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Insee Analyses Ile-de-France · Décembre 2025 · n° 213
Insee Analyses Ile-de-FranceSaint-Quentin-en-Yvelines : un pôle d’emploi majeur au cœur d’un territoire en mutation

Pierre Laurent, Pierre-Issa Touré (Insee)

En 2022, Saint-Quentin-en-Yvelines rassemble 234 000 habitants sur 119 km2, soit 16 % de la population yvelinoise. Ce territoire se positionne comme un poumon économique des Yvelines, réunissant 25 % des emplois du département. Il représente au niveau régional un pôle d’emplois très qualifiés, avec un positionnement fort en recherche et développement et dans l’industrie. Le territoire présente néanmoins des contrastes, avec un déséquilibre est-ouest sur le plan de l’activité et des revenus. L’arrivée, en 2030, de la ligne 18 du Grand Paris Express, qui reliera Saint-Quentin-en-Yvelines au pôle universitaire de Paris-Saclay et à la gare d’Orly, renforce encore ses perspectives de développement.

Insee Analyses Ile-de-France
No 213
Paru le :Paru le02/12/2025

Un pôle économique stratégique et des disparités socio-démographiques

Située au cœur de l’Ouest francilien, la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines incarne les paradoxes du développement métropolitain en Île-de-France. Héritière des « villes nouvelles » des années 1970, elle se distingue par un tissu économique diversifié et un secteur industriel encore très présent. Pôle d’emploi en croissance, elle accueille de grandes entreprises, des centres de recherche et plusieurs établissements d’enseignement supérieur et de recherche.

Cependant, ce dynamisme économique coexiste avec des réalités sociales et démographiques un peu plus fragiles. Les disparités locales rappellent que l’essor de l’agglomération ne profite pas de manière uniforme à l’ensemble du territoire. Pour autant, son développement reste soutenu et l’arrivée prochaine de la ligne 18 du Grand Paris Express devrait encore renforcer cette trajectoire. Saint-Quentin-en-Yvelines confirme ainsi son rôle de moteur d’innovation et d’aménagement dans la métropole francilienne.

De l’émergence d’une ville nouvelle dynamique à sa maturité

En 1968, dans le périmètre actuel de ce qui deviendra la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, stabilisé depuis 2016, résident 51 000 habitants (encadré 1). En 1975, trois ans après la création officielle de la ville nouvelle, la population englobée dans ce même territoire est multipliée par deux et atteint 109 000 habitants. En 1990, le nombre d’habitants a encore quasiment doublé pour atteindre 204 000 habitants. Depuis 1999, cette dynamique s’essouffle avec une croissance démographique de l’agglomération qui ralentit progressivement. Les flux migratoires, autrefois excédentaires (+9,6 % par an pour le entre 1968 et 1975), affichent depuis 1990 un léger déficit, limitant la progression de la population malgré un , écart entre les naissances et les décès, positif, en diminution lui aussi.

Avec 234 000 habitants en 2022, la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines regroupe aujourd’hui près de 16 % de la population yvelinoise sur 5 % de la superficie du département. Sur la période la plus récente, sa croissance est en deçà de celle de l’ensemble du département (figure 1). Ainsi, entre 2016 et 2022, sa population a augmenté de 0,3 % par an, un rythme inférieur à celui des Yvelines (0,4 %). Cette progression contenue résulte d’un solde migratoire négatif (-0,6 %), bien plus prononcé qu’à l’échelle des Yvelines (-0,2 %) alors que le solde naturel positif (+0,9 % par an) reste supérieur à la moyenne départementale (+0,6 %).

La commune de Montigny-le-Bretonneux est emblématique de ces évolutions. Avant d’intégrer la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines, elle n’était qu’un village à la campagne de 900 habitants. Trois ans après la création officielle de la ville nouvelle, la commune en compte 1 550 en 1975. Par la suite, sa croissance démographique s’accélère, passant de 14 000 habitants en 1982 à près de 35 000 en 1999. Elle a ainsi attiré de nouveaux habitants en nombre pendant près de trois décennies. Depuis 1999, le mouvement s’est inversé et la ville tend à perdre des habitants, malgré un solde naturel toujours positif. En 2022, 32 000 personnes y résident.

Les flux entre la communauté d’agglomération et le reste de l’Île-de-France, excédentaires, lui permettent de gagner des habitants. À l’instar de nombreux territoires de grande couronne, elle bénéficie d’arrivées depuis chacun des départements de petite couronne, qui excèdent les départs en sens inverse. De plus, les flux avec l’Essonne, le Val-d’Oise et la Seine-et-Marne sont aussi excédentaires. Les flux sont néanmoins déficitaires avec le reste des Yvelines : les personnes qui quittent la communauté d'agglomération s’installent principalement à Versailles, au Chesnay, à Buc et à Vélizy-Villacoublay. Les départs vers des communes classées parmi les plus riches du département sont alimentés par une partie des (anciens) habitants aux plus hauts revenus.

Les échanges avec les autres régions sont déficitaires, comme c’est le cas pour l’Île-de-France dans son ensemble, si bien que le solde migratoire total est négatif. En dehors de l’Île-de-France, les départements proches de l’Eure-et-Loir et de l’Ille-et-Vilaine sont ceux qui accueillent le plus d’anciens résidents de l’agglomération.

En outre, quelle que soit la tranche d’âge, le nombre de départs est supérieur à celui des arrivées (figure 2). Ce phénomène est particulièrement marqué aux âges élevés, le déficit migratoire chez les seniors (60-74 ans) étant le plus fortement prononcé. Les jeunes (15-29 ans) partent également, mais dans une moindre mesure.

Figure 1Évolution de la population entre 2016 et 2022, caractéristiques démographiques et sociales dans la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines par commune, et dans les Yvelines et l’Île-de-France 

Évolution de la population entre 2016 et 2022, caractéristiques démographiques et sociales dans la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines par commune, et dans les Yvelines et l’Île-de-France  - Lecture : La population des Yvelines s’accroît de 0,4 % par an entre 2016 et 2022. Le taux de pauvreté y est de 10,5 %.
Territoire Population municipale Variation annuelle moyenne 2016-2022 (en %) Variation due… Taux de pauvreté (en %) 1er décile du niveau de vie (en euros) 9e décile du niveau de vie (en euros) Rapport interdécile (D9/D1) du niveau de vie Niveau de vie médian (en euros)
Au 1er janvier 2016 Au 1er janvier 2022 au solde naturel au solde migratoire
CA Saint-Quentin-en-Yvelines 229 369 233 591 0,3 0,9 -0,6 12,6 12 850 44 330 3,5 25 750
Dont Les Clayes-sous-Bois 17 512 16 940 -0,5 0,6 -1,1 11 13 600 43 170 3,2 26 060
Coignières 4 372 4 385 0,1 0,7 -0,6 14 12 290 38 590 3,1 23 590
Élancourt 25 529 26 348 0,6 1,1 -0,5 11 13 250 41 700 3,1 26 320
Guyancourt 28 385 29 758 0,8 1,2 -0,4 14 12 590 44 000 3,5 24 720
Magny-les-Hameaux 9 258 9 353 0,1 0,5 -0,4 8 14 810 47 870 3,2 28 610
Maurepas 18 646 19 960 1,2 0,6 0,6 9 14 250 43 990 3,1 26 870
Montigny-le-Bretonneux 32 986 32 150 -0,4 0,8 -1,2 7 15 410 49 110 3,2 30 360
Plaisir 31 680 31 971 0,1 0,8 -0,7 12 13 090 43 430 3,3 25 690
Trappes 32 679 34 276 0,8 1,5 -0,7 27 10 100 30 670 3,0 18 320
La Verrière 6 225 6 142 -0,3 0,7 -1,0 23 10 580 35 230 3,3 19 450
Villepreux 10 858 11 568 1,1 0,8 0,3 5 16 760 46 770 2,8 29 190
Voisins-le-Bretonneux 11 239 10 740 -0,8 0,3 -1,1 5 19 020 60 510 3,2 35 470
Yvelines 1 431 808 1 470 778 0,4 0,6 -0,2 10,5 13 610 53 140 3,9 28 150
Île-de-France 12 117 132 12 380 964 0,4 0,8 -0,4 16,1 11 480 50 670 4,4 25 210
  • Lecture : La population des Yvelines s’accroît de 0,4 % par an entre 2016 et 2022. Le taux de pauvreté y est de 10,5 %.
  • Source : Insee, recensements de la population 2016 et 2022, état civil, Filosofi 2021.

Figure 2Flux migratoires dans la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines par tranche d’âge, en 2022

(individus)
Flux migratoires dans la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines par tranche d’âge, en 2022 ((individus)) - Lecture : En 2022, 2 381 personnes âgées de 30 à 44 ans sont arrivées dans la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, tandis que 2 853 personnes de cette même tranche d’âge en sont parties.
Âge Entrants Sortants
1 à 14 ans 1 328 1 819
15 à 29 ans 3 724 3 953
30 à 44 ans 2 381 2 853
45 à 59 ans 708 1 265
60 à 74 ans 269 992
75 ans ou plus 99 167
Ensemble 8 509 11 049
  • Lecture : En 2022, 2 381 personnes âgées de 30 à 44 ans sont arrivées dans la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, tandis que 2 853 personnes de cette même tranche d’âge en sont parties.
  • Source : Insee, recensement de la population 2022.

Figure 2Flux migratoires dans la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines par tranche d’âge, en 2022

  • Lecture : En 2022, 2 381 personnes âgées de 30 à 44 ans sont arrivées dans la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, tandis que 2 853 personnes de cette même tranche d’âge en sont parties.
  • Source : Insee, recensement de la population 2022.

Une inégalité de revenus plus contenue qu’aux niveaux départemental et régional

Située au cœur du département, la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines se distingue par la diversité de ses communes et un équilibre socio-économique globalement favorable. Le médian des Saint-Quentinois (25 750 euros) est similaire à celui des Franciliens (25 210 euros), mais se situe sensiblement en dessous de celui des Yvelinois (28 150 euros). Le de 3,5 traduit des inégalités de revenus plus contenues qu’à l’échelle des Yvelines (3,9). Le niveau de vie des plus pauvres est légèrement inférieur à celui du département (12 850 euros contre 13 610 euros). À l’autre extrémité, les plus aisés disposent d’un niveau de vie de 44 330 euros, sensiblement plus bas qu’au niveau départemental (53 140 euros).

Les disparités de niveau de vie entre les communes de Saint-Quentin-en-Yvelines sont fortes. L’opposition est-ouest de l’agglomération est marquée. Par exemple, le niveau de vie médian est deux fois plus élevé à Voisins-le-Bretonneux, à l’est de l’agglomération, qu’à Trappes. Cette dernière accueille une population plus modeste, davantage touchée par le chômage. Plus de 60 % de ses habitants vivent dans des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). À Trappes, le taux de pauvreté atteint 27 % (taux le plus élevé de l’agglomération) contre 5 % à Voisins-le-Bretonneux (soit le taux le plus faible). Trois autres communes comptent un quartier prioritaire de la politique de la ville : Élancourt, Guyancourt et La Verrière. Dans l’ensemble de l’agglomération, le taux de pauvreté se situe à 12,6 %, entre les Yvelines (10,5 %) et l’Île-de-France (16,1 %).

Une position socio-démographique intermédiaire parmi les intercommunalités des Yvelines

À l’échelle du département, Saint-Quentin-en-Yvelines occupe une position intermédiaire parmi les EPCI (établissements publics de coopération intercommunale) le composant. Sa croissance démographique modérée (+0,3 % par an) entre 2016 et 2022 contraste avec le dynamisme de Grand Paris Seine & Oise (+0,9 %), mais elle est identique à celle de Versailles Grand Parc (+0,3 %).

Le niveau de vie médian de 25 750 euros la place dans la moyenne basse des intercommunalités (figure 3), en dessous de territoires plus aisés comme Versailles Grand Parc (31 730 euros) ou Gally Mauldre (36 330 euros). Cependant, à l’échelle communale, le niveau de vie médian de Montigny-le-Bretonneux (30 360 euros) est proche de celui de Saint Germain Boucles de Seine (30 830 euros), l’EPCI regroupant notamment Saint-Germain-en-Laye, Maisons-Laffitte et Sartrouville. Le niveau de vie médian de Voisins-le-Bretonneux (35 470 euros) se situe juste en dessous de celui de Gally Mauldre, l’intercommunalité la plus aisée du département.

L’arrivée progressive de la ligne 18 du Grand Paris Express représente un levier majeur pour réduire ces écarts, en apportant de nouvelles opportunités de mobilité, d’activités économiques et de logement.

Figure 3Niveau de vie médian dans les Yvelines, par EPCI en 2021

(en euros)
Niveau de vie médian dans les Yvelines, par EPCI en 2021 ((en euros)) - Lecture : Le niveau de vie médian des ménages de la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines est de 25 750 euros par an.
Code EPCI Niveau de vie médian
200073344 Communauté d'agglomération Rambouillet Territoires 29 590
200059889 Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise 23 990
247800550 Communauté de communes du Pays Houdanais (CCPH) (partie régionale) 28 650
200058519 Communauté d'agglomération Saint-Germain-Boucles-de-Seine 30 830
200034130 Communauté de communes Gally Mauldre 36 330
247800618 Communauté de communes Cœur d'Yvelines 32 040
247800584 Communauté d'agglomération Versailles Grand Parc (CAVGP) 31 730
200071074 Communauté de communes Les Portes de l’Île-de-France 24 910
200033173 Communauté de communes de la Haute Vallée de Chevreuse 34 090
200058782 Communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines 25 750
  • Lecture : Le niveau de vie médian des ménages de la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines est de 25 750 euros par an.
  • Source : Insee, Filosofi 2021.

Figure 3Niveau de vie médian dans les Yvelines, par EPCI en 2021

  • Lecture : Le niveau de vie médian des ménages de la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines est de 25 750 euros par an.
  • Source : Insee, Filosofi 2021.

Saint-Quentin-en-Yvelines : un pôle d’emploi majeur de la région

La situation économique de la communauté d’agglomération révèle un fort dynamisme. En 2022, avec 132 000 emplois, Saint-Quentin-en-Yvelines concentre un quart des emplois du département, faisant jeu égal avec la communauté d’agglomération de Versailles Grand Parc (25 %) et devançant légèrement la communauté urbaine du Grand Paris Seine & Oise (24 %).

En outre, avec une hausse de 3,3 % de l’emploi entre 2011 et 2022, Saint-Quentin-en-Yvelines affiche une dynamique forte en contraste avec les reculs enregistrés à Versailles Grand Parc (-1,6 %) et à Grand Paris Seine & Oise (-0,8 %). Cette dynamique locale contribue à limiter le repli du nombre d’emplois à l’échelle départementale (-0,9 % dans les Yvelines), enjeu essentiel à l’heure où les départements de Seine-Saint-Denis et de Seine-et-Marne se distinguent, eux, par une croissance autour de 10 % (respectivement +11,2 % et +9,8 %).

Saint-Quentin-en-Yvelines constitue ainsi un pôle d’emploi majeur à l’échelle des Yvelines et de la région. Le nombre d’emplois y est de 124 pour 100 actifs occupés y résidant. Le niveau de cet (ICE) traduit la vigueur des opportunités d’emploi pour les résidents actifs et l’attractivité économique de la communauté d’agglomération. Il est comparable à celui de la métropole du Grand Paris (125). À l’exception de Versailles Grand Parc (108), les autres intercommunalités des Yvelines ont un profil résidentiel, offrant un nombre d’emplois inférieur à celui de la population active occupée. Au sein de la communauté d’agglomération, le profil des communes varie fortement. Villepreux, à dominante résidentielle, a un indice de 28, alors que Guyancourt, à dominante économique, voit le sien atteindre 260 (figure 4).

La vocation économique de Saint-Quentin-en-Yvelines s’est renforcée en dix ans : la communauté d’agglomération est le seul EPCI des Yvelines où le nombre d’emplois pour 100 résidents actifs a progressé depuis 2011 (+7 points). Par ailleurs, le s’établit à 5,8 % au 2e trimestre 2025 dans la zone d’emploi de Versailles-Saint-Quentin, un niveau inférieur à celui observé en moyenne dans les Yvelines (6,9 %). Cette zone d’emploi englobe la partie centrale des Yvelines, de la frontière de l’Eure-et-Loir à celle des Hauts-de-Seine. Toutefois, à l’échelle de l’agglomération, la part de la population se déclarant sans emploi dans le cadre des enquêtes de recensement est supérieure de 0,7 point à celle observée au niveau départemental.

En plus de proposer de nombreux emplois, la communauté d’agglomération présente globalement une meilleure correspondance entre les postes disponibles et le profil de ses habitants que les autres intercommunalités du département : les actifs résidant à Saint-Quentin-en-Yvelines travaillent plus fréquemment dans leur propre territoire que ceux des autres EPCI. Ainsi, 46 % des 106 000 actifs en emploi y exercent leur activité, contre 37 % à Versailles Grand Parc et 42 % à Grand Paris Seine & Oise.

Parmi les actifs travaillant à l’extérieur de Saint-Quentin-en-Yvelines, 18 % se rendent à Paris et 12 %, à Versailles. Inversement, ces deux villes sont aussi les principaux lieux de résidence d’actifs se déplaçant dans la communauté d’agglomération pour y travailler, mais cela ne représente au total que 9 % des emplois. Aucune autre commune d’origine ne se démarque, et la zone d’attraction de Saint-Quentin-en-Yvelines s’étend largement sur l’ensemble des Yvelines, les Hauts-de-Seine et l’Essonne, notamment grâce à la desserte du réseau Transilien. Au total, 63 % des emplois proposés dans la communauté d’agglomération sont occupés par des actifs n’y résidant pas.

Figure 4Rapport entre le nombre d’emplois et le nombre d’actifs occupés dans la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, par commune, en 2022

Rapport entre le nombre d’emplois et le nombre d’actifs occupés dans la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, par commune, en 2022 - Lecture : En 2022, la commune de Guyancourt compte 260 emplois pour 100 actifs occupés résidents.
Code Commune Indice de concentration d’emploi* Nombre d’emplois
78168 Coignières 253,5 4 915
78208 Élancourt 108,1 13 679
78297 Guyancourt 259,8 35 957
78644 La Verrière 107,4 2 568
78165 Les Clayes-sous-Bois 57,1 4 432
78356 Magny-les-Hameaux 90,7 3 872
78383 Maurepas 67,6 6 166
78423 Montigny-le-Bretonneux 152,0 23 499
78490 Plaisir 99,4 14 432
78621 Trappes 122,2 16 454
78674 Villepreux 27,9 1 535
78688 Voisins-le-Bretonneux 82,4 4 159
CA Saint-Quentin-en-Yvelines 124,2 131 668
  • * L'indice de concentration d'emploi est égal au nombre d'emplois dans la zone pour 100 actifs ayant un emploi résidant dans la zone.
  • Lecture : En 2022, la commune de Guyancourt compte 260 emplois pour 100 actifs occupés résidents.
  • Source : Insee, recensements de la population 2022, exploitations principales au lieu de résidence et au lieu de travail, géographie au 01/01/2025.

Figure 4Rapport entre le nombre d’emplois et le nombre d’actifs occupés dans la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, par commune, en 2022

  • * L'indice de concentration d'emploi est égal au nombre d'emplois dans la zone pour 100 actifs ayant un emploi résidant dans la zone.
  • Lecture : En 2022, la commune de Guyancourt compte 260 emplois pour 100 actifs occupés résidents.
  • Source : Insee, recensements de la population 2022, exploitations principales au lieu de résidence et au lieu de travail, géographie au 01/01/2025.

Une implantation de grands groupes, notamment industriels

Le nombre élevé d’emplois à Saint-Quentin-en-Yvelines peut être relié à la présence de nombreux très grands établissements, notamment ceux employant plus de mille salariés. L’agglomération se distingue notamment par l’implantation de grands groupes, en particulier dans les secteurs automobile (Renault) et aéronautique (Airbus), ainsi que dans le BTP (Bouygues). Les établissements de 10 salariés ou plus représentent un quart des établissements de Saint-Quentin-en-Yvelines, soit 7 points de plus que la part observée aux niveaux départemental et régional (18 %). Au total, les 6 750 établissements employeurs du territoire représentent 16 % de l’ensemble des établissements des Yvelines. Par ailleurs, Saint-Quentin-en-Yvelines se caractérise par un poids de l’industrie plus élevé que celui du département ou de la région : ce secteur représente 17 % des emplois contre 12 % dans les Yvelines et 7 % au niveau régional.

Un pôle d’emplois hautement qualifiés

Le pôle d’emploi de la communauté d’agglomération se distingue par une forte présence de cadres et professions intellectuelles supérieures : ils représentent 39 % des emplois salariés contre 28 % dans les Yvelines (figure 5). Cette surreprésentation des emplois qualifiés reflète la spécialisation du territoire, notamment dans les secteurs de l’innovation et de la recherche. On y trouve des entreprises implantées de longue date, du secteur privé (Thales) comme du secteur public (Insee Île-de-France). En outre, 91 start-up sont implantées à Saint-Quentin-en-Yvelines, soit 17 % de celles situées dans les Yvelines et 21 % de l’emploi des start-up du département.

La concentration d’emplois qualifiés se traduit également dans le salaire net moyen des salariés du secteur privé, largement supérieur à la moyenne départementale (3 610 euros contre 3 293 euros). Néanmoins, en raison du grand nombre d’actifs travaillant dans l’agglomération sans y résider, ces postes très qualifiés ne bénéficient pas nécessairement aux habitants actifs du territoire. Des écarts de qualification apparaissent lorsque l’on compare les résidents de Saint-Quentin-en-Yvelines aux territoires avoisinants : 44 % des habitants détiennent un diplôme de l’enseignement supérieur en 2022, un taux inférieur à celui de Versailles Grand Parc (61 %) et plus généralement à la moyenne départementale (49 %). Ces écarts suggèrent que certains postes très qualifiés du territoire ne sont pas occupés par les résidents. Ainsi, malgré la forte présence de cadres, le niveau de vie médian de la communauté d’agglomération demeure l’un des plus faibles parmi les EPCI des Yvelines.

Figure 5Répartition des emplois salariés selon la catégorie socioprofessionnelle en 2023

(en %)
Répartition des emplois salariés selon la catégorie socioprofessionnelle en 2023 ((en %)) - Lecture : Dans la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, les ouvriers représentent 15 % des emplois salariés.
Catégorie socioprofessionnelle Île-de-France Yvelines CA Saint-Quentin-en-Yvelines
Ouvriers 17,0 19,1 15,1
Employés 28,2 28,2 22,5
Professions intermédiaires 20,2 22,7 22,7
Cadres et professions intellectuelles supérieures 32,9 28,4 38,8
Artisans, commerçants et chefs d’entreprise 1,7 1,6 0,9
Agriculteurs exploitants 0,0 0,0 0,0
Ensemble 100,0 100,0 100,0
  • Lecture : Dans la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, les ouvriers représentent 15 % des emplois salariés.
  • Champ : Établissements employeurs durant l'année et actifs la dernière semaine de décembre hors secteur de la défense et hors particuliers employeurs. Effectifs salariés présents durant la dernière semaine de décembre.
  • Source : Insee, Flores 2023.

Figure 5Répartition des emplois salariés selon la catégorie socioprofessionnelle en 2023

  • Lecture : Dans la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, les ouvriers représentent 15 % des emplois salariés.
  • Champ : Établissements employeurs durant l'année et actifs la dernière semaine de décembre hors secteur de la défense et hors particuliers employeurs. Effectifs salariés présents durant la dernière semaine de décembre.
  • Source : Insee, Flores 2023.

Territoire d’industrie : une part importante des salariés de l’industrie employés à Saint-Quentin-en-Yvelines

La communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, en raison de sa forte composante industrielle, est incluse dans l’un des 11 territoires franciliens engagés dans la phase II du programme Territoires d’industrie aux côtés de Versailles Grand Parc et Paris-Saclay, sous le nom de Versailles-Saclay-Saint-Quentin. Sur ce Territoire, 44 % des salariés du secteur industriel travaillent à Saint-Quentin-en-Yvelines. La présence de grands groupes, caractérisés par la taille importante de leurs établissements, explique toutefois que l’agglomération ne concentre que 29 % des établissements du secteur industriel, contre 46 % pour Paris-Saclay.

Véritable moteur économique des Yvelines, Saint-Quentin-en-Yvelines se caractérise par un emploi salarié fortement orienté vers des métiers à haute valeur ajoutée participant activement à la dynamique régionale. Par ailleurs, au-delà des Territoires d’industrie, un enjeu majeur réside dans le développement de l’Établissement Public Expérimental de Paris-Saclay, pour lequel l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines a le statut de membre associé.

Un pôle universitaire encore en construction dans le top 15 du classement de Shanghai

La communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines se distingue par la richesse et la diversité de son offre en enseignement supérieur, recouvrant à la fois une université et des écoles spécialisées telles que l’ESTACA dans le domaine des transports, l’ESA dans l’agriculture ou 3IS dans l’image et le son. À la rentrée 2024, l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ), positionnée sur les deux sites, comptait 13 200 étudiants. Elle est, aux côtés de celle d’Évry-Val d’Essonne (10 200 étudiants), associée à l’Établissement Public Expérimental de Paris-Saclay (44 000 étudiants), avec une perspective d’intégration à l’horizon 2027 (encadré 2). Certains diplômes sont d’ores et déjà délivrés conjointement. Par ailleurs, l’UVSQ se distingue dans les résultats obtenus en master, avec une réussite en deux ou trois ans atteignant 90 % pour les étudiants inscrits en M1 en 2021, soit 14 points de plus que le taux national.

L’enjeu territorial du Grand Paris Express

Le Grand Paris Express poursuit l’objectif de relier les grands pôles économiques de la métropole afin d’améliorer l’accès aux lieux d’emploi ou d’étude mais aussi la qualité de vie des habitants et des salariés en réduisant leurs temps de déplacement.

La communauté d’agglomération accueillera d’ici 2030 une des gares du Grand Paris Express, celle de Guyancourt, baptisée « Saint-Quentin-Est », sur la nouvelle ligne 18. Elle permettra de la relier au pôle universitaire et technologique de Saclay, à travers trois gares : Christ de Saclay, Université Paris-Saclay, entre Orsay et Gif-sur-Yvette, et Polytechnique à Palaiseau. Elle permettra également de rejoindre directement l’aéroport d’Orly.

La plupart des quartiers autour des gares de la ligne 18 sont aujourd’hui à dominante économique : dans un rayon de 800 mètres, les emplois y sont plus nombreux que les résidents. Néanmoins, des projets d’aménagement en cours ou à venir entraîneront, à terme, la livraison de nouveaux logements.

Le futur Quartier des Savoirs, porté par l’Établissement public d’aménagement de Paris-Saclay, à proximité de la future gare de Guyancourt, permettra en particulier d’offrir 2 000 logements supplémentaires. Le projet prévoit également de développer 160 000 m2 de surfaces dédiées à l’activité économique et à la recherche, avec l’ambition notamment d’attirer des start-up et PME des domaines de l’automobile et de l’aéronautique, mais aussi de nouveaux établissements d’enseignement supérieur.

Encadré 1 - Brève histoire de Saint-Quentin-en-Yvelines

À la fin des années 1960, le territoire qui formera Saint-Quentin-en-Yvelines compte un peu plus de 51 000 habitants. En 1970, l’État crée l’Établissement public d’aménagement (EPASQY) pour poser les fondations de la ville nouvelle. Le périmètre est fixé en 1972 : onze communes – Bois-d’Arcy, Coignières, Élancourt, Guyancourt, La Verrière, Magny-les-Hameaux, Maurepas, Montigny-le-Bretonneux, Plaisir, Trappes et Voisins-le-Bretonneux – s’unissent autour de cette ambitieuse construction urbaine.

En 1983, quatre communes – Bois-d’Arcy, Coignières, Maurepas et Plaisir – quittent temporairement la ville nouvelle, qui se réorganise alors autour de sept membres lors de la création du Syndicat d’agglomération nouvelle (SAN) en 1984. Tandis que l’urbanisation se poursuit et que l’identité du territoire se renforce, l’EPASQY cède la place, en 2004, à la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines. En 2016, Coignières, Maurepas et Plaisir réintègrent l’ensemble, rejointes par Les Clayes-sous-Bois et Villepreux, portant l’agglomération à douze communes.

Le nom de Saint-Quentin évoque une ancienne chapelle aujourd’hui disparue, située à l’emplacement de l’actuelle base de loisirs, et qui aurait abrité les reliques du saint. Ainsi s’est construite, au fil des départs, des retours et d’un projet urbain inédit, l’une des agglomérations majeures de l’Ouest francilien.

Encadré 2 - L’Établissement Public Expérimental de Paris-Saclay

L’Établissement Public Expérimental (EPE) de Paris-Saclay a été créé par un décret du 5 novembre 2019. S’inscrivant dans un univers de l’enseignement supérieur et de la recherche en profonde mutation, il s’est constitué, aux côtés de l’EPE Institut Polytechnique de Paris également créé en 2019, à partir de la communauté d’universités et établissements « Université Paris-Saclay » bâtie en 2014. L’EPE Paris-Saclay est composé de l’ancienne université de Paris-Sud (ou Paris XI), des grandes écoles ou établissements d’enseignement supérieur AgroParisTech, CentraleSupélec, l’École Normale Supérieure Paris-Saclay et l’Institut d’Optique Graduate School ainsi que de l’Institut des Hautes Études Scientifiques. Un ensemble d’organismes de recherche nationaux sont également associés à la gouvernance : CEA, CNRS, Inra, Inria, Inserm, Onera. Les universités de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et d’Évry-Val d’Essonne sont membres associées et ont vocation à être intégrées à l’horizon 2027, le calendrier initial ayant été modifié. L’EPE de Paris-Saclay est régulièrement classé dans le top 15 du classement international de Shanghai.

Publication rédigée par :Pierre Laurent, Pierre-Issa Touré (Insee)

Sources

Cette étude s’appuie sur plusieurs sources de l’Insee dont le recensement de la population (2011, 2016 et 2022), Flores (2018 et 2023) et Filosofi (2021), et sur une source externe, repères et références statistiques, du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Définitions

Le solde migratoire apparent est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours de la période considérée.

Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période. On parle d’accroissement naturel ou d’excédent naturel lorsque le nombre de naissances est supérieur à celui des décès.

Le niveau de vie est égal au revenu disponible du ménage (c’est-à-dire après impôts et prestations sociales) divisé par le nombre d’unités de consommation (UC). Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus d’un même ménage. Les unités de consommation sont généralement calculées selon l’échelle d’équivalence dite de l’OCDE modifiée qui attribue 1 UC au premier adulte du ménage, 0,5 UC aux autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 UC aux enfants de moins de 14 ans.

Si on ordonne une distribution de salaires, de revenus, de chiffres d’affaires, etc., les déciles sont les valeurs qui partagent cette distribution en dix parties d’effectifs égaux. Par exemple, le premier décile est le salaire au-dessus duquel se situent 90 % des salaires ; le neuvième décile est le salaire au-dessus duquel se situent 10 % des salaires. Les rapports interdéciles des revenus sont utilisés pour mettre en évidence les disparités (ou écarts) entre les plus riches et les plus pauvres. Ainsi, le rapport des déciles D9/D1 met en évidence l’écart entre le haut (9e décile) et le bas de la distribution (1er décile).

L’indice de concentration de l’emploi (ICE) est égal au nombre d’emplois occupés dans un territoire pour 100 actifs occupés résidant dans le territoire. Lorsque l’indice est supérieur à 100, le territoire est dit attractif sur le plan économique car le nombre d’emplois y est supérieur à celui de ses actifs occupés. À l’inverse, lorsque l’indice est inférieur à 100, le territoire est dit résidentiel.

Le taux de chômage (BIT) est le rapport entre le nombre de chômeurs et le nombre d’actifs (en emploi ou au chômage).

Un individu (ou un ménage) est considéré comme pauvre lorsqu’il vit dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. En France et en Europe, le seuil est le plus souvent fixé à 60 % du niveau de vie médian. Le taux de pauvreté monétaire est la part de personnes vivant dans un ménage pauvre parmi l’ensemble de la population.

Pour en savoir plus

(1) Retrouvez davantage de données associées à cette publication en téléchargement.

(2) Burfin Y., Frontenaud A., Gatepaille X., Tuillier J., « Plus d’une start-up française sur trois est localisée en Île-de-France », Insee Analyses Île-de-France no 209, septembre 2025.

(3) Batije M., Jankel S., Prévost E., Roger S., Wolf M., « Près d’un million d’emplois salariés dans les quartiers de gare du Grand Paris Express », Insee Analyses Île-de-France no 207, septembre 2025.

(4) Arnaud C., Moreau A., Prévost É., Theisse J., « Un quart des salariés de France métropolitaine dédiés à l’aéronautique travaillent en Île-de-France », Insee Analyses Île-de-France no 191, novembre 2024.

(5) Capron V., Chevrot J., Hamelin M., Herbert J., « Les Yvelines : un développement lié à la métropolisation croissante de ses territoires », Insee Analyses Île-de-France no 153, mai 2022.

(6) Bertrand J., Roger R., « Ouvrir dans un nouvel ongletDynamique et desserte des pôles d’emploi - Portrait du pôle de Saint-Quentin-en-Yvelines », L’Institut Paris Region, novembre 2020.