Economie et Statistique n°376-377 - La réduction du temps de travail

Economie et Statistique
Paru le : 01/06/2005
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RTT, productivité et emploi : nouvelles estimations sur données d'entreprises

Bruno Crépon, Marie Leclair et Sébastien Roux

Les données individuelles d'entreprises permettent a priori de mesurer l'effet de la RTT sur l'emploi au travers de la comparaison entre entreprises passées à 35 heures et entreprises restées à 39 heures. Une telle comparaison doit porter sur des entreprises aussi semblables que possible. Cependant, certaines questions subsistent : l'information dont on dispose sur ces entreprises suffit-elle à les rendre comparables, ou existe-t-il aussi des caractéristiques micro-économiques non mesurées qui différencient les deux groupes ? Les entreprises ont-elles la même capacité de s'adapter à la RTT ? Enfin, peut-on considérer que les effets de la RTT n'ont concerné que les entreprises passées à 35 heures, ou y-a-t-il aussi eu des effets indirects sur les entreprises restées à 39 heures ? Ces questions sont complexes. On les examine en abordant d'abord les effets de la RTT sur la production et la productivité. Ainsi, à caractéristiques comparables, les entreprises passées à 35 heures dans le cadre de la loi Aubry I ont vu entre 1997 et 2000 leur productivité globale des facteurs, qui reflète leur capacité à produire à effectifs et capital inchangés, faiblement diminuer de 3,7 % par rapport à celles restées à 39 heures fin 2000, alors que le passage à 35 heures aurait dû diminuer dans ces entreprises le temps de travail hebdomadaire de 4 heures, soit 10,2 %. Dans le même temps, l'emploi dans ces entreprises aurait augmenté de 9,9 % par rapport aux entreprises restées à 39 heures.

Economie et Statistique
No 376-377
Paru le : 01/06/2005