La France garde la cadenceNote de conjoncture - décembre 2017

Julien Pouget - Dorian Roucher - David Berthier - Benjamin Quévat

Une analyse de la situation et des perspectives à court terme de l’économie française et de son environnement international, en deux dossiers, vingt-et-une fiches thématiques et des éclairages sur des questions d’actualité. Pour cette édition de décembre 2017, l’horizon de prévision s’étend jusqu’au deuxième trimestre de l’année 2018.

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Faut-il s’inquiéter de la hausse de l’endettement des entreprises en France ?

Marie-Baïanne Khder et Clément Rousset

Depuis 2009, l’endettement des sociétés non financières connaît en France une dynamique singulière par rapport au reste de l’Europe. Il a augmenté de 16 points de PIB entre 2009 et 2016 alors qu’il est resté globalement stable dans l’ensemble de la zone euro. En 2016, la dette des entreprises a ainsi atteint en France 90 points de PIB, niveau supérieur à celui de ses principaux voisins (Allemagne, Italie ou Espagne). Cette dynamique intervient dans un contexte de taux d’intérêt exceptionnellement bas, même si celui-ci vaut également pour les autres pays de la zone euro.

Le profil d’endettement des sociétés non financières depuis 2009 semble traduire un investissement plus dynamique en France que dans les autres principaux pays européens, alors que l’épargne n’y a progressé que très récemment par rapport à ces derniers. Par ailleurs, l’endettement des sociétés non financières s’est accompagné d’une forte hausse des détentions de liquidités. Un examen mené au niveau microéconomique suggère que ce phénomène, spécifique à la France, proviendrait majoritairement des mêmes entreprises, lesquelles s’endettent et accumulent conjointement des liquidités. Il s’agit plutôt de grandes entreprises, situées dans le secteur manufacturier et représentant des têtes de groupe.

Net des liquidités et plus largement des actifs détenus, le taux d’endettement apparaît ainsi relativement contenu au sein des entreprises françaises. Ce constat ne préjuge cependant pas de leur exposition à une remontée brutale des taux d’intérêt ou à une baisse du prix des actifs.

Note de conjoncture
Paru le : 19/12/2017