Bilan démographique 2017

Le bilan démographique donne la population de la France estimée au 1ᵉʳ janvier de chaque année et l'évolution de la situation démographique depuis 1982 : population au 1ᵉʳ janvier, nombre de naissances, de décès et de mariages (les données France métropolitaine sont disponibles sur une période plus longue ; elles sont diffusées à partir de 1946). Il présente également les principaux indicateurs démographiques.

Chiffres détaillés
Paru le : 16/01/2018

Ce bilan annuel est établi à partir des résultats définitifs du recensement 2015. L'estimation de population au 1ᵉʳ janvier 2015 est donc définitive. Pour les années suivantes, cette estimation est actualisée à partir des statistiques d'état civil et d'une estimation du solde migratoire. Il s'agit donc d'estimations de population provisoires pour les années 2016, 2017 et 2018.

Bilan démographique 2017Plus de 67 millions d’habitants en France au 1ᵉʳ janvier 2018

Sylvain Papon et Catherine Beaumel, division Enquêtes et études démographiques, Insee

Au 1ᵉʳ janvier 2018, la France compte 67,2 millions d’habitants. Au cours de l’année 2017, la population a augmenté de 233 000 personnes, soit une hausse de 0,3 %. Comme les années précédentes, cette progression est principalement due au solde naturel, différence entre les nombres de naissances et de décès, bien que ce solde soit historiquement bas.

En 2017, 767 000 bébés sont nés en France, soit 17 000 de moins qu’en 2016. Il s’agit de la troisième année consécutive de baisse. L’indicateur conjoncturel de fécondité est également en recul pour la troisième année et s’établit à 1,88 enfant par femme en 2017 (contre 1,92 en 2016). Il reste néanmoins le plus élevé d’Europe.

En 2017, 603 000 personnes sont décédées, soit 9 000 de plus qu’en 2016. L’espérance de vie à la naissance reste stable pour les femmes et progresse pour les hommes. Elle s’établit à 85,3 ans pour les femmes et 79,5 ans pour les hommes. L’écart entre les femmes et les hommes continue donc de se réduire.

En 2017, 228 000 mariages ont été célébrés, dont 7 000 entre personnes de même sexe. Le nombre de Pacs continue d’augmenter en 2016 et atteint 192 000.

Un solde naturel historiquement bas

Au 1ᵉʳ janvier 2018, 67 187 000 personnes résident en France : 65 018 000 en métropole et 2 169 000 dans les départements d’outre-mer (figure 1). C’est 233 000 de plus qu’au 1ᵉʳ janvier 2017. La population continue d’augmenter, mais de façon plus modérée que précédemment : entre 2008 et 2013, la croissance démographique était de + 0,5 % par an, puis de + 0,4 % par an entre 2014 et 2016, elle est enfin de 0,3 % par an en 2017.

En 2017, le solde naturel, différence entre les nombres de naissances et de décès, est historiquement bas et s’établit à + 164 000. Hors Mayotte, il est inférieur de 27 000 personnes à celui de 1976 (+ 182 000 habitants contre + 155 000 en 2017), qui était jusqu’à maintenant le plus faible enregistré depuis l’après-guerre (figure 2). Depuis 2006, le solde naturel tend à baisser légèrement chaque année. En 2017, il diminue fortement, en raison à la fois du plus grand nombre de décès et du recul des naissances.

Le solde migratoire est estimé à + 69 000 personnes en 2017. Comme par le passé, il participe moins que le solde naturel à l’augmentation de la population française.

Au 1ᵉʳ janvier 2017, la France reste le deuxième pays le plus peuplé de l’Union européenne (UE) derrière l’Allemagne. Viennent ensuite le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne. Ces cinq pays représentent 63 % de la population de l’UE. En 2016, la population allemande a augmenté de 624 000 habitants, pour s’établir à 82,8 millions d’habitants. La population du Royaume-Uni a crû de 426 000 habitants, pour atteindre 65,8 millions d’habitants. La France est en troisième position, avec une hausse de 259 000 habitants. A contrario, la population italienne a baissé de 80 000 habitants en raison d’un solde naturel négatif.

Figure 1 - Évolution générale de la situation démographique

en milliers
Figure 1 - Évolution générale de la situation démographique
Année Population au 1ᵉʳ janvier Nombre de naissances vivantes Nombre de décès Solde naturel Solde migratoire évalué
2006 63 186 829,4 526,9 + 302,4 + 112
2007 63 601 818,7 531,2 + 287,5 + 74
2008 63 962 828,4 542,6 + 285,8 + 57
2009 64 305 824,6 548,5 + 276,1 + 32
2010 64 613 832,8 551,2 + 281,6 + 39
2011 64 933 823,4 545,1 + 278,3 + 30
2012 65 241 821,0 569,9 + 251,2 + 72
2013 65 565 811,5 569,2 + 242,3 + 100
2014 hors Mayotte 65 907 811,4 558,7 + 252,7 + 30
2014 y c. Mayotte 66 130 818,6 559,3 + 259,3 + 32
2015 y c. Mayotte 66 421 798,9 593,7 + 205,3 + 69 (p)
2016 y c. Mayotte 66 695 (p) 783,6 593,9 + 189,8 + 69 (p)
2017 y c. Mayotte 66 954 (p) 767,0 (p) 603,0 (p) +164,0 (p) + 69 (p)
2018 y c. Mayotte 67 187 (p)
  • (p) résultats provisoires à la fin 2017.
  • … non disponible.
  • Champ : France hors Mayotte jusqu'en 2014 et y compris Mayotte à partir de 2014.
  • Source : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil.

Figure 2 - Évolution du nombre de naissances, de décès et du solde naturel depuis 1957

en milliers
Figure 2 - Évolution du nombre de naissances, de décès et du solde naturel depuis 1957
Année Naissances Décès Solde naturel
1957 851,5 542,2 309,3
1958 847,2 510,7 336,5
1959 864,6 518,6 346,0
1960 856,5 530,6 325,9
1961 875,2 509,4 365,8
1962 870,5 550,5 320,0
1963 907,3 567,2 340,1
1964 916,1 529,2 386,9
1965 904,7 552,8 351,9
1966 902,0 538,9 363,2
1967 877,5 551,9 325,6
1968 872,9 562,4 310,6
1969 877,1 582,5 294,6
1970 883,7 551,3 332,4
1971 916,4 562,6 353,8
1972 911,2 558,5 352,7
1973 888,8 567,4 321,4
1974 832,1 560,8 271,3
1975 774,5 568,4 206,2
1976 747,2 565,2 182,0
1977 770,2 544,0 226,2
1978 761,0 554,7 206,3
1979 782,4 549,4 233,1
1980 826,1 555,0 271,1
1981 831,0 562,4 268,6
1982 823,3 550,7 272,5
1983 775,4 567,8 207,7
1984 787,4 550,3 237,2
1985 796,1 560,4 235,7
1986 805,5 554,7 250,8
1987 795,8 535,4 260,4
1988 800,6 532,5 268,0
1989 796,1 537,5 258,6
1990 793,1 534,4 258,7
1991 790,1 532,9 257,2
1992 774,8 529,8 244,9
1993 741,3 540,5 200,8
1994 740,8 528,1 212,7
1995 759,1 540,3 218,7
1996 764,0 544,6 219,4
1997 757,4 539,3 218,1
1998 767,9 543,4 224,5
1999 775,8 547,3 228,5
2000 807,4 540,6 266,8
2001 803,2 541,0 262,2
2002 792,7 545,2 247,5
2003 793,0 562,5 230,6
2004 799,4 519,5 279,9
2005 806,8 538,1 268,7
2006 829,4 526,9 302,4
2007 818,7 531,2 287,5
2008 828,4 542,6 285,8
2009 824,6 548,5 276,1
2010 832,8 551,2 281,6
2011 823,4 545,1 278,3
2012 821,0 569,9 251,2
2013 811,5 569,2 242,3
2014 811,4 558,7 252,7
2015 790,1 593,1 197,1
2016 774,3 593,2 181,2
2017 757,0 602,0 155,0
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil.

Figure 2 - Évolution du nombre de naissances, de décès et du solde naturel depuis 1957

Le nombre de naissances continue de baisser

En 2017, 767 000 bébés sont nés en France, soit 17 000 naissances de moins qu’en 2016 (– 2,1 %). C’est la troisième année de baisse consécutive (– 15 000 naissances en 2016 et – 20 000 en 2015, après leur stabilité en 2014). Cette diminution ramène le nombre de naissances en France (hors Mayotte) à son niveau de 1997 sans pour autant atteindre le point bas de 1994 (741 000 naissances hors Mayotte). Le nombre de naissances avait déjà baissé de 2011 à 2013 (– 0,3 % à – 1,2 %), plus légèrement qu’actuellement, en restant au-dessus de 810 000 naissances par an.

Le nombre de femmes âgées de 20 à 40 ans, les plus fécondes, diminue depuis le milieu des années 1990, contribuant ainsi à la baisse du nombre de naissances. Elles sont 8,4 millions en 2017, contre 8,8 millions en 2007 et 9,3 millions en 1995 (figure 3). Leur fécondité diminue aussi et est, en 2017, le principal facteur expliquant la baisse du nombre de naissances.

Figure 3 - Évolution du nombre de naissances, de femmes en âge de procréer et de l'ICF*

Figure 3 - Évolution du nombre de naissances, de femmes en âge de procréer et de l'ICF*
Année Valeurs absolues Indice 100 en 1995 ICF* pour 100 femmes
Nombre de femmes âgées de 15 à 50 ans Nombre de femmes âgées de 20 à 40 ans Nombre de naissances Nombre de femmes âgées de 15 à 50 ans Nombre de femmes âgées de 20 à 40 ans Nombre de naissances
1995 15 276 696 9 259 685 759 058 100,0 100,0 100,0 173,0
1996 15 361 940 9 198 704 764 028 100,6 99,3 100,7 175,0
1997 15 442 834 9 126 984 757 384 101,1 98,6 99,8 174,5
1998 15 425 745 9 068 116 767 906 101,0 97,9 101,2 177,9
1999 15 369 552 9 005 655 775 796 100,6 97,3 102,2 180,8
2000 15 354 542 8 977 795 807 405 100,5 97,0 106,4 189,3
2001 15 345 968 8 965 301 803 234 100,5 96,8 105,8 189,5
2002 15 346 926 8 957 710 792 754 100,5 96,7 104,4 188,1
2003 15 366 134 8 947 737 793 044 100,6 96,6 104,5 189,1
2004 15 382 524 8 922 374 799 361 100,7 96,4 105,3 191,5
2005 15 410 862 8 891 568 806 822 100,9 96,0 106,3 193,8
2006 15 424 337 8 866 478 829 352 101,0 95,8 109,3 199,7
2007 15 410 051 8 842 913 818 705 100,9 95,5 107,9 197,7
2008 15 379 251 8 806 036 828 404 100,7 95,1 109,1 200,7
2009 15 328 588 8 781 200 824 641 100,3 94,8 108,6 200,4
2010 15 272 611 8 747 731 832 799 100,0 94,5 109,7 202,9
2011 15 220 368 8 712 161 823 394 99,6 94,1 108,5 201,0
2012 15 161 589 8 671 375 821 047 99,2 93,6 108,2 200,8
2013 15 109 530 8 614 480 811 510 98,9 93,0 106,9 198,8
2014 15 078 758 8 542 722 811 384 98,7 92,3 106,9 199,0
2015 (p) 15 028 472 8 479 064 790 114 98,4 91,6 104,1 194,1
2016 (p) 14 997 167 8 449 770 774 336 98,2 91,3 102,0 190,6
2017 (p) 14 967 891 8 445 891 757 000 98,0 91,2 99,7 186,8
  • (p) résultats provisoires à la fin 2017.
  • * Indicateur conjoncturel de fécondité.
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil.

Figure 3 - Évolution du nombre de naissances, de femmes en âge de procréer et de l'ICF*

1,88 enfant par femme en 2017 : la fécondité baisse

En 2017, l’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) s’établit à 1,88 enfant par femme. Il était de 1,92 en 2016 et de 2,00 en 2014 (figure 4). Après huit années de relative stabilité, entre 2006 et 2014, où il oscillait autour de 2,00 enfants par femme, l’ICF baisse depuis trois ans.

La fécondité est, comme les années précédentes, plus élevée entre 25 et 34 ans qu’aux âges plus jeunes ou plus avancés. La baisse du taux de fécondité des femmes de 25 à 29 ans, qui a débuté dans les années 2000, s’accélère depuis 2015. En 2000, 100 femmes de ces âges donnent naissance à 13,4 enfants ; elles n’en ont plus que 12,3 en 2014 et 11,2 en 2017. La baisse du taux de fécondité des femmes de 30 à 34 ans a débuté en 2011, et s’accentue depuis 2015 : le taux passe de 13,3 enfants pour 100 femmes en 2010 à 13,1 en 2014, puis 12,7 en 2017.

La fécondité des femmes les plus jeunes (15 à 24 ans) diminue régulièrement depuis 2011. Leur taux de fécondité est passé de 3,3 enfants pour 100 femmes en 2010 à 2,4 en 2017. La fécondité des femmes de 35 à 39 ans a augmenté du début des années 1980 jusqu’en 2015. Elle est stable depuis cette date.

L’âge moyen à la maternité continue de croître régulièrement : il atteint 30,6 ans en 2017, contre 29,8 ans dix ans plus tôt.

En 2015, la France restait néanmoins le pays de l’UE dont la fécondité est la plus élevée (ICF de 1,96). Elle est suivie par l’Irlande (1,92). Comme en 2014, la Suède est en troisième position (ICF de 1,85), puis vient le Royaume-Uni (1,80). A contrario, les pays de l’Union européenne à la fécondité la plus faible sont quasiment tous des pays du sud de l’Europe : le Portugal (ICF de 1,31), Chypre (1,32), l’Espagne (1,33), la Grèce (1,33) et l’Italie (1,35). La Pologne constitue la seule exception (ICF de 1,32).

La France et l’Irlande sont ainsi les pays de l’Union européenne où la proportion de jeunes de moins de 15 ans est la plus forte en 2016 (respectivement 18,5 % et 21,9 %). Cette part est de 15,6 % pour l’ensemble de l’UE. Elle est inférieure à 14 % dans trois pays : l’Allemagne (13,2 %), l’Italie (13,7 %) et la Bulgarie (14,0 %).

Figure 4 - Taux de fécondité par groupe d'âges

Figure 4 - Taux de fécondité par groupe d'âges
Année Nombre de naissances pour 100 femmes Indicateur conjoncturel de fécondité 1 Âge moyen des mères2
15 - 24 ans 25 - 29 ans 30 - 34 ans 35 - 39 ans 40 - 50 ans
2000 3,3 13,4 11,7 5,0 0,5 189,3 29,3
2002 3,3 13,0 11,6 5,2 0,6 188,1 29,4
2007 3,2 12,8 12,6 6,1 0,7 197,7 29,8
2010 3,3 12,9 13,3 6,4 0,7 202,9 29,9
2012 3,1 12,5 13,1 6,6 0,8 200,8 30,1
2013 3,0 12,4 13,0 6,7 0,8 198,8 30,2
2014 hors Mayotte 2,8 12,2 13,1 6,9 0,8 199,0 30,3
2014 y c. Mayotte 2,9 12,3 13,1 7,0 0,8 199,9 30,3
2015 (p) y c. Mayotte 2,7 11,9 12,9 7,0 0,8 195,4 30,4
2016 (p) y c. Mayotte 2,5 11,5 12,8 7,0 0,8 192,0 30,5
2017 (p) y c. Mayotte 2,4 11,2 12,7 6,9 0,9 188,3 30,6
  • (p) résultats provisoires à la fin 2017.
  • 1. Indicateur conjoncturel de fécondité pour cent femmes.
  • 2. Âge calculé pour une génération fictive de femmes qui auraient à tous les âges la fécondité de l'année considérée.
  • Lecture : en 2017, 100 femmes âgées de 30 à 34 ans (en âge atteint dans l'année) ont eu en moyenne 12,7 enfants.
  • Champ : France hors Mayotte jusqu'en 2014 et y compris Mayotte à partir de 2014.
  • Source : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil.

Le nombre de décès augmente

En 2017, 603 000 personnes sont décédées en France ; c’est 9 000 de plus qu’en 2016, soit une hausse de 1,5 %. Le nombre de décès a tendance à augmenter depuis le début des années 2010 du fait de l’arrivée des générations nombreuses du baby-boom à des âges de forte mortalité. Entre 2010 et 2017, le nombre de décès en France (hors Mayotte) est passé de 551 000 à 602 000. En outre, l’épidémie de grippe hivernale débutée en fin d’année 2016 a fortement accru le taux de mortalité des personnes âgées. Le nombre de décès a atteint un pic en troisième semaine de janvier 2017 : sur le mois, il a ainsi été beaucoup plus élevé qu’en janvier 2016 (68 000 décès contre 54 000 un an auparavant). L’épisode caniculaire du mois de juin 2017 a eu un impact limité sur la mortalité au niveau national.

L’écart d’espérance de vie entre les femmes et les hommes continue de se réduire

En 2017, l’espérance de vie à la naissance est de 85,3 ans pour les femmes et de 79,5 ans pour les hommes (figure 5). Après avoir reculé en 2015, elle s’est remise à progresser en 2016 pour les femmes et les hommes. Pour les hommes, cette hausse s’est poursuivie en 2017 (+ 0,2 par an). Ce n’est pas le cas pour les femmes, dont l’espérance de vie est restée stable. Elles n’ont donc toujours pas retrouvé en 2017 l’espérance de vie à la naissance qu’elles avaient en 2014. Dans l’Union européenne, en 2015, l’espérance de vie des femmes à la naissance était la plus élevée en Espagne, suivie par la France (plus de 85 ans dans ces deux pays). Pour les hommes, c’est en Suède, en Italie, en Espagne et au Luxembourg que l’espérance de vie à la naissance est la plus élevée (plus de 80 ans), la France occupant une place intermédiaire au sein de l’UE.

L’écart d’espérance de vie entre femmes et hommes continue de se réduire en France : il est de 5,8 ans en 2017, contre 7,0 ans en 2007 et 7,8 ans en 1997. Il reste toutefois important par rapport à celui d’autres pays de l’UE. En 2015, cet écart s’élevait à 6,3 ans en France, alors qu’il était inférieur à 4 ans dans six pays de l’Union européenne : les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède, Chypre, l’Irlande et le Danemark. À l’opposé, les pays où l’écart d’espérance de vie entre les femmes et les hommes est supérieur à celui de la France sont tous des pays de l’est de l’Europe. En particulier, dans les trois pays baltes, cet écart dépasse 9 ans.

En France, l’espérance de vie à 60 ans augmente pour les hommes, mais pas pour les femmes : dans les conditions de mortalité de 2017, un homme de 60 ans vivrait encore 23,2 ans en moyenne, soit 0,1 an de plus qu’en 2016. L’espérance de vie à 60 ans pour les femmes est de 27,5 ans ; elle est stable par rapport à celle de 2016.

Le vieillissement de la population française se poursuit. Au 1ᵉʳ janvier 2018, les personnes de 65 ans ou plus représentent 19,6 % de la population (figure 6), contre 19,2 % un an auparavant. Vingt ans plus tôt, elles ne représentaient que 15,5 % de la population. Le vieillissement de la population s’observe aussi dans l’ensemble de l’Union européenne. La proportion des 65 ans ou plus dans l’UE est passée de 16,8 % à 19,2 % entre 2006 et 2016. Elle est légèrement plus élevée qu’en France où elle est passée de 16,4 % à 18,8 %. Les pays où la part des seniors est la plus élevée sont l’Italie (22,0 %), suivie par la Grèce (21,3 %) et l’Allemagne (21,1 %) ; les pays où elle est la plus faible sont l’Irlande (13,2 %), le Luxembourg (14,2 %) et la Slovaquie (14,4 %).

Figure 5 - Espérance de vie à divers âges et mortalité infantile

Figure 5 - Espérance de vie à divers âges et mortalité infantile
Année Hommes Femmes Taux de mortalité infantile* pour 1 000 enfants nés vivants
0 an 1 an 20 ans 40 ans 60 ans 0 an 1 an 20 ans 40 ans 60 ans
2007 77,4 76,7 58,0 39,0 21,9 84,4 83,6 64,8 45,3 26,9 3,8
2012 78,5 77,8 59,0 39,9 22,6 84,8 84,1 65,3 45,7 27,2 3,5
2013 78,7 78,1 59,3 40,1 22,8 85,0 84,3 65,5 45,9 27,4 3,6
2014 hors Mayotte 79,2 78,5 59,8 40,6 23,1 85,4 84,7 65,8 46,2 27,7 3,5
2014 y c. Mayotte 79,2 78,5 59,8 40,6 23,1 85,4 84,7 65,8 46,2 27,7 3,5
2015 (p) y c. Mayotte 79,0 78,3 59,6 40,4 22,9 85,1 84,4 65,6 45,9 27,4 3,7
2016 (p) y c. Mayotte 79,3 78,6 59,8 40,6 23,1 85,3 84,5 65,7 46,1 27,5 3,7
2017 (p) y c. Mayotte 79,5 78,8 60,0 40,8 23,2 85,3 84,6 65,8 46,1 27,5 3,9
  • (p) résultats provisoires à la fin 2017.
  • * Taux de mortalité infantile.
  • Lecture : en 2017, l'espérance de vie des hommes de 60 ans est de 23,2 ans. Ce chiffre représente le nombre d'années restant à vivre aux hommes de 60 ans dans les conditions de mortalité à chaque âge observées en 2017.
  • Champ : France hors Mayotte jusqu'en 2014 et y compris Mayotte à partir de 2014.
  • Source : Insee, estimations de population et statistiques de l'état civil.

Figure 6 - Évolution de la population totale par groupe d'âges

Figure 6 - Évolution de la population totale par groupe d'âges
Année Population au 1ᵉʳ janvier (en milliers) Proportion (en %)
Moins de 20 ans de 20 à 59 ans de 60 à 64 ans 65 ans ou plus 75 ans ou plus Moins de 20 ans de 20 à 64 ans 65 ans ou plus 75 ans ou plus
1998 15 600 32 187 2 817 9 294 4 046 26,0 58,5 15,5 6,8
2008 15 949 34 135 3 397 10 481 5 439 24,9 58,7 16,4 8,5
2010 16 011 33 997 3 873 10 732 5 659 24,8 58,6 16,6 8,8
2011 16 038 33 920 4 106 10 869 5 757 24,7 58,6 16,7 8,9
2012 16 047 33 891 4 121 11 182 5 844 24,6 58,3 17,1 9,0
2013 16 096 33 831 4 120 11 518 5 915 24,5 57,9 17,6 9,0
2014 hors Mayotte 16 173 33 768 4 093 11 873 5 992 24,5 57,5 18,0 9,1
2014 y c. Mayotte 16 294 33 861 4 096 11 879 5 994 24,6 57,4 18,0 9,1
2015 y c. Mayotte 16 360 33 752 4 082 12 227 6 072 24,6 57,0 18,4 9,1
2016 (p) y c. Mayotte 16 395 33 687 4 055 12 558 6 099 24,6 56,6 18,8 9,1
2017 (p) y c. Mayotte 16 405 33 629 4 069 12 851 6 106 24,5 56,3 19,2 9,1
2018 (p) y c. Mayotte 16 406 33 562 4 073 13 146 6 149 24,4 56,0 19,6 9,2
  • (p) résultats provisoires à la fin 2017.
  • Champ : France hors Mayotte jusqu'en 2014 et y compris Mayotte à partir de 2014.
  • Source : Insee, estimations de population.

Quatre Pacs conclus pour cinq mariages célébrés

En 2017, 228 000 mariages ont été célébrés, dont 221 000 entre personnes de sexe différent et 7 000 entre personnes de même sexe (figure 7). Le nombre de mariages entre personnes de sexe différent continue de baisser (– 5 000). En 2017, parmi les mariages entre personnes de même sexe, il y a autant de mariages de couples de femmes que de mariages de couples d’hommes. La part des mariages de femmes n’a cessé de progresser depuis 2013, année de la promulgation de la loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe ; les femmes représentaient alors 42 % des mariages de couples de même sexe.

Depuis vingt ans, l’âge des mariés n’a pas cessé de croître pour les mariages entre personnes de sexe différent : en 2017, les hommes se marient en moyenne à 38,1 ans et les femmes à 35,6 ans (figure 8). En 1997, les hommes se mariaient en moyenne à 32,9 ans et les femmes à 30,3 ans, soit plus de 5 ans plus tôt. Pour les couples de même sexe, le constat est différent. L’ouverture mi-2013 du mariage aux conjoints de même sexe a entraîné un « effet de rattrapage », pour légaliser des unions qui auraient peut-être été contractualisées par un mariage plus tôt si cela avait été possible. En 2013, l’âge des mariés était donc élevé : 49,8 ans pour les hommes et 43,0 ans pour les femmes. L’âge au mariage diminue depuis lors. En 2017, les hommes se marient en moyenne à 44,0 ans et les femmes à 39,1 ans.

En 2016, 192 000 pactes civils de solidarité (Pacs) ont été conclus, soit 3 000 de plus qu’en 2015. Parmi eux, 7 000 ont été conclus entre des personnes de même sexe. La hausse du nombre de Pacs est continue depuis 2002 à l’exception de l’année 2011, année depuis laquelle les couples qui se marient ou concluent un Pacs n’ont plus la possibilité de signer trois déclarations de revenus différentes l’année de leur union. En 2016, quatre Pacs ont été conclus pour cinq mariages célébrés pour les couples de sexe différent. Pour les couples de même sexe, on dénombre autant de Pacs que de mariages.

Figure 7 - Mariages et Pacs

Figure 7 - Mariages et Pacs
Année Mariages de pers. de sexe différent Mariages de pers. de même sexe Ensemble des mariages Pacs* de pers. de sexe différent Pacs* de pers. de même sexe Ensemble des Pacs*
2000 305 234 /// 305 234 16 859 5 412 22 271
2001 295 720 /// 295 720 16 306 3 323 19 629
2002 286 169 /// 286 169 21 683 3 622 25 305
2003 282 756 /// 282 756 27 276 4 294 31 570
2004 278 439 /// 278 439 35 057 5 023 40 080
2005 283 036 /// 283 036 55 597 4 865 60 462
2006 273 914 /// 273 914 72 276 5 071 77 347
2007 273 669 /// 273 669 95 772 6 206 101 978
2008 265 404 /// 265 404 137 766 8 194 145 960
2009 251 478 /// 251 478 166 192 8 437 174 629
2010 251 654 /// 251 654 196 405 9 145 205 550
2011 236 826 /// 236 826 144 714 7 499 152 213
2012 245 930 /// 245 930 153 715 6 975 160 690
2013 231 225 7 367 238 592 162 609 6 083 168 692
2014 230 770 10 522 241 292 167 469 6 262 173 731
2015 228 565 7 751 236 316 181 930 7 017 188 947
2016 225 612 7 113 232 725 184 425 7 112 191 537
2017 (p) 221 000 7 000 228 000
  • (p) résultats provisoires à la fin 2017.
  • * Pactes civils de solidarité.
  • Champ : France hors Mayotte jusqu'en 2013 et y compris Mayotte à partir de 2014.
  • Sources : Insee, statistiques de l'état civil (mariages) ; ministère de la Justice (Pacs).

Figure 7 - Mariages et Pacs

Figure 8 - Âge des mariés

Figure 8 - Âge des mariés
Année de mariage Nombre de mariages de personnes de sexe différent Âge moyen au mariage* Nombre de mariages de personnes de même sexe Âge moyen au mariage*
Hommes Femmes Hommes Femmes
1997 291 163 32,9 30,3 /// /// ///
2002 286 169 34,0 31,3 /// /// ///
2007 267 194 35,8 33,1 /// /// ///
2011 236 826 36,6 34,0 /// /// ///
2012 245 930 36,7 34,0 /// /// ///
2013 231 225 37,2 34,6 7 367 49,8 43,0
2014 230 770 37,5 34,9 10 522 46,2 41,4
2015 228 565 37,7 35,1 7 751 44,4 40,0
2016 225 612 38,1 35,5 7 113 44,2 39,8
2017 (p) 221 000 38,1 35,6 7 000 44,0 39,1
  • (p) résultats provisoires à la fin 2017.
  • /// sans objet.
  • * Âge moyen calculé par moyenne simple des personnes s'étant mariées l'année considérée.
  • Champ : France hors Mayotte jusqu'en 2013 et y compris Mayotte à partir de 2014.
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil.

Sources

Le recensement de la population sert de base aux estimations annuelles de population. Il en fixe les niveaux de référence pour les années où il est disponible. Depuis la publication des résultats relatifs au 1ᵉʳ janvier 2006, le recensement fournit des résultats chaque année, ce qui permet un meilleur suivi des tendances d’évolution de la population à moyen terme. Pour les années 2016 et suivantes, les estimations de population sont provisoires. Elles sont réalisées en actualisant la population du dernier recensement de 2015 grâce à des estimations, d’une part, du solde naturel et, d’autre part, du solde migratoire.

Jusqu’en 2017, le recensement est resté quinquennal à Mayotte, dont la transformation en département d’outre-mer date du 31 mars 2011. Aussi, pour ce département, l’Insee réalise des estimations de population au 1ᵉʳ janvier à partir des recensements disponibles. Le dernier recensement a eu lieu en 2017 et a donné lieu a des révisions des données de population depuis 2014.

Les statistiques d’état civil sur les naissances, les mariages et les décès sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee. Pour 2017, il s’agit d’une estimation provisoire. Les statistiques concernant le pacte civil de solidarité (Pacs) sont fournies par le ministère de la Justice.

Jusqu’en 2005, le solde migratoire était évalué à partir d’une combinaison entre données administratives de l’année et report des tendances passées, appréciées à partir des recensements. Depuis que le recensement est annuel (2006), le solde migratoire est mesuré indirectement par différence entre l’évolution de la population mesurée à deux recensements successifs et le solde naturel de l’année déduit de l’état civil : on parle alors de solde migratoire apparent. Les évolutions de ce solde migratoire apparent peuvent refléter des fluctuations des entrées et des sorties, mais également l’aléa de sondage du recensement. Le dernier recensement disponible étant celui du 1ᵉʳ janvier 2015, les soldes migratoires de 2015, 2016 et 2017 doivent être estimés autrement. Le solde de 2015 est estimé par la moyenne des trois derniers soldes apparents définitifs (2012, 2013 et 2014). Ce solde est reporté pour 2016 et 2017 de façon provisoire.

Les données sur l’Union européenne sont celles publiées par Eurostat.

Définitions

Le solde naturel (ou accroissement naturel ou excédent naturel de population) est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période.

Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours d’une période.

Le taux de fécondité à un âge donné (ou pour une tranche d’âges) est le nombre d’enfants nés vivants des femmes de cet âge au cours de l’année, rapporté à la population moyenne de l’année des femmes de même âge.

L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) est la somme des taux de fécondité par âge observés une année donnée. Cet indicateur peut être interprété comme le nombre moyen d’enfants qu’aurait une génération fictive de femmes qui connaîtraient, tout au long de leur vie féconde, les taux de fécondité par âge observés cette année-là. Il est généralement exprimé en « nombre d’enfants par femme ». C’est un indicateur synthétique des taux de fécondité par âge de l’année considérée.

L’espérance de vie à la naissance est égale à la durée de vie moyenne d’une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les conditions de mortalité par âge de l’année considérée. C’est un indicateur synthétique des taux de mortalité par âge de l’année considérée.

Le taux de mortalité est le rapport du nombre de décès de l’année à la population totale moyenne de l’année.

Le taux de mortalité infantile est le rapport entre le nombre d’enfants décédés avant leur premier anniversaire et l’ensemble des enfants nés vivants.

Pour en savoir plus

Beaumel C., Bellamy V., « La situation démographique en 2015 », Insee Résultats, juin 2017.

Bellamy V., « Un vieillissement plus marqué en Allemagne qu’en France ou au Royaume-Uni », Insee Focus n° 88, juin 2017.

Bellamy V., « 594 000 personnes décédées en France en 2016, pour un quart d’entre elles à leur domicile », Insee Focus n° 95, octobre 2017.

Bellamy V., « Les 784 000 naissances de 2016 ont eu lieu dans 2 800 communes », Insee Focus n° 92, août 2017.

Équipes de surveillance de la grippe, « Surveillance de la grippe en France, saison 2016-2017 », Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire n° 22, pp. 466-475, 2017.

Santé publique France, « Synthèse canicule - Bilan national de l’impact sur la santé de l’épisode du 17 au 25 juin 2017 », 26 juillet 2017.

Champ

Les données sont disponibles sur deux champs : France métropolitaine et France. Les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, anciennement en Guadeloupe, ont changé de statut depuis le 15 juillet 2007 et sont devenues des collectivités d'outre-mer. À cette date, elles sont sorties du champ France. Pour ne pas créer de rupture de champ dans les séries, elles ont été exclues du champ France pour toutes les années diffusées. Mayotte, devenu un département d'outre-mer, est intégré au champ France à partir de l'année 2014. Les données concernant Mayotte ne sont pas inclues au champ France pour les années précédentes.

Pour en savoir plus

«  La situation démographique en 2015 », Insee Résultats, juin 2017.