Emploi et salairesÉdition 2013

Insee Références
Paru le : 06/03/2013
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Depuis mi-2011, une nouvelle dégradation du marché du travail, moins marquée que celle de 2008-2009

Nathan Rémila, Frédéric Tallet

Avec le retournement conjoncturel lié à l'aggravation de la crise des dettes souveraines durant l'été 2011, les créations modérées d'emplois salariés marchands non agricoles observées entre 2010 et début 2011 ont laissé place à de nouvelles pertes d'emplois, en particulier dans l'intérim. Dans un contexte d'activité économique stagnante, la productivité apparente du travail a ralenti, sans reculer pour autant. Depuis la mi-2011, la chute de l'emploi intérimaire va en s'accentuant, l'industrie et la construction détruisent régulièrement des emplois, les créations d'emplois dans les services marchands hors intérim s'essoufflent ; en outre, l'emploi non marchand recule alors qu'il avait progressé en 2008 et 2009 lors de la précédente phase de recul de l'emploi marchand. Cette nouvelle dégradation de l'emploi intervient alors que la population active, notamment celle des seniors, poursuit une croissance soutenue, en particulier sous l'effet des réformes des retraites. Les taux d'activité et d'emploi des classes d'âges élevés progressent de façon régulière et inédite, alors même que ceux des plus jeunes baissent. En conséquence, le taux de chômage augmente sensiblement depuis le deuxième trimestre 2011. Comme par le passé, le risque d'entrer au chômage concerne davantage les intérimaires, les personnes en CDD et les catégories socioprofessionnelles les moins qualifiées. La hausse de l'inflation sur 2010 et 2011 induit une revalorisation plus forte du Smic et, plus généralement, une légère accélération en euros courants du salaire moyen par tête, en dépit de la dégradation de l'emploi. Toutefois, en termes réels, le salaire moyen ralentit pour la deuxième année consécutive en 2011 dans le secteur marchand. Il augmente encore très légèrement dans l'industrie (+ 0,2 %), mais stagne dans le tertiaire et la construction. Dans les administrations publiques, le salaire moyen par tête baisse en euros constants, notamment sous l'effet du gel du point d'indice.

Insee Références
Paru le : 06/03/2013