Bilan économique régional 2015 - Corse

En 2015, l'économie française accélère : le PIB progresse de 1,3 % en volume, après + 0,6 % en 2014. Il s'agit de la plus forte croissance depuis 2011. Dans ce contexte, l'emploi salarié se stabilise après deux années de baisse. Grâce aux créations nettes d'emplois dans le secteur non marchand ainsi que pour les non-salariés, l'emploi total continue d'augmenter. En Corse, après une année 2014 particulièrement morose, le bilan économique de l'île est plutôt encourageant. La situation s'améliore sur le plan de l'emploi salarié et la demande d'emploi enregistre une hausse plus modérée que l'année précédente, ce qui contribue au repli du taux de chômage régional. Ce dernier demeure néanmoins supérieur au taux national. La création d'entreprises hors auto-entrepreneurs repart à la hausse et la construction rebondit en Corse-du-Sud. Parallèlement, la croissance de la fréquentation touristique française bénéficie à toutes les catégories d'hébergement et le trafic global de passagers reste stable. Enfin, face à des conditions climatiques difficile, le bilan agricole est contrasté : positif pour la viticulture, moins favorable pour les autres productions végétales ; le secteur connaît toutefois une légère amélioration du contexte sanitaire.

Insee Conjoncture Corse
Paru le : 31/05/2016
Consulter

Construction - Construction neuve en 2015 : une forte reprise des autorisations liée à la Corse-du-Sud

Georges Winterstein, Davia Murati, Dreal Corse

Après trois années de baisse successives, le nombre de logements autorisés à la construction atteint un niveau comparable à celui antérieur à la crise de 2008. En effet, contrairement à l’année précédente, les logements collectifs et en résidence semblent à leur apogée et le nombre de logements individuels reste stable. Toutefois, de fortes différences apparaissent entre les deux départements. La Corse-du-Sud s’inscrit dans cette dynamique favorable, notamment du fait de l’existence d’importants programmes de construction de logements collectifs situés en majorité sur la commune d’Ajaccio. En revanche, en Haute-Corse, le nombre de logements autorisés continue de diminuer. Les ventes de logements neufs suivent la tendance positive nationale mais le niveau du stock de logements invendus en fin d’année reste important. Parallèlement, les prix des appartements augmentent tandis que ceux des maisons repartent à la baisse.

Insee Conjoncture Corse
No 10
Paru le : 31/05/2016

En 2015, en Corse, avec 7 400 autorisations de construire estimées, l’activité du secteur de la construction prend le contre-pied de la tendance baissière de ces dernières années. Avec 3 700 logements de plus sur un an, le nombre d’autorisations a été multiplié par deux par rapport à 2014.

En France métropolitaine, après trois ans de baisse (- 11 % en 2014, - 13 % en 2013 et - 6 % en 2012), le nombre d’autorisations augmente également : + 3,8 % sur un an (+ 0,7 % pour les logements individuels et + 5,7 % pour les logements collectifs).

Repli des logements individuels stabilité des collectifs

Dans la région, la baisse est imputable aux logements individuels qui diminuent pour la troisième année consécutive. Cette année, leur nombre diminue de 22 %, après - 15 % en 2013 et - 4 % en 2012. Parallèlement, le nombre de logements collectifs et en résidence est stable par rapport à l’année précédente. Il avait toutefois chuté en 2013 (- 41 %) (figure 1).

1 – Évolution du nombre de logements autorisés par type en Corse

Évolution du nombre de logements autorisés par type en Corse
Année Total Logements individuels Logements collectifs et en résidence
2000 2 800 1900 1 000
2001 2 900 1800 1 200
2002 3 100 1800 1 300
2003 4 000 2100 1 900
2004 4 300 2100 2 100
2005 5 000 2000 3 000
2006 5 000 2100 2 900
2007 5 500 2200 3 300
2008 6 800 2000 4 800
2009 4 700 2100 2 500
2010 6 800 2700 4 100
2011 6 100 2800 3 300
2012 5 900 2700 3 200
2013 4 300 2400 2 000
2014 3 700 1700 1 900
2015 7 400 1800 5 600
  • Note : données brutes provisoires arrondies à la centaine en date réelle
  • Source : SOeS, Sit@del2.

1 – Évolution du nombre de logements autorisés par type en Corse

Forte augmentation des logements collectifs et en résidence…

En Corse, la hausse est imputable aux logements collectifs et en résidence avec 3 700 autorisations de plus par rapport à 2014, après - 5 % en 2014 et - 37,5 % en 2013. Parallèlement, le nombre de logements individuels reste stable sur un an, avec seulement 100 autorisations supplémentaires. Il avait toutefois chuté en 2014 (- 29 %) (figure 1).

2 – Logements autorisés par département

en %
Logements autorisés par département
Logements en 2015 (nombre) Évolution 2015/2014 Évolution annuelle moyenne 2014/2009 (1)
Corse-du-Sud 5 600 205,1 -0,3
Haute-Corse 1 700 -3,8 -8,5
Corse 7 400 101,8 -4,9
France métropolitaine 372 200 3,8 -0,2
  • (1) : taux d'évolution annuel qu'aurait connu la construction de logements, pour le département ou la région, si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée.
  • Note : données brutes provisoires arrondies à la centaine en date réelle. Les évolutions sont calculées sur données non arrondies.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : SOeS, Sit@del2, estimations à fin février 2015.

… liée à un rebond en Corse-du-Sud

L’orientation favorable de la construction neuve en Corse est tirée par une amélioration conjoncturelle de la situation en Corse-du-Sud. Le département concentre les trois quarts de la croissance annuelle régionale des logements autorisés. Leur nombre triple en 2015, après - 14 % en 2014 (figure 2).

C’est la commune d’Ajaccio qui centralise la majorité de ces autorisations. En effet, le PLU de la commune a bénéficié en juillet dernier d’un sursis à exécution qui lui a permis de délivrer six autorisations de construire concernant d’importants projets immobiliers. Ces dernières représentent à elles seules un peu plus de 2 400 logements, soit 43 % des autorisations recensées sur l’ensemble du territoire départemental.

Ainsi, en dépit de très bons chiffres à l’échelle régionale, il faut rester nuancé à l’égard de l’amélioration constatée dans le secteur de la construction en 2015.

En effet, le recul perdure en Haute-Corse, le nombre de logements autorisés est en baisse de 3,8 % après - 18 % en 2014.

3 – Évolution de la commercialisation de logements neufs dans la région Corse

en indice base 100 en 2005
Évolution de la commercialisation de logements neufs dans la région Corse
Logements neufs disponibles en fin d'année Logements neufs mis en vente Logements neufs vendus (réservés)
2005 100 100 100
2006 137,5 156,81 152,36
2007 232,81 181,7 184,67
2008 282,03 147,7 137,99
2009 287,24 177,82 185,63
2010 251,82 130,12 152,17
2011 364,32 219,48 202,6
2012 427,86 150,5 147,64
2013 381,77 137,06 144,74
2014 400,78 115,6 121,02
2015 388,02 123,44 136,35
  • Note : données brutes.
  • Champ : permis de 5 logements et plus destinés à la vente aux particuliers ; France métropolitaine.
  • Source : SOeS, enquête ECLN.

3 – Évolution de la commercialisation de logements neufs dans la région Corse

Reprise des ventes dans le logement neuf

En 2015, la commercialisation de logements neufs repart à la hausse. Le nombre de mises en vente augmente de 7 % (après - 16 % en 2014 et - 9 % en 2013), les réservations de 13 % (après - 16 % en 2014 et - 2 % en 2013). Le stock de logements disponibles en fin d’année atteint 1 490 logements, en recul de 3 %. Il demeure néanmoins très élevé (figure 3).

En France métropolitaine, les mises en vente progressent également de 7 % (après 3 années de baisse). Les ventes augmentent de 18 % (après - 2,6 % en 2014 et + 0,5 % en 2013), dopées par des taux de crédit immobilier en baisse et la montée en puissance de dispositifs incitatifs comme l’aide à l’investissement locatif créé par la Loi Pinel. Enfin, le stock d’invendus recule de 6 % après 4 années de hausse.

Hausse des ventes d’appartements conjuguée à une légère augmentation des prix

Les ventes d’appartements collectifs, qui représentent 93 % du marché de la construction neuve cette année, augmentent de près de 10 %. Rapporté à la population, le marché corse confirme sa première place nationale avec plus de 4 logements réservés pour 1 000 habitants contre 2 pour les autres régions méditerranéennes. Le prix moyen au m² atteint 3 580 €, soit + 4 % sur un an après un recul en 2014 (figure 4).

4 – Ventes des maisons et des appartements neufs

en %
Ventes des maisons et des appartements neufs
Corse France métropolitaine
En 2015 (nombre ou prix en euro) Évolution 2015/2014 Évolution moyenne annuelle 2014/2009 (2) En 2015 (nombre ou prix en euro) Évolution 2015/2014 Évolution moyenne annuelle 2014/2009 (2)
Maisons neuves
Nombre de ventes (1) 100 75,4 -28,7 8 237 11,0 -10,3
Prix moyen par maison 318 330 -18,7 5,8 249 315 -1,5 0,8
Appartements neufs
Nombre de ventes (1) 1 314 9,7 -5,8 94 301 18,6 -3,1
Prix moyen au m² 3 581 4,1 2,7 3 892 0,6 2,8
  • (1) : réservations avec dépôt d'arrhes.
  • (2) : taux d'évolution annuel qu'auraient connu le nombre de ventes ou le prix moyen si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée.
  • nd : données non disponibles.
  • Champ : permis de 5 logements et plus destinés à la vente aux particuliers ; France métropolitaine.
  • Source : SOeS, enquête ECLN.

Au niveau national, les ventes enregistrent une forte hausse de 18,6 %. Le prix moyen au m² s’accroît légèrement pour atteindre 3 890 € (-0,3 % l’année précédente).

Hausse des ventes des maisons conjuguée à une baisse des prix

Le faible volume du marché des maisons neuves et la forte hétérogénéité des opérations liée à leur lieu d’implantation plus ou moins touristique et à la nature des prestations offertes rend les comparaisons pluriannuelles difficiles en Corse.

En 2015, les ventes de maisons neuves retrouvent leur niveau des années 2012 et 2013 avec 100 maisons réservées (57 en 2014). Le prix moyen par lot diminue pour atteindre 318 300 € en moyenne (391 k€ en 2014, 306 k€ en 2013). Ce niveau de prix est de 28 % supérieur à la moyenne nationale.

Sources

Méthodologie : La base de données Sit@del2 rassemble les informations relatives aux autorisations de construire (permis accordés) et aux mises en chantier transmises par les services instructeurs (État, collectivités territoriales) au service statistique du Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie (MEDDE). Les mouvements relatifs à la vie du permis (dépôts, autorisations, annulations, modificatifs, déclarations d'ouverture de chantier, déclarations d'achèvement des travaux) sont exploités à des fins statistiques.Les séries de la construction utilisées pour la conjoncture et le bilan économique sont élaborées à partir de cette base. En matière de logement, les séries d'estimations en date réelle sont produites mensuellement pour évaluer le nombre d'autorisations et de mises en chantier. Elles visent à retracer dès le mois suivant, l'ensemble des évènements à leur date réelle. Sur la base des données collectées, les séries intègrent une estimation de l'information non encore remontée. Ces séries sont actualisées chaque mois pour prendre en compte les informations les plus récentes. Les estimations en date réelle corrigent des éventuels défauts de collecte des déclarations d'ouverture de chantier.Pour les locaux non résidentiels, les séries de surface de plancher en date de prise en compte permettent le suivi conjoncturel de ce secteur. Elles agrègent les informations issues des permis (autorisés, commencés, etc.) selon la date d'enregistrement de la donnée dans l'application Sit@del2.Les séries de surface de plancher en date réelle sont utilisées pour les études structurelles. L'information est restituée selon la date effective de l'autorisation ou de la date de la mise en chantier. Ces séries sont présentées nettes des annulations et ne comportent pas d'estimations : elles minorent donc la réalité, spécialement pour les mois de collecte les plus récents.

Avertissement : Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.