58 500 emplois touristiques dans le Grand Est, portés par l’hébergement et la restauration

Vincent Greiner, Sophie Villaume, Insee

En 2013, la présence de touristes dans le Grand Est génère 58 500 emplois, soit 3,0 % de l’emploi total de la région. 60 % des emplois touristiques se situent dans trois départements à l’est de la région. Ils sont souvent concentrés dans les grandes agglomérations qui disposent de nombreuses infrastructures pour accueillir les touristes. L’hébergement et la restauration regroupent à eux seuls plus d’un emploi touristique sur deux, loin devant le secteur du patrimoine et de la culture, pourtant troisième employeur du tourisme dans la région. Les emplois touristiques sont plus nombreux durant l’été, mais la saisonnalité est moins marquée dans le Grand Est que dans les régions littorales ou les régions voisines. Ces emplois sont majoritairement occupés par des femmes et attirent plus de jeunes que l’ensemble du monde du travail. Les rémunérations sont en moyenne plus faibles, et un tiers des salariés travaille à temps partiel.

Au-delà de l’emploi, la richesse dégagée par le tourisme représente 2,1 % de la richesse dégagée totale de la région, également portée par l’hébergement et la restauration. Les activités touristiques sont plutôt à faible valeur ajoutée.

En 2013, dans le Grand Est, le tourisme représente 79 700 emplois en moyenne sur l’année. Ces emplois dépendent à la fois des activités liées à la présence de touristes dans la région et d’autres activités, telles que les transports de passagers et les activités des agences de voyage, qui bénéficient plutôt aux résidents (encadré). Le nombre d’emplois liés à la seule présence de touristes, dit emplois touristiques (définitions), s’élève à 58 500 dans le Grand Est, soit 44 600 équivalents temps plein (ETP). À titre de comparaison, il s’agit d’un niveau équivalent à l’emploi salarié dans les secteurs de la métallurgie ou encore de la fabrication de denrées alimentaires, boissons et tabac. Dans la suite de l’étude, les données portent uniquement sur les emplois touristiques.

Les emplois touristiques concentrés dans les grandes agglomérations

Les emplois liés à la présence de touristes représentent 3,0 % de l’emploi total du Grand Est, contre 3,9 % en France de province. Si la région se place en 6e position des régions métropolitaines en nombre d’emplois touristiques, elle ne se trouve qu’à la 10e position en termes de part de l’emploi touristique (figure 1). La région est en effet moins orientée vers le tourisme que ne peuvent l’être les régions du sud. Elle l’est toutefois légèrement plus que les régions voisines, Hauts-de-France et Bourgogne-Franche-Comté (avec respectivement 2,4 % et 2,9 % de l’emploi lié au tourisme).

Dans le Grand Est, 60 % des emplois touristiques se situent dans trois départements : le Bas-Rhin (27 %), le Haut-Rhin (17 %) et la Moselle (16 %). À l’inverse, la Meuse, la Haute-Marne et les Ardennes en comprennent moins. D’une manière générale, ces emplois sont davantage présents dans les zones d’emploi des grandes agglomérations. Celles-ci disposent de nombreux hôtels et restaurants, et d’atouts culturels créateurs d’emplois (musées, monuments, salles de spectacles…). Ainsi, avec près de 17 % des emplois touristiques de la région, la zone d’emploi de Strasbourg regroupe le plus grand nombre d’emplois liés à la présence de touristes (9 700). Ils sont également nombreux dans les zones d’emploi de Colmar, Mulhouse, Metz, Nancy, Reims ou encore Troyes (figure 2). C’est dans les Hautes-Vosges que l’emploi est le plus orienté vers le tourisme : dans la zone d’emploi de Remiremont, les emplois touristiques représentent 7,8 % de l’emploi total, soit la part la plus élevée de la région.

Figure 1 – Le Grand Est : 10e région métropolitaine pour la part d'emplois touristiquesNombre et part de l'emploi touristique dans l'emploi total par région métropolitaine en 2013

Le Grand Est : 10e région métropolitaine pour la part d'emplois touristiques
Régions Nombre d’emplois touristiques Part de l'emploi touristique dans l’emploi total (en %)
Île-de-France 254 200 4,1
Auvergne-Rhône-Alpes 137 600 4,4
Provence-Alpes-Côte d'Azur 118 200 6,2
Occitanie 90 600 4,4
Nouvelle-Aquitaine 86 000 4,0
Grand Est 58 500 3,0
Hauts-de-France 50 000 2,4
Bretagne 45 900 3,8
Pays de la loire 43 700 3,0
Normandie 37 200 3,1
Bourgogne-Franche-Comté 29 700 2,9
Centre-Val de Loire 24 100 2,6
Corse 12 100 10,5
  • Lecture : le Grand Est regroupe 58 500 emplois touristiques, soit 3,0 % de l'emploi total de la région.
  • Sources : Insee, DADS 2013, Acoss 2013.

Figure 1 – Le Grand Est : 10e région métropolitaine pour la part d'emplois touristiquesNombre et part de l'emploi touristique dans l'emploi total par région métropolitaine en 2013

Figure 2 – Des emplois touristiques dans les grandes villes

  • Lecture : la zone d’emploi de Strasbourg regroupe 9 700 emplois touristiques, soit 3,4 % de l’emploi total de la zone d’emploi.
  • Sources : Insee, DADS 2013, Acoss 2013.

L’hébergement et la restauration principaux employeurs

Dans le Grand Est, comme en France de province, plus de la moitié des emplois touristiques sont concentrés dans l’hébergement (17 300 emplois) et la restauration (15 700) (figure 3). Viennent ensuite les activités liées au patrimoine et à la culture, qui regroupent 9 % des emplois touristiques. C’est davantage qu’en France de province, où le troisième contributeur en termes d’emplois est le secteur des sports et loisirs. Avec 8 % des emplois touristiques, ce secteur n’arrive qu’en quatrième position dans le Grand Est, suivi du commerce de détail non alimentaire et des grandes surfaces. Comme les activités de patrimoine et culture, le commerce comporte davantage d’emplois touristiques dans la région qu’en France de province.

Le Grand Est compte cinq destinations touristiques régionales. Quatre d’entre elles couvrent les régions historiques : l’Alsace (44 % des emplois touristiques), la Lorraine (36 %), la Champagne (17 %) et l’Ardenne (3 %) (figure 4). S’y superpose le massif des Vosges, qui couvre plusieurs départements de la région, mais aussi une partie de la Haute-Saône et du territoire de Belfort. Chacune de ces destinations dispose de spécificités sectorielles par rapport à la région (figure 5).

Figure 3 – Plus de la moitié des emplois touristiques dans l'hébergement et la restaurationRépartition des emplois touristiques par secteur dans le Grand Est et en France de province

en %
Plus de la moitié des emplois touristiques dans l'hébergement et la restauration
Grand Est France de province
Hébergement 29,6 29,8
Restauration, cafés 26,9 26,5
Patrimoine et culture 8,6 7,4
Sports et loisirs 8,4 11,8
Commerce de détail non alimentaire 7,9 6,9
Grandes surfaces 5,8 4,6
Autres* 5,4 5,6
Soins 2,2 2,2
Artisanat 1,9 1,6
Commerce de détail alimentaire 1,8 1,8
Offices de tourisme 1,5 1,8
  • * Organisation de foires, salons professionnels et congrès, agences immobilières, location de logements et d'autres biens immobiliers, transport de voyageurs par taxis, location de courte durée de voitures et de véhicules automobiles légers…
  • Lecture : dans le Grand Est, 8 % des emplois touristiques sont concentrés dans les sports et loisirs, contre 12 % pour la France de province.
  • Sources : Insee, DADS 2013, Acoss 2013.

Figure 3 – Plus de la moitié des emplois touristiques dans l'hébergement et la restaurationRépartition des emplois touristiques par secteur dans le Grand Est et en France de province

Figure 4 – Un poids du tourisme plus important en Alsace et dans le massif des Vosges

Un poids du tourisme plus important en Alsace et dans le massif des Vosges
Emplois liés à la fréquentation touristique en 2013 Évolution 2009-2013 (en %) Part dans l'emploi total (en %) Richesse dégagée touristique (K€) Part dans la richesse dégagée totale (en %)
Ardenne 1 600 8,9 1,9 44 300 1,3
Champagne 10 000 -0,4 2,6 315 300 1,8
Alsace 25 700 4,2 3,5 784 300 2,3
Lorraine 21 200 4,1 2,7 632 900 1,9
Grand Est 58 500 3,5 3,0 1 776 800 2,1
Massif des Vosges* 9 900 1,4 5,6 284 700 4,0
  • * Le massif des Vosges s'étend sur différents départements, au sein de la région Grand Est mais aussi en Haute-Saône et sur le Territoire de Belfort.
  • Lecture : l’Ardenne compte 1 600 emplois liés à la fréquentation touristique en 2013, soit 1,9 % de l’emploi total de l’Ardenne. La richesse dégagée par la présence de touristes y est de l’ordre de 44 300 milliers d’euros, soit 1,3 % de la richesse dégagée totale.
  • Sources : Insee, DADS 2009 et 2013, Acoss 2009 et 2013, FEE 2013.

Figure 5 – Le massif des Vosges très spécialisé dans l’hébergement et les sports et loisirs

  • Lecture : la part d’emplois touristiques dans le secteur de l’hébergement est 1,7 fois plus importante dans le massif des Vosges que dans le Grand Est.
  • Sources : Insee, DADS 2013, Acoss 2013.

Le massif des Vosges spécialisé dans l’hébergement et les sports et loisirs

Dans le massif des Vosges, l’hébergement (hôtels, campings,...) rassemble la moitié des emplois touristiques. Près de 12 % des emplois sont liés aux activités de sports et loisirs, d’été ou d’hiver, avec notamment la présence de plusieurs stations de ski.

En Alsace, la restauration regroupe 32 % des emplois touristiques, contre 27 % dans le Grand Est. Cette spécialisation est notamment due à une forte présence de restaurants dans la zone d’emploi de Strasbourg. Dans cette zone, 42 % des emplois touristiques relèvent de la restauration, principalement traditionnelle. Le secteur des sports et loisirs est sur-représenté dans le Haut-Rhin, en lien avec le massif et l'activité de plusieurs casinos.

En Lorraine, les emplois touristiques des activités culturelles et du patrimoine ont un poids plus important que dans la région (respectivement 11 % et 9 %), grâce aux activités liées au spectacle dans les agglomérations de Metz et de Nancy. La forte activité de gestion de sites et monuments historiques dans la Meuse, notamment à Verdun, contribue également à l’importance du secteur patrimoine-culture.Le secteur des soins est particulièrement bien implanté en Moselle, avec la station thermale d’Amnéville.

La Champagne affiche une spécificité dans le commerce de détail non alimentaire. Ce dernier y réunit 10 % des emplois touristiques contre 8 % dans le Grand Est. Dans la zone d’emploi de Troyes, connue pour ses nombreux magasins d’usine, cette part s’élève même à 13 % des emplois.

L' Ardenne compte peu d’emplois touristiques et le secteur de la restauration y est fortement sous-représenté. En conséquence, le poids des autres secteurs - notamment le commerce - y est plus important.

Une saisonnalité moins marquée qu’en France de province

Le nombre d’emplois touristiques varie fortement durant l’année dans le Grand Est, comme au niveau national. En janvier, le niveau est le plus faible avec 48 200 emplois touristiques. Ce nombre est multiplié par 1,5 l’été pour atteindre un pic en août à 71 300 emplois. Cette augmentation s’explique par une plus forte affluence de touristes à cette période ainsi qu’une nécessité de remplacement de certains salariés, eux-mêmes en vacances. Si cette saisonnalité n’est pas négligeable, elle est toutefois légèrement moins forte qu’en France de province ou dans les régions voisines (Bourgogne-Franche-Comté, Hauts-de-France), où les emplois touristiques sont multipliés par 1,6 en moyenne durant l’été. Les régions littorales affichent les plus fortes saisonnalités avec un nombre d’emplois multiplié par 3,7 en Corse ou encore 2,2 en Nouvelle-Aquitaine.

Les emplois touristiques dépendent ainsi moins du calendrier dans le Grand Est, leur répartition étant plus équilibrée sur l’année. Au sein de la région, la saisonnalité est plus faible dans le massif des Vosges et en Alsace (figure 6). Dans le massif, bien que la saison estivale reste prépondérante, la saison hivernale attire également de nombreux touristes, venus profiter des stations de ski des Hautes-Vosges. En Alsace, la saisonnalité moins marquée s’explique notamment par la forte influence de la ville de Strasbourg qui accueille des touristes toute l’année. À Strasbourg Eurométropole et Colmar, les marchés de Noël créent une forte activité en décembre, et le nombre d’emplois touristiques, bien que moins élevé qu’à l’été, est à son niveau moyen. En Champagne, la réduction du nombre d’emplois après l’été est plus lente, probablement grâce à la saison des vendanges qui stimule l’activité à cette période.

La saisonnalité de l’emploi varie selon les secteurs d’activité. Avec un nombre d’emplois touristiques multiplié par 4,2 à l’été, les grandes surfaces affichent assez nettement l’amplitude la plus forte, qui s’explique par un fort recrutement de saisonniers durant l’été. À la même période, le commerce de détail alimentaire et non alimentaire double ses emplois. La saisonnalité la plus faible est constatée dans les offices de tourisme.

Figure 6 – Une saisonnalité estivale moins marquée en AlsaceSaisonnalité de l'emploi touristique en 2013

Indice de base 100 (moyenne annuelle=100)
Une saisonnalité estivale moins marquée en Alsace
Ardenne Champagne Alsace Lorraine Massif des Vosges
Janvier 78 79 84 83 87
Février 78 80 85 85 90
Mars 83 86 90 89 92
Avril 91 96 95 95 95
Mai 99 100 99 100 99
Juin 105 107 103 105 103
Juillet 124 123 115 125 118
Août 131 122 117 127 120
Septembre 112 107 105 105 104
Octobre 103 107 104 101 101
Novembre 100 102 104 99 96
Décembre 98 90 99 88 96
  • Lecture : en Ardenne, le nombre d’emplois touristiques en août dépasse de 31 % sa moyenne annuelle.
  • Sources : Insee, DADS 2013, Acoss 2013.

Figure 6 – Une saisonnalité estivale moins marquée en AlsaceSaisonnalité de l'emploi touristique en 2013

Des emplois jeunes et féminins

Dans le Grand Est, 56 % des emplois touristiques sont occupés par des femmes (contre 48 % pour l’ensemble des emplois), soit davantage que dans les autres régions. En moyenne en France de province, les femmes occupent 51 % des emplois touristiques (figure 7). C’est dans le secteur des soins que la féminisation des emplois est la plus importante (88 %). Les femmes sont également majoritaires dans les grandes surfaces, les offices de tourisme, le commerce de détail et l’hébergement. Elles sont en revanche proportionnellement moins nombreuses dans le secteur des sports et loisirs, où elles occupent 43 % des emplois liés au tourisme, proportion toutefois supérieure à celle de France de province (36 %).

Avec un âge moyen de 38 ans, les emplois touristiques sont occupés par des personnes plus jeunes que la moyenne (41 ans pour l’ensemble des emplois de la région, salariés ou non). L’âge moyen est le plus élevé dans les offices de tourisme (43 ans) et le plus faible dans la restauration (35 ans). La part des jeunes de moins de 25 ans atteint ainsi 29 % dans ce secteur contre 21 % en moyenne dans la région. Ils sont également bien représentés dans l’artisanat (26 %) et les sports et loisirs (24 %). La part des moins de 25 ans varie durant la saison, reflétant l’embauche de nombreux jeunes pour des emplois estivaux. En début d’année, seuls 19 % des emplois touristiques sont occupés par des jeunes de moins de 25 ans, contre près de 25 % en août.

Les salariés sont davantage à temps partiel dans le Grand Est que dans les autres régions. Ainsi, 35 % des emplois touristiques sont à temps partiel contre seulement 30 % en France de province. Le temps partiel est le plus développé dans les grandes surfaces (43 %) et la restauration (41 %), mais plus rare dans les offices de tourisme (18 %).

Un emploi touristique sur six est occupé par un non-salarié alors qu’en moyenne dans le Grand Est, les non-salariés représentent un emploi sur neuf. Cela peut s’expliquer par un nombre important de petites structures dirigées par des indépendants.

Figure 7 – Des emplois touristiques plus féminisésRépartition des emplois liés au tourisme en 2013 (%)

Des emplois touristiques plus féminisés
Grand Est France de province
Femmes 56 51
Hommes 44 49
Moins 25 ans 21 20
de 25 à 50 ans 58 59
50 ans ou plus 21 21
Cadres 7 7
Professions intermédiaires 11 12
Employés 68 66
Ouvriers 14 15
Temps complets 65 70
Temps partiels 35 30
Salaire horaire net (euros) 10,70 10,90
  • Lecture : dans le Grand Est, 65 % des emplois touristiques sont des emplois à temps complet, contre 70 % en France de province.
  • Champ : ensemble des emplois touristiques en équivalent temps plein pour les variables sexe et âge ; emplois touristiques salariés en équivalent temps plein pour la catégorie socioprofessionnelle, la condition d’emploi et le salaire.
  • Sources : Insee, DADS 2013, Acoss 2013.

Deux tiers d’employés, avec de bas salaires

Les employés représentent deux tiers des emplois touristiques salariés (68 %). Ils sont suivis des ouvriers (14 %) et des professions intermédiaires (11 %), les cadres ne représentant que 7 % des emplois. Les employés sont surreprésentés dans les soins, les grandes surfaces et la restauration (huit emplois sur dix). Ils sont bien moins présents dans le patrimoine et la culture (trois emplois sur dix), où plus de la moitié des emplois touristiques sont occupés par des professions intermédiaires et des cadres. Ces deux catégories socioprofessionnelles sont également très présentes dans les sports et loisirs (40 %). Elles sont en revanche très peu représentées dans l’artisanat, secteur où il y a une forte proportion d’ouvriers (45 %).

En moyenne, le salaire horaire net pour un emploi touristique dans le Grand Est s’élève à 10,70 € de l’heure, proche de la moyenne nationale (10,90 €). Le salaire horaire des emplois touristiques reste plus faible que le salaire moyen dans le Grand Est (13,00 €). Il existe toutefois une disparité importante selon les secteurs : ceux qui comprennent le plus de professions intermédiaires et de cadres présentent logiquement un salaire horaire net plus élevé. C’est notamment le cas des secteurs du patrimoine et de la culture (13,40 €) et des sports et loisirs (12,50 €). À l’inverse, les secteurs de la restauration (9,20 €), de l’artisanat (8,20 €) et des soins (8,10 €) proposent les salaires horaires les plus faibles.

Hausse des emplois touristiques depuis 2009

Entre 2009 et 2013, le nombre d’emplois touristiques progresse de 3,5 % dans le Grand Est. Ils augmentent légèrement moins qu’en France de province (+ 4,2 %) mais davantage qu’en Bourgogne-Franche-Comté (- 2,4 %) et que dans les Hauts-de-France (+ 2,5 %). Les régions littorales, comme la Corse ou les Pays de la Loire restent les plus dynamiques. Les emplois touristiques des grandes surfaces et des sports et loisirs croissent le plus fortement alors que ceux des soins, du commerce de détail alimentaire et de l’hébergement diminuent.

Des activités à faible valeur ajoutée

La mesure de la richesse dégagée (définitions) fournit une autre approche des retombées économiques du tourisme sur le territoire. Dans le Grand Est, elle s’élève à 1 777 millions d’euros, soit 2,1 % de la richesse dégagée totale de la région (figure 4). Le poids du tourisme en termes de richesse dégagée est moindre que celui de l’emploi : dans ces activités, les emplois produisent proportionnellement moins de richesse que dans d’autres secteurs, notamment industriels. Comme pour l’emploi, la richesse dégagée touristique provient principalement de l’hébergement (31 %). Bien qu’il reste le deuxième contributeur, le secteur de la restauration produit seulement 23 % de la richesse dégagée touristique, contre 27 % de l’emploi. De même, le poids des activités de patrimoine-culture est plus important en termes d’emplois que de richesse dégagée. C’est l’inverse dans les secteurs du commerce et de l’hébergement, où la productivité apparente du travail est un peu plus élevée.

Encadrés

21 200 emplois du tourisme liés aux transports de voyageurs et agences de voyage

Pour certaines activités du tourisme, comme les agences de voyage ou le transport de voyageurs, il n’est pas possible de localiser précisément les touristes qui en bénéficient. Ces emplois sont liés au tourisme,mais pas au lieu de séjour des touristes, et bénéficient plutôt aux résidents. Dans cette étude, ils sont par conséquent exclus de l’analyse (sauf le transport par taxi) (figure 8).

Dans le Grand Est, en moyenne en 2013, 21 200 emplois du tourisme relèvent des activités des agences de voyage et des transports de voyageurs (ferroviaires, routiers, aériens et fluviaux) : 8 600 en Alsace, 7 400 en Lorraine et 5 200 en Champagne-Ardenne. Par rapport à l’ensemble de la France, ces emplois sont davantage orientés vers les transports de voyageurs ferroviaires et routiers, ainsi que dans le transport fluvial de passagers. Cette dernière activité est en effet particulièrement présente en Alsace, avec notamment une compagnie organisant des croisières. La moitié des emplois du tourisme de la région liés aux transports routiers de voyageurs sont quant à eux implantés en Lorraine (activités des autocaristes notamment).

Figure 8 – Le tourisme représente 79 700 emplois dans le Grand Est

  • Sources : Insee, DADS 2013, Acoss 2013.

Encadré partenariat

L’étude a été réalisée dans le cadre d’un partenariat entre la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi du Grand Est et la Direction régionale de l’Insee Grand Est. Les trois observatoires régionaux du tourisme (Agence de l’Attractivité de l’Alsace, Comité régional du tourisme de Champagne-Ardenne et Lorraine Tourisme) ont été associés aux travaux.

Sources

Les déclarations annuelles de données sociales (DADS) de 2013 permettent d’avoir accès, pour chaque salarié, à diverses informations : la nature de l’emploi et la qualification, les dates de début et de fin de période de paie, le nombre d’heures salariées, la condition d’emploi (temps complet, temps partiel), le montant des rémunérations versées, etc. Ces informations sont complétées sur le champ des non-salariés par le fichier de l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) de 2013.

Le Fichier économique enrichi (FEE) est un fichier de synthèse construit par l’Insee. Son objectif est de caractériser les établissements par des données économiques et financières, en utilisant les informations issues de plusieurs sources économiques, dont le répertoire Sirène, les DADS et le fichier des résultats d’entreprises Ésane. Il permet ici d’estimer la richesse dégagée par le tourisme.

Définitions

L’estimation de l’emploi lié au tourisme repose sur le repérage des secteurs d’activités concernés par le tourisme et leur classement selon leur degré de touristicité :

- dans les activités 100 % touristiques (hôtels, musées, parcs d’attraction...), tout l’emploi est considéré comme de l’emploi touristique ;

- dans les activités partiellement touristiques (restauration, commerces...), l’emploi touristique est estimé en retranchant à l’emploi total un emploi théorique lié aux résidents. Ce dernier est estimé à partir de la moyenne des trois mois où l’emploi est le moins élevé (période creuse).

Pour certaines activités, comme les agences de voyage ou le transport de voyageurs, il n’est pas possible de localiser précisément les touristes qui en bénéficient. Ces emplois sont liés au tourisme, mais pas au lieu de séjour des touristes. Ils sont par conséquent exclus de l’analyse qui ne concerne que les emplois locaux induits par la présence de touristes.

Le champ de l’emploi total servant de comparaison dans cette étude exclut les particuliers employeurs, l’agriculture et la fonction publique d’État.

À partir du Fichier Économique Enrichi (FEE), la richesse dégagée est estimée comme la valeur ajoutée des entreprises (répartie entre établissements au prorata de la masse salariale). Elle permet d’évaluer, de façon relative, l’importance de l’activité économique d’un secteur ou d’une zone, de façon complémentaire à la vision donnée par l’emploi. Elle n’est toutefois pas comparable au produit intérieur brut (PIB).

Pour en savoir plus

Eichwald A., Piralla S., « 9 900 emplois liés à la présence de touristes dans le massif des Vosges en 2013 », Insee Analyses Grand Est n° 48 - juillet 2017.

Bouny P., Wallaert A., « 17 000 emplois liés au tourisme en Champagne-Ardenne », Insee Analyses Champagne-Ardenne n° 16 - décembre 2015.

Deltour A., « 21 000 emplois touristiques en Lorraine », Économie Lorraine n° 333 - février 2014.

Durieux S., Eusebio P., Levy D., « Un million d'emplois liés à la présence de touristes : Plus de la moitié dans des espaces urbains », Insee Première n° 1555 - juin 2015.

Challand C.,« Tourisme - Une année touristique au beau fixe, sauf pour les campings », Insee Conjoncture Grand Est n° 8 - Bilan économique 2016 - mai 2017 »,.