Soutiens budgétaires en zone euro, sur fond de tensionsNote de conjoncture - mars 2019

Julien Pouget - Frédéric Tallet - Juliette Grangier - Louise Viard-Guillot

La France a terminé l’année 2018 sur un rythme de croissance modéré (+0,3 % par trimestre au second semestre), légèrement supérieur à celui enregistré pendant la première moitié de l’année (+0,2 % par trimestre). Entre-temps, l’environnement international s’est singulièrement assombri. Dans un contexte où par ailleurs beaucoup d’incertitudes persistent (modalités du Brexit, tensions protectionnistes, …), presque tous les grands pays de la zone euro ont mis en place, d’une manière ou d’une autre, des mesures de soutien budgétaire.

L’activité économique de la zone euro connaîtrait donc d'ici la mi 2019 une faible accélération, à +0,3 % de croissance par trimestre. L’économie française, jusqu’ici moins exposée que d’autres aux turbulences du commerce mondial, et stimulée par une politique budgétaire plus expansionniste qu’envisagé il y a quelques mois, pourrait tirer, au moins ponctuellement, son épingle du jeu, à 0,4 % de croissance par trimestre (soit +1,1 % acquis mi-2019, après +1,5 % sur l’ensemble de l’année 2018). Elle serait surtout portée par la demande intérieure (consommation des ménages, investissement des entreprises).

Note de conjoncture
Paru le : 19/03/2019
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Sommaire

Soutiens budgétaires en zone euro, sur fond de tensions

La France a terminé l’année 2018 sur un rythme de croissance modéré (+0,3 % par trimestre au second semestre), légèrement supérieur à celui enregistré pendant la première moitié de l’année (+0,2 % par trimestre). Entre-temps, l’environnement international s’est singulièrement assombri. Dans un contexte où par ailleurs beaucoup d’incertitudes persistent (modalités du Brexit, tensions protectionnistes, …), presque tous les grands pays de la zone euro ont mis en place, d’une manière ou d’une autre, des mesures de soutien budgétaire.

L’activité économique de la zone euro connaîtrait donc d'ici la mi 2019 une faible accélération, à +0,3 % de croissance par trimestre. L’économie française, jusqu’ici moins exposée que d’autres aux turbulences du commerce mondial, et stimulée par une politique budgétaire plus expansionniste qu’envisagé il y a quelques mois, pourrait tirer, au moins ponctuellement, son épingle du jeu, à 0,4 % de croissance par trimestre (soit +1,1 % acquis mi-2019, après +1,5 % sur l’ensemble de l’année 2018). Elle serait surtout portée par la demande intérieure (consommation des ménages, investissement des entreprises).

Note de conjoncture

Paru le : 19/03/2019

Résumé

La France a terminé l’année 2018 sur un rythme de croissance modéré (+0,3 % par trimestre au second semestre), légèrement supérieur à celui enregistré pendant la première moitié de l’année (+0,2 % par trimestre). Même si le mouvement des gilets jaunes a pu avoir des conséquences localement sévères, son impact macroéconomique à court terme a, sans conteste, été plus faible que son retentissement politique et médiatique.

Entre-temps, l’environnement international s’est singulièrement assombri tout au long de l’année. Le ralentissement américain semble poindre alors que les effets du soutien budgétaire risquent de s’estomper. L’essoufflement de la croissance chinoise se confirme au fil de la publication des indicateurs. Certains pays émergents connaissent une forte inflation en partie liée à des chocs de change. Quant à la zone euro, elle a nettement déçu en fin d’année, l’Allemagne échappant de peu à une récession technique qui s’est en revanche concrétisée en Italie.

Certes, il n’est pas exclu que s’apaisent un peu les tensions protectionnistes, lesquelles semblent parfois faire danser le commerce mondial sur un volcan. Certes, les banques centrales ont pris acte du ralentissement économique et gardent la possibilité d’ajuster en conséquence leurs politiques monétaires. Certes, les cours du pétrole, malgré un rebond en début d’année, n'ont pas retrouvé les sommets atteints l’automne dernier.

Mais beaucoup d’incertitudes persistent, notamment en Europe, qu’il s’agisse, entre autres, de l’issue du Brexit ou de la capacité de résilience de l’économie allemande face aux à-coups du commerce mondial. Dans ce contexte brouillé, presque tous les grands pays de la zone euro ont mis en place, d’une manière ou d’une autre, des mesures de soutien budgétaire.

L’activité économique de la zone euro connaîtrait ainsi une faible accélération, d’ici la mi-2019, à +0,3 % de croissance par trimestre. L’économie française, jusqu’ici moins exposée que d’autres aux turbulences du commerce mondial, et stimulée par une politique budgétaire plus expansionniste qu’envisagé il y a quelques mois, pourrait tirer, au moins ponctuellement, son épingle du jeu, à 0,4 % de croissance par trimestre.

Le climat des affaires en France se maintient en effet début 2019 un peu au-dessus de sa moyenne, après avoir régulièrement perdu du terrain tout au long de 2018. La confiance des ménages se redresse, après une lourde chute en fin d’année, mais elle reste au-dessous de sa moyenne. L’emploi conserverait une progression comparable à celle de fin 2018 (+85 000 créations nettes au premier semestre) et le taux de chômage diminuerait un peu d’ici la mi-2019, ce qui conduirait à un repli de 0,4 point sur un an. Le pouvoir d’achat, déjà stimulé fin 2018 par les réductions de la taxe d’habitation et de cotisations salariales, bénéficierait ensuite des mesures d’urgence annoncées en décembre.

L’économie française serait donc surtout soutenue par la demande intérieure, en particulier la consommation des ménages – sous réserve que leur attentisme se dissipe suffisamment pour que le taux d’épargne puisse refluer, mais aussi l’investissement des entreprises, qui pourrait profiter de l’apport ponctuel de trésorerie associé à la transformation du CICE en baisse pérenne de coût salarial.

Les aléas susceptibles d’affecter ce scénario restent nombreux. Au-delà des interrogations propres à la France, concernant notamment le comportement des consommateurs, l’environnement international pourrait s’obscurcir davantage ou bien s’éclaircir si des solutions politiques venaient faire baisser, en particulier, les tensions commerciales et les inquiétudes associées au Brexit.

Vue d’ensemble

La résistance du commerce mondial face aux tensions protectionnistes s’affaiblit

Le recul du commerce extérieur chinois a fait trébucher le commerce mondial au quatrième trimestre 2018

Alors qu’il avait encore progressé durant l’été 2018 (+1,1 %), le commerce mondial s’est replié à l’automne (–0,5 %), pour la première fois depuis début 2016. La lourde chute des importations comme des exportations chinoises (respectivement –9,2 % et –2,4 % au quatrième trimestre 2018), est essentiellement à l’origine de ce recul, à la suite de l’escalade des droits de douanes déclenchée par les États-Unis. Le ralentissement des échanges extérieurs en fin d’année a largement affecté les pays émergents comme les économies avancées, même si la zone euro a ponctuellement profité d’une accélération des exportations aéronautiques et automobiles.

La vigueur américaine commence à s’essouffler, tandis que l’activité est à la traîne en Europe

Au quatrième trimestre 2018, l’activité économique a perdu un peu de dynamisme aux États-Unis (+0,6 % après +0,8 %), les effets des mesures de soutien à la demande des ménages et des entreprises commençant à s’estomper. L’économie japonaise, après avoir été affectée par des catastrophes naturelles durant l’été, a modérément rebondi (+0,5 % après –0,6 % au troisième trimestre 2018). La croissance du Royaume-Uni (+0,2 % après +0,6 %) continue d’être pénalisée par le recul depuis un an de l’investissement des entreprises, les nuages s’accumulant autour des perspectives de Brexit. En zone euro, l’activité allemande a été perturbée par l’entrée en vigueur de la nouvelle norme automobile WLTP (éclairage de la fiche zone euro) et a évité de justesse la récession technique (+0,0 % au quatrième trimestre après –0,2 %). L’Italie n’y a pas échappé en revanche (–0,1 % comme au troisième trimestre), du fait d’une consommation atone. La France a conservé un rythme de croissance modéré (+0,3 % à l’automne comme à l’été), alors que celui de l’Espagne est demeuré dynamique (+0,7 % après +0,6 %), soutenu par la consommation publique et les exportations.

Le ralentissement mondial affecte de façon diverse les économies émergentes

À l’exception de l’Inde dont l’activité a accéléré en fin d’année, la plupart des économies émergentes subissent les conséquences du ralentissement mondial : les climats des affaires s’y sont dégradés depuis la mi-2018. La crise turque s’est prolongée à la suite de la forte dépréciation de la livre, dans un contexte  d’inflation vigoureuse. En Russie et au Brésil, les perspectives s’améliorent malgré la hausse encore rapide des prix. Le produit intérieur brut (PIB) affiché de la Chine continue de ralentir, alors que les indicateurs d’activité déclinent plus nettement.

En France, l’activité a progressé en fin d’année à un rythme un peu plus soutenu que début 2018

Au quatrième trimestre 2018, l’activité en France a progressé de 0,3 %, comme durant l’été, après un premier semestre de croissance plus modérée (+0,2 % par trimestre). La consommation des ménages a calé (0,0 % après +0,4 %), moins en raison des conséquences du mouvement des gilets jaunes (éclairage de la fiche Consommation et investissement des ménages) que sous l’effet d’autres facteurs ponctuels : la mise en place des nouvelles normes automobiles a déprimé les immatriculations à l’automne et les températures douces d’octobre et décembre ont limité la consommation et les exportations d’énergie. Comme fin 2017 et fin 2016, le commerce extérieur a soutenu la croissance économique, à hauteur de 0,3 point de PIB au quatrième trimestre 2018. Les livraisons aéronautiques et navales ont en effet été à nouveau particulièrement dynamiques, permettant aux exportations de progresser de 2,3 %, quand les importations ont crû de 1,4 %. La baisse des immatriculations de véhicules d’entreprise a pénalisé l’investissement des entreprises en produits manufacturés (–1,9 % à l’automne après +2,2 %), tandis que les investissements en services sont restés un soutien robuste à l’activité (+1,6 % après +2,3 % au troisième trimestre). Enfin, l’investissement des ménages s’est replié (–0,3 % après 0,0 %), du fait du recul des mises en chantier depuis mi-2017.

Le prix du pétrole a quelque peu rebondi début 2019 ; le taux de change de l’euro reste relativement stable

Après avoir baissé de 30 $ en un trimestre, le prix du pétrole s’est redressé début 2019

Le prix du baril de Brent est passé de 85 $ à 55 $ entre le début et la fin du quatrième trimestre 2018, sous l’effet du ralentissement économique mondial et de l’annonce en octobre d’une hausse de la production saoudienne. Mais en fin d’année, les pays de l’Opep se sont accordés pour réduire leur production, initiant le rebond des cours du pétrole en 2019. Le baril de Brent a ainsi dépassé 65 $ en février, niveau retenu comme hypothèse de prévision jusqu’à la mi-2019.

Les politiques monétaires se trouvent face à la perspective d’un ralentissement économique

La Réserve fédérale (Fed) comme la Banque centrale européenne (BCE) ont pris acte des risques de ralentissement de l’activité économique mondiale. Alors que plusieurs hausses des taux directeurs étaient encore communément envisagées pour l’année 2019, la stratégie de la Fed est désormais en partie conditionnée par les incertitudes sur l’activité économique américaine et mondiale. Son comité de politique monétaire indique notamment qu’à 2,5 %, son principal taux directeur serait proche du taux neutre mais il laisse toutefois entrevoir une possible hausse d’ici la fin de l’année. Du côté européen, la BCE a cessé comme prévu son programme d’achat d’actifs fin 2018 mais sans réduire pour autant son bilan. Elle écarte toute hausse des taux directeurs avant 2020, ceux-ci demeurant au niveau plancher depuis 2016. Pour le premier semestre 2019, l’hypothèse retenue pour le taux de change de l’euro contre le dollar est de 1,14 $/€ ; il s’agit également du niveau moyen observé au quatrième trimestre 2018. Dans les pays émergents, les récents relèvements successifs des taux américains font encore peser des risques de sortie de capitaux et de dépréciation du change.

Début 2019, les tensions protectionnistes pèseraient sur le commerce mondial

Le commerce mondial continuerait de ralentir alors que les effets de la guerre commerciale se concrétisent et que les incertitudes européennes persistent

Si l’escalade des mesures protectionnistes semble suspendue, les commandes à l’exportation déclarées par les directeurs d’achats continuent de se dégrader (graphique 1). Elles sont passées nettement sous leur seuil d’expansion, confirmant le ralentissement du commerce mondial. Malgré un rebond attendu au premier trimestre du côté des échanges chinois, la baisse de régime des échanges mondiaux serait tangible en rythme annuel : l’acquis de croissance annuelle du commerce mondial à la mi-2019 ne serait que de +1,5 %, après +4,3 % en 2018 et +5,7 % en 2017. De surcroît, le brouillard qui entoure le Brexit pèserait sur le commerce et l’activité du Royaume-Uni comme sur ceux de ses partenaires et, en premier lieu, l’Union européenne (dossier Brexit : quelles conséquences sur l’activité économique des partenaires du Royaume-Uni ?).

Figure 1 - Les nouvelles commandes à à l’exportation ont chuté dans les principales économies mondiales

Figure 1 - Les nouvelles commandes à à l’exportation ont chuté dans les principales économies mondiales
Zone euro Avancés Emergents Monde
M1 2006 55,31 54,45 51,77 54,03
M2 2006 56,43 55 53,01 54,67
M3 2006 58,23 54,64 52,8 54,29
M4 2006 58,72 53,55 54,09 53,76
M5 2006 57,44 53,9 54,24 54,01
M6 2006 57,24 53,21 54,43 53,53
M7 2006 57,62 52,67 54,45 53,06
M8 2006 55,75 53,78 53,81 53,91
M9 2006 56,39 53,61 52,25 53,42
M10 2006 56,66 54,39 52,61 54,12
M11 2006 57,06 54,39 51,21 53,83
M12 2006 56,78 53,5 51,72 53,21
M1 2006 55,31 52,65 51,16 52,4
M2 2007 56,17 53,84 52,81 53,69
M3 2007 55,34 53,6 52,14 53,37
M4 2007 53,86 53,93 53,18 53,83
M5 2007 53,98 54,27 54,68 54,42
M6 2007 54,81 54,07 54,93 54,33
M7 2007 54,49 53,73 51,12 53,27
M8 2007 54,32 54,29 52,5 53,99
M9 2007 53,37 52,71 52,92 52,87
M10 2007 51,38 53,24 53,27 53,33
M11 2007 52,48 54,13 52,49 53,83
M12 2007 52,34 51,96 51,97 52,07
M1 2008 52,24 53,73 52,46 53,47
M2 2008 51,04 51,6 51,56 51,67
M3 2008 51,14 51,43 50,74 51,42
M4 2008 49,68 50,43 51,38 50,61
M5 2008 48,58 51,01 51,49 51,2
M6 2008 49,24 50,61 52,22 51,08
M7 2008 47,51 48,97 51,06 49,4
M8 2008 48,15 50,36 48,91 49,99
M9 2008 43,64 46,28 46,56 46,38
M10 2008 38,5 38,68 44,03 39,94
M11 2008 31,8 34,88 31,91 34,19
M12 2008 29,58 29,68 33,47 30,64
M1 2009 31,37 31,54 36,1 32,73
M2 2009 30,78 31,76 39,19 33,73
M3 2009 32,08 35,12 40,82 36,64
M4 2009 37,21 40,8 46,99 42,47
M5 2009 41,91 46,18 48,29 46,73
M6 2009 43,72 47,78 50,02 48,38
M7 2009 48,75 49,98 50,12 50,02
M8 2009 50,05 52,61 52,96 52,71
M9 2009 50,06 52,62 53,5 52,87
M10 2009 51,55 52,44 54,65 53,1
M11 2009 52,11 52,95 55,61 53,77
M12 2009 53,15 53,06 55,85 53,88
M1 2010 53,84 54,54 56,73 55,23
M2 2010 56,02 55,69 56,44 55,99
M3 2010 58,75 56,71 56,26 56,55
M4 2010 58,71 56,44 53,85 55,68
M5 2010 58,52 56,69 53,09 55,63
M6 2010 56,6 54,53 50,09 53,25
M7 2010 55,42 53,42 51,06 52,76
M8 2010 54,41 52,11 50,33 51,71
M9 2010 52,56 51,69 50,86 51,49
M10 2010 54,92 51,96 51,56 51,98
M11 2010 54,62 51,75 53,41 52,33
M12 2010 56,95 52,09 53,11 52,55
M1 2011 57,45 54,61 53,06 54,12
M2 2011 58,69 55,77 51,64 54,3
M3 2011 57,56 54,33 51,85 53,54
M4 2011 57,68 52,79 51,19 52,25
M5 2011 53,98 52,54 50,82 52
M6 2011 51,11 50,85 48,71 50,08
M7 2011 49,24 50,56 49,38 50,13
M8 2011 47,45 50 49,28 49,71
M9 2011 46,4 47,94 49,35 48,59
M10 2011 44,18 46,2 51,11 48,11
M11 2011 43,51 46,95 51,48 48,72
M12 2011 45,4 48,88 50,57 49,64
M1 2012 47,73 49,89 51,02 50,34
M2 2012 48,46 49,79 49,21 49,61
M3 2012 48,39 50,86 49,45 50,35
M4 2012 46,22 48,66 51,02 49,74
M5 2012 45,13 48,43 49,76 49,05
M6 2012 44,93 47,23 47,5 47,42
M7 2012 44,79 46,02 47,85 46,88
M8 2012 44,54 46,8 47,36 46,94
M9 2012 45,25 46,87 47,87 47,24
M10 2012 45,32 46,43 48,4 47,24
M11 2012 46,45 47,65 51,76 49,36
M12 2012 46,64 48,28 49,88 49,05
M1 2013 49,46 49,18 50,97 49,94
M2 2013 51,7 49,62 50,56 50,14
M3 2013 48,69 51,24 50,62 50,97
M4 2013 48,44 50,97 49,17 50,22
M5 2013 50,06 50,67 49,7 50,25
M6 2013 49,04 49,05 47,29 48,36
M7 2013 51,08 51,4 48,75 50,29
M8 2013 53,6 51,44 48,39 50,18
M9 2013 53,43 51,64 50,22 51,03
M10 2013 53,08 52,61 50,75 51,81
M11 2013 54 53,61 50,48 52,25
M12 2013 53,84 53,24 49,65 51,74
M1 2014 55,26 52,26 49,47 51,16
M2 2014 54,52 52,62 49,77 51,45
M3 2014 53,37 52,12 51,57 51,89
M4 2014 53,3 51,69 49,95 51,03
M5 2014 52,57 51,58 52,81 52,03
M6 2014 52,42 51,24 51,05 51,13
M7 2014 52,64 51,47 51,71 51,59
M8 2014 51,7 52,87 51,42 52,27
M9 2014 51,64 52,06 52,89 52,41
M10 2014 50,72 51,04 51,5 51,18
M11 2014 50,75 50,1 51,04 50,53
M12 2014 51,57 51,03 51,57 51,34
M1 2015 50,73 51,3 50,42 50,97
M2 2015 51,8 51,92 49,38 50,79
M3 2015 52,67 51,23 49,64 50,66
M4 2015 52,32 50,2 50,19 50,26
M5 2015 53,19 50,86 48,11 49,71
M6 2015 52,71 51,31 50,32 50,91
M7 2015 51,54 50,71 48,42 49,75
M8 2015 52,43 50,6 48,33 49,62
M9 2015 52,07 50,21 46,85 48,81
M10 2015 52,73 51,78 50,3 51,07
M11 2015 52,96 51,28 50,59 51,08
M12 2015 53,22 51,5 48,87 50,4
M1 2016 52,28 51,91 48,28 50,35
M2 2016 51,46 49,89 48,54 49,3
M3 2016 51,07 49,62 49,3 49,56
M4 2016 51,54 48,91 49,1 49,11
M5 2016 50,88 49,06 48,56 48,93
M6 2016 52,78 50,66 48,51 49,77
M7 2016 52,42 50,47 49,23 49,99
M8 2016 51,95 51,09 49,68 50,55
M9 2016 53,26 51,24 50,03 50,82
M10 2016 53,36 51,95 49,27 50,89
M11 2016 54,09 52,24 49,65 51,17
M12 2016 54,85 52,41 49,47 51,24
M1 2017 55,25 52,87 51,32 52,35
M2 2017 55,51 52,98 52,43 52,83
M3 2017 56,7 53,2 51,51 52,47
M4 2017 57,39 53,96 50,87 52,53
M5 2017 57,52 53,61 50,58 52,32
M6 2017 57,35 53,71 51,13 52,65
M7 2017 56,79 52,65 52,24 52,55
M8 2017 58,5 53,33 53,35 53,49
M9 2017 57,27 53,47 51,16 52,49
M10 2017 57,9 53,98 51,21 52,73
M11 2017 60,65 55,26 51,58 53,58
M12 2017 60,64 55,22 52,08 53,9
M1 2018 58,39 55,45 52,15 54,03
M2 2018 56,96 54,17 51,59 53,24
M3 2018 54,77 52,54 50,64 51,9
M4 2018 54,26 51,99 49,56 51,05
M5 2018 52,44 51,68 49,46 50,75
M6 2018 52,58 51,05 49,37 50,4
M7 2018 51,96 50,86 49,75 50,23
M8 2018 51,96 50,76 49,49 50,21
M9 2018 50,23 50,27 48,97 49,66
M10 2018 49,12 49,88 49,47 49,83
M11 2018 49,37 50,26 49 49,72
M12 2018 48,51 50,02 49,43 49,74
M1 2019 48,52 48,73 50 49,39
M2 2019 46,5 N/D N/D N/D

Figure 1 - Les nouvelles commandes à l’exportation ont chuté dans les principales économies mondiales

  • Source : PMI Markit

Ralentissement de l’économie américaine : le shutdown s’ajoute à l’essoufflement de l’effet des mesures budgétaires

Aux États-Unis, le shutdown a affecté l’activité en fin d’année 2018 et début 2019 (éclairage de la fiche États-Unis) : il accentuerait donc le ralentissement économique en cours, en pesant sur la consommation et l’investissement public (–0,1 % au premier trimestre 2019 puis +0,9 % au deuxième), l’investissement privé (–0,6 % puis +0,1 %) ainsi que sur la consommation des ménages (+0,4 % puis +0,5 %). Plus structurellement, l’effet de soutien à la croissance des mesures budgétaires de 2018 commencerait à s’estomper et n’empêcherait pas le PIB américain de ralentir (+0,3 % puis +0,5 % par trimestre au premier semestre 2019 après +0,8 % et +0,6 % au second semestre 2018).

La croissance nippone ne serait pas mieux orientée (+0,2 % au premier trimestre 2019 puis +0,4 %), malgré le soutien au deuxième trimestre des mesures incitatives associées aux négociations salariales.

En écartant l’hypothèse d’un Brexit sans accord (éclairage de la fiche Royaume-Uni), la croissance britannique se maintiendrait à faible régime (+0,1 % au premier trimestre puis +0,2 % au deuxième).

Les principales économies émergentes ralentiraient très progressivement

En Chine, les climats des affaires continuent de se dégrader dans l’industrie mais se maintiennent dans les services. Le commerce extérieur chinois se reprendrait un peu au premier semestre après le choc de la fin 2018, sans toutefois retrouver la vigueur des années passées. L’activité indienne demeurerait très dynamique. Début 2019, la croissance connaîtrait un rythme comparable ou à peine inférieur à celui observé en 2018 en Russie, au Brésil comme dans les pays d’Europe centrale et orientale. En revanche, à l’horizon de la prévision, la Turquie resterait en récession.

L’activité économique de la zone euro conserverait un faible régime début 2019

Le climat économique européen continue de se dégrader dans l’industrie comme dans les services

Au-delà des difficultés ponctuelles du secteur automobile qui ont concerné l’ensemble de la zone euro, l’activité industrielle des principaux pays tend à se replier depuis fin 2017 (graphique 2). Cette tendance est aussi à l’œuvre dans les services, si bien que le climat des affaires des principaux pays de la zone se dégrade également depuis plus d’un an. Par ailleurs, les tensions sur l’offre, qu’elles se traduisent par des difficultés de recrutement ou des goulots de production, s’atténuent un peu depuis quelques mois même si elles restent élevées, singulièrement en Allemagne.

Figure 2 - La production industrielle des principaux pays de la zone euro se replie depuis début 2018

Figure 2 - La production industrielle des principaux pays de la zone euro se replie depuis début 2018
Allemagne Zone euro Espagne France Italie
M1 2005 94,8 102,1 118,1 112 111,7
M2 2005 93,8 101,9 118,9 110,6 112,2
M3 2005 94,7 101,8 119,7 108,1 112,2
M4 2005 95,4 103,3 120,8 111,1 114,7
M5 2005 94,3 101,9 119,7 109,8 112
M6 2005 96,2 102,8 120 109,8 111,9
M7 2005 97,5 103,4 120,3 109,3 113,7
M8 2005 94,9 102,3 121,5 108,6 112,7
M9 2006 97,2 103,6 120,9 111,7 113,2
M10 2005 98,9 103,8 120,2 108,3 113,5
M11 2005 98,1 105,6 121,8 112,7 114,6
M12 2005 98,1 104,4 122,9 111,3 113
M1 2006 99 105,2 123,5 110,6 113,3
M2 2006 99,3 105,2 123,5 109,8 115,5
M3 2006 98,4 106 124,3 111,9 116,1
M4 2006 100,4 106,3 123,1 111,2 115,2
M5 2006 101,4 107,9 125 113,1 117,8
M6 2006 101 107,7 125,2 112,9 118,1
M7 2006 102,7 107,4 124,4 111,3 116,5
M8 2006 103,2 107,8 124,5 110,6 118
M9 2006 102,9 108 125,6 112,3 117,8
M10 2006 102,4 107,8 125,6 111,4 118
M11 2006 104,3 108,6 126,7 110,8 118,1
M12 2006 105,2 110,4 129 112,7 120,2
M1 2006 105 109,7 127,4 111,4 118,8
M2 2007 105,9 110,5 127,1 112,4 119,6
M3 2007 106,4 111,1 129,2 113,4 120,5
M4 2007 105,5 109,5 125,8 111,4 118,2
M5 2007 107,5 111,6 129,6 114 120,6
M6 2007 107,7 111,6 128,8 113,7 120
M7 2007 108,4 111,7 125,5 113,9 119,2
M8 2007 108,6 112,5 126,2 114,6 123,6
M9 2007 109,6 112 126,9 112,1 120,6
M10 2007 109,8 113,1 129 114,6 119,2
M11 2007 109,5 112,2 126,2 112,4 117,9
M12 2007 110,3 112,9 126,2 112,7 118,8
M1 2008 111,4 113,8 127,4 113,7 121,2
M2 2008 111 113,6 126,8 114,7 120,4
M3 2008 110,8 113 124,1 113,3 121
M4 2008 111,4 114,5 126,2 115,9 122,2
M5 2008 108,9 111,1 122,5 110,4 118
M6 2008 110 111 116,2 110,2 119,3
M7 2008 108,4 110,1 119,8 110,9 115,4
M8 2008 110,1 109,6 115,6 109,2 112,6
M9 2008 108 108,8 114,9 109 111,7
M10 2008 105,7 106,5 111,4 107 109,4
M11 2008 101 102,3 105,7 101,7 105,7
M12 2008 97,4 98,5 100,8 100,4 101,3
M1 2009 90,6 94,7 100,5 96,2 97,5
M2 2009 87,8 92,5 100 95 93,8
M3 2009 87,8 91,2 97,1 93,3 90,1
M4 2009 85,1 90,1 98,5 93,3 90,6
M5 2009 88,8 92,3 97,8 94,6 92,3
M6 2009 90,3 92,7 97,9 95,8 91,5
M7 2009 89,3 92,9 98,9 95,4 93,6
M8 2009 90,5 92,9 99,4 96,7 91,5
M9 2009 94,1 95,2 100,2 97,5 94,2
M10 2009 92,2 94,9 101,2 96,7 95,8
M11 2009 92,8 95,1 99,5 97,8 96,1
M12 2009 93,2 95,1 99,7 97,4 94,6
M1 2010 94,6 96,7 98,4 98,1 98
M2 2010 93,6 96,2 98,3 97,6 97,1
M3 2010 95,8 98 101 99,6 97,5
M4 2010 97,7 98,5 101,2 99,2 98,4
M5 2010 100,8 100,3 100,4 100,1 98,8
M6 2010 99,8 100,4 100,9 99,7 101,2
M7 2010 99,8 100 99,8 100,3 101
M8 2010 101,1 100,8 99,3 99,4 104,3
M9 2010 102,3 101 99 100,7 100,2
M10 2010 104,5 101,8 100,1 100,6 100,6
M11 2010 104 102,8 102,4 101,7 101,2
M12 2010 106 103,5 99,3 103,1 101,8
M1 2011 105,2 103 100,1 104,2 100,1
M2 2011 106,3 104 101,1 104,7 102,6
M3 2011 106,7 104,1 100 103,4 102,8
M4 2011 106,9 103,7 99,4 101,6 103,8
M5 2011 107,9 104,3 98,6 105,1 101,8
M6 2011 106,3 102,9 98,5 102 101
M7 2011 109,7 103,9 98,5 103,2 100,7
M8 2011 108,8 104 98,2 102,1 100
M9 2011 107,1 103 97,6 101,5 99,5
M10 2011 108,4 102,7 96 101,9 98,4
M11 2011 107,6 103 95,5 104 99
M12 2011 106,4 102,4 97 102 100
M1 2012 106,8 101,5 95,1 101,1 96,1
M2 2012 107,4 102,3 93,9 101,6 96,4
M3 2012 108,2 102,1 92,5 101 96,8
M4 2012 106,6 101,2 91,6 101,8 95,4
M5 2012 108,4 102,1 92,6 99,8 96,7
M6 2012 107,2 101,2 91,9 99,6 94,8
M7 2012 108 101,5 91,1 100,5 95,8
M8 2012 108,3 102,4 93,2 101,7 95,1
M9 2012 106,9 100,4 89,9 100,2 95,1
M10 2012 105,4 99,7 91 98,6 93,2
M11 2012 104,8 98,8 88,6 98,7 91,9
M12 2012 105,2 99,3 88,8 99,9 92,7
M1 2013 104,3 98,9 89,9 98,4 92,6
M2 2013 105,1 99,1 89,1 99,5 92,2
M3 2013 106,9 100,1 90,2 99,2 91,6
M4 2013 106,8 100,4 88,9 101,4 91,1
M5 2013 106 100,5 89,5 100,7 92,6
M6 2013 107,8 100,6 90,3 99,5 92,6
M7 2013 106,2 99,8 89,9 99,4 92,3
M8 2013 108,3 100,3 90,7 98,5 90,9
M9 2013 107,9 100,5 90,5 98,7 92,5
M10 2013 107,2 99,9 89,9 98,6 92,8
M11 2013 109 101,2 90,8 100,4 92,6
M12 2013 109,3 101,1 90,9 99,4 91,5
M1 2014 108,5 100,8 91,1 97,8 93,2
M2 2014 108,5 101,4 91,6 99,2 92,5
M3 2014 108,8 100,8 90,6 98,3 91,4
M4 2014 108,4 102,4 92 98,7 92,3
M5 2014 107,8 101,6 91,6 97,1 91
M6 2014 107,9 101 90,7 98,6 92,7
M7 2014 109,7 101,8 90,7 99,7 91,3
M8 2014 105,9 100,2 91,1 98,2 90,2
M9 2014 108,5 101,2 91,7 99,3 90,8
M10 2014 108,8 101 91,2 97,5 90,6
M11 2014 108,7 100,7 90,8 96,9 90,7
M12 2014 110,6 102,1 91,2 100,4 91,5
M1 2015 108,4 101,7 91,6 98,9 91,3
M2 2015 109,3 104 92,8 100 92,2
M3 2015 109,3 104,6 93,2 99,8 92,3
M4 2015 109,9 103,7 93,7 99 92,5
M5 2015 109,8 103,9 94,2 99,8 93,4
M6 2015 109,7 104,7 95,2 100,6 92,7
M7 2015 111,3 105 96 99,1 93,6
M8 2015 108,5 103,6 93,3 100,8 91,6
M9 2015 109 104 95,6 101,2 92,6
M10 2015 109,7 103,9 95,4 101,4 92,7
M11 2015 108,8 103,7 94,8 99,8 93,3
M12 2015 109,5 104 94,9 99,7 91,3
M1 2016 111,7 107,4 96,1 101,1 94,8
M2 2016 111,3 105,1 95,2 100,5 93,6
M3 2016 110,2 104,4 96,3 99,2 93,3
M4 2016 110,9 105,7 97,1 101,5 94,8
M5 2016 109,1 104,2 94,6 100,2 93,2
M6 2016 110,8 105,3 95,1 99,4 92,1
M7 2016 109,5 104,8 95,3 98,7 93,8
M8 2016 111,3 105,3 96,6 101 94,6
M9 2016 111,2 105,3 95,7 99,9 94,5
M10 2016 111,7 106,6 95,5 99,4 95,1
M11 2016 111,6 107 96,9 102,4 95,9
M12 2016 109,7 106,5 96,6 100,8 97
M1 2017 111,6 106,5 98,5 101,3 95,1
M2 2017 112,7 107 97,7 100,1 96,2
M3 2017 112,1 107 96,8 101,6 96,5
M4 2017 113,4 107,6 97,3 100,9 96,4
M5 2017 114,1 108,1 98,9 103,6 96,8
M6 2017 113,4 107,6 98,8 101,7 97,9
M7 2017 114,1 108,9 98,3 102,6 98,3
M8 2017 116,7 109,8 99,1 102,9 100,4
M9 2017 115,7 109,6 99,4 103,9 97,6
M10 2017 113,9 109,2 99,3 104,7 97,9
M11 2017 118,1 111,9 101,2 104,9 99,5
M12 2017 117,7 111,8 103 104,9 101,8
M1 2018 117 110,9 99,2 102,8 99,4
M2 2018 115,5 109,7 100,4 104 98,8
M3 2018 117,1 110,3 101,7 103,5 99,8
M4 2018 115,7 109,6 99,5 103,1 98,4
M5 2018 117,8 111 100,1 102,9 98,9
M6 2018 117 110,4 99,4 103,6 99,2
M7 2018 115,1 109,5 99,3 104,4 97,4
M8 2018 115,7 110,9 99,9 104,5 99,2
M9 2018 115,2 110,1 98,8 102,7 98,9
M10 2018 114,5 110,3 99,9 104,1 98,8
M11 2018 112,9 108,4 98 102,6 97,1
M12 2018 113,1 107,4 96,6 103,4 96,4

Figure 2 - La production industrielle des principaux pays de la zone euro se replie depuis début 2018

  • Source : Eurostat

Le pouvoir d’achat en zone euro serait soutenu par de nombreuses mesures budgétaires

Dans ce contexte, le soutien à l’activité proviendrait surtout de la demande, portée par les mesures en faveur du revenu des ménages et par les salaires réels. En effet, le pouvoir d’achat progresserait de 1,0 % début 2019 après +0,7 % au quatrième trimestre 2018, puis de 0,5 % au deuxième trimestre 2019. Il bénéficierait de mesures budgétaires en faveur des ménages en Allemagne et en France, ainsi qu’en Italie avec la mise en place du « revenu de citoyenneté ». En outre, dans un contexte de baisse de l’inflation, les salaires réels seraient dynamiques (+1,0 % puis +0,1 % au printemps), profitant des résultats favorables des entreprises. En particulier, en Espagne, la revalorisation de plus de 20 % du salaire minimum contribuerait notablement à ce dynamisme. Le ralentissement de l’activité se transmettrait néanmoins à l’emploi qui ne progresserait plus que d’environ 0,2 % par trimestre. Atteignant 7,9 % fin 2018, le taux de chômage en zone euro se stabiliserait au premier semestre après avoir décrû de –0,2 à –0,3 point par trimestre en 2018.

La consommation des ménages serait le principal soutien de la croissance de la zone euro au premier semestre 2019

En zone euro, la consommation des ménages bénéficierait de ces gains de revenu réels : elle augmenterait de 0,5 % par trimestre d’ici la mi-2019. L’investissement des entreprises (autour de +0,4 % chaque trimestre) serait soutenu par leur situation financière, relativement bonne. Les échanges extérieurs pèseraient un peu sur l’activité (de l’ordre d’un dixième de point de PIB par trimestre après +0,2 point au quatrième trimestre 2018) : les importations seraient plus allantes que les exportations. Au total, l’activité de la zone euro croîtrait de +0,3 % par trimestre durant la première partie de l’année. La croissance serait relativement dynamique en Espagne (+0,6 % par trimestre) et dans une moindre mesure en France (+0,4 %). En Allemagne, l’activité rebondirait mais resterait un peu moins tonique (+0,3 % par trimestre).

Après le dynamisme de la fin 2018, les exportations françaises décéléreraient au premier semestre 2019

Après d’importantes livraisons aéronautiques et navales fin 2018, les exportations manufacturières ralentiraient début 2019

Au quatrième trimestre 2018, les exportations françaises (+2,3 %) ont été tirées par l’accélération des livraisons manufacturières et le rebond des ventes de services. Comme les années précédentes, la cadence des livraisons aéronautiques s’est accrue en fin d’année, stimulant les exportations de matériels de transport (dossier page 53 et éclairage de la fiche Échanges extérieurs). Leur retour à un rythme plus modéré au premier semestre contribuerait au ralentissement des exportations, manufacturières comme en biens et services (+0,6 % au premier trimestre 2019). Les livraisons stagneraient ensuite au printemps 2019, conduisant à un acquis de croissance annuelle à la mi-2019 de +2,5 %, supérieur à l’acquis de demande mondiale (+2,1 %).

La contribution du commerce extérieur à la croissance redeviendrait négative au premier semestre 2019

Les importations continueraient de croître à un rythme soutenu au premier semestre 2019, conduisant à un acquis à mi-année de +2,4 %, bien supérieur à leur croissance enregistrée en 2018 (+1,2 %). Les exportations progressant moins vite en ce début d’année, la contribution des échanges extérieurs au PIB redeviendrait négative au premier semestre (–0,1 point par trimestre après +0,3 point au quatrième trimestre 2018).

L’économie française progresserait à un rythme modéré

Après s’être replié de manière quasi continue en 2018, le climat des affaires s’est stabilisé début 2019

En février 2019, le climat des affaires en France n’a que modérément rebondi à 103 après un recul quasi  continu depuis son sommet à 111 en décembre 2017. La dégradation du climat des affaires a été particulièrement forte fin 2018 dans le commerce de détail (graphique 3). Le climat s’est toutefois un peu redressé dans ce secteur, tandis que dans l’industrie comme dans les services il a gardé en février son niveau de décembre dernier, à peine supérieur à sa moyenne de longue période.

Figure 3 - Les climats des affaires en France se stabilisent début 2019 après avoir nettement baissé tout au long de l'année 2018

Figure 3 - Les climats des affaires en France se stabilisent début 2019 après avoir nettement baissé tout au long de l'année 2018
Industrie Services Bâtiment Commerce de détail
M1 2007 108,18 111,88 115,60 107,18
M2 2007 111,68 113,33 115,36 111,60
M3 2007 111,18 114,56 116,52 109,89
M4 2007 111,89 114,24 115,88 112,20
M5 2007 109,92 114,16 117,32 113,42
M6 2007 111,04 113,75 118,42 119,05
M7 2007 111,37 114,30 118,39 115,72
M8 2007 110,77 113,35 117,82 114,47
M9 2007 110,39 112,51 117,78 112,76
M10 2007 109,90 111,10 116,52 110,55
M11 2007 112,20 111,19 117,50 113,27
M12 2007 112,41 110,01 117,39 113,30
M1 2008 110,48 111,42 116,77 110,22
M2 2008 110,28 109,52 118,21 108,40
M3 2008 109,85 109,62 117,11 107,20
M4 2008 107,39 107,88 115,44 103,38
M5 2008 104,06 105,13 112,86 102,51
M6 2008 103,38 101,68 111,19 99,63
M7 2008 98,67 96,92 108,69 96,03
M8 2008 97,80 95,31 109,16 93,10
M9 2008 91,36 93,03 107,07 94,41
M10 2008 86,86 83,57 104,37 81,50
M11 2008 79,56 79,22 102,14 81,86
M12 2008 73,16 75,69 99,21 76,22
M1 2009 72,09 72,81 98,41 77,53
M2 2009 68,06 71,53 93,84 78,75
M3 2009 66,26 65,83 95,99 77,48
M4 2009 70,19 65,91 94,59 74,81
M5 2009 72,09 70,35 92,80 78,34
M6 2009 74,97 75,41 93,86 78,23
M7 2009 76,39 79,52 92,86 82,93
M8 2009 81,01 82,48 93,54 84,62
M9 2009 84,16 85,95 94,17 88,59
M10 2009 85,36 89,39 94,46 90,24
M11 2009 87,93 90,90 93,39 95,81
M12 2009 87,75 91,53 93,19 95,24
M1 2010 90,45 93,17 93,58 97,72
M2 2010 88,92 93,41 93,97 97,51
M3 2010 91,38 93,63 93,42 96,66
M4 2010 95,48 97,12 93,37 101,90
M5 2010 96,95 98,97 94,41 101,57
M6 2010 96,00 98,03 94,91 100,44
M7 2010 97,37 99,00 96,09 100,31
M8 2010 100,68 100,68 96,65 104,68
M9 2010 103,10 101,72 96,11 105,32
M10 2010 104,35 103,15 97,42 106,19
M11 2010 101,91 105,20 98,96 102,87
M12 2010 104,32 107,39 100,47 106,30
M1 2011 108,91 107,70 100,44 105,84
M2 2011 107,15 110,11 101,30 105,61
M3 2011 110,28 111,37 101,57 103,00
M4 2011 110,14 109,95 102,35 102,74
M5 2011 107,26 108,43 102,77 104,10
M6 2011 110,00 107,95 103,40 102,64
M7 2011 104,79 105,75 103,63 101,21
M8 2011 101,23 100,86 102,90 97,96
M9 2011 99,14 98,41 102,41 94,01
M10 2011 97,28 97,14 102,30 94,32
M11 2011 97,40 94,83 100,94 92,90
M12 2011 94,53 94,41 101,12 92,90
M1 2012 94,94 92,37 102,13 89,12
M2 2012 94,80 91,69 101,35 90,28
M3 2012 96,30 93,13 101,38 93,64
M4 2012 95,52 95,26 100,44 95,87
M5 2012 94,68 91,27 99,60 90,55
M6 2012 92,94 89,06 99,14 92,91
M7 2012 90,93 88,48 98,42 87,67
M8 2012 92,80 86,34 98,14 89,78
M9 2012 92,42 85,92 96,89 86,14
M10 2012 86,97 84,66 96,53 87,07
M11 2012 91,60 84,03 96,38 87,11
M12 2012 90,77 85,77 95,93 86,90
M1 2013 89,60 86,93 95,46 85,90
M2 2013 90,41 85,57 94,85 88,56
M3 2013 90,44 82,46 93,77 85,83
M4 2013 87,66 81,46 93,98 83,58
M5 2013 92,02 83,08 93,74 83,45
M6 2013 92,62 84,56 93,32 84,56
M7 2013 94,71 85,05 93,87 85,10
M8 2013 98,58 87,15 94,22 92,32
M9 2013 95,79 91,16 95,80 96,16
M10 2013 97,91 90,61 95,80 94,06
M11 2013 98,18 91,47 94,51 89,67
M12 2013 99,26 89,90 94,40 93,45
M1 2014 99,51 91,37 94,16 95,38
M2 2014 98,30 91,21 94,27 94,05
M3 2014 100,79 92,12 94,84 94,75
M4 2014 100,29 92,57 93,78 95,75
M5 2014 98,40 91,35 94,81 96,07
M6 2014 96,65 91,35 92,54 94,07
M7 2014 96,31 91,66 91,42 95,67
M8 2014 96,59 90,59 90,60 89,48
M9 2014 96,82 89,97 89,88 87,89
M10 2014 97,44 90,22 89,08 87,30
M11 2014 98,90 90,15 90,35 91,40
M12 2014 98,58 90,33 89,90 93,12
M1 2015 98,67 89,99 88,70 97,53
M2 2015 98,39 90,40 89,39 100,30
M3 2015 98,76 91,30 89,38 100,80
M4 2015 101,45 93,16 88,58 100,97
M5 2015 101,94 94,64 89,64 101,73
M6 2015 100,22 96,24 90,54 102,72
M7 2015 101,65 97,03 90,62 102,49
M8 2015 103,69 98,24 91,66 104,05
M9 2015 104,84 97,19 91,88 104,58
M10 2015 103,07 99,25 91,98 105,71
M11 2015 102,40 99,04 91,98 103,55
M12 2015 102,17 96,77 92,43 100,13
M1 2016 102,39 99,83 93,20 104,11
M2 2016 102,73 99,69 93,05 101,64
M3 2016 102,33 99,44 93,08 102,34
M4 2016 104,55 98,40 94,40 102,01
M5 2016 104,64 100,59 94,55 105,00
M6 2016 101,35 98,88 94,73 102,56
M7 2016 101,65 100,23 95,67 104,24
M8 2016 101,82 99,81 96,31 102,97
M9 2016 103,43 100,75 97,31 102,20
M10 2016 101,92 100,36 98,11 100,61
M11 2016 102,23 100,64 99,39 103,84
M12 2016 105,35 103,90 98,09 107,01
M1 2017 105,72 101,67 99,65 106,40
M2 2017 106,40 102,83 100,16 105,16
M3 2017 105,50 103,75 100,35 106,33
M4 2017 108,36 103,85 100,32 104,40
M5 2017 109,15 102,73 102,37 106,27
M6 2017 108,83 103,67 103,25 110,51
M7 2017 108,17 104,12 104,48 111,68
M8 2017 110,57 106,18 103,56 108,21
M9 2017 110,81 107,27 103,47 112,40
M10 2017 110,77 106,91 105,14 113,50
M11 2017 111,76 107,90 105,83 115,79
M12 2017 111,18 109,70 108,88 115,07
M1 2018 113,30 108,27 107,56 115,14
M2 2018 112,03 106,92 106,80 115,77
M3 2018 110,36 107,52 107,69 113,03
M4 2018 110,09 106,90 107,64 112,29
M5 2018 110,17 104,25 108,22 112,03
M6 2018 109,57 105,10 108,30 112,18
M7 2018 108,83 104,55 108,50 113,70
M8 2018 109,65 103,62 108,14 110,81
M9 2018 107,14 104,83 107,87 108,52
M10 2018 103,97 102,77 107,96 105,09
M11 2018 105,49 103,66 109,39 107,48
M12 2018 102,67 102,22 109,71 98,83
M1 2019 102,83 103,58 109,28 99,84
M2 2019 102,84 102,05 110,82 102,37
M3 2019 N/D N/D N/D N/D
M4 2019 N/D N/D N/D N/D
M5 2019 N/D N/D N/D N/D
M6 2019 N/D N/D N/D N/D
M7 2019
M8 2019
M9 2019
M10 2019
M11 2019
M12 2019

Figure 3 - Les climats des affaires en France se stabilisent début 2019 après avoir nettement baissé tout au long de l'année 2018

L’activité économique française progresserait de +0,4 % par trimestre jusqu’à la mi-2019

Comme durant l’année 2018, l’activité serait plus allante du côté des services que de l’industrie ou de la construction. Le dynamisme de la consommation des ménages comme celui des investissements des entreprises en services porteraient en effet la production de services marchands (+0,6 % à +0,7 % par trimestre). La production industrielle ne s’accroîtrait en revanche que de 0,4 puis 0,2 % par trimestre, du fait du recul des exportations et d’un investissement manufacturier deux fois moins rapide que celui en services. Dans son ensemble, l’activité économique gagnerait un peu de vitesse (+0,4 % par trimestre, graphique 4 ) et son acquis de croissance à la mi-2019 serait de +1,1 %, après une croissance du PIB de +1,5 % en 2018.

Figure 4 - La croissance française serait principalement portée par la consommation des ménages au premier semestre 2019

Figure 4 - La croissance française serait principalement portée par la consommation des ménages au premier semestre 2019
PIB Consommation des ménages Investissement des ménages Investissement des entreprises Solde commercial Stocks
2017-T1 0,8 -0,01 0,10 0,35 -0,35 0,79
2017-T2 0,7 0,18 0,07 0,05 0,93 -0,75
2017-T3 0,6 0,23 0,05 0,20 -0,30 0,26
2017-T4 0,7 0,12 0,05 0,15 0,51 -0,19
2018-T1 0,2 0,13 0,02 0,02 0,09 -0,09
2018-T2 0,2 -0,06 0,01 0,16 -0,20 0,15
2018-T3 0,3 0,20 0,00 0,22 0,16 -0,38
2018-T4 0,3 0,00 -0,02 0,03 0,29 -0,19
2019-T1 0,4 0,25 -0,01 0,09 -0,10 0,06
2019-T2 0,4 0,20 -0,01 0,11 -0,15 0,13

Figure 4 - La croissance française serait principalement portée par la consommation des ménages au premier semestre 2019

Les créations d’emplois garderaient leur cadence modérée

Le rythme des créations d’emploi marchand se maintiendrait au premier semestre 2019

L’emploi total a nettement décéléré en 2018 (+164 000 après +342 000 en 2017), en lien avec le ralentissement de l’activité. Au premier semestre 2019, ce rythme de créations d’emplois se maintiendrait (+85 000). Les créations d’emplois salariés marchands non agricoles (+70 000 au premier semestre) proviendraient encore essentiellement des services marchands, malgré la poursuite de la baisse de l’emploi intérimaire. L’emploi industriel croîtrait encore comme celui de la construction.

Le recul des emplois non marchands aidés pèserait moins sur l’emploi total

Par ailleurs, l’emploi aidé (éclairage de la fiche Emploi) ne pèserait presque plus sur l’emploi total au premier semestre 2019 (–8 000 bénéficiaires dans les secteurs non marchands). En effet, les cibles d’effectifs d’entrées dans les différents dispositifs sont proches de celles de 2018. Des emplois non marchands seraient ainsi de nouveau créés au premier semestre 2019 (+6 000).

Le taux de chômage baisserait de –0,4 point sur un an

La baisse du taux de chômage au quatrième trimestre 2018 (de 9,1 % à 8,8 %) a été un peu plus forte que ne le laissaient attendre les évolutions tendancielles de la population active et le rythme enregistré des créations d’emploi. Le taux de chômage se stabiliserait durant l'hiver avant de reprendre son mouvement de légère baisse pour s’établir à 8,7 % au printemps 2019, en baisse de 0,4 point sur un an.

Après une vive progression fin 2018, le revenu des ménages augmenterait encore notablement début 2019

L’inflation s’établirait autour de 1,0 % à la mi-2019

L’inflation a reflué à +1,3 % en février 2019, soit près d’un point de moins qu’à l’été 2018. Le repli des prix de l’énergie est à l’origine de ce ralentissement. Les prix alimentaires (hors produits frais) ont un peu accéléré en février après l’entrée en vigueur de la loi « Agriculture et alimentation » mais cet effet n’a pas été massif. D’ici la mi-2019, sous l’hypothèse d’une stabilisation du prix du pétrole, du gel des tarifs du gaz et d’une hausse de ceux de l’électricité en mai, l’inflation d’ensemble reviendrait autour de 1,0 % en glissement annuel. L’inflation sous-jacente, mesurée à +0,6 % en février, atteindrait quand à elle +1,1 % d’ici juin 2019.

Les salaires réels progresseraient notablement durant le premier semestre 2019

Les salaires nominaux par tête dans le secteur marchand non agricole ont un peu accéléré en 2018 (+2,0 %, après +1,7 % en 2017). Au premier semestre 2019, le versement par certaines entreprises volontaires d’une prime exceptionnelle, prévue parmi les mesures d’urgence économiques et sociales annoncés en décembre dernier, contribuerait au bond des salaires marchands par tête en début d’année (+0,9 %, puis par contrecoup +0,1 % au deuxième trimestre, éclairage de la fiche Salaires). Par ailleurs, les heures supplémentaires sont depuis janvier 2019 exonérées d’impôt sur le revenu et de cotisations salariales. Ainsi, l’acquis à mi-2019 de la croissance des salaires marchands par tête s’élèverait à +1,8 %. Le reflux de l’inflation aidant, ils progresseraient en termes réels de 1,1 % en acquis à mi-année, après +0,3 % en moyenne en 2018.

Le pouvoir d’achat des ménages bénéficierait de l’effet des mesures d’urgence économiques et sociales

À une masse salariale soutenue par la dynamique des salaires, s’ajouteraient les effets des autres mesures d’urgence économiques et sociales sur le revenu des ménages : la revalorisation et l’extension de l’égibilité de la prime d’activité, ainsi que l’annulation de la hausse du taux de CSG pour certains retraités. Le revenu disponible brut des ménages progresserait donc de 0,7 % au premier puis 0,3 % au deuxième trimestre 2019. La hausse des prix étant plus modérée en début d’année du fait de la baisse des prix de l’énergie et du gel des taxes associées, le pouvoir d’achat du revenu disponible brut (RDB) des ménages gagnerait 0,7 % en début d’année avant de se stabiliser au deuxième trimestre 2019 (graphique 5). Son acquis de croissance à mi-année (+1,8 %) serait supérieur à son accroissement en 2018 (+1,2 %) et en 2017 (+1,4 %). Rapporté au nombre d’unités de consommation pour tenir compte des évolutions de la démographie et de la composition des ménages, son acquis de croissance à mi-année serait de 1,2 %.

Figure 5 - L'acquis de pouvoir d’achat du revenu des ménages pour 2019 serait déjà relativement élevé à mi-année

Figure 5 - L'acquis de pouvoir d’achat du revenu des ménages pour 2019 serait déjà relativement élevé à mi-année
RDB Pouvoir d'achat Revenus d'activité Prestations sociales Impots et cotisations Inflation Autres
2013 -1,2 0.5 1,0 -1,2 -0,6 -0,8
2014 1,2 0,9 0,9 -0,6 -0,1 0,2
2015 0,9 1,0 0,6 -0,5 -0,3 0,1
2016 1,8 1,3 0,6 -0,4 0,2 0,2
2017 1,4 2,0 0,7 -0,7 -1,3 0,7
2018 1,2 2,0 0,8 -0,7 -1,7 0,8
2019 acquis 1,8 1,3 0,8 0,2 -0,7 0,3

Figure 5 - L'acquis de pouvoir d’achat du revenu des ménages pour 2019 serait déjà relativement élevé à mi-année

La consommation des ménages serait portée par le dynamisme des revenus réels

Profitant des fortes hausses du revenu réel de fin 2018 et de début 2019, la consommation des ménages augmenterait de 0,5 % au premier trimestre 2019 puis de 0,4 % au deuxième (graphique 6). Les composantes qui ont pu être ponctuellement affectées en fin d’année 2018 rebondiraient : la consommation de produits manufacturés bénéficierait de l’atténuation de l’ampleur des manifestations des gilets jaunes ; la consommation alimentaire croîtrait à nouveau au deuxième trimestre 2019. À l’automne dernier, la stagnation de la consommation malgré des gains de revenus conséquents en moyenne aurait fait bondir le taux d’épargne des ménages d’un point, à 15,3 %. Ce taux reviendrait à 15,2 % au printemps, après 15,5 % durant l’hiver.

Figure 6 - Les consommations en énergie et en automobiles rebondiraient, les services demeureraient le principal soutien aux achats des ménages

Figure 6 - Les consommations en énergie et en automobiles rebondiraient, les services demeureraient le principal soutien aux achats des ménages
Consommation des ménages Produits manufacturés Énergie Services marchands Autres
2015-T1 0,4 0,2 0,3 0,0 -0,1
2015-T2 0,3 0,2 -0,1 0,2 0,0
2015-T3 0,3 0,2 0,1 0,1 -0,1
2015-T4 0,2 0,0 -0,2 0,1 0,2
2016-T1 1,1 0,4 0,1 0,3 0,3
2016-T2 0,4 0,0 0,2 0,1 0,1
2016-T3 -0,1 -0,2 -0,1 0,2 0,0
2016-T4 0,7 0,5 0,2 0,1 -0,1
2017-T1 0,0 0,1 -0,3 0,3 -0,2
2017-T2 0,4 0,2 0,1 0,2 -0,1
2017-T3 0,4 0,3 0,1 0,2 -0,1
2017-T4 0,2 0,0 0,0 0,2 0,0
2018-T1 0,2 -0,1 0,0 0,2 0,1
2018-T2 -0,1 0,0 -0,2 0,0 0,1
2018-T3 0,4 0,1 0,1 0,2 0,0
2018-T4 0,0 -0,2 0,0 0,3 0,0
2019-T1 0,5 0,1 0,1 0,2 0,0
2019-T2 0,4 0,2 0,0 0,2 0,0
  • Source :

Figure 6 - Les consommations en énergie et en automobiles rebondiraient, les services demeureraient le principal soutien aux achats des ménages

  • Source : Insee

L’investissement des entreprises demeurerait dynamique, surtout en services

L’investissement des entreprises croîtrait encore solidement au premier semestre 2019

L’investissement des entreprises a ponctuellement ralenti en fin d’année 2018, du fait d’un repli des dépenses en produits manufacturés et particulièrement en automobiles. Le retour à des volumes d’immatriculations moins déprimés permettrait à l’investissement manufacturier de rebondir au premier semestre (+0,5 % au premier trimestre puis +0,6 % au deuxième). Plus robuste, l’investissement en services continuerait d’augmenter de plus de 1 % par trimestre : il permettrait à l’investissement total des entreprises d’augmenter de 0,7 % au premier trimestre, puis de 0,8 % au deuxième. Ces dépenses seraient d’ailleurs soutenues de façon ponctuelle par la transformation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en réduction pérenne de cotisations sociales patronales. Cette modification conduirait à une hausse ponctuelle du taux de marge des entreprises – qui s’élèverait de plus d’un point pour atteindre 33,3 % au printemps 2019 – via le cumul des crédits versés en 2019 au titre de l’année 2018 et des réductions de cotisations sociales à la charge des employeurs de 2019 (éclairage de la Note de conjoncture de décembre 2018).

Le recul de l’investissement des ménages se poursuivrait

Le recul de l’investissement des ménages (–0,3 % puis –0,2 % par trimestre) se poursuivrait jusqu’à la mi-2019. Si le nombre de permis de construire s’est récemment redressé, la baisse passée des mises en chantier pèse toujours sur l’investissement en bâtiment tandis que le volume des transactions de logements anciens demeure élevé mais n’augmente plus. L’investissement des ménages fléchirait en 2019 (acquis à mi-année de –0,6 % après +1,9 % en moyenne annuelle en 2018 et +5,6 % en 2017).

Les incertitudes internationales, tant politiques que commerciales, persistent

Les menaces protectionnistes pèsent toujours en 2019

Le commerce mondial n’a commencé à subir les effets des nouvelles mesures protectionnistes qu’en fin d’année 2018, mais leurs conséquences pourraient être plus marquées début 2019.

Les issues possibles du Brexit restent incertaines

Le flou autour de l’issue du Brexit semble s’intensifier et la perspective d’une sortie de l’UE sans accord, pénalisant fortement les échanges internationaux, ne peut être écartée au moment où s’achève la rédaction de cette Note (12 mars 2019).

Dans quelle mesure les soutiens budgétaires en zone euro se transmettront-elles à la consommation et à l’activité ?

D’ici la mi-2019, les revenus des ménages seraient soutenus en France et chez ses voisins (mesures d’urgence en France, augmentation du salaire minimum en Espagne, revenu de citoyenneté en Italie, etc.). La consommation des ménages en zone euro devrait en bénéficier face à des risques internationaux persistants, sauf si leur attentisme face à ces incertitudes nourissait les comportements d’épargne de précaution.

Figure 7 - Le graphique des risques associés à la Note de conjoncture

en %
Figure 7 - Le graphique des risques associés à la Note de conjoncture (en %) -
date PIB - s0 s9- s8- s7- s6- s5- s4- s3- s2- s1- s1+ s2+ s3+ s4+ s5+ s6+ s7+ s8+ s9+
2017T1 0,81
2017T2 0,65
2017T3 0,63
2017T4 0,71
2018T1 0,20
2018T2 0,16
2018T3 0,25
2018T4 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25
2019T1 0,44 0,00 0,09 0,16 0,21 0,26 0,30 0,34 0,37 0,41 0,47 0,51 0,54 0,58 0,62 0,67 0,72 0,79 0,88
2019T2 0,40 -0,19 -0,06 0,03 0,10 0,16 0,22 0,27 0,31 0,36 0,45 0,50 0,54 0,59 0,65 0,71 0,78 0,87 1,00
  • Source : Insee

Figure 7 - Le graphique des risques associés à la Note de conjoncture