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Insee Conjoncture Normandie · Avril 2026 · n° 51
Insee Conjoncture NormandieRecul confirmé de l’économie normande au 4e trimestre 2025 Note de conjoncture régionale - 4e trimestre 2025

Flavien Alleaume, Laura Le Mains, Jessica Panchout (Insee)

Dans un contexte économique atone au niveau national, l’activité recule en Normandie au 4e trimestre 2025. L’industrie et la construction sont particulièrement concernées par ce repli en cours depuis deux ans. L’emploi salarié diminue légèrement et le taux de chômage remonte à 7,5 % de la population active normande. Par rapport au trimestre précédent, le nombre de créations d’entreprises est en repli mais se maintient à un niveau élevé, tandis que celui des défaillances baisse après quatre années de hausse.

Insee Conjoncture Normandie
No 51
Paru le :Paru le14/04/2026

Contexte national et international : L’économie française profite de la reprise européenne, mais le chômage augmente

En 2025, l’économie mondiale a plutôt bien résisté aux inquiétudes créées par la nouvelle politique douanière américaine. La zone euro a pu compter sur le dynamisme de sa demande intérieure, pour atteindre un rythme de croissance modérée fin 2025 (+0,3 % au troisième trimestre puis +0,2 % au quatrième).

En 2026, la flambée des cours des hydrocarbures se traduirait en France par un net regain d’inflation (2 % au cours du printemps). Bien que fragilisée, la croissance française résisterait au premier semestre 2026, avec +0,2 % par trimestre et +0,9 % d’acquis à mi-année.

En 2025, l’économie française, profite de la reprise européenne, malgré les incertitudes politiques. L’activité a cependant ralenti en France au quatrième trimestre : +0,2 % après +0,5 % au troisième trimestre. Dans ce contexte, le marché du travail national marque le pas.

L’activité économique poursuit sa contraction sur un an

Au 4e trimestre 2025, l’activité économique, mesurée à l’aide du volume d’, recule sur un an (-0,6 % ; figure 1), dans la région comme au niveau national. C’est le 5e trimestre consécutif au cours duquel un recul est observé en glissement annuel en Normandie. Le secteur secondaire est particulièrement concerné par ce repli, avec un volume d’heures rémunérées en baisse continue depuis 2 ans dans le secteur de l’industrie comme dans la construction (respectivement -1,1 % et -0,8 % sur ce trimestre). Dans les services principalement marchands, qui concentrent plus de la moitié des salariés en Normandie, le volume d’heures rémunérées baisse également (-0,6 %).

Figure 1Contributions sectorielles à l'évolution annuelle des heures rémunérées – par trimestre - Normandie

(en point et en %)
Contributions sectorielles à l'évolution annuelle des heures rémunérées – par trimestre - Normandie ((en point et en %))
Trimestre Construction Industrie Services principalement marchands Services principalement non marchands Évolution totale (en %)
2023T1 0,1 0,6 1,2 0,4 2,1
2023T2 0,0 0,4 0,8 0,2 1,3
2023T3 -0,1 0,0 0,5 0,2 0,6
2023T4 0,1 0,2 0,5 0,2 1,0
2024T1 -0,3 -0,1 0,6 0,2 0,5
2024T2 -0,2 -0,2 0,4 0,2 0,3
2024T3 -0,2 -0,2 0,4 0,3 0,2
2024T4 -0,3 -0,3 0,3 0,1 -0,2
2025T1 -0,2 -0,5 -0,1 0,1 -0,7
2025T2 -0,2 -0,4 0,1 0,1 -0,4
2025T3 -0,1 -0,3 -0,1 0,1 -0,3
2025T4 -0,1 -0,3 -0,3 0,0 -0,6
  • Note : Ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré. Le dernier mois est provisoire.
  • Champ : Secteur privé hors secteur agricole.
  • Source : DSN, traitement Insee.

Figure 1Contributions sectorielles à l'évolution annuelle des heures rémunérées – par trimestre - Normandie

  • Note : Ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré. Le dernier mois est provisoire.
  • Champ : Secteur privé hors secteur agricole.
  • Source : DSN, traitement Insee.
Avertissement sur les heures rémunérées

Dans le secteur de la construction, les évolutions des heures rémunérées doivent être interprétées avec prudence, en particulier pour les mois de décembre et de janvier, dans les comparaisons en glissement annuel.

En effet, dans ce secteur, les congés des salariés sont indemnisés par des caisses de congés payés et non directement par les employeurs ; ils ne sont donc pas comptabilisés dans les heures rémunérées issues des déclarations.

Selon le positionnement calendaire des congés de fin d’année, un même mois peut inclure un nombre de jours de congés différent d’une année sur l’autre, ce qui peut entraîner des évolutions marquées des heures rémunérées sans que celles-ci reflètent nécessairement une évolution de l’activité économique.

L’emploi salarié en léger recul

Au 4e trimestre 2025, l’ total (incluant l’intérim) diminue de 0,2 point en Normandie tandis qu’il reste quasi stable au niveau national. Le secteur privé, qui regroupe plus de trois salariés sur quatre dans la région, enregistre une légère baisse (-0,2 % sur le trimestre, -1 700 emplois), moins prononcée que dans le secteur public (-0,4 % ; -1 100 emplois). À l’exception de l’Eure où le nombre d’emplois se stabilise, tous les départements normands sont concernés par ce repli (entre -0,2 % dans la Manche et en Seine-Maritime et -0,3 % dans le Calvados et l’Orne).

Sur un an, l’emploi est toujours en recul dans la région (-0,4 % comme au précédent trimestre), deux fois plus qu’au niveau national (-0,2 %). L’Orne est le département le plus impacté par cette baisse (-1,7 %). Le nombre d’emplois diminue dans la Seine-Maritime (-0,5 %), le Calvados (-0,3 %) et l’Eure (-0,2 %). Il est quasi stable dans la Manche (+0,1 %).

Le secteur de l’industrie est particulièrement concerné (-0,3 %) ainsi que le non marchand (-0,4 % ; -1 500 emplois). En évolution annuelle, le nombre d’emplois recule dans tous les secteurs hors agriculture, entre -0,2 % dans le tertiaire non marchand et -0,9 % dans l’industrie.

Au 4e trimestre 2025, le recours à l’ se stabilise en Normandie alors que le recul se poursuit au niveau national et ce depuis trois ans (-0,2 % sur le trimestre). Seul le département de la Seine-Maritime enregistre une hausse du nombre d’intérimaires (+1,2 %). Sur un an, le recours à l’intérim est toujours en baisse mais à un rythme moins soutenu (-0,6 %) que celui mesuré lors du trimestre précédent (-1,5 %).

Le taux de chômage augmente à nouveau

Au 4e trimestre 2025, le repart à la hausse (+0,2 point sur le trimestre ; figure 2), en Normandie et concerne 7,5 % de la population active régionale [Balcone, Huault, 2026 ; pour en savoir plus (3)]. Il augmente de 0,2 point dans tous les départements normands hormis dans la Manche (+0,1 point). Sur un an, le taux de chômage augmente de 0,5 point en Normandie. Il progresse dans tous les départements de la région (de +0,3 point dans la Manche à +0,8 point en Seine-Maritime).

Le taux de chômage régional atteint ce trimestre son plus haut niveau depuis le 3e trimestre 2021. Il se situe en dessous du niveau observé à l’échelle nationale depuis le 4e trimestre 2020. En France métropolitaine, le chômage impacte 7,7 % de la population active et progresse de 0,2 point au 4e trimestre 2025 (+0,6 point sur un an).

Figure 2Évolution de l'emploi salarié

(indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2019)
Évolution de l'emploi salarié ((indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2019))
Période Emploi salarié total - Normandie Emploi salarié total - France hors Mayotte Emploi salarié privé - Normandie Emploi salarié privé - France hors Mayotte
4ᵉ trim. 2019 100,0 100,0 100,0 100,0
1ᵉ trim. 2020 98,0 98,2 97,4 97,6
2ᵉ trim. 2020 97,8 97,7 97,5 97,3
3ᵉ trim. 2020 99,7 99,7 99,6 99,5
4ᵉ trim. 2020 99,9 99,7 99,9 99,5
1ᵉ trim. 2021 100,4 100,4 100,6 100,4
2ᵉ trim. 2021 101,3 101,4 101,6 101,7
3ᵉ trim. 2021 102,2 102,3 102,5 102,7
4ᵉ trim. 2021 102,5 102,9 103,0 103,5
1ᵉ trim. 2022 102,7 103,3 103,3 104,0
2ᵉ trim. 2022 102,7 103,6 103,3 104,3
3ᵉ trim. 2022 103,2 103,8 103,8 104,6
4ᵉ trim. 2022 103,3 104,2 104,0 105,1
1ᵉ trim. 2023 103,4 104,5 104,0 105,3
2ᵉ trim. 2023 103,6 104,6 104,3 105,4
3ᵉ trim. 2023 103,5 104,7 104,2 105,6
4ᵉ trim. 2023 103,8 104,9 104,3 105,6
1ᵉ trim. 2024 104,1 105,2 104,6 105,9
2ᵉ trim. 2024 103,8 105,1 104,3 105,7
3ᵉ trim. 2024 103,9 105,3 104,4 105,8
4ᵉ trim. 2024 103,7 105,1 104,1 105,7
1ᵉ trim. 2025 103,7 105,1 104,1 105,7
2ᵉ trim. 2025 103,6 105,1 103,9 105,6
3ᵉ trim. 2025 103,5 105,1 103,7 105,5
4ᵉ trim. 2025 103,3 104,9 103,5 105,4
  • Notes : Données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS, en fin de trimestre.
  • Champ : Emploi salarié total.
  • Sources : Insee, Estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Figure 2Évolution de l'emploi salarié

  • Notes : Données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS, en fin de trimestre.
  • Champ : Emploi salarié total.
  • Sources : Insee, Estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Les créations d’entreprises en repli …

Au 4e trimestre 2025, après quatre trimestres consécutifs de hausse, le nombre de recule par rapport au trimestre précédent en Normandie, nettement plus qu’au niveau national (respectivement -2,6 % et -0,3 % par rapport au trimestre précédent ; figure 3). Un peu plus de 9 950 entreprises ont été créées dans la région au cours de ce trimestre. Près des deux tiers de ces créations sont le fait des , une proportion en progression continue depuis 2019.

La baisse observée en Normandie s’explique principalement par le recul des de sociétés et d’ (– 4,7 % sur un trimestre). Cette évolution concerne l’ensemble des secteurs d’activité, à l’exception des services qui restent orientés légèrement à la hausse (+0,8 %).

Cette baisse trimestrielle intervient après une période de forte hausse et le nombre de créations reste finalement proche du niveau record atteint le mois précédent. Sur un an, le nombre de créations d’entreprises poursuit sa progression en Normandie (+8,0 % par rapport au 4e trimestre 2024), à un rythme proche de celui observé au niveau national (+8,6 %). Dans la région, cette dynamique bénéficie particulièrement au secteur des services marchands et à celui regroupant le commerce, les transports, l’hébergement et la restauration (respectivement +10,8 % et +9,0 %).

… mais les défaillances aussi

En 2025, près de 2 700 ont été enregistrées en Normandie, soit une baisse de 1,5 % par rapport aux douze mois précédents mettant fin à quatre années de hausse. En revanche, les défaillances continuent d’augmenter à l’échelle nationale (+3,5 %). La diminution observée dans la région est portée par le net recul des défaillances dans le Calvados (–12,1 %), alors que les défaillances d’entreprises continuent de progresser dans les départements de la Manche et de la Seine-Maritime (respectivement +1,3 % et +5,3 %).

Le secteur des transports et de l’entreposage (+10,2 %) ainsi que le soutien aux entreprises (+18,2 %) sont les secteurs les plus touchés, a contrario de l’industrie (–5,9 %) et de la construction (–6,0 %) où les défaillances d’entreprises sont moins nombreuses.

Le repli des défaillances dans la construction s’inscrit dans un environnement potentiellement plus favorable. Après avoir atteint un point bas au premier semestre 2024, le nombre de et de repart en effet à la hausse en Normandie, tant sur le trimestre que sur un an.

Figure 3Autres indicateurs conjoncturels

(en %)
Autres indicateurs conjoncturels ((en %))
Taux de croissance en glissement trimestriel Taux de croissance en glissement annuel
Indicateurs Normandie National Normandie National
Emploi salarié
Agriculture 1,3 3,9 0,3 0,5
Industrie -0,3 -0,1 -0,9 -0,5
Construction -0,2 -0,4 -0,3 -1,2
Tertiaire marchand hors intérim -0,1 -0,1 -0,4 -0,1
Intérim 0,0 -0,2 -0,6 -0,7
Tertiaire non marchand -0,4 -0,3 -0,2 0,1
Créations d’entreprises (Hors micro-entreprises) -4,7 1,8 1,9 6,6
Défaillances d’entreprises -3,5 0,3 -1,5 3,5
Construction
Logements autorisés 8,2 2,6 11,7 15,2
Logements commencés 8,2 6,4 6,3 5,2
  • Sources : Insee, Estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee ; Insee, SIDE ; Fiben, Banque de France ; SDES, Sitadel.
Publication rédigée par :Flavien Alleaume, Laura Le Mains, Jessica Panchout (Insee)

Avertissement

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Définitions

Heures rémunérées :

Les heures rémunérées couvrent les heures travaillées ainsi que des heures non travaillées mais rémunérées par l’employeur, notamment pendant les congés payés. Les périodes de chômage partiel indemnisées par l’administration publique et non par l’employeur ne sont à ce titre pas comprises dans les heures rémunérées.

Emploi salarié :

Les salariés sont les personnes qui travaillent, aux termes d’un contrat, pour une autre entité résidente en échange d’un salaire ou d’une rétribution équivalente, avec un lien de subordination.

Secteur tertiaire / Tertiaire :

Le secteur tertiaire recouvre un vaste champ d'activités qui s'étend du commerce à l'administration, en passant par les transports, les activités financières et immobilières, les services aux entreprises et services aux particuliers, l'éducation, la santé et l'action sociale.

Il est composé du :

  • tertiaire principalement marchand (commerce, transports, activités financières, services rendus aux entreprises, services rendus aux particuliers, hébergement-restauration, immobilier, information-communication) ;
  • tertiaire principalement non-marchand (administration publique, enseignement, santé humaine, action sociale).

Le périmètre du secteur tertiaire est de fait défini par complémentarité avec les activités agricoles et industrielles (secteurs primaire et secondaire).

Intérim / Travail temporaire / Travail intérimaire :

L'intérim (ou travail intérimaire ou travail temporaire) consiste à mettre à disposition provisoire d’entreprises clientes, des salariés qui, en fonction d'une rémunération convenue, sont embauchés et rémunérés à cet effet par l'entreprise de travail temporaire.

L'intérim se caractérise donc par une relation triangulaire entre l’entreprise de travail temporaire, l’entreprise cliente et le salarié, et implique la conclusion de deux contrats : un contrat de mise à disposition (entre l’entreprise de travail temporaire et l’entreprise cliente) et un contrat de mission (entre l’entreprise de travail temporaire et le salarié).

Le contrat ne peut être conclu que pour l’exécution d’une tâche précise et temporaire, dénommée mission, et seulement dans les cas énumérés par la loi. Quel que soit le motif pour lequel il est conclu, un tel contrat ne peut avoir ni pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise utilisatrice.

Taux de chômage :

Le taux de chômage est le pourcentage de chômeurs dans la population active (actifs occupés + chômeurs).

On peut calculer un taux de chômage par âge en mettant en rapport les chômeurs d'une classe d'âge avec les actifs de cette classe d'âge. De la même manière se calculent des taux de chômage par sexe, par PCS, par région, par nationalité, par niveau de diplôme...

Remarque :

Le taux de chômage diffère de la part du chômage qui, elle, mesure la proportion de chômeurs dans l'ensemble de la population.

Création d'entreprise / Réactivation d'entreprise :

Une création d'entreprise correspond à la mise en œuvre d'une nouvelle combinaison de facteurs de production avec pour restriction qu'aucune autre entreprise ne soit impliquée dans cet évènement.

Les créations d’entreprises sont en fait des créations d’unités légales. On parle néanmoins de créations d’entreprises en raison de la spécificité de la situation au moment de la création. En effet, au moment de son immatriculation, il n’est pas possible de déterminer si une unité légale est indépendante ou appartient à un groupe. Par défaut, au moment de la création, toute entité est donc indépendante et considérée comme une entreprise.

La statistique mensuelle des créations d'entreprises est constituée à partir du dispositif SIDE (Système d’information sur la démographie d’entreprises). Ce dispositif est alimenté à partir de données du répertoire Sirene, enrichies d’éléments provenant du répertoire statistique Sirus.

Les créations d'entreprises correspondent aux unités légales du répertoire Sirene qui enregistrent un début d'activité relevant de l'un des cas suivants :

  • l'immatriculation d'une nouvelle unité légale avec création d'une nouvelle combinaison de facteurs de production ;
  • le cas où l'entrepreneur redémarre une activité après une interruption de plus d'un an (il n'y a pas de nouvelle immatriculation mais reprise de l'ancien numéro Siren, en général pour un entrepreneur individuel) ;
  • le cas où l'entrepreneur redémarre une activité après une interruption de moins d'un an, mais avec changement d'activité ;
  • la reprise par une unité légale nouvellement immatriculée de tout ou partie des activités et facteurs de production d'une autre unité légale, lorsqu'il n'y a pas de continuité économique entre la situation du cédant et celle du repreneur.

On considère qu'il n'y a pas continuité économique de l'unité légale si, parmi les trois éléments suivants concernant son siège, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l'unité légale contrôlant l'établissement siège, l'activité économique et la localisation.

Depuis les données relatives à janvier 2009, à la suite de la mise en place du régime de l'auto-entrepreneur (renommé micro-entrepreneur, à compter du 19 décembre 2014), les statistiques de créations d'entreprises incluent les demandes de créations enregistrées dans Sirene au titre de ce régime. Ce dénombrement n'inclut pas les entrepreneurs déjà en activité avant le 1er janvier 2009 et qui avaient demandé, à titre dérogatoire au plus tard le 31 mars 2009, à bénéficier du régime micro-social et du versement fiscal libératoire en 2009.

La statistique de créations d'entreprises couvre l'ensemble des activités marchandes hors agriculture.

Remarque :

Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d'entreprise s'appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons.


Micro-entrepreneur :

Un micro-entrepreneur bénéficie du régime de même nom (appelé auto-entrepreneur jusque 2014), qui offre des formalités de création d'entreprise allégées et un mode de calcul et de paiement simplifié des cotisations sociales et de l'impôt sur le revenu. Il s’applique aux entrepreneurs individuels qui en font la demande, sous certaines conditions.

Le micro-entrepreneur bénéficie ainsi notamment :

– du régime fiscal de la micro-entreprise ;

– du régime micro-social ;

– d'une exonération ou d’une franchise de TVA.

Le régime peut concerner des activités commerciales, artisanales ou libérales, à titre principal ou complémentaire.

Sont exclus du régime :

– les activités rattachées à la Mutualité sociale agricole (MSA) ;

– les professions libérales réglementées ne relevant pas de la caisse de retraite de la Cipav (professions juridiques et judiciaires, professions de santé, experts comptables, agents généraux d’assurance...) ;

– les activités relevant de la TVA immobilière (opérations des marchands de biens, lotisseurs, agents immobiliers…);

– les activités artistiques relevant de la Maison des artistes ou de l’association Agessa ;

– les activités de dirigeant majoritaire d’une entreprise ;

– le cumul avec une activité de travailleur indépendant non salarié déjà immatriculé et relevant de la Sécurité sociale des indépendants.

Le régime de l’auto-entrepreneur a été initialement créé par la loi de modernisation de l'économie (LME) n°2008-776 du 4 août 2008 et est entré en vigueur au 1er janvier 2009.

La loi Pinel du 18 juin 2014 l’a transformé en régime du micro-entrepreneur à partir du 19 décembre 2014. Elle lui a imposé de nouvelles obligations comme l’immatriculation au registre du commerce et des sociétés (RCS) pour les commerçants ou au répertoire des métiers (RM) pour les artisans. Elle a également mis fin à l’exonération de la taxe pour frais de chambre consulaire et exigé le paiement de la cotisation foncière des entreprises dès la deuxième année d’activité et non plus à partir de la quatrième année. Elle a aussi prévu la fusion du régime fiscal de la micro-entreprise et du régime micro-social à partir du 1er janvier 2016.

Ainsi, depuis cette date, les entrepreneurs individuels relevant du régime fiscal de la micro-entreprise sont automatiquement soumis au régime micro-social.

Depuis le 1er janvier 2023, les seuils de chiffre d’affaires permettant l’accès au régime fiscal de la micro-entreprise et du régime micro-social ont été doublés. Ils s’appliquent désormais aux entreprises dont le chiffre d’affaires de l’année civile précédente ou de l’avant-dernière année n’excède pas :

- 188 700 euros pour une activité de vente de marchandises, d'objets, d'aliments à emporter ou à consommer sur place, ou de fourniture de logement ;

- 77 700 euros pour une activité de prestations de services ou une profession libérale.

Ce régime doit être distingué de la catégorie des microentreprises définie par l’article 51 de la loi de modernisation de l’économie (LME) et précisée par le décret n° 2008-1354.

Remarque :
  • Depuis janvier 2011, le micro-entrepreneur peut bénéficier du statut de l'entrepreneur individuel à responsabilité limitée (EIRL) en affectant à son activité professionnelle un patrimoine spécifique séparé de son patrimoine personnel. Il conserve toutefois le régime fiscal et social forfaitaire lié au régime de la micro-entreprise.
  • Ce régime doit être distingué à la fois du régime micro-fiscal (dit parfois régime fiscal de la micro-entreprise) ainsi que de la catégorie des microentreprises définie par l'article 51 de la loi de modernisation de l'économie (LME) et précisée par le décret n° 2008-1354.
Entreprise individuelle :

Une entreprise individuelle est une entreprise en nom propre ou en nom personnel : l’identité de l’entreprise correspond à celle du dirigeant.

L’entrepreneur exerce son activité sans avoir créé de personne juridique distincte. De plus, depuis 2022, son patrimoine professionnel et son patrimoine personnel sont automatiquement séparés. Un entrepreneur individuel peut être un commerçant, un artisan, un agriculteur ou exercer une profession libérale.

Chaque entreprise individuelle (comme chaque société) est répertoriée comme unité légale dans le Système informatisé du répertoire national des entreprises et des établissements / Sirene.

Défaillance d'entreprise :

Une unité légale est en situation de défaillance ou de dépôt de bilan à partir du moment où une procédure de redressement judiciaire est ouverte à son encontre.

Cette procédure intervient lorsqu'une unité légale est en état de cessation de paiement, c'est-à-dire qu'elle n'est plus en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible.

Remarque :

Il ne faut pas confondre la notion de défaillance et la notion de cessation. La notion de cessation correspond à l'arrêt total de l'activité économique d'une entreprise. Toutes les défaillances ne donnent pas des cessations. Par exemple, un jugement d'ouverture de procédure de défaillance (dépôt de bilan d'une entreprise inscrite dans le cadre d'une procédure judiciaire) ne se résout pas forcement par une liquidation.

Toutes les cessations n'ont pas donné lieu à une défaillance. Par exemple, un entrepreneur individuel peut cesser son activité suite à un départ en retraite.

Logement autorisé :

Un logement autorisé est un logement, non encore réalisé, dont la construction a été autorisée par un permis de construire ou une non-opposition à une déclaration préalable.


Logement commencé :

Un logement est considéré comme commencé (ou mis en chantier) après réception de la déclaration d’ouverture de chantier (DOC) envoyée par le pétitionnaire (ou maître d’ouvrage).

Un chantier est considéré ouvert lorsque les fouilles en rigole ou les fondations sont entreprises pour une partie ou la totalité des constructions autorisées.

Remarque :

Une « fouille en rigole » est un creusement du sol pour permettre la construction à l'emplacement des « semelles » (ces dernières sont les parties basses).

Taux de chômage (BIT) :

Le taux de chômage est le rapport entre le nombre de chômeurs et le nombre d’actifs (en emploi ou au chômage).

Correction des variations saisonnières / CVS / Désaisonnalisation :

La correction des variations saisonnières permet d’éliminer l'effet de fluctuations périodiques infra-annuelles dues au calendrier et aux saisons, de manière à faire ressortir les évolutions les plus significatives de la série. Celles-ci sont contenues dans la tendance et la composante irrégulière.

Par exemple, les ventes de jouets augmentent toujours fortement entre novembre et décembre, en raison de Noël. Sur les données brutes, cet effet périodique masque l’évolution conjoncturelle sous-jacente pour une année donnée. Une fois la série désaisonnalisée, c’est-à-dire l’effet Noël retiré, les ventes peuvent s’avérer en baisse, signe d’une moins bonne année.

Pour en savoir plus

(1) Alleaume F., Le Mains L., Panchout J., « L’économie normande au ralenti en 2025 », Insee Conjoncture Normandie no 52, avril 2026.

(2) Insee, « Au quatrième trimestre 2025, l’emploi salarié est stable ou quasi stable dans plus de la moitié des régions », Informations Rapides no 65, mars 2026.

(3) Balcone T., Huault L., « Au 4ᵉ trimestre 2025, le taux de chômage est en hausse à 7,5 % en Normandie », Insee Flash Normandie no 158, mars 2026.

(4) « Au quatrième trimestre 2025, l’emploi salarié est quasi stable », Informations rapides no 53, février 2026.

(5) Des indicateurs conjoncturels régionaux sont disponibles dans le Tableau de bord de la conjoncture Normandie.