Bilan économique 2015 - Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées

Dans un contexte national de reprise, l'économie de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées se redresse. Encore portée par le secteur tertiaire, la région bénéficie de la plus forte progression de l'emploi salarié dans le secteur marchand non agricole depuis 2008. Le taux de chômage diminue légèrement, affectant cependant encore 12 % de la population active fin 2015. Que ce soit sur le front de l'emploi ou du chômage, des disparités territoriales, sectorielles et générationnelles persistent.

Insee Conjoncture Occitanie
Paru le : 31/05/2016
Consulter

Construction - Le recul de la construction stoppé en 2015 ?

Bernadette de la Rochère, Bertrand Oddo (Dreal)

Avec 39 000 logements mis en chantier en 2015, la construction repart légèrement dans la région. Cette tendance est plus modérée en France métropolitaine. La hausse régionale est cependant à relativiser car elle fait suite au point bas de 2014. La construction de logements neufs est tirée par le logement collectif, et par le logement social en particulier, destinés à des ménages locataires.

Le nombre de permis de construire autorisés dans la région continue, quant à lui, de diminuer en 2015 mais plus faiblement qu'en 2014, et se redresse en fin d'année.

Insee Conjoncture Occitanie
No 3
Paru le : 31/05/2016

Augmentation des mises en chantier en un an

Environ 39 000 logements sont commencés dans la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées au cours de l’année 2015, soit une croissance de 4 % par rapport à l’année précédente (figure 1 et figure 2). Cette croissance plus élevée qu'au niveau national (+ 2 %) doit être cependant relativisée. Depuis 2000, on n’a jamais construit aussi peu de logements qu’en 2014 dans la région, avec seulement 37 000 logements sortis de terre, à l’inverse de 2007, année record où plus de 60 000 logements ont été mis en chantier, dont beaucoup de logements collectifs dans le cadre des dispositifs de défiscalisation.

Deux tendances fortes se conjuguent en 2015. La première est la reprise de la construction de logements collectifs, qui croît en un an de 14 % dans la région, retrouvant presque le niveau de 2011. Par ailleurs, la construction de logements repart dans les deux métropoles régionales, entraînant une croissance par rapport à 2014 de 16 % en Haute-Garonne et de 8 % dans l’Hérault avec le retour aux niveaux absolus de 2011. Il en résulte une reprise de près de 25 % pour le collectif en Haute-Garonne et dans l’Hérault, départements des deux métropoles. Cette croissance de la construction de logement collectif traduit la montée en puissance du dispositif de défiscalisation « Pinel », qui prend la suite du dispositif « Duflot ». En 2015, sur les 11 000 logements collectifs vendus par les promoteurs, 6 600 concernent des investissements locatifs de la part de particuliers qui souhaitent défiscaliser, soit une augmentation de 50 % en un an.

Figure 1 – Évolution de la construction de logements

en indice base 100 en 2005
Évolution de la construction de logements
Logements autorisés - Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées Logements commencés - Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées Logements autorisés - France métropolitaine Logements commencés - France métropolitaine
2005 100 100 100 100
2006 105,5 110,11 109,33 105,8
2007 106,08 110,29 103,75 105
2008 85,38 86,28 85,65 85,5
2009 63,53 73,65 68,36 74,48
2010 78,87 88,63 85,63 89
2011 89 90,97 94,29 92,57
2012 73,23 79,06 86,97 83,38
2013 68,31 74,37 76,17 80,86
2014 62,95 67,87 67,61 73,61
2015 61,94 70,76 70,17 74,82
  • Note : données brutes provisoires arrondies à la centaine en date réelle.
  • Champ : logements individuels et collectifs.
  • Source : SOeS, Sit@del2, estimations au 13 avril 2016.

Figure 1 – Évolution de la construction de logements

De nouveaux logements essentiellement dans le collectif

Accompagnant cette reprise, la dynamique du logement social reste forte : environ 9 000 logements sociaux sont mis en chantier en 2015, essentiellement des logements collectifs.

À l’opposé, le logement individuel reste en retrait et enchaîne une quatrième année de baisse consécutive. Le repli est particulièrement sensible dans les départements les plus ruraux ou abritant des agglomérations de taille moyenne (entre - 15 % pour le Gard et - 25 % pour le Tarn-et-Garonne), tandis que la Haute-Garonne et l'Hérault restent en équilibre.

Le dynamisme de la construction de logements neufs est essentiellement tiré par le parc locatif, que ce soit à travers des logements sociaux ou des logements éligibles à la défiscalisation. En revanche, la production de logements destinés à des propriétaires (maisons individuelles et appartements non défiscalisés) tend à baisser : moins de 18 000 maisons individuelles commencées en 2015 contre encore 30 000 par an au milieu des années 2000, et 4 300 appartements seulement après le point haut de + 6 000 observé en 2011.

Figure 2 – Logements commencés par département

en %
Logements commencés par département
Logements en 2015 (nombre) Évolution 2015/2014 Évolution annuelle moyenne 2014/2009 (1)
Ariège 500 -10,7 -7,6
Aude 1 800 -27,0 -2,6
Aveyron 1 100 -15,3 1,7
Gard 3 600 3,1 -7,5
Haute-Garonne 13 200 16,4 2,7
Gers 800 -1,3 -8,4
Hérault 11 200 17,6 1,7
Lot 700 -10,2 -5,5
Lozère 400 20,6 -8,7
Hautes-Pyrénées 800 -14,2 -8,5
Pyrénées-Orientales 2 700 -12,3 -6,6
Tarn 1 400 -18,5 -3,6
Tarn-et-Garonne 1 000 -17,3 -3,4
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées 39 200 4,4 -1,6
France métropolitaine 335 400 1,6 -0,2
  • (1) : taux d'évolution annuel qu'aurait connu la construction de logements, pour le département ou la région, si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée.
  • Note : données brutes provisoires arrondies à la centaine en date réelle. Les évolutions sont calculées sur données non arrondies.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : SOeS, Sit@del2, estimations au 13 avril 2016.

Hausse des logements autorisés en fin d'année

En Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, les autorisations de construction de logements neufs sont en quasi stagnation en moyenne sur cinq ans, mais en régression de 1,5 % en 2015 par rapport à 2014 (figure 3). Fin 2015, le nombre d’autorisations repart à la hausse, laissant ainsi envisager une reprise des mises en chantier en 2016, qui devrait s’étendre aux logements individuels. Le nouveau dispositif de prêt à taux zéro (PTZ) mis en place début 2016 pourrait faciliter les projets d’investissement des particuliers, qui ont pu avoir tendance à les décaler dans une période d’incertitude début 2015.

Figure 3 – Logements autorisés par département

en %
Logements autorisés par département
Logements en 2015 (nombre) Évolution 2015/2014 Évolution annuelle moyenne 2014/2009 (1)
Ariège 600 0,7 -8,3
Aude 2 000 -5,7 -11,0
Aveyron 1 300 12,6 -3,9
Gard 3 400 -24,7 -2,7
Haute-Garonne 15 400 5,1 6,9
Gers 800 -0,9 -7,5
Hérault 11 700 3,8 4,5
Lot 900 24,7 -10,3
Lozère 300 -13,2 -5,9
Hautes-Pyrénées 900 -10,7 -11,7
Pyrénées-Orientales 3 300 -6,2 -5,9
Tarn 1 400 -9,2 -5,1
Tarn-et-Garonne 900 -31,2 -4,0
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées 42 800 -1,5 -0,2
France métropolitaine 372 200 3,8 -0,2
  • (1) : taux d'évolution annuel qu'aurait connu la construction de logements, pour le département ou la région, si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée.
  • Note : données brutes provisoires arrondies à la centaine en date réelle. Les évolutions sont calculées sur données non arrondies.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : SOeS, Sit@del2, estimations au 13 avril 2016.

Progression des logements neufs vendus à des particuliers

En 2015, le nombre de logements neufs vendus à des particuliers en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées est de l'ordre de 12 000 logements, soit 20 % de plus qu’en 2014 (figure 4 et figure 5). Là encore une reprise est observée puisque ces ventes stagnaient autour de 10 000 logements par an entre 2012 et 2014. Le marché de la région représente 12 % du marché national. En France métropolitaine, les mêmes tendances sont observées, les ventes progressant de 18 % entre 2014 et 2015.

Les promoteurs restent néanmoins prudents car les logements mis en vente au cours de l’année sont moins nombreux que les ventes effectives, ce qui contribue à faire baisser le stock.

Les ventes de logements neufs aux particuliers concernent neuf fois sur dix des logements collectifs. En 2015, les prix de ces derniers atteignent en moyenne 3 500 euros le m² dans la région, prix en augmentation de 1,6 % par rapport à 2014. De grandes disparités existent entre les territoires, avec en particulier des prix au m² globalement plus élevés sur le littoral.

Figure 4 – Ventes des maisons et des appartements neufs

en %
Ventes des maisons et des appartements neufs
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées France métropolitaine
En 2015 (nombre ou prix en euro) Évolution 2015/2014 Évolution moyenne annuelle 2014/2009 (2) En 2015 (nombre ou prix en euro) Évolution 2015/2014 Évolution moyenne annuelle 2014/2009 (2)
Maisons neuves
Nombre de ventes (1) 1 102 6,6 -8,8 8 237 11,0 -10,3
Prix moyen par maison 231 200 2,1 -0,3 249 315 -1,5 0,8
Appartements neufs
Nombre de ventes (1) 10 992 21,4 -4,4 94 301 18,6 -3,1
Prix moyen au m² 3 528 1,6 2,0 3 892 0,6 2,8
  • (1) : réservations avec dépôt d'arrhes.
  • (2) : taux d'évolution annuel qu'aurait connu le nombre de ventes ou le prix moyen si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée.
  • nd : données non disponibles.
  • Champ : permis de 5 logements et plus destinés à la vente aux particuliers ; France métropolitaine.
  • Source : SOeS, enquête ECLN.

Figure 5 – Évolution de la commercialisation de logements neufs dans la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées

en indice base 100 en 2005
Évolution de la commercialisation de logements neufs dans la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées
Logements neufs disponibles en fin d'année Logements neufs mis en vente Logements neufs vendus (réservés)
2005 100 100 100
2006 187,33 124,05 112,52
2007 276,73 116,34 107,85
2008 301,33 68,39 66,03
2009 146,28 43,27 78,48
2010 142,68 76,17 78,57
2011 217,29 91,15 78,63
2012 242,48 67,02 62,05
2013 254,48 59,93 61,27
2014 244,57 59,58 61,13
2015 219,13 62,24 73,29
  • Note : données brutes.
  • Champ : permis de 5 logements et plus destinés à la vente aux particuliers ; France métropolitaine.
  • Source : SOeS, enquête ECLN.

Figure 5 – Évolution de la commercialisation de logements neufs dans la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées

Figure 6 – Prix régional moyen des appartements neufs en 2015

Prix moyen des appartements (en € / m²)
Prix régional moyen des appartements neufs en 2015
3171 3496 3892
11 4754
24 3034
27 2953
28 3299
32 3203
44 3171
52 3496
53 3213
75 3615
76 3528
84 3817
93 4186
94 3581
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : SOeS, enquête ECLN.

Figure 6 – Prix régional moyen des appartements neufs en 2015France métropolitaine : 3 892 € / m²

Sources

Méthodologie : La base de données Sit@del2 rassemble les informations relatives aux autorisations de construire (permis accordés) et aux mises en chantier transmises par les services instructeurs (État, collectivités territoriales) au service statistique du ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie (MEDDE). Les mouvements relatifs à la vie du permis (dépôts, autorisations, annulations, modificatifs, déclarations d'ouverture de chantier, déclarations d'achèvement des travaux) sont exploités à des fins statistiques.

En matière de logement, les séries d'estimations en date réelle sont produites mensuellement pour évaluer le nombre d'autorisations et de mises en chantier. Elles visent à retracer dès le mois suivant, l'ensemble des évènements à leur date réelle. Sur la base des données collectées, les séries intègrent une estimation de l'information non encore remontée. Ces séries sont actualisées chaque mois pour prendre en compte les informations les plus récentes. Les estimations en date réelle corrigent des éventuels défauts de collecte des déclarations d'ouverture de chantier.

Avertissement : Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.