L’industrie tient la barre, les ménages accusent le coup Note de conjoncture - juin 2026
Éclairage – Le choc énergétique de mars 2026 représenterait un prélèvement sur le revenu national nettement moindre qu’en 2022
La crise énergétique du printemps 2026 consécutive au déclenchement du conflit au Proche-Orient a entrainé une hausse du prix du pétrole de plus de 60 % en euros en mai 2026 par rapport à la fin 2025. Le protocole d’accord du 14 juin a toutefois provoqué une détente du prix du pétrole qui s’établit autour de 85 $, contre 60 $ environ fin 2025. Ce choc, s'il demeure de cette dimension, apparait de moindre importance que les crises pétrolières des années 1970, mais également que le choc de 2022. Les chocs des années 1970 ont eu lieu en effet dans un contexte où l’économie française était beaucoup plus dépendante des produits pétroliers qu’elle ne l’est aujourd’hui. Par rapport à 2022, plusieurs facteurs contribuent à tempérer le choc actuel. D’abord l’évolution du taux de change est bien plus favorable aujourd’hui qu’en 2022 pour le Vieux continent, si bien que la flambée du cours en euros du Brent est moins importante qu’en 2022. Par ailleurs, les prix du gaz et de l’électricité ne se sont pas envolés, contrairement à la crise de 2022 : en effet, l’invasion de l’Ukraine avait alors suscité des craintes de ruptures d’approvisionnement en gaz après l’embargo contre la Russie, tandis que les cours de l’électricité sur le marché européen étaient tirés à la hausse par l’indisponibilité d’une large fraction du parc nucléaire français. Enfin, les prix des matières premières alimentaires étaient également en forte hausse en 2022, ce qui n’est pas le cas pour le moment en 2026.
Contrairement à celui de 2022, le choc actuel est nettement moins pris en charge par les pouvoirs publics. Ainsi, bien qu'il soit de plus faible ampleur, la dégradation du pouvoir d'achat du salaire moyen en produits pétroliers qui en a résulté au printemps 2026, de l'ordre de 20 %, est similaire à celle de 2022.
Au total, le choc énergétique de 2026 conduirait à une dégradation du solde extérieur en produits énergétiques, de l’ordre de -0,3 point de PIB, quand la crise de 2022 avait conduit à une dégradation de ce solde de 2,2 points de PIB, dans un contexte où la maintenance du parc nucléaire français avait entrainé un déficit du solde en électricité. Une fois pris en compte les ajustements de prix des exportateurs (qui retransmettent au reste du monde une partie de la hausse des coûts), la crise énergétique représenterait un prélèvement sur le revenu national de l’ordre de 0,2 point en 2026, contre -1,4 point en 2022 et -3 points pendant les chocs pétroliers des années 1970...
Note de conjoncture
Paru le :17/06/2026
