Economie et Statistique n°367

Un modèle macroéconométrique pour la zone euro - La modération salariale en France - Ralentissement de la productivité et réallocations d'emplois - Travail et pauvreté en Russie

Economie et Statistique
Paru le : 01/02/2004
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Ralentissement de la productivité et réallocations d'emplois : deux régimes de croissance

Bruno Crépon et Richard Duhautois

On rapproche l'évolution de la productivité de l'évolution de l'emploi, au cours de deux périodes de croissance soutenue (1987-1990 et 1996-1999). Cette comparaison est effectuée à partir de données individuelles d'entreprises, en distinguant la contribution à l'évolution de la productivité des entreprises présentes au cours de chacune des périodes (entreprises pérennes) de celle des créations/disparitions. La productivité du travail augmente deux fois moins vite à la fin des années 1990 qu'à la fin des années 1980. Ce ralentissement est moins marqué dans le cas de la productivité globale des facteurs (PGF). Sur la seconde période, cette moindre croissance repose essentiellement sur les entreprises pérennes : ces dernières contribuent à l'augmentation de la productivité par les changements qualitatifs et quantitatifs survenus à l'intérieur de chaque unité quant à l'utilisation des facteurs (composante dite « intra » de l'évolution de la productivité), aussi bien que par les réallocations de facteurs entre entreprises. En revanche, la part de l'augmentation de la productivité imputable aux créations/ disparitions d'entreprise a légèrement reculé d'une période à l'autre, du fait d'une baisse de la contribution des créations. Enfin, dans le même temps, le taux de croissance nette de l'emploi a baissé du fait d'un tassement des créations brutes d'emplois plus marqué que celui des destructions. Cette évolution s'explique principalement par un recul de l'impact des créations d'entreprises sur les créations brutes d'emplois, et par de moindres destructions d'emplois de la part des entreprises pérennes. Cet enrichissement en emplois de la croissance donnerait un caractère davantage « smithien » que « schumpéterien » à la croissance française.

Economie et Statistique
No 367
Paru le : 01/02/2004