Économie et Statistique n° 490Compétences des adultes à l’écrit et en calcul

Economie et Statistique
Paru le : 14/12/2016
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L’évolution des compétences des adultes : effet « génération » et effet « cycle de vie »

Fabrice Murat et Thierry Rocher

Les grandes enquêtes sur les compétences des adultes (en particulier IVQ et PIAAC) montrent que les plus âgés ont de moins bons résultats que les plus jeunes, tant en compréhension de l’écrit qu’en calcul. Ainsi, selon l’enquête Information et vie quotidienne (IVQ) de 2011, 10 % des 18 29 ans sont en difficulté face à l’écrit contre 24 % des 60 65 ans. Ces moins bonnes performances des plus âgés peuvent s’expliquer par une perte de compétences au fil des ans, notamment du fait d’une moindre utilisation dans le cadre professionnel ou dans la vie quotidienne (effet « cycle de vie » ). Mais elles peuvent aussi signifier une amélioration du niveau moyen des générations les plus récentes (effet « génération » ). La réédition de l’enquête IVQ en 2011, sept ans après la première collecte, apporte des éléments pour distinguer ces deux phénomènes. Un travail psychométrique préalable, fondé sur des modèles de réponse à l’item, permet d’assurer la comparabilité entre les deux éditions en tenant compte des évolutions du protocole d’évaluation entre 2004 et 2011.

La comparaison des résultats de populations nées une même année aux deux dates d’enquête fait apparaître un effet « cycle de vie » assez important affectant les compétences face à l’écrit et en calcul : limitée jusqu’à 45 ans, la perte de compétences s’accroît ensuite. On observe aussi un effet « génération », de moindre ampleur, en faveur des personnes nées à partir de 1974, mais la prise en compte du plus haut diplôme des individus interrogés inverse cette tendance : à âge et diplôme fixés, ce sont les générations les plus anciennes qui ont les meilleures performances. Ce résultat rejoint notamment ceux obtenus à partir de l’enquête Programme for the international assessment of adult competencies (PIAAC) de l’OCDE. Enfin, la corrélation entre les compétences et le milieu social d’origine apparaît plus forte pour les générations les plus récentes.

Economie et Statistique
No 490
Paru le : 14/12/2016

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