France, portrait socialÉdition 2002-2003

Insee Références
Paru le : 01/10/2002
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Les statistiques de la délinquance

Bruno Aubusson, Nacer Lalam, René Padieu, Philippe Zamora

L'insécurité et la délinquance sont au cœur du débat public. L'une ne recouvre toutefois pas totalement l'autre : présentant les chiffres disponibles sur la délinquance, ce dossier ne fait qu'évoquer la question de l'insécurité. La statistique publiée chaque année par le ministère de l'Intérieur, la plus connue et commentée, ne couvre qu'en partie la délinquance. Son évolution reflète la propension des victimes à se plaindre autant que l'initiative des services de police : deux éléments dont les variations se surajoutent à celle propre de la délinquance. En fait, la délinquance est un phénomène social complexe et mouvant qui présente une physionomie très différente selon qu'on la saisit du point de vue des victimes ou lors de son appréhension puis de son traitement par l'appareil répressif. Différentes sources sont donc à utiliser pour tenter d'éclairer le processus qui va de l'acte initial à son éventuelle sanction. L'augmentation observée ces dernières années porte surtout sur les faits de violence, tandis qu'au contraire les vols ­ qui constituent toujours la grosse part de la délinquance ­ semblent plutôt en régression. Apparaît aussi l'accent mis par les pouvoirs publics sur la répression de l'usage de drogue et, surtout, sur la sécurité routière (42 % de l'ensemble des condamnations). Ressort également qu'une grosse part (presque les trois quarts) des affaires déférées à la justice sont classées sans suite, ce qui est notoire, mais ce qui l'est moins est qu'elles ne sont pas « poursuivables » faute d'auteur connu ou, à un moindre degré, de base juridique.

Insee Références
Paru le : 01/10/2002