de la population active, avant de refluer sensiblement à 7,4 % au quatrième trimestre. Le dynamisme de l’emploi au cours de l’année a en effet été d’abord contrebalancé par celui de la population active, qui a rejoint progressivement sa trajectoire tendancielle d’avant la crise sanitaire puis l’a dépassé au troisième trimestre, avant de se replier légèrement par contrecoup au quatrième, conduisant à la baisse marquée du taux de chômage en fin d’année. Ces mouvements ont été particulièrement marqués pour les jeunes, dont le taux d’emploi a atteint un point haut depuis 1991, notamment sous l’effet des contrats en alternance.
En 2021, tiré par des revenus d’activité dynamiques, et quoique pénalisé par une inflation en hausse, le pouvoir d’achat par unité de consommation a progressé de 1,9 %
Après un ralentissement en 2020 (+1,1 %), le revenu disponible brut des ménages a progressé (+4,0 %), plus vivement encore qu’en 2018 et 2019. Le même effet de miroir évoqué précédemment entre 2020 et 2021 a joué sur les contributions des différentes composantes du pouvoir d’achat, à l’exception notable de l’inflation (figure 8). Les revenus d’activité ont contribué le plus, à hauteur de 5,0 points, en lien avec la reprise de l’activité, le dynamisme de l’emploi et le moindre recours à l’activité partielle. En 2020, la contribution négative des revenus d’activité avait été en partie compensée par celle, positive, des prestations sociales et des impôts. En 2021, c’est le phénomène inverse qui se produit. L’ampleur nettement plus faible de la contribution négative des prestations sociales, de -0,6 point, reflète toutefois la poursuite partielle des dispositifs de soutien (activité partielle et fonds de solidarité). Enfin, poussée notamment par les prix de l’énergie, l’inflation a commencé à augmenter nettement au second semestre 2021, jusqu’à atteindre 2,8 % sur un an en fin d’année. Malgré cette hausse des prix, la croissance du pouvoir d’achat a été nette en moyenne annuelle (+2,3 %, soit 1,9 % par unité de consommation).
Du côté des entreprises, la valeur ajoutée (CVS-CJO) des sociétés non financières a augmenté de 9,6 % en 2021, en nette reprise après sa chute en 2020. Le taux de marge a quant à lui atteint 34,2 %, repassant même au-dessus du pic de 2019 (lié principalement à un effet d’enregistrement du CICE). Cette moyenne annuelle résulte cependant d’un premier semestre 2021 élevé, dans le sillage du rebond de la fin 2020, tandis que le second semestre 2021 a été un peu plus modéré.
tableauFigure 8 – Variations annuelles du pouvoir d’achat et contributions de ses principaux déterminants
Revenus d'activité | Prestations sociales | EBE des ménages purs | Revenus de la propriété | Impôts et cotisations | Prix de la consommation des ménages | Pouvoir d'achat du RDB | Pouvoir d'achat par unité de consommation | |
---|---|---|---|---|---|---|---|---|
2018 | 1,9 | 0,8 | 0,3 | 0,7 | -0,6 | -1,7 | 1,4 | 0,8 |
2019 | 2,2 | 1,0 | 0,4 | -0,1 | -0,1 | -0,8 | 2,6 | 2,0 |
2020 | -2,7 | 3,2 | 0,1 | -0,4 | 0,9 | -0,9 | 0,2 | -0,2 |
2021 | 5,0 | -0,6 | 0,3 | 0,4 | -1,2 | -1,6 | 2,3 | 1,9 |
- Note : les données sont corrigées des variations saisonnières et des effets des jours ouvrables (CVS-CJO).
- Lecture : le pouvoir d'achat du revenu disponible brut (RDB) des ménages a augmenté de 2,3 % en 2021. La principale contribution à cette hausse est celle des revenus d'activité, qui s'élève à 5,0 points.
- Source : Insee, comptes nationaux trimestriels, base 2014 ; calculs Insee.
graphiqueFigure 8 – Variations annuelles du pouvoir d’achat et contributions de ses principaux déterminants
Encadré 1 - Les contraintes sanitaires en 2021 en Guadeloupe
A partir de la fin janvier, application des motifs impérieux pour les déplacements entre la Guadeloupe et l’Hexagone.
A partir du 7 mars, instauration du couvre-feu (22h-5h) Interdiction des défilés de la mi-carême.
Du 27 avril au 25 mai, interdiction de déplacements au-delà de 10 kms sauf sur présentation d’un justificatif, fermeture des commerces.
25 mai : réouverture des commerces après 4 semaines de fermeture.
10 juin : levée des motifs impérieux pour l’entrée en Guadeloupe.
09 août : fermeture des restaurants sauf pour la vente à emporter et la livraison à domicile.
15 novembre : fin de l’état d’urgence sanitaire en Guadeloupe.
16 novembre : grève générale puis barrages et couvre-feux jusqu’à la mi décembre.
Encadré 2 - Les secteurs bénéficiant de mesures d’aides gouvernementales suite à la pandémie de Covid 19
- tourisme (restauration, hôtels, parcs
- commerces (équipements, alimentation...)
- activités culturelles (cinéma)
- sport (commerces et activités)
- évènementiel
- pêche
- agro-alimentaire
Dispositifs /aides gouvernementales
- Fonds de solidarité prolongé jusqu'à fin 2022
- Dispositif Coûts fixes consolidation (indemnisation égale à 90 % (70 % pour les entreprises du plus de 50 salariés) de la perte d’exploitation du mois de novembre)
- Activité partielle
- Prêts garantis par l'État (PGE)
Définitions
le dispositif de l’activité partielle (ou chômage partiel) permet aux établissements confrontés à des difficultés temporaires de diminuer ou suspendre leur activité tout en assurant aux salariés une indemnisation pour compenser leur perte de salaire. L’activité partielle fait l’objet de demandes d’autorisation préalables (DAP) déposées par les établissements souhaitant recourir à l’activité partielle en raison de la crise sanitaire, ainsi que les demandes d’indemnisation (DI). Lors de la phase d’indemnisation, il est possible que le nombre d’heures effectivement consommé soit inférieur à celui qui avait été demandé. En complément des données administratives (DAP et DI), les réponses des entreprises à l’enquête mensuelle Acemo-Covid-19 sont mobilisées. Elles permettent d’estimer le nombre de salariés qui ont été effectivement placés en activité partielle chaque mois, et d’anticiper ainsi les demandes d’indemnisations qui vont arriver, les entreprises disposant, pour un mois donné, d’un délai d’un an pour faire leur demande. L’ensemble des données présentées sur l’activité partielle sont susceptibles d’être révisées.
le volume d’heures rémunérées correspond à la durée pour laquelle le salarié est rémunéré sur une période. Cela inclut notamment les heures supplémentaires mais aussi les absences pour lesquelles le salarié perçoit une rémunération, comme les congés payés, les jours fériés ou les jours attribués au titre de la réduction du temps de travail. Ce volume d’heures rémunérées est une composante importante de l’activité économique, même s’il ne la mesure pas directement : d’une part, certaines absences sont considérées comme du travail rémunéré et d’autre part, la rémunération des salariés ne reflète pas toujours les fluctuations de leur productivité.
les montants des transactions par carte bancaire en face‑à‑face proviennent de Cartes Bancaires CB. Elles sont anonymisées et agrégées à l‘échelle départementale. Elles concernent tout détenteur de carte bancaire CB sur le territoire français, ce qui, outre les ménages, peut couvrir aussi des entreprises. Elles couvrent l’essentiel des transactions bancaires, avec et sans contact, à l’exception des transactions en vente à distance (internet). Elles permettent de suivre une partie de la consommation des ménages. Les transactions réalisées par d’autres moyens de paiement (espèces, chèque, ticket restaurant, etc.) ne sont pas suivies.
« World Economic Outlook », FMI (Avril 2022).
Estimation prenant en compte la correction des variations saisonnières et les effets des jours ouvrables.
Données révisées sur l’emploi salarié national, par rapport à celles mobilisées dans le chapitre « Emploi salarié » de ce bilan, suite à plusieurs changements méthodologiques ; en particulier les alternants sont inclus explicitement dans la dynamique de l’emploi des années 2019 à 2021.
Le chômage partiel, 27 avril 2022, Dares.
Les confinements ont rendu difficiles les démarches de recherche active d’emploi, ce qui influe sur la mesure du taux de chômage : en effet, un chômeur au sens du BIT est une personne âgée de 15 ans ou plus, sans emploi durant une semaine donnée, disponible pour travailler dans les deux semaines, et qui a effectué au cours des quatre dernières semaines une démarche active de recherche d’emploi.
Ce, pour des raisons en partie comptables : contrairement aux salaires, l’activité partielle n’est pas enregistrée dans les revenus d’activité, mais dans les prestations sociales.
« World Economic Outlook », FMI (Avril 2022).
Estimation prenant en compte la correction des variations saisonnières et les effets des jours ouvrables.
Données révisées sur l’emploi salarié national, par rapport à celles mobilisées dans le chapitre « Emploi salarié » de ce bilan, suite à plusieurs changements méthodologiques ; en particulier les alternants sont inclus explicitement dans la dynamique de l’emploi des années 2019 à 2021.
Le chômage partiel, 27 avril 2022, Dares.
Les confinements ont rendu difficiles les démarches de recherche active d’emploi, ce qui influe sur la mesure du taux de chômage : en effet, un chômeur au sens du BIT est une personne âgée de 15 ans ou plus, sans emploi durant une semaine donnée, disponible pour travailler dans les deux semaines, et qui a effectué au cours des quatre dernières semaines une démarche active de recherche d’emploi.
Ce, pour des raisons en partie comptables : contrairement aux salaires, l’activité partielle n’est pas enregistrée dans les revenus d’activité, mais dans les prestations sociales.