Économie et Statistique n° 457-458 - Enquêtes Transports

Economie et Statistique
Paru le : 11/07/2013
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Des mobilités plus homogènes ou plus diversifiées ?

Richard Grimal

Les mobilités s'organisent aujourd'hui selon trois grandes dimensions. La plus importante caractérise le partage modal, opposant des mobilités périurbaines et rurales marquées par l'hégémonie de la voiture, à des mobilités urbaines accordant une plus large place aux modes alternatifs. La préférence pour la voiture est corrélée à l'intensité des activités professionnelles et familiales, mais aussi aux contraintes du lieu de vie. La seconde dimension hiérarchise les mobilités selon leur intensité et dépend dans une large mesure de la position socioéconomique et culturelle des individus, mais aussi des handicaps pouvant venir entraver la mobilité. La troisième dimension, enfin, reflète des mobilités plus ou moins étendues, ancrées dans une sphère de proximité ou se déployant au contraire au-delà du bassin de vie local, et se trouve elle aussi corrélée à la situation sociale. Ce panorama des mobilités actuelles est révélateur de transformations profondes. Il y a quinze ans, les mobilités se différenciaient d'abord par leur intensité et opposaient en second lieu les actifs aux inactifs. Si les niveaux de mobilité quotidienne se sont homogénéisés mécaniquement avec la diffusion de la voiture et le glissement générationnel, en revanche les moyens de transport utilisés font apparaître un clivage de plus en plus net entre les grandes agglomérations, qui ont amorcé un virage vers les modes alternatifs, et le reste du territoire. Cette transition, dont les causes sont sans doute multiples, souligne en même temps le manque persistant d'alternatives à la voiture dans les petites villes et les espaces périurbains.

Economie et Statistique
No 457-458
Paru le : 11/07/2013