Insee
Insee Conjoncture Centre-Val de Loire · Septembre 2026 · n° 61
Insee Conjoncture Centre-Val de LoireL’activité économique ralentit de nouveau, le chômage progresse Note de conjoncture régionale – 2e trimestre 2026

Céline Birot, Nicolas Goupil, Thibault Tillard (Insee), Frédérique Borie (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales Centre‑Val de Loire), Gaëtan Buisson (Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt)

En Centre‑Val de Loire, l’activité économique mesurée par le nombre d’heures rémunérées recule au deuxième trimestre pour le troisième trimestre consécutif. L’emploi salarié se replie, pénalisé par l’intérim. Il diminue davantage dans le Loir‑et‑Cher, l’Indre et l’Eure‑et‑Loir. Le taux de chômage augmente et atteint 7,8 %, tout en restant inférieur au niveau national. L’emploi salarié dans les services, qui représente les trois quarts de l’emploi salarié régional, est quasiment stable. Les cours des grandes cultures subissent les tensions géopolitiques et sont attentistes. Au cours du deuxième trimestre, les cultures passent d’un déficit hydrique localisé à la canicule généralisée. Le nombre de micro‑entrepreneurs dans la région augmente à un rythme un peu plus faible que celui observé un an auparavant. Les chefs d’entreprise anticipent une baisse de l’activité au troisième trimestre 2026 dans la région.

Insee Conjoncture Centre-Val de Loire
No 61
Paru le :Paru le30/09/2026

Vigilance orange sur la croissance française

Au printemps, l’activité n’a pas faibli au niveau mondial et a progressé solidement dans les quatre principales économies de la zone euro (+0,3 % prises ensemble). L’économie française, quant à elle, décroche. Après avoir reculé à l’hiver (-0,2 %), l’activité a stagné au printemps (+0,0 %). Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette divergence : le retournement de l’activité dans les travaux publics, lié à l’arrêt ou au report de nombreux chantiers avant les élections municipales du printemps, la conséquence plus élevée des vagues de chaleur, notamment dans l’agriculture, qui coûteraient 0,1 point de croissance sur l’année, un marché du travail plus dégradé, avec un chômage en hausse et des salaires peu dynamiques, et enfin une impulsion budgétaire moins favorable que dans les principales autres économies européennes.

En prévision, la France renouerait avec une croissance timide d’ici la fin de l’année (+0,1 % à l’été, puis +0,2 % en fin d’année) : sur l’année, la croissance serait trois fois plus faible qu’ailleurs en Europe (+0,4 % en 2026).

Tirée par les prix de l’énergie, dans un contexte de tensions au Proche‑Orient et de bombardement des raffineries russes, l’inflation a bondi cet été partout dans le monde (+3,3 % dans la zone euro en août), y compris en France (+2,4 %). L’inflation augmenterait au deuxième trimestre et atteindrait 2,9 % en fin d’année, la hausse des prix de l’énergie contaminant les prix des autres produits, en particulier les produits manufacturés, et de certains services, notamment de transport.

Du côté du marché du travail, la dégradation se poursuivrait : l’alternance continuerait de se retourner avec la réduction des soutiens publics, le reste de l’emploi salarié privé serait quasi stable et l’emploi non salarié continuerait de croître vigoureusement. La petite augmentation de l’emploi total qui en résulte ne suffirait pas à absorber la hausse tendancielle de la population active et le chômage grimperait ainsi à 8,6 % en fin d’année.

La baisse de l’activité concerne tous les secteurs

Avertissement sur les heures rémunérées

Dans le secteur de la construction, les évolutions des heures rémunérées doivent être interprétées avec prudence, notamment dans les comparaisons en glissement annuel. En effet, les congés des salariés y sont indemnisés par des caisses de congés payés et non directement par les employeurs, et ne sont donc pas comptabilisés dans les heures rémunérées issues des déclarations.

Selon le positionnement calendaire des congés (congés de fin d’année, ponts, périodes estivales, etc.), un même mois peut inclure un nombre de jours de congés différent d’une année sur l’autre. Cela peut entraîner des variations marquées des heures rémunérées, sans que celles-ci reflètent nécessairement une évolution de l’activité économique.

En Centre‑Val de Loire, l’activité économique au deuxième trimestre 2026, mesurée par le volume d’heures rémunérées des salariés, est inférieure à celle du deuxième trimestre de l’année précédente (-1,0 %). Ce ralentissement est plus prononcé dans la région qu’en France hors Mayotte (-0,7 %). Dans la région, le volume d’heures rémunérées des salariés recule pour le troisième trimestre consécutif. L’activité se contracte dans tous les secteurs d’activité, particulièrement dans la construction (-2,8 %). Elle recule de 0,9 % dans les services marchands, de 0,7 % dans l’industrie et de 0,6 % dans les services non marchands. En France hors Mayotte, l’activité décroît également dans tous les secteurs mais la baisse est moins prononcée, quel que soit le secteur. En Centre‑Val de Loire, le nombre d’heures rémunérées est inférieur par rapport au même mois un an plus tôt en avril (-0,9 %), en mai (-1,8 %) et en juin (-0,2 %). Une partie de ces évolutions peut être expliquée par la présence d’un jour férié de plus en mai 2026 qu’en mai 2025, et un de moins en juin 2026 qu’en juin 2025. Sur le trimestre, les heures rémunérées diminuent dans tous les départements. L’activité se dégrade le plus en Eure‑et‑Loir (-1,3 % en un trimestre) et dans le Cher (-1,2 %), puis dans l’Indre et en Indre‑et‑Loire (-1,1 %). La baisse est moins forte dans le Loir‑et‑Cher (-0,7 %) et le Loiret (-0,6 %). Dans le Loir‑et‑Cher et l’Indre, la baisse a lieu depuis neuf trimestres consécutifs, et dans le Cher sept trimestres.

L’emploi salarié recule, pénalisé par l’intérim

Au niveau national, l’emploi salarié privé est quasiment stable (-0,1 %) au deuxième trimestre 2026. Il est stable dans le secteur public. En Centre‑Val de Loire, l’emploi salarié repart à la baisse (-0,3 %) (figure 1) après un premier trimestre de relative stabilité. Ce recul est particulièrement marqué dans la construction (-0,6 %) (figure 2). Il prolonge la tendance à la baisse de ce secteur depuis le 3e trimestre 2023. Dans l’industrie, l’emploi salarié est stable, marquant ainsi le pas des baisses légères mais continues depuis le troisième trimestre 2025. Il est quasiment stable dans les services marchands hors intérim et non marchands (-0,1 %). Sur un an, l’emploi salarié baisse de 0,7 %, plus fortement qu’au niveau national (-0,3 %).

Figure 1 – Évolution de l'emploi salarié

(indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2019)
Évolution de l'emploi salarié ((indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2019))
Période Emploi salarié total - Centre-Val de Loire Emploi salarié total - France hors Mayotte Emploi salarié privé - Centre-Val de Loire Emploi salarié privé - France hors Mayotte
4ᵉ trim. 2019 100,0 100,0 100,0 100,0
1ᵉ trim. 2020 97,9 98,2 97,3 97,6
2ᵉ trim. 2020 97,6 97,6 97,3 97,3
3ᵉ trim. 2020 99,5 99,6 99,3 99,4
4ᵉ trim. 2020 99,7 99,8 99,5 99,6
1ᵉ trim. 2021 100,2 100,5 100,3 100,5
2ᵉ trim. 2021 100,9 101,5 101,2 101,7
3ᵉ trim. 2021 101,5 102,4 101,7 102,8
4ᵉ trim. 2021 101,6 102,9 102,1 103,5
1ᵉ trim. 2022 102,1 103,4 102,5 104,1
2ᵉ trim. 2022 102,1 103,6 102,4 104,3
3ᵉ trim. 2022 102,1 103,7 102,5 104,5
4ᵉ trim. 2022 102,4 104,2 102,9 105,0
1ᵉ trim. 2023 102,5 104,4 102,8 105,3
2ᵉ trim. 2023 102,7 104,6 103,0 105,4
3ᵉ trim. 2023 102,7 104,7 102,9 105,5
4ᵉ trim. 2023 102,8 104,9 103,0 105,5
1ᵉ trim. 2024 102,7 105,0 102,9 105,7
2ᵉ trim. 2024 102,6 105,0 102,6 105,6
3ᵉ trim. 2024 102,6 105,1 102,6 105,7
4ᵉ trim. 2024 102,7 105,0 102,7 105,5
1ᵉ trim. 2025 102,6 104,9 102,6 105,4
2ᵉ trim. 2025 102,6 105,0 102,6 105,5
3ᵉ trim. 2025 102,6 104,9 102,4 105,3
4ᵉ trim. 2025 102,4 104,8 102,3 105,2
1ᵉ trim. 2026 102,2 104,8 102,1 105,2
2ᵉ trim. 2026 101,9 104,7 101,7 105,1
  • Notes : Données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS, en fin de trimestre.
  • Champ : Emploi salarié total.
  • Sources : Insee, Estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Figure 1 – Évolution de l'emploi salarié

  • Notes : Données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS, en fin de trimestre.
  • Champ : Emploi salarié total.
  • Sources : Insee, Estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Figure 2 – Évolution de l'emploi salarié par secteur - Centre-Val de Loire

(indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2019)
Évolution de l'emploi salarié par secteur - Centre-Val de Loire ((indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2019))
Période Construction Industrie Tertiaire marchand hors intérim Tertiaire non marchand
4ᵉ trim. 2019 100,0 100,0 100,0 100,0
1ᵉ trim. 2020 99,7 99,7 98,9 99,7
2ᵉ trim. 2020 100,5 99,0 97,8 98,9
3ᵉ trim. 2020 101,6 98,5 99,5 99,9
4ᵉ trim. 2020 102,4 98,1 99,5 100,4
1ᵉ trim. 2021 103,9 98,3 100,5 100,3
2ᵉ trim. 2021 104,3 98,2 101,6 100,2
3ᵉ trim. 2021 105,3 98,2 102,9 100,8
4ᵉ trim. 2021 105,5 98,2 103,2 100,2
1ᵉ trim. 2022 106,0 98,3 103,9 100,4
2ᵉ trim. 2022 105,8 98,4 104,0 100,8
3ᵉ trim. 2022 105,6 98,5 103,8 100,7
4ᵉ trim. 2022 105,4 98,9 104,1 100,8
1ᵉ trim. 2023 105,4 98,9 104,6 100,9
2ᵉ trim. 2023 105,4 99,2 104,7 101,2
3ᵉ trim. 2023 104,9 99,6 104,8 101,3
4ᵉ trim. 2023 104,4 99,8 105,0 101,6
1ᵉ trim. 2024 103,7 100,1 104,9 101,8
2ᵉ trim. 2024 103,5 100,3 104,8 102,0
3ᵉ trim. 2024 103,0 100,3 105,0 102,2
4ᵉ trim. 2024 102,6 100,4 105,2 102,2
1ᵉ trim. 2025 101,9 100,4 104,9 102,3
2ᵉ trim. 2025 101,1 100,1 105,1 102,4
3ᵉ trim. 2025 101,4 100,0 105,1 102,6
4ᵉ trim. 2025 100,9 99,7 105,0 102,3
1ᵉ trim. 2026 100,4 99,2 104,9 102,3
2ᵉ trim. 2026 99,9 99,3 104,8 102,2
  • Notes : Données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS, en fin de trimestre.
  • Champ : Emploi salarié total hors intérim.
  • Sources : Insee, Estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Figure 2 – Évolution de l'emploi salarié par secteur - Centre-Val de Loire

  • Notes : Données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS, en fin de trimestre.
  • Champ : Emploi salarié total hors intérim.
  • Sources : Insee, Estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

En Centre‑Val de Loire, le repli de l’emploi salarié au deuxième trimestre 2026 s’explique principalement par la diminution des effectifs intérimaires, en baisse de 2,7 % par rapport au premier trimestre 2026 ; une contraction plus forte qu’en France hors Mayotte (-1,0 %). Dans la région comme au niveau national, l’emploi intérimaire diminue le plus fortement dans le secteur de la construction [Dares, août 2026 ; pour en savoir plus (3)]. En Centre‑Val de Loire, les effectifs sont relativement stables dans l’industrie et augmentent légèrement dans le secteur tertiaire.

Au deuxième trimestre 2026, l’emploi salarié diminue dans tous les départements. La baisse la plus forte concerne le Loir‑et‑Cher (-0,5 %), puis l’Indre et l’Eure‑et‑Loir (-0,4 %). Elle est moins marquée dans le Cher, l’Indre‑et‑Loire et le Loiret (-0,2 %). Le recul des effectifs intérimaires concerne tous les départements de la région. Il explique le recul de l’emploi dans le Loir‑et‑Cher, le Cher, le Loiret, et dans une moindre mesure l’Indre‑et‑Loire. Les effectifs dans les services marchands hors intérim et non marchands diminuent dans l’Eure‑et‑Loir (-0,4 % dans les services non marchands et -0,3 % dans les services marchands). La baisse dans l’Indre se concentre principalement dans le secteur tertiaire marchand hors intérim.

L’emploi salarié est quasiment stable dans les services

Avec près de 690 000 salariés sur 930 000 au deuxième trimestre 2026, les services regroupent près des trois quarts de l’emploi salarié régional (73,4 %). Cette part est inférieure à celle du niveau national (78,6 %). Dans la région, plus de la moitié des emplois salariés des services appartiennent au secteur marchand hors intérim (54,7 %), soit moins qu’au niveau national (59,5 %). Le poids des services parmi l’emploi salarié est le plus important en Indre‑et‑Loire (77,4 %) et le plus faible dans l’Indre (70,3 %).

L’emploi salarié dans les services marchands hors intérim a augmenté progressivement depuis 2015 selon un processus de tertiarisation de l’économie sur le long terme [Le Goff, juillet 2021; pour en savoir plus (4)]. Il s’est contracté fortement en 2020 avec la crise sanitaire. Il a ensuite nettement rebondi, avec 20 000 salariés de plus entre le deuxième trimestre 2020 et le premier trimestre 2022. Par la suite, les effectifs salariés des services marchands se sont encore accrus mais plus modérément. Ils se sont stabilisés entre le premier trimestre 2023 et le deuxième trimestre 2026. L’emploi salarié dans les services non marchands a, quant à lui, chuté depuis le troisième trimestre 2017. Il a connu son niveau le plus bas depuis dix ans au deuxième trimestre 2020 (300 900 salariés). Il s’est ensuite redressé et a dépassé son niveau d’avant 2017 au quatrième trimestre 2023. Depuis, il a régulièrement augmenté jusqu’au troisième trimestre 2025 (312 100 salariés). Il baisse légèrement depuis et atteint 310 900 salariés au deuxième trimestre 2026.

Au deuxième trimestre 2026, l’emploi salarié dans les services marchands hors intérim recule de 0,3 % par rapport au même trimestre un an plus tôt. En particulier, il diminue de façon marquée dans le secteur de l’information et de la communication (-4,4 %), tout comme dans celui des activités immobilières (-2,1 %). L’emploi salarié dans les services non marchands se replie quant à lui, légèrement sur un an (-0,2 %).

Sur ce même trimestre, près de 5 000 entreprises (hors entreprises sous le régime de micro‑entrepreneur) ont été créées dans le secteur des services dans la région. Les créations ont augmenté de 17,3 % par rapport à la même période un an plus tôt.

Le chômage atteint 7,8 %

Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage régional progresse pour atteindre 7,8 %, soit 0,3 point de plus qu’au premier trimestre 2026. Il est toutefois inférieur de 0,5 point au taux de chômage national et de 0,3 point au taux de la France métropolitaine. Si ce niveau est inédit dans la région depuis 2020, il est inférieur de 2,0 points au pic de l’année 2015. Au troisième trimestre 2020, durant la crise sanitaire, il s’établissait à 8,1 %.

Le taux de chômage augmente de 0,3 point en un trimestre en Eure‑et‑Loir et dans le Loiret. Il augmente de 0,2 point dans les autres départements de la région (figure 3). Au deuxième trimestre 2026, le Loiret reste le département au taux de chômage le plus élevé (8,5 %) ; le Loir‑et‑Cher demeure celui au taux le plus bas (6,9 %).

Figure 3 – Taux de chômage trimestriel par département

Taux de chômage trimestriel par département
Zonage Taux de chômage (en %) Variations (en points de %)
2ᵉ trim. 2025 3ᵉ trim. 2025 4ᵉ trim. 2025 1ᵉ trim. 2026 2ᵉ trim. 2026 trimestrielle annuelle
Cher 7,1 7,3 7,6 7,7 7,9 0,2 0,8
Eure-et-Loir 6,8 7,0 7,3 7,4 7,7 0,3 0,9
Indre 6,8 7,0 7,3 7,6 7,8 0,2 1,0
Indre-et-Loire 6,7 6,9 7,2 7,3 7,5 0,2 0,8
Loir-et-Cher 6,3 6,4 6,6 6,7 6,9 0,2 0,6
Loiret 7,4 7,6 8,0 8,2 8,5 0,3 1,1
Centre-Val de Loire 6,9 7,1 7,4 7,5 7,8 0,3 0,9
  • Notes : Données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS.
  • Source : Insee, taux de chômage localisés.

Le taux de chômage dépasse 11,0 % dans deux zones d’emploi : celles de Montargis et Vierzon. Entre le premier et le deuxième trimestre 2026, il est en augmentation dans toutes les zones d’emploi, sauf celle de Blois où il est quasiment stable. Les plus fortes hausses concernent Montargis et Vierzon (+0,5 point), puis Dreux (+0,4 point). Sur un an, la hausse du taux de chômage est aussi généralisée dans toutes les zones d’emploi. Les plus fortes augmentations se situent dans les zones d’emploi de Montargis (+1,3 point), puis Châteaudun et Vierzon (+1,1 point). La zone d’emploi de Pithiviers est celle à la hausse la plus modérée (+0,4 point).

En 2025, le nombre de micro-entrepreneurs augmente légèrement

Fin décembre 2025, l’Urssaf dénombre 92 000 micro‑entrepreneurs dans la région, soit 3 700 de plus en un an. Parmi eux, 53 400 (58 %) déclarent un chiffre d’affaires positif sur le quatrième trimestre 2025 et sont dits « économiquement actifs ». Leur nombre progresse de 4,1 % sur un an, un rythme un peu plus faible que celui observé un an auparavant (+6,5 %). Chaque micro‑entrepreneur économiquement actif déclare un chiffre d’affaires de 4 640 euros en moyenne par trimestre en 2025, soit une légère progression sur un an (+0,9 %).

Le nombre de micro‑entrepreneurs économiquement actifs continue de progresser dans une large majorité de secteurs d’activité, mais cette évolution est hétérogène selon les secteurs. Les activités de nettoyage, les autres activités de service administratif et de soutien, les activités immobilières, juridiques ou encore le transport routier de fret et déménage­ment demeurent les secteurs les plus dynamiques, avec un nombre de micro‑entreprises qui progresse de plus de 9 % par an. Les activités de restauration et débit de boissons, les activités sportives, celles de coiffure et soins du corps ainsi que les activités de commerces de détail non spécialisés augmentent également de façon soutenue (entre +7 % et +9 %). En revanche, les autres secteurs du commerce et les activités d’hébergement sont orientées à la baisse (entre -4,5 % et -5,5 %). De même, les activités de la construction et de la réparation hors automobile marquent le pas.

Enfin, le nombre de micro‑entrepreneurs déclarant un chiffre d’affaires au 4e trimestre 2025 augmente dans tous les départements de la région, avec des hausses globalement plus marquées sur l’axe ligérien (+4,7 % dans le Loiret, +4,6 % en Indre‑et‑Loire et +3,9 % dans le Loir‑et‑Cher).

Les marchés des grandes cultures sous tension géopolitique et attentistes

D'avril à juin, les cours des grandes cultures oscillent au gré des tensions Iran/États‑Unis, du blocage du détroit d'Ormuz et de la météo. En fin de trimestre, le marché des grandes cultures devient calme entre deux campagnes de commercialisation, dans l'attente des premières coupes, avec une compétitivité française qui se dégrade face aux États‑Unis. Ainsi, le marché du blé tendre passe de 189 €/t en avril à un pic de 209,5 €/t en mai puis retombe à 205 €/t en juin. Celui de l'orge suit la même trajectoire (189 €/t puis 200,5 €/t et 195 €/t), tout comme celui du maïs (200 €/t puis 209 €/t et 208 €/t). Le marché du colza passe de 512 €/t en avril à 522 €/t en mai et juin.

Après un manque d'eau en avril, le mois de mai apporte des pluies bénéfiques (mais parfois excessives) et une avance de développement des cultures de 8 à 14 jours. Juin bascule dans la canicule (précipitations : -55 %, températures : +4,5 °C par rapport aux normales) : les conditions de culture se dégradent nettement. Les moissons sont précipitées, les rendements hétérogènes et inférieurs de 2 % à 6 % à la moyenne quinquennale selon les cultures. Au 30 juin 2026, la pousse cumulée des prairies permanentes est inférieure de 13 % à celle observée à la même date de la période de référence 1989‑2018, avec des conséquences probables à venir sur le coût de l’alimentation des animaux [Agreste, juillet 2026 ; pour en savoir plus (5)].

En avril, les ventes d’asperges démarrent lentement avant de progresser en mai. Les fraises, lancées mi-avril, bénéficient d’une forte demande malgré des prix élevés en mai dus aux aléas climatiques (fraîcheur puis canicule). La production décroît en juin, et la demande aussi. Les pommes voient leur offre se réduire progressivement avant d'être délaissées en juin au profit des fruits d'été, avec une récolte 2026 annoncée moindre (gel de mars). Les concombres profitent d’une demande croissante et le creux de production habituel en juin entraîne une envolée des prix. Enfin, les ventes de salades augmentent en mai, malgré une production perturbée par la météo, avec des prix inférieurs à ceux de l’an dernier. Elles bénéficient de la chaleur estivale en juin, avec des cours atteignant des niveaux rarement vus, mais une qualité qui se dégrade.

Les cours de la viande bovine reculent tout en restant nettement supérieurs à ceux de 2025 (+10 % en juin). Les prix des broutards limousins et charolais se stabilisent après une chute en mai (-9 % et -8,3 % en un mois). Les fêtes de Pâques passées, le prix de l'agneau s’effrite chaque mois. Enfin, le prix du porc se redresse doucement sur la période, mais reste en retrait par rapport à 2025.

Une activité anticipée à la baisse au troisième trimestre 2026 dans la région

Au deuxième trimestre 2026, la croissance française a stagné (+0,0 % après -0,2 % au premier trimestre 2026). Elle renouerait avec une timide croissance d’ici la fin de l’année 2026 (+0,1 % à l’été, puis +0,2 % en fin d’année) [Insee, septembre 2026 ; pour en savoir plus (2)]. En Centre‑Val de Loire, sous l’hypothèse que les soldes d’opinion sectoriels soient uniformes sur le territoire national, l’activité diminuerait au troisième trimestre 2026. Les chefs d’entreprises anticipent notamment une baisse de l’activité dans le secteur tertiaire et la construction.

Encadré : Partenariat

Cette étude a été réalisée dans le cadre d’un partenariat entre la Direction régionale de l’Insee Centre‑Val de Loire, la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt Centre‑Val de Loire et l’Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales Centre‑Val de Loire.

Publication rédigée par :Céline Birot, Nicolas Goupil, Thibault Tillard (Insee), Frédérique Borie (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales Centre‑Val de Loire), Gaëtan Buisson (Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt)

Avertissement

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Définitions

Heures rémunérées :

Les heures rémunérées couvrent les heures travaillées ainsi que des heures non travaillées mais rémunérées par l’employeur, notamment pendant les congés payés. Les périodes de chômage partiel indemnisées par l’administration publique et non par l’employeur ne sont à ce titre pas comprises dans les heures rémunérées.

Emploi salarié :

Les salariés sont les personnes qui travaillent, aux termes d’un contrat, pour une autre entité résidente en échange d’un salaire ou d’une rétribution équivalente, avec un lien de subordination.

Intérim / Travail temporaire / Travail intérimaire :

L'intérim (ou travail intérimaire ou travail temporaire) consiste à mettre à disposition provisoire d’entreprises clientes, des salariés qui, en fonction d'une rémunération convenue, sont embauchés et rémunérés à cet effet par l'entreprise de travail temporaire.

L'intérim se caractérise donc par une relation triangulaire entre l’entreprise de travail temporaire, l’entreprise cliente et le salarié, et implique la conclusion de deux contrats : un contrat de mise à disposition (entre l’entreprise de travail temporaire et l’entreprise cliente) et un contrat de mission (entre l’entreprise de travail temporaire et le salarié).

Le contrat ne peut être conclu que pour l’exécution d’une tâche précise et temporaire, dénommée mission, et seulement dans les cas énumérés par la loi. Quel que soit le motif pour lequel il est conclu, un tel contrat ne peut avoir ni pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise utilisatrice.

Secteur tertiaire / Tertiaire :

Le secteur tertiaire recouvre un vaste champ d'activités qui s'étend du commerce à l'administration, en passant par les transports, les activités financières et immobilières, les services aux entreprises et services aux particuliers, l'éducation, la santé et l'action sociale.

Il est composé du :

  • tertiaire principalement marchand (commerce, transports, activités financières, services rendus aux entreprises, services rendus aux particuliers, hébergement-restauration, immobilier, information-communication) ;
  • tertiaire principalement non-marchand (administration publique, enseignement, santé humaine, action sociale).

Le périmètre du secteur tertiaire est de fait défini par complémentarité avec les activités agricoles et industrielles (secteurs primaire et secondaire).

Taux de chômage :

Le taux de chômage est le pourcentage de chômeurs dans la population active (actifs occupés + chômeurs).

On peut calculer un taux de chômage par âge en mettant en rapport les chômeurs d'une classe d'âge avec les actifs de cette classe d'âge. De la même manière se calculent des taux de chômage par sexe, par PCS, par région, par nationalité, par niveau de diplôme...

Remarque :

Le taux de chômage diffère de la part du chômage qui, elle, mesure la proportion de chômeurs dans l'ensemble de la population.

Taux de chômage (BIT) :

Le taux de chômage est le rapport entre le nombre de chômeurs et le nombre d’actifs (en emploi ou au chômage).

Inscrits à France Travail :

Les inscrits à France Travail regroupent l’ensemble des personnes inscrites sur les listes de France Travail. Ils sont regroupés en différentes catégories selon leur situation vis-à-vis de l’obligation de recherche d’emploi et de l’exercice ou non d’une activité. Historiquement, ils sont classés en cinq catégories. Depuis janvier 2025, deux nouvelles catégories ont été créées.

Création d'entreprise / Réactivation d'entreprise :

Une création d'entreprise correspond à la mise en œuvre d'une nouvelle combinaison de facteurs de production avec pour restriction qu'aucune autre entreprise ne soit impliquée dans cet évènement.

Les créations d’entreprises sont en fait des créations d’unités légales. On parle néanmoins de créations d’entreprises en raison de la spécificité de la situation au moment de la création. En effet, au moment de son immatriculation, il n’est pas possible de déterminer si une unité légale est indépendante ou appartient à un groupe. Par défaut, au moment de la création, toute entité est donc indépendante et considérée comme une entreprise.

La statistique mensuelle des créations d'entreprises est constituée à partir du dispositif SIDE (Système d’information sur la démographie d’entreprises). Ce dispositif est alimenté à partir de données du répertoire Sirene, enrichies d’éléments provenant du répertoire statistique Sirus.

Les créations d'entreprises correspondent aux unités légales du répertoire Sirene qui enregistrent un début d'activité relevant de l'un des cas suivants :

  • l'immatriculation d'une nouvelle unité légale avec création d'une nouvelle combinaison de facteurs de production ;
  • le cas où l'entrepreneur redémarre une activité après une interruption de plus d'un an (il n'y a pas de nouvelle immatriculation mais reprise de l'ancien numéro Siren, en général pour un entrepreneur individuel) ;
  • le cas où l'entrepreneur redémarre une activité après une interruption de moins d'un an, mais avec changement d'activité ;
  • la reprise par une unité légale nouvellement immatriculée de tout ou partie des activités et facteurs de production d'une autre unité légale, lorsqu'il n'y a pas de continuité économique entre la situation du cédant et celle du repreneur.

On considère qu'il n'y a pas continuité économique de l'unité légale si, parmi les trois éléments suivants concernant son siège, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l'unité légale contrôlant l'établissement siège, l'activité économique et la localisation.

Depuis les données relatives à janvier 2009, à la suite de la mise en place du régime de l'auto-entrepreneur (renommé micro-entrepreneur, à compter du 19 décembre 2014), les statistiques de créations d'entreprises incluent les demandes de créations enregistrées dans Sirene au titre de ce régime. Ce dénombrement n'inclut pas les entrepreneurs déjà en activité avant le 1er janvier 2009 et qui avaient demandé, à titre dérogatoire au plus tard le 31 mars 2009, à bénéficier du régime micro-social et du versement fiscal libératoire en 2009.

La statistique de créations d'entreprises couvre l'ensemble des activités marchandes hors agriculture.

Remarque :

Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d'entreprise s'appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons.


Défaillance d'entreprise :

Une unité légale est en situation de défaillance ou de dépôt de bilan à partir du moment où une procédure de redressement judiciaire est ouverte à son encontre.

Cette procédure intervient lorsqu'une unité légale est en état de cessation de paiement, c'est-à-dire qu'elle n'est plus en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible.

Remarque :

Il ne faut pas confondre la notion de défaillance et la notion de cessation. La notion de cessation correspond à l'arrêt total de l'activité économique d'une entreprise. Toutes les défaillances ne donnent pas des cessations. Par exemple, un jugement d'ouverture de procédure de défaillance (dépôt de bilan d'une entreprise inscrite dans le cadre d'une procédure judiciaire) ne se résout pas forcement par une liquidation.

Toutes les cessations n'ont pas donné lieu à une défaillance. Par exemple, un entrepreneur individuel peut cesser son activité suite à un départ en retraite.

Logement autorisé :

Un logement autorisé est un logement, non encore réalisé, dont la construction a été autorisée par un permis de construire ou une non-opposition à une déclaration préalable.


Logement commencé :

Un logement est considéré comme commencé (ou mis en chantier) après réception de la déclaration d’ouverture de chantier (DOC) envoyée par le pétitionnaire (ou maître d’ouvrage).

Un chantier est considéré ouvert lorsque les fouilles en rigole ou les fondations sont entreprises pour une partie ou la totalité des constructions autorisées.

Remarque :

Une « fouille en rigole » est un creusement du sol pour permettre la construction à l'emplacement des « semelles » (ces dernières sont les parties basses).

Revenu de solidarité active / RSA :

Le revenu de solidarité active est une allocation qui complète les ressources initiales du foyer pour qu'elles atteignent le niveau d'un revenu garanti.

Le montant du revenu garanti varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfant(s) à charge.

Remarque :

Le revenu de Solidarité active (RSA) se substitue au revenu minimum d'insertion (RMI) et à l'allocation parent isolé (API).

Le RSA est en vigueur depuis 2009 en métropole, depuis 2011 dans les départements et collectivités d’outre-mer (à l’exception de la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna où il n’est pas applicable) et depuis 2012 à Mayotte (selon des modalités spécifiques).

Prime d'activité :

La prime d’activité est un complément de revenus d’activité s’adressant aux travailleurs percevant des revenus modestes. Elle remplace depuis 2016 le revenu de solidarité active (RSA-activité) et la prime pour l’emploi (PPE).


Sa réglementation s’inscrit dans la continuité de celle du RSA-activité, mais présente cependant quelques spécificités, notamment pour les temps partiels (bonus modulable individuel).

Correction des variations saisonnières / CVS / Désaisonnalisation :

La correction des variations saisonnières permet d’éliminer l'effet de fluctuations périodiques infra-annuelles dues au calendrier et aux saisons, de manière à faire ressortir les évolutions les plus significatives de la série. Celles-ci sont contenues dans la tendance et la composante irrégulière.

Par exemple, les ventes de jouets augmentent toujours fortement entre novembre et décembre, en raison de Noël. Sur les données brutes, cet effet périodique masque l’évolution conjoncturelle sous-jacente pour une année donnée. Une fois la série désaisonnalisée, c’est-à-dire l’effet Noël retiré, les ventes peuvent s’avérer en baisse, signe d’une moins bonne année.