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Insee Analyses Grand Est · Février 2026 · n° 211
Insee Analyses Grand EstSeniors en perte d’autonomie : 30 % de plus d’ici 2050

Perrine Kauffmann, Melvyn Sembach (Insee)

Le nombre de seniors en perte d’autonomie dans le Grand Est augmenterait de 30 % entre 2021 et 2050. Cette hausse serait essentiellement due au vieillissement de la population, même si les progrès en matière de santé permettraient de la freiner. Cette croissance serait particulièrement marquée chez les personnes de 85 ans ou plus. Le nombre de seniors en perte d’autonomie augmenterait plus fortement dans les départements alsaciens et de manière moins prononcée en Haute-Marne et dans les Ardennes. Cependant, entre 2046 et 2070, le nombre de seniors en perte d’autonomie diminuerait de 23 000 personnes dans le Grand Est.

Insee Analyses Grand Est
No 211
Paru le :Paru le19/02/2026
Les données de l'infographie sont présentes dans l'onglet suivant : Étude
Publication rédigée par :Perrine Kauffmann, Melvyn Sembach (Insee)

Dans le Grand Est, une croissance du nombre de seniors en perte d’autonomie moins rapide qu’en France

Les projections du nombre de personnes en situation de à l’horizon 2050 constituent un enjeu majeur pour les politiques publiques. Elles permettent d’anticiper les moyens nécessaires à leur prise en charge et à leur accompagnement médical et social. Dans cette perspective, la présente étude se concentre sur les personnes âgées de plus de 60 ans, désignées comme des , une tranche d’âge pour laquelle la perte d’autonomie devient plus courante, et analyse l’évolution de cette population à l’horizon 2050.

En 2021, 173 000 seniors sont en perte d’autonomie dans le Grand Est, ce qui correspond à 11,2 % des personnes de 60 ans ou plus de la région. Si les tendances démographiques récentes se poursuivaient, ce nombre s’élèverait à 225 000 en 2050, soit 30 % de plus qu’en 2021 (figure 1). Un tiers des personnes en perte d’autonomie sont largement dépendantes d’assistance pour les actes de la vie quotidienne : il s’agit de la . En 30 ans, leur nombre augmenterait de 39 %, pour atteindre 79 000 personnes.

Le Grand Est se situe au-dessous de la moyenne nationale. En France métropolitaine, le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie augmenterait de 36 %, quant à celui concernant la perte d’autonomie sévère, il augmenterait de 44 %. La hausse de la perte d’autonomie serait particulièrement forte en Corse (+53 %), dans les Pays de la Loire et en Occitanie (+45 %). À l’inverse, cette hausse serait moins importante en Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire et dans les Hauts-de-France (entre +22 % et +24 %).

Figure 1Évolution du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie entre 2021 et 2050 dans le Grand Est

(Indice base 100 en 2021)
Évolution du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie entre 2021 et 2050 dans le Grand Est ((Indice base 100 en 2021)) - Lecture : Entre 2021 et 2050, le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie devrait augmenter de 30 % dans le Grand Est, contre 35,8 % en France métropolitaine.
Grand Est Grand Est – Perte sévère France métropolitaine France métropolitaine – Perte sévère
2021 100,0 100,0 100,0 100,0
2022 100,8 100,9 100,9 100,9
2023 102,0 102,0 102,1 102,0
2024 103,2 103,2 103,3 103,3
2025 104,4 104,4 104,6 104,5
2026 105,6 105,6 106,0 105,9
2027 106,9 106,8 107,5 107,3
2028 108,2 108,1 109,0 108,9
2029 109,6 109,6 110,6 110,6
2030 111,1 111,1 112,4 112,5
2031 112,8 112,8 114,3 114,5
2032 114,5 114,7 116,3 116,8
2033 116,3 116,7 118,5 119,1
2034 118,1 118,9 120,6 121,6
2035 119,8 121,1 122,6 124,1
2036 121,5 123,3 124,5 126,5
2037 123,1 125,5 126,2 129,0
2038 124,6 127,8 127,9 131,3
2039 125,9 129,9 129,4 133,5
2040 127,2 131,8 130,8 135,6
2041 128,3 133,6 132,1 137,4
2042 129,3 135,2 133,1 139,0
2043 130,0 136,5 133,9 140,3
2044 130,4 137,5 134,5 141,3
2045 130,7 138,2 135,0 142,1
2046 130,8 138,7 135,3 142,7
2047 130,7 139,0 135,5 143,2
2048 130,6 139,0 135,7 143,4
2049 130,3 138,9 135,8 143,6
2050 130,0 138,7 135,8 143,8
  • Lecture : Entre 2021 et 2050, le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie devrait augmenter de 30 % dans le Grand Est, contre 35,8 % en France métropolitaine.
  • Champ : Personnes âgées de 60 ans ou plus.
  • Sources : Insee, projections Omphale 2022 ; Drees, enquêtes EHPA 2019, BADIANE 2019 et 2021, Autonomie-Ménages 2022 et VQS 2021.

Figure 1Évolution du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie entre 2021 et 2050 dans le Grand Est

  • Lecture : Entre 2021 et 2050, le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie devrait augmenter de 30 % dans le Grand Est, contre 35,8 % en France métropolitaine.
  • Champ : Personnes âgées de 60 ans ou plus.
  • Sources : Insee, projections Omphale 2022 ; Drees, enquêtes EHPA 2019, BADIANE 2019 et 2021, Autonomie-Ménages 2022 et VQS 2021.

Les progrès dans le domaine de la santé ralentiraient la hausse du nombre de seniors en perte d’autonomie

Dans la région, le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie augmenterait de 0,9 % en moyenne chaque année (figure 2) Cette évolution se divise en trois composantes. Tout d’abord, le vieillissement de la population va structurellement entraîner une hausse du nombre de seniors, ce qui représenterait 98 000 seniors en perte d’autonomie de plus, soit +1,7 point de pourcentage en moyenne chaque année. Ensuite, les migrations peuvent contribuer à modifier le nombre de seniors en perte d’autonomie, notamment les migrations résidentielles des néo-retraités. Dans le Grand Est, cet effet migratoire est quasi nul, les échanges avec les autres régions restant limités. Il participerait toutefois à l’accroissement du nombre de seniors en perte d’autonomie dans le Haut-Rhin, les Vosges et l’Aube.

Enfin, les progrès dans le domaine de la santé feraient considérablement diminuer le nombre de seniors en perte d’autonomie d’ici 2050 : cela contribuerait à réduire le taux de croissance annuel moyen de 0,8 point de pourcentage dans la région, comme au niveau national.

Figure 2Décomposition du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie entre 2021 et 2050

Décomposition du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie entre 2021 et 2050 - Lecture : Sur la période 2021-2050, le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie augmenterait de 0,9 % par an dans le Grand Est, contre 1,04 % en France métropolitaine. L’amélioration de la santé des seniors et donc de leur autonomie contribuerait négativement à cette évolution, à hauteur de -0,81 point de pourcentage par an.
Territoire Effet dû à la migration (en point) Effet dû au vieillissement (en point) Effet dû à l’évolution de la perte d’autonomie (en point) Évolution du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie (en %)
Grand Est 0,00 1,71 -0,81 0,90
France métropolitaine 0,22 1,61 -0,79 1,04
  • Lecture : Sur la période 2021-2050, le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie augmenterait de 0,9 % par an dans le Grand Est, contre 1,04 % en France métropolitaine. L’amélioration de la santé des seniors et donc de leur autonomie contribuerait négativement à cette évolution, à hauteur de -0,81 point de pourcentage par an.
  • Sources : Insee, projections Omphale 2022 ; Drees, enquêtes EHPA 2019, BADIANE 2019 et 2021, Autonomie-Ménages 2022 et VQS 2021.

Figure 2Décomposition du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie entre 2021 et 2050

  • Lecture : Sur la période 2021-2050, le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie augmenterait de 0,9 % par an dans le Grand Est, contre 1,04 % en France métropolitaine. L’amélioration de la santé des seniors et donc de leur autonomie contribuerait négativement à cette évolution, à hauteur de -0,81 point de pourcentage par an.
  • Sources : Insee, projections Omphale 2022 ; Drees, enquêtes EHPA 2019, BADIANE 2019 et 2021, Autonomie-Ménages 2022 et VQS 2021.

À partir de 85 ans, les personnes en perte d’autonomie seraient de plus en plus nombreuses au fil du temps 

D’ici 2050, le nombre de seniors en perte d’autonomie de 85 ans ou plus augmenterait de 64 % (figure 3). Plus particulièrement, celui des seniors de 95 ans ou plus serait multiplié par 2,5, passant de 8 200 personnes à 20 600. En revanche, les moins de 75 ans seraient moins nombreux (‑28 %), d’une part, parce que le nombre de personnes de cette classe d’âge baisserait de 10 %, d’autre part, du fait des progrès en matière de santé.

La hausse des effectifs de seniors en perte d’autonomie jusqu’aux années 2050 se ferait en deux temps. Entre 2021 et 2031, elle concernerait surtout les 75-84 ans, tandis qu’entre 2031 et 2050, cette croissance affecterait plutôt les personnes de 85 ans ou plus. En effet, la première génération du baby-boom, née après la Seconde Guerre mondiale, a atteint l’âge de 75 ans dès 2021 et atteindra les 85 ans à partir de 2031.

Dans le Grand Est, les femmes représentent les deux tiers des seniors en perte d’autonomie. Leur nombre augmenterait de 31 %, soit 3 points de plus que les hommes. Inversement, le nombre d’hommes en perte d’autonomie sévère serait en hausse de 42 %, contre 37 % pour les femmes. Avec la convergence des , de plus en plus d’hommes atteignent le très grand âge, où la perte d’autonomie est plus fréquente. Le nombre d’hommes en perte d’autonomie sévère s’accroît ainsi plus vite que celui des femmes.

Figure 3Évolution du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie selon l’âge dans le Grand Est

(Indice base 100 en 2021)
Évolution du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie selon l’âge dans le Grand Est ((Indice base 100 en 2021)) - Lecture : Entre 2021 et 2050, le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie entre 60 et 74 ans diminuerait de 27,5 %.
Année 60-74 ans 75-84 ans 85 ans ou plus
2021 100,0 100,0 100,0
2022 100,2 100,8 101,3
2023 99,9 102,8 102,7
2024 99,5 105,4 104,0
2025 99,1 108,2 105,2
2026 98,3 112,5 105,6
2027 97,9 118,0 105,1
2028 97,0 123,2 105,3
2029 96,3 128,4 105,4
2030 95,5 133,8 105,8
2031 94,9 139,4 106,1
2032 94,3 140,9 109,5
2033 93,7 141,4 113,6
2034 93,0 141,1 118,4
2035 91,7 140,8 123,3
2036 90,1 140,3 128,3
2037 88,5 140,3 132,8
2038 87,2 140,0 137,3
2039 85,5 140,2 141,3
2040 84,0 140,1 145,1
2041 83,0 140,0 148,4
2042 82,0 139,7 151,4
2043 81,0 139,1 153,9
2044 79,9 138,3 156,0
2045 78,7 137,5 157,9
2046 77,4 136,5 159,5
2047 76,1 135,7 160,8
2048 74,7 134,9 161,9
2049 73,4 133,3 163,1
2050 72,5 130,9 164,4
  • Lecture : Entre 2021 et 2050, le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie entre 60 et 74 ans diminuerait de 27,5 %.
  • Sources : Insee, projections Omphale 2022 ; Drees, enquêtes EHPA 2019, BADIANE 2019 et 2021, Autonomie-Ménages 2022 et VQS 2021.

Figure 3Évolution du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie selon l’âge dans le Grand Est

  • Lecture : Entre 2021 et 2050, le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie entre 60 et 74 ans diminuerait de 27,5 %.
  • Sources : Insee, projections Omphale 2022 ; Drees, enquêtes EHPA 2019, BADIANE 2019 et 2021, Autonomie-Ménages 2022 et VQS 2021.

Le nombre de seniors en perte d’autonomie augmenterait plus fortement dans les départements alsaciens

Dans le Grand Est, les départements les plus touchés par l’augmentation du nombre de seniors en perte d’autonomie seraient le Haut-Rhin et le Bas-Rhin (+49 % et +46 %) (figure 4). Au contraire, les moins affectés par cette évolution seraient la Haute-Marne et les Ardennes (+9 % et +11 %). Le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et la Moselle seraient les départements comprenant le plus de personnes âgées en perte d’autonomie à l’horizon 2050. Ils représenteraient à eux trois 56 % de la population des seniors en perte d’autonomie.

La population de la Haute-Marne et des Ardennes étant déjà relativement âgée en 2021, l’évolution du nombre de seniors, y compris en perte d’autonomie, y sera donc plus faible que dans les autres départements. À l’inverse, dans les départements alsaciens où la population est aujourd’hui plus jeune, l’effet du vieillissement devrait être plus marqué, entraînant une forte hausse du nombre de seniors en perte d’autonomie.

Figure 4Croissance du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie par département entre 2021 et 2050

Croissance du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie par département entre 2021 et 2050 - Lecture : Entre 2021 et 2050, dans le Haut-Rhin, le nombre de seniors en perte d’autonomie augmenterait de 49 %.
Codes départements Départements Seniors en perte d’autonomie en 2050 Évolution du nombre de seniors en perte d’autonomie entre 2021 et 2050 (en %)
02 Aisne 19 200 18,7
10 Aube 12 900 24,9
21 Côte-d’Or 21 100 30,3
25 Doubs 19 400 27,6
39 Jura 11 400 30,2
51 Marne 20 600 23,8
52 Haute-Marne 7 000 8,9
54 Meurthe-et-Moselle 24 500 21,0
55 Meuse 8 400 17,5
57 Moselle 42 300 26,2
58 Nièvre 10 800 7,0
59 Nord 94 300 24,0
60 Oise 27 300 37,3
62 Pas-de-Calais 57 900 22,1
67 Bas-Rhin 48 100 46,0
68 Haut-Rhin 34 500 49,0
70 Haute-Saône 10 000 24,5
71 Saône-et-Loire 26 800 19,9
75 Paris 49 200 17,0
77 Seine-et-Marne 44 000 54,6
78 Yvelines 40 100 40,4
80 Somme 25 000 23,0
88 Vosges 15 800 22,0
89 Yonne 15 500 19,9
90 Territoire de Belfort 4 400 10,3
91 Essonne 41 700 39,1
92 Hauts-de-Seine 40 300 28,0
93 Seine-Saint-Denis 45 800 39,8
94 Val-de-Marne 43 400 38,8
95 Val-d’Oise 38 500 46,3
08 Ardennes 10 500 11,0
  • Lecture : Entre 2021 et 2050, dans le Haut-Rhin, le nombre de seniors en perte d’autonomie augmenterait de 49 %.
  • Sources : Insee, projections Omphale 2022 ; Drees, enquêtes EHPA 2019, BADIANE 2019 et 2021, Autonomie-Ménages 2022 et VQS 2021.

Figure 4Croissance du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie par département entre 2021 et 2050

Sembach Melvyn QGIS 3.40.8-Bratislava image/svg+xml 2026-01-22T11:11:08 Sembach Melvyn QGIS 3.40.8-Bratislava
  • Lecture : Entre 2021 et 2050, dans le Haut-Rhin, le nombre de seniors en perte d’autonomie augmenterait de 49 %.
  • Sources : Insee, projections Omphale 2022 ; Drees, enquêtes EHPA 2019, BADIANE 2019 et 2021, Autonomie-Ménages 2022 et VQS 2021.

Entre 2046 et 2070, le nombre de seniors en perte d’autonomie diminuerait de 23 000 personnes dans le Grand Est

Dans le Grand Est, le nombre de seniors en perte d’autonomie atteindrait un pic en 2046 : 226 000 personnes. À partir de cette date, il se stabiliserait avant de diminuer progressivement de 0,4 % par an, pour atteindre 203 000 en 2070. Cette baisse s’expliquerait par l’amélioration de l’état de santé des personnes âgées, qui finirait par compenser l’augmentation et le vieillissement de la population des seniors. En outre, les personnes de la première génération du baby-boom auront presque toutes disparu après 2046.

À l’échelle nationale, ce pic interviendrait plus tard, en 2052 : le nombre de seniors en perte d’autonomie se stabiliserait alors, avant d’amorcer une légère baisse à l’horizon des années 2070, estimée à ‑0,2 % par an.

Encadré 1 : Le Grand Est, une région insérée dans une zone frontalière vieillissante

Dans les pays frontaliers du Grand Est, les enjeux liés au vieillissement sont également présents. À l’échelle des régions, côté allemand, le nombre de seniors de l’arrondissement de Germersheim augmenterait de plus d’un quart d’ici 2050. En Belgique, dans l’arrondissement d’Arlon, ce nombre serait en hausse de moitié, tandis que dans ceux de Neufchâteau et de Dinant, l’accroissement serait proche d’un tiers.

La même tendance serait observée en Suisse dans le canton de Bâle et côté français dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Meurthe-et-Moselle. Au Luxembourg, si les tendances démographiques récentes se poursuivaient, le nombre de personnes de 60 ans ou plus doublerait d’ici 2050. Ainsi, les flux de travailleurs frontaliers dans cette région pourraient s’intensifier dans les prochaines années dans le secteur sanitaire et social.

Encadré 2 : Les différents scénarios de perte d’autonomie

Les projections démographiques reposent sur différentes hypothèses d’évolution. Dans le cadre de cette étude, trois scénarios concernant les taux de perte d’autonomie modérée ont été envisagés.

Le premier correspond à l’hypothèse de base, également appelée « hypothèse intermédiaire ». Elle suppose que les années supplémentaires d’espérance de vie gagnées sont des années vécues sans perte d’autonomie. L’espérance de vie à 60 ans des femmes augmenterait de deux ans d’ici 2050 et celle des hommes de quatre ans. Ainsi, une femme de 60 ans vivrait encore 28,5 ans en moyenne et un homme 26 ans.

Le deuxième scénario repose sur une hypothèse optimiste, selon laquelle l’espérance de vie sans perte d’autonomie progresserait plus rapidement que l’espérance de vie totale. Chaque année supplémentaire d’espérance de vie à 60 ans se traduirait alors par un gain de 1,1 an d’espérance de vie en autonomie, conformément aux tendances récentes estimées par les experts de l’autonomie consultés par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).

Enfin, l’hypothèse pessimiste considère que les gains d’espérance de vie se répartissent entre années avec et sans perte d’autonomie selon la structure observée de l’espérance de vie à 60 ans en 2021.

Dans le cadre de cette étude, il a été choisi d’appliquer uniquement l’hypothèse de base.

Publication rédigée par :Perrine Kauffmann, Melvyn Sembach (Insee)
Publication rédigée par :Perrine Kauffmann, Melvyn Sembach (Insee)

Sources

Enquêtes conçues par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère chargé des solidarités :

Omphale (outil méthodologique de projection d’habitants, d’actifs, de logements et d’élèves) est une application développée par l’Insee qui comprend un modèle théorique de projection de la population, des bases de données démographiques, des techniques d’analyse démographique et des outils de construction de scénarios pour le futur. Dans le cadre de cette étude, les projections s’appuient sur le maintien d’un solde migratoire avec l’étranger constant à partir de 2020, sur une hypothèse d’allongement tendancielle de l’espérance de vie observée au niveau national et sur des hypothèses sur l’évolution de l’autonomie ; l’hypothèse de base retenue dans cette étude étant que les années d’espérance de vie gagnées à 60 ans seraient des années sans perte d’autonomie.

Définitions

La perte d’autonomie est l’impossibilité pour un senior d’effectuer sans assistance certains actes de la vie quotidienne, dans son environnement habituel. Une personne est en perte d’autonomie si son groupe iso-ressource (GIR) est compris entre 1 et 4 : il s’agit d’une mesure administrative de la perte d’autonomie qui classe les individus en fonction du niveau d’aide dont ils ont besoin pour accomplir les actes essentiels de la vie quotidienne. Cette mesure prend en compte les difficultés rencontrées par les personnes tant sur le plan physique (s’habiller, s’alimenter, se déplacer à l’intérieur ou à l’extérieur de chez soi par exemple) que sur le plan psychique (s’orienter dans le temps et l’espace par exemple). Pour les personnes résidant en établissement, le GIR est celui qui est attribué par les équipes médico‑sociales ; pour les personnes vivant à domicile, il s’agit d’une estimation réalisée grâce aux variables du questionnaire de l’enquête Autonomie de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).

Les seniors sont les personnes de 60 ans ou plus.

Les personnes confinées au lit ou au fauteuil, mais aussi celles dont les fonctions mentales sont altérées et nécessitent une surveillance permanente, sont considérées en perte d’autonomie sévère (leur GIR est égal à 1 ou 2).

L’espérance de vie (à un âge donné) correspond au nombre moyen d’années qu’une génération fictive de personnes peut espérer vivre en étant soumise, à chaque âge, aux conditions de mortalité d’une année donnée. En France, elle est calculée selon la méthode Ehemu.

Pour en savoir plus

(1) Retrouvez davantage de données associées à cette publication en téléchargement.

(2) Dufeutrelle J., Pucher O., Louvel A., « 700 000 seniors en perte d’autonomie supplémentaires d’ici 2050  », Insee Première no 2078, octobre 2025.

(3) Frey G., Martin B., Villaume S., « Dans le Grand Est en 2021, la perte d’autonomie concerne 7 % des seniors à domicile  », Insee Analyses Grand Est no 171, décembre 2023.

(4) Horodenciuc L., Kauffmann P., « Dans le Grand Est, près d’un septième de la population en moins d’ici 2070  », Insee Flash Grand Est no 64, novembre 2022.