Insee Conjoncture Bourgogne-Franche-ComtéBilan économique 2019 - Bourgogne-Franche-Comté

L’économie régionale globalement bien orientée en 2019 mais à l’épreuve de la crise sanitaire en 2020

Comme dans presque tous les pays avancés, l’économie française ralentit en 2019 mais de façon modérée. La croissance du PIB national est de 1,5 %, contre 1,8 % en 2018. Elle est freinée par la dégradation du commerce extérieur alors que la consommation des ménages accélère et que l’investissement est dynamique. Sur le marché du travail, le nombre d’emplois augmente et le taux de chômage continue sa décrue : il atteint 8,1 % fin 2019. En Bourgogne-Franche-Comté, les tendances sont similaires avec une très bonne fin d’année. Le taux de chômage y est au plus bas depuis 2008, à 7,2 % de la population active. Les gains d’emplois dans le tertiaire et la construction compensent les pertes de l’industrie. Les créations d’entreprises sont nombreuses, notamment pour les micro-entreprises. La fréquentation touristique progresse, portée par l’augmentation des nuitées dans les campings. En revanche, les demandes de permis de construire comme les mises en chantier sont en baisse.

Le contexte conjoncturel de l’année 2019 a été radicalement modifié début 2020 avec l’émergence de l’épidémie du Covid-19. Au mois de mars et au deuxième trimestre 2020, l’activité a fortement chuté. Pendant toute la période de confinement, elle se serait située à environ un tiers en deçà de son niveau en situation « normale » d’activité.

Insee Conjoncture Bourgogne-Franche-Comté
No 22
Paru le : Paru le 18/06/2020
Guillaume Volmers (Insee), Thomas Ouin-Lagarde (division Synthèse conjoncturelle, Insee)
Insee Conjoncture Bourgogne-Franche-Comté  No 22 - Juin 2020

Ce bilan économique fait partie des 17 bilans économiques régionaux 2019 publiés par l'Insee.
Retrouvez les bilans des autres régions ici.

Cette année, la situation exceptionnelle de la pandémie dans les premiers mois de 2020 introduit une rupture avec la dynamique de 2019 et remet en question les éventuelles prévisions réalisées précédemment. Ainsi, ces bilans rendent également compte de la crise, uniquement sur la période de confinement.

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Synthèse régionale – Contexte nationalBilan économique 2019

Guillaume Volmers (Insee), Thomas Ouin-Lagarde (division Synthèse conjoncturelle, Insee)

Insee Conjoncture Bourgogne-Franche-Comté

No 22

Paru le : 18/06/2020

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Sommaire
  1. Synthèse régionale - Amélioration quasi générale en 2019
  2. Les gains d’emplois dans le tertiaire et la construction compensent les pertes de l’industrie
  3. L’emploi frontalier poursuit sa progression
  4. Le taux de chômage au plus bas depuis fin 2008
  5. Nombreuses créations d’entreprises, notamment de micro-entreprises
  6. Reprise dans la construction de locaux non résidentiels
  7. Progression du trafic aérien grâce aux lignes internationales et à bas coûts
  8. Repli de la clientèle non-résidente dans l’hôtellerie, progression soutenue de la fréquentation des campings
  9. Pour l’agriculture, une année marquée par la canicule
  10. Choc économique lié à la crise sanitaire en 2020
  11. Une baisse drastique de l’activité, évaluée à 32 % pour la Bourgogne-Franche-Comté
  12. La construction, les commerces, le transport, les services aux entreprises et l’industrie sont très impactés
  13. 59 % des salariés du privé font l’objet d’une demande d’activité partielle
  14. La création d’entreprises mise à mal
  15. Chute des transactions par carte bancaire, conséquence de la baisse de consommation des ménages
  16. Chute de la consommation d’électricité, du trafic routier : amélioration de la qualité de l’air
  17. Contexte national – L’économie française en ralentissement modéré en 2019 puis en forte chute début 2020
  18. L’activité a ralenti en 2019 dans presque tous les pays avancés
  19. En 2019, l’activité française a connu un nouveau ralentissement, quoique modéré
  20. La consommation des ménages a accéléré
  21. L’investissement a été très dynamique
  22. En 2019, le chômage a nettement baissé
  23. Le pouvoir d’achat des ménages a soutenu la consommation
  24. Au mois de mars et au deuxième trimestre 2020, l’activité a fortement chuté

Synthèse régionale - Amélioration quasi générale en 2019

L’activité économique est bien orientée en Bourgogne-Franche-Comté en 2019, avec un second semestre bien meilleur que le premier notamment sur le marché du travail.

Les gains d’emplois dans le tertiaire et la construction compensent les pertes de l’industrie

Fin 2019, la Bourgogne-Franche-Comté compte 969 900 emplois, 530 de plus en un an. La baisse connue en 2018 est enrayée, le nombre d’emplois est en légère progression de 0,1 % cette année grâce à un fort rebond au dernier trimestre.

L’emploi régional est soutenu par la croissance en Côte-d’Or, dans le Jura et en Haute-Saône. Les effectifs dans les secteurs d’activité de la construction et du tertiaire non marchand sont en hausse contrairement à l’année précédente. Le tertiaire marchand hors intérim continue sa progression au même rythme qu’en 2018. Les pertes d’emplois dans l’industrie s’accentuent, elles sont deux fois plus importantes que l’an passé. L’emploi intérimaire continue son repli mais moins fortement.

L’emploi frontalier poursuit sa progression

Fin 2019, près de 37 500 résidents non suisses de Bourgogne-Franche-Comté exercent une activité professionnelle en Suisse. Leur nombre croît plus fortement que l’année précédente. Les flux de navetteurs de tous les départements de la région augmentent et atteignent leur plus haut niveau. Les cantons de Vaud et Neuchâtel accueillent près des trois quarts de ces travailleurs frontaliers.

Le taux de chômage au plus bas depuis fin 2008

Fin 2019, le taux de chômage en Bourgogne-Franche-Comté s’établit à 7,2 % de la population active contre 8,1 % au niveau national. Il est en recul dans la région de 0,3 point sur un an et atteint son plus bas niveau depuis fin 2008. Cette baisse se constate dans les huit départements et le Jura reste le plus préservé du chômage, à l’inverse du Territoire de Belfort qui est le plus touché.

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi est également en diminution dans la région et ce quel que soit le sexe ou la catégorie d’âge, hormis les seniors dont le nombre est stable. Ce recul des inscrits à Pôle emploi se retrouve dans tous les départements sauf le Doubs.

Nombreuses créations d’entreprises, notamment de micro-entreprises

En Bourgogne-Franche-Comté, les créations d’entreprises, et tout particulièrement des micro-entreprises, sont plus nombreuses que l’année précédente pour la quatrième année d’affilée. Une progression de près de 20 % par rapport à 2018 toutes catégories juridiques confondues et d’un tiers pour les micro-entreprises. Cette augmentation des créations se retrouve dans tous les secteurs d’activité, en particulier dans l’industrie, et dans tous les départements, notamment dans le Territoire de Belfort et en Côte-d’Or. Parallèlement, le nombre de défaillances d’entreprises est stable en Bourgogne-Franche-Comté, alors qu’il recule de 5,2 % au niveau national.

Reprise dans la construction de locaux non résidentiels

En 2019, le nombre de permis de construire délivrés se replie moins fortement en Bourgogne-Franche-Comté qu’en 2018. Celui des mises en chantier recule, à l’inverse des années précédentes, et sur un rythme plus marqué qu’au niveau national. Le marché des logements neufs se dégrade, le nombre de ventes baisse de 5 % et celui des mises en vente s’écroule de 40 %. La région reste celle où le montant moyen des ventes de logements neufs est le moins élevé de France. Pour les locaux non résidentiels, les surfaces autorisées à la construction repartent à la hausse.

Progression du trafic aérien grâce aux lignes internationales et à bas coûts

En 2019, le trafic aérien, peu développé en Bourgogne-Franche-Comté, progresse grâce à une croissance sur les vols à l’international et à bas coûts.

Les immatriculations de véhicules neufs stagnent, notamment celles des véhicules particuliers. Les véhicules hybrides et électriques doublent leur part de marché par rapport à 2016.

Repli de la clientèle non-résidente dans l’hôtellerie, progression soutenue de la fréquentation des campings

La fréquentation touristique progresse en 2019 par rapport à 2018, mais moins fortement qu’au niveau national. Si elle augmente dans les campings de la région, elle est en léger repli dans les hôtels. Ces derniers subissent le fléchissement de la clientèle résidant hors de France, notamment la clientèle britannique, dans l’attente des suites du Brexit. Dans les campings, la fréquentation est portée par la hausse conjuguée de la clientèle résidant en France et de celle résidant à l’étranger.

Pour l’agriculture, une année marquée par la canicule

En 2019, après une très bonne année 2018, les vendanges sont moins abondantes en Bourgogne-Franche-Comté, le vignoble étant victime des aléas météorologiques. Cependant, les exportations de vins sont dynamiques en volume comme en valeur. Les rendements des grandes cultures sont inégaux face à la canicule ; le colza est en retrait alors que le blé continue sa progression. Cependant, l’importante production mondiale de blé fait chuter les prix. Les livraisons de lait sont stables mais celles de lait AOP progressent fortement. Le marché du porc se redresse.

Choc économique lié à la crise sanitaire en 2020

Les mesures mises en place dans l’ensemble des régions françaises pour freiner la propagation de l’épidémie de coronavirus ont des conséquences brutales sur l’activité économique. Les tendances observées en 2019 changent radicalement à partir de mi-mars 2020 avec le confinement de la population.

Une baisse drastique de l’activité, évaluée à 32 % pour la Bourgogne-Franche-Comté

La Bourgogne-Franche-Comté subirait, par rapport à une situation normale, une baisse d’activité, entre le 17 mars et le 7 mai, de 32 %, comparable à celle du niveau national. Cette estimation fait l’hypothèse qu’une branche d’activité est affectée avec la même intensité dans tous les territoires. Les mesures de confinement ayant été similaires, les différences observées entre les régions et les départements reflètent donc essentiellement des différences de composition de leur tissu économique. Dans les départements, elle varie de - 30 % dans la Nièvre à - 33 % dans le Territoire de Belfort.

La construction, les commerces, le transport, les services aux entreprises et l’industrie sont très impactés

Les services marchands perdent dans l’ensemble 36 % de leur activité, mais bien davantage dans l'hébergement-restauration, les transports et l’entreposage, le commerce, et les services aux entreprises. La baisse d’activité des services marchands explique la moitié de la baisse de l’activité totale dans la région.

L’industrie a ralenti son activité de 38 %. Ce secteur, toujours très présent en Bourgogne-Franche-Comté, explique 7 points de la baisse d’activité régionale.

La construction, secteur qui tourne le plus au ralenti avec 75 % de perte d’activité, participe pour 4 points de la baisse totale.

59 % des salariés du privé font l’objet d’une demande d’activité partielle

Au 10 mai, en Bourgogne-Franche-Comté, près de 428 000 salariés bénéficient d’une demande d’activité partielle validée, soit 59 % des salariés du privé. À cette date, 157 260 ont été indemnisés (source Direccte Bourgogne-Franche-Comté). Depuis le 1er mars, ces dépôts de demandes concernent 43 630 établissements, ce qui représente 69 % du total de la région.

La création d’entreprises mise à mal

En mars 2020, la Bourgogne-Franche-Comté enregistre 1 214 créations d’entreprises toutes catégories confondues, soit une baisse de 31 % par rapport au mois précédent et de 36 % par rapport à mars 2019. Elles sont particulièrement moins nombreuses que l’an passé dans le Doubs et l’Yonne, de respectivement 40 % et 42 %. En Saône-et-Loire et dans le Jura, la baisse est la moins prononcée, - 26 % et - 30 %.

Dans l’ensemble de la région, le nombre de créations d’entreprises chute lourdement dans le commerce, - 46 %. Viennent ensuite les services, - 40 %, secteur où se fait la majorité des créations. La baisse est plus limitée dans l’industrie, - 17 %.

Le nombre de créations a commencé à diminuer significativement dès la semaine du 9 au 13 mars, c’est-à-dire juste avant le confinement, puis il s’est effondré dans la semaine du 16 au 20 mars.

Chute des transactions par carte bancaire, conséquence de la baisse de consommation des ménages

Un fort recul des transactions par carte bancaire s’est produit lors de la mise en place du confinement le mardi 17 mars. Ces transactions étaient pourtant en hausse significative la semaine précédant le confinement par rapport à la même semaine de l’an passé. Ce phénomène s’explique par une consommation accrue des ménages pour constituer des réserves. Par la suite, le nombre de transactions chute, de manière similaire en France et en Bourgogne-Franche-Comté : il est, dans la semaine du 16 mars, qui n’est pas une semaine complète de confinement, d’environ 40 % inférieur à l’an passé. Les deux semaines suivantes, il est inférieur à la « normale » de respectivement 60 % et 55 %.

On observe un léger redressement les semaines suivantes, peut-être dû au développement des ventes à emporter dans la restauration, le bricolage et plus tard la jardinerie…, mais également au changement de manière de consommer : avec des livraisons qui augmentent et aussi la reprise de certaines consommations autres que des denrées alimentaires. Les ménages avaient pu suspendre les achats de certains biens pendant les premières semaines du confinement et voyant celui-ci se prolonger, ils les ont réalisés en partie.

Chute de la consommation d’électricité, du trafic routier : amélioration de la qualité de l’air

La baisse de l’activité économique se reflète dans la chute de la consommation totale d’électricité. Cette dernière fluctue aussi en fonction des températures extérieures et de la plus ou moins forte nécessité de chauffer les habitations, les installations collectives et les entreprises.

Ainsi, en Bourgogne-Franche-Comté, la consommation journalière moyenne totale d’électricité est en baisse de 21 % durant les quinze premiers jours du confinement par rapport aux deux semaines qui ont précédé. Ceci est dû à la chute de la consommation des entreprises, celle des ménages augmente avec le confinement et le télétravail mais baisse avec les températures plus clémentes observées à partir de début avril.

Le confinement entraîne également une forte réduction des déplacements de la population et une baisse du transport de marchandises. Beaucoup d’actifs occupés n’ont plus à se rendre sur leur lieu de travail et doivent aussi limiter leurs déplacements aux lieux de consommation ouverts et proches. Les magasins n’ont plus autant besoin de livraisons et puisent pour partie dans leur stock, les autres ferment. Ainsi, la « congestion routière », qui reflète l’intensité de la circulation routière, a été en moyenne divisée par 3,2 à Dijon le mardi 14 avril à 17 heures par rapport à la moyenne observée à la même heure sur toute l’année 2019 (source TomTom). La forte baisse des déplacements et le fonctionnement ralenti de l’industrie provoquent une amélioration de la qualité de l’air. La concentration en polluants chute en mars pendant le confinement : - 69 % par exemple à Dijon pour le niveau d’oxyde d’azote (source Atmo).

Contexte national – L’économie française en ralentissement modéré en 2019 puis en forte chute début 2020

L’activité a ralenti en 2019 dans presque tous les pays avancés

Les incertitudes politiques et économiques provenant notamment du Brexit ou de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine ont pesé non seulement sur les échanges commerciaux mais aussi, plus globalement, sur l’investissement des entreprises et la croissance mondiale. Après un pic d’activité en 2018, l’activité aux États-Unis a ralenti en 2019 (+ 2,3 % après + 2,9 %), grevée par la décélération de la consommation des ménages (+ 2,6 % après + 3,0 %) et par l’essoufflement de l’investissement des entreprises (+ 2,1 % après + 6,4 %). En zone euro, l’activité a également ralenti, pour la deuxième année consécutive (+ 1,2 % après + 1,9 %) et malgré une politique monétaire de la Banque centrale européenne toujours accommodante. En particulier, l’activité a très nettement décéléré en Allemagne (+ 0,6 % après + 1,5 %) et en Italie (+ 0,3 % après + 0,8 %) mais a un peu mieux résisté en France (+ 1,5 % après + 1,8 %) et en Espagne (+ 2,0 % après + 2,4 %). En 2019, l’activité britannique a évolué par à-coups au gré des anticipations et des comportements de stockage avant la date, plusieurs fois reportée, du Brexit. En moyenne en 2019, l’activité y a crû de 1,4 % (après + 1,3 % en 2018).

En 2019, l’activité française a connu un nouveau ralentissement, quoique modéré

Après une année 2017 très dynamique (+ 2,3 %) et une décélération en 2018 (+ 1,8 %), l’activité a de nouveau ralenti en 2019 (+ 1,5 %, figure 1). Ce ralentissement est dû notamment à une dégradation des échanges extérieurs, qui ont contribué négativement à la croissance (- 0,2 point après + 0,4 point). En effet, les exportations en volume ont décéléré (+ 1,9 % après + 4,4 %) davantage que les importations (+ 2,5 % après + 3,1 %). Le ralentissement des exportations a concerné tant les produits manufacturés, notamment les matériels de transport, que les services. En revanche, la demande intérieure a nettement accéléré, soutenant la croissance (contribuant pour + 2,2 points, après + 1,4 point en 2018). Cette accélération a été portée à la fois par les dépenses de consommation des ménages et des administrations publiques et par l’investissement total.

Figure 1L’activité ralentit en 2019, freinée par le solde du commerce extérieurCroissance du PIB et contributions

Variation annuelle du PIB en %, contributions en points
L’activité ralentit en 2019, freinée par le solde du commerce extérieur (Variation annuelle du PIB en %, contributions en points)
Consommation privée (points) Investissement privé (points) Consommation des APU (points) Investissement des APU (points) Solde du commerce extérieur (points) Variation de stocks (points) Croissance du PIB (%)
2015 0,8 0,4 0,2 -0,2 -0,4 0,3 1,1
2016 1,0 0,6 0,3 0,0 -0,4 -0,4 1,1
2017 0,8 1,0 0,3 0,0 -0,1 0,2 2,3
2018 0,5 0,6 0,2 0,1 0,4 0,0 1,8
2019 0,8 0,7 0,4 0,3 -0,2 -0,4 1,5
  • Champ : France.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 1L’activité ralentit en 2019, freinée par le solde du commerce extérieurCroissance du PIB et contributions

  • Champ : France.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

La consommation des ménages a accéléré

Les dépenses de consommation des ménages ont accéléré en 2019 (+ 1,5 % en volume, après + 0,9 % en 2018), dans un contexte d’accélération du pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages. Ces dépenses ont été soutenues, en particulier, par les achats de biens durables, notamment en équipement du logement, et par les dépenses de loyers, d’hébergement-restauration et d’autres services marchands.

L’investissement a été très dynamique

La formation brute de capital fixe de l’ensemble des agents économiques a accéléré en 2019 (+ 4,2 % après + 3,2 % en 2018), soutenue par l’investissement des ménages (+ 1,8 % après + 1,5 %) et par l’investissement public (+ 7,7 % après + 3,3 %), lui-même porté par l’investissement en construction des collectivités locales avant les élections municipales. L’investissement des entreprises est resté très dynamique (+ 3,6 % après 3,7 %), en particulier en services.

En 2019, le chômage a nettement baissé

L’emploi total a fortement accéléré en 2019, avec 358 000 créations nettes d’emplois tous secteurs confondus après 228 000 en 2018 (dont 287 500 créations nettes d’emplois dans le champ salarié public et privé, après 158 100 en 2018). Ainsi, le taux de chômage a poursuivi sa décrue, atteignant 8,1 % de la population active française au quatrième trimestre 2019 après 8,7 % au quatrième trimestre 2018 (soit 8,4 % en moyenne annuelle en 2019 après 9,0 % en 2018).

Le pouvoir d’achat des ménages a soutenu la consommation

En 2019, le revenu disponible brut des ménages a progressé de 3,1 % en valeur (après + 3,0 % en 2018). Il a été soutenu par une accélération des prestations sociales (+ 3,1 % après + 2,0 %, notamment du fait, en 2019 de la revalorisation et de l’élargissement de la prime d’activité mis en place dans le cadre des mesures d’urgence économiques et sociales) et par le ralentissement des impôts courants (+ 0,3 % après + 9,6 % en 2018), du fait notamment de la poursuite des réductions de taxe d’habitation et après une forte hausse de la CSG en 2018 du fait de la bascule de cotisations sociales vers la  CSG. Les salaires nets de cotisations sociales ont ralenti, mais sont restés vigoureux (+ 3,3 % après + 4,8 %). Le prix de la dépense de consommation finale a ralenti (+ 0,9 % après + 1,7 % en 2018), si bien que le pouvoir d’achat du revenu disponible a accéléré (+ 2,1 % après + 1,3 %, figure 2). Ramené au niveau individuel, le pouvoir d’achat par unité de consommation a augmenté de 1,5 % (après + 0,7 % en 2018).

Du côté des entreprises, la transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en allègements de cotisations sociales a nettement soutenu le taux de marge des sociétés non financières (+ 1,8 point, mais + 0,1 point hors transformation du CICE).

Figure 2L’accélération des prestations sociales soutient le pouvoir d’achatÉvolution du pouvoir d'achat en % et contributions en points

L’accélération des prestations sociales soutient le pouvoir d’achat
Revenus d'activité (points) Prestations sociales en espèces (points) EBE des ménages purs (points) Revenus nets de la propriété (points) Revenus nets de la propriété et EBE des ménages purs (points) Prélèvements obligatoires (points) Prix de la consommation des ménages (points) Pouvoir d'achat des ménages (%)
2015 1,0 0,6 0,3 0,0 0,2 -0,5 -0,3 0,8
2016 1,3 0,6 0,3 -0,2 0,1 -0,4 -0,2 1,6
2017 2,3 0,6 0,3 -0,1 0,2 -0,8 -0,8 1,7
2018 1,9 0,7 0,3 0,7 1,0 -0,6 -1,7 1,3
2019 1,9 1,1 0,0 0,2 0,3 -0,2 -0,9 2,1
  • Champ : France.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 2L’accélération des prestations sociales soutient le pouvoir d’achatÉvolution du pouvoir d'achat en % et contributions en points

  • Champ : France.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Au mois de mars et au deuxième trimestre 2020, l’activité a fortement chuté

Le contexte conjoncturel de l’année 2019 a été radicalement modifié début 2020 avec l’émergence de l’épidémie de Covid-19, frappant d’abord la Chine puis se propageant dans le reste du monde. Les mesures prises, en France et dans les autres pays concernés, pour endiguer la propagation du virus, ont des conséquences lourdes sur le fonctionnement des économies. En France, un confinement de la population a été mis en place entre le 16 mars et le 11 mai, s’ajoutant à la fermeture des établissements recevant du public et des commerces non essentiels.

Dans ce contexte, l’activité a lourdement chuté : pendant toute la période de confinement, elle se serait située à environ un tiers en deçà de son niveau en situation « normale » d’activité (figure 3). Dans les autres pays, la forte baisse du PIB au premier trimestre 2020 témoigne, comme en France, de l’ampleur du choc.

En France, la perte d’activité concerne surtout les branches marchandes (- 40 % pendant toute la durée de confinement). Dans l’industrie, hormis la branche agro-alimentaire nécessaire à la fourniture de biens essentiels, les autres branches sont particulièrement touchées, à travers la baisse de la demande nationale et étrangère, les difficultés d’approvisionnement ou encore l’indisponibilité de la main-d’œuvre et les difficultés à mettre en place les mesures sanitaires sur les sites de production. Dans les services, les pertes d’activité sont plus contrastées, élevées dans les secteurs directement concernés par les mesures de confinement (commerce, services de transport, hébergement et restauration, loisirs) et plus faibles dans les activités telles que les services financiers ou d’assurance. Enfin, la construction a pâti de l’arrêt partiel voire complet des chantiers.

La crise sanitaire s’est également traduite par un recul important de la consommation des ménages, qui elle aussi se serait située un tiers environ en deçà de son niveau en situation « normale » (- 35 % de perte de consommation à la fin mars puis - 32 % au 7 mai). Cette perte traduit notamment la chute des achats de carburants, de véhicules automobiles et d’autres biens manufacturés (habillement) mais également des services de transport, d’hébergement et restauration et de loisirs. En revanche, certains produits ont vu leur consommation augmenter pendant le confinement (produits alimentaires notamment).

Cette crise touche fortement l’ensemble des régions françaises, avec quelques disparités néanmoins, compte tenu des différences de structure sectorielle qui existent d’un territoire à un autre. En effet, la perte d’activité au niveau local dépend entre autres du poids des activités durement touchées par la crise (tourisme, construction…) et de celui des secteurs qui au contraire sont davantage épargnés (agriculture).

Figure 3L’activité a fortement baissé pendant le confinement puis se redresserait progressivementLes services ont été principalement touchés par la perte d'activité

En %
L’activité a fortement baissé pendant le confinement puis se redresserait progressivement (En %)
Agriculture, sylviculture et pêche Industrie Construction Services principalement marchands Services principalement non marchands Evolution activité totale
26 mars -0,2 -6,0 -5,0 -20,2 -3,2 -34,6
9 avril -0,2 -5,9 -4,9 -21,9 -3,4 -36,3
23 avril -0,2 -5,3 -4,4 -21,6 -3,3 -34,9
7 mai -0,2 -5,2 -4,2 -20,3 -3,3 -33,2
27 mai -0,1 -3,3 -2,1 -13,9 -1,7 -21,2
  • Source : Points de conjoncture de l’Insee ; les dates indiquées sont les dates de parution de ces différents Points.

Figure 3L’activité a fortement baissé pendant le confinement puis se redresserait progressivementLes services ont été principalement touchés par la perte d'activité

  • Source : Points de conjoncture de l’Insee ; les dates indiquées sont les dates de parution de ces différents Points.

Hors Mayotte.

Au premier trimestre 2020, le PIB a baissé de 2,2 % en Allemagne, 5,3 % en France, 5,3 % en Italie, 5,2 % en Espagne, 2,0 % au Royaume-Uni, 1,3 % aux États-Unis, ces écarts pouvant traduire à la fois les différences de calendrier dans la mise en place de mesures d’endiguement de l’épidémie et les différences méthodologiques d’estimation de l’activité dans cette période très particulière.

Voir l’éclairage régional du Point de conjoncture du 7 mai.

Hors Mayotte.

Au premier trimestre 2020, le PIB a baissé de 2,2 % en Allemagne, 5,3 % en France, 5,3 % en Italie, 5,2 % en Espagne, 2,0 % au Royaume-Uni, 1,3 % aux États-Unis, ces écarts pouvant traduire à la fois les différences de calendrier dans la mise en place de mesures d’endiguement de l’épidémie et les différences méthodologiques d’estimation de l’activité dans cette période très particulière.

Voir l’éclairage régional du Point de conjoncture du 7 mai.