L’industrie tient la barre, les ménages accusent le coup Note de conjoncture - juin 2026
Éclairage - En 2026, les émissions de gaz à effet de serre de la France diminueraient de plus de 2 % : environ la moitié de cette baisse serait due à la poursuite des efforts de décarbonation et d’efficacité
Le Citepa réalise chaque année, pour le compte du ministère de la Transition Écologique, l’inventaire des émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France, portant sur les émissions territoriales : en 2025, celles-ci ont diminué de 2,1 % par rapport à 2024, selon l’estimation publiée le 16 juin 2026. En outre, le SDES et l’Insee publient des comptes d’émissions dans l’air (AEA, pour Air Emissions Accounts), également produits par le Citepa, qui comptabilisent les émissions des unités résidentes et dont la nomenclature d’activité est calée sur celle de la comptabilité nationale. Pour l’année 2025, ces dernières se seraient élevées à environ 398 millions de tonnes en équivalent CO2 (MtCO2e), en diminution de 1,7 % par rapport à 2024.
Cette baisse est proche, mais un peu plus prononcée, que celle prévue il y a un an dans la Note de conjoncture de juin 2025, qui prévoyait un recul de 1,3 % des émissions en 2025. Ce rythme de baisse est inférieur à l’objectif des engagements climatiques de la France à mettre en œuvre pour les années à venir, que ce soit sur la période 2024-2030 (baisse de l’ordre de 5 % chaque année entre 2024 et 2030), ou à plus longue échéance (baisse de l’ordre de 7 % par an en moyenne d’ici 2050 pour atteindre la neutralité carbone à cette date).
Si les modèles utilisés pour la prévision mettent en exergue la corrélation entre activité économique et émissions de GES, la décomposition de l’évolution de ces dernières sur la période récente permet de distinguer les facteurs conjoncturels, les facteurs tendanciels et ceux liés à l’efficacité et à la décarbonation de l’énergie dans la baisse continue des émissions sur les dernières années.
Ainsi, sur la période récente, les efforts de décarbonation et d’efficacité énergétique auraient contribué à hauteur de -1,3 point, en moyenne, par an à la baisse des émissions, tandis que l’évolution tendancielle de la structure de l’économie jouerait un rôle moindre. Les facteurs conjoncturels ont eu un impact à la hausse sur les émissions en 2022, puis à la baisse en 2023 et 2024, et de nouveau un peu à la hausse en 2025.
En 2026, les émissions de gaz à effet de serre de la France diminueraient de 2,3 %, une prévision cohérente avec le scénario de prévision d’activité économique de cette Note de conjoncture. Cette baisse serait due pour moitié à la poursuite des efforts de décarbonation et d’efficacité. Par ailleurs, les facteurs conjoncturels contribueraient à cette baisse à hauteur de -0,9 point, notamment la baisse de consommation des ménages en carburant du fait de la hausse de leurs prix. Cette prévision est néanmoins entourée d’incertitudes particulièrement importantes : en particulier, elle dépend grandement de l’hypothèse de l’évolution du prix du pétrole et donc de l’environnement géopolitique, ainsi que de la réaction des ménages. Par ailleurs, de façon plus classique, cette prévision est réalisée sous l’hypothèse de conditions climatiques conformes aux normales saisonnières sur le reste de l’année, notamment sur le dernier trimestre...
Note de conjoncture
Paru le :17/06/2026
