Comptes de l'agriculture en 2022 Comptes nationaux annuels - base 2014

Chiffres détaillés
Paru le :Paru le06/07/2023
Claire Géry, Vincent Hecquet, Félix Lucas (Insee)
- Juillet 2023

Il s'agit de comptes spécifiques relatifs à la branche « Agriculture » dont les modalités d'élaboration diffèrent de celles des comptes nationaux.

Le compte provisoire de l'agriculture pour 2022 Hausse des prix des produits et intrants

Claire Géry, Vincent Hecquet, Félix Lucas (Insee)

En 2022, la production agricole en valeur augmente de 16,6 % dans un contexte mondial de renchérissement de l’énergie et des matières premières et agricoles.

Les conditions météorologiques extrêmement chaudes et sèches de l’été ont fortement pénalisé les récoltes de céréales, protéagineux, betteraves et pommes de terre. La production de céréales diminue ainsi de 11,0 % en volume. En revanche, la production viticole s’accroît de 34,9 % en volume. Au total, la production végétale progresse légèrement en volume (+1,7 %), mais notablement en valeur (+17,4 %) du fait de l’évolution des prix. La production animale s’élève de 17,5 % en valeur, l’augmentation des prix faisant plus que compenser la baisse des volumes.

Les consommations intermédiaires augmenteraient de 15,7 % en valeur, en raison de l’envolée des prix de l’alimentation animale, des produits énergétiques et des engrais. Toutefois, la valeur ajoutée de la branche agricole progresserait de nouveau nettement, avec la forte hausse de la valeur de la production. Au total, d’après les estimations du compte provisoire de l’agriculture, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif augmenterait de 9,6 % en termes réels, après 13,1 % en 2021.

Avertissement
Le compte de l’agriculture présenté ici décrit les performances de l’agriculture en tant qu’activité économique. Est estimée notamment la valeur ajoutée, soit la richesse créée par cette activité. Augmenté des subventions et net des impôts au titre de son exercice, ce résultat est qualifié de valeur ajoutée brute au coût des facteurs.
Il ne constitue pas une mesure du revenu disponible des ménages dont la personne de référence est agriculteur.

La production agricole augmente en valeur, tirée par l’élévation des prix

En 2022, la production de la hors augmente de 16,6 % en valeur, amplifiant nettement la reprise engagée l’année précédente (+8,8 %) (figure 1, figure 2 et figure 3). Cette hausse est tirée par la nouvelle élévation des prix (+17,3 %), les volumes reculant légèrement (-0,6 %) (figure 4 et figure 5). La production végétale augmente de 17,4 % en valeur, tirée par l’évolution des prix (+15,5 %) et une hausse modérée en volume (+1,7 %). La production animale s’accroît de 17,5 % en valeur, portée par l’augmentation des prix (+23,3 %), alors que les volumes diminuent à nouveau (-4,7 %).

Figure 1 - Évolution de la production agricole hors subventions en 2021 et 2022

en %
Figure 1 - Évolution de la production agricole hors subventions en 2021 et 2022 (en %) - Lecture : en 2022, la valeur de la production agricole hors subventions augmente de 16,6 % par rapport à 2021.
Production 2021/2020 2022/2021
Prix 9,7 17,3
Volume -0,8 -0,6
Valeur 8,8 16,6
  • Lecture : en 2022, la valeur de la production agricole hors subventions augmente de 16,6 % par rapport à 2021.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2023.

Figure 1 - Évolution de la production agricole hors subventions en 2021 et 2022

  • Lecture : en 2022, la valeur de la production agricole hors subventions augmente de 16,6 % par rapport à 2021.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2023.

Figure 2 - Contributions à la variation en valeur de la production hors subventions en 2021 et 2022

en points de %
Figure 2 - Contributions à la variation en valeur de la production hors subventions en 2021 et 2022 (en points de %) - Lecture : la valeur de la production agricole totale hors subventions augmente de 16,6 % en 2022. La production de céréales contribue positivement à cette variation à hauteur de 1,9 point.
Postes 2021 2022
Ensemble (en %) 8,8 16,6
Produits végétaux
Vin -1,4 4,9
Céréales 7,3 1,9
Autres plantes industrielles¹, y c. betteraves 0,0 1,2
Fourrages 0,6 0,9
Oléagineux et protéagineux 1,7 0,8
Fruits -0,3 0,5
Légumes, pommes de terre, plantes et fleurs 0,4 0,4
Produits animaux
Bétail 0,1 2,7
Volailles et œufs 0,2 1,7
Lait et autres produits de l'élevage 0,3 1,3
Services 0,0 0,2
  • 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
  • Note : les produits sont classés par ordre décroissant de leur contribution à l’évolution 2022/2021.
  • Lecture : la valeur de la production agricole totale hors subventions augmente de 16,6 % en 2022. La production de céréales contribue positivement à cette variation à hauteur de 1,9 point.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2023.

Figure 2 - Contributions à la variation en valeur de la production hors subventions en 2021 et 2022

  • 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
  • Note : les produits sont classés par ordre décroissant de leur contribution à l’évolution 2022/2021.
  • Lecture : la valeur de la production agricole totale hors subventions augmente de 16,6 % en 2022. La production de céréales contribue positivement à cette variation à hauteur de 1,9 point.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2023.

Figure 3 - De la production à la valeur ajoutée

Figure 3 - De la production à la valeur ajoutée - Lecture : la production de la branche agricole hors subventions s’élève à 96,3 milliards d’euros. La valeur ajoutée brute augmente de 17,3 % en 2022.
Principaux postes du compte de l’agriculture
en 2022
Valeur 2022
(en milliards d'euros)
Évolution 2022/2021
(en %)
Volume Prix Valeur
Production hors subventions (a) 96,3 -0,6 17,3 16,6
Produits végétaux 59,4 1,7 15,5 17,4
Céréales 17,1 -11,0 24,0 10,3
Oléagineux et protéagineux 4,3 14,4 3,5 18,4
Autres plantes industrielles¹ 1,9 -7,9 29,2 19,1
Fourrages 6,4 -29,1 66,7 18,2
Légumes, pommes de terre, plantes et fleurs 11,1 -6,7 15,0 7,3
Fruits 3,5 20,8 -5,9 13,7
Vins 14,9 34,9 1,7 37,2
Produits animaux 31,6 -4,7 23,3 17,5
Bétail (bovins, porcins, ovins, caprins, équidés) 13,3 -3,0 23,6 19,9
Volailles et œufs 5,9 -9,8 35,5 22,2
Lait et autres produits de l'élevage 12,3 -4,2 18,0 13,0
Services² 5,4 -1,7 5,2 3,4
Subventions sur les produits (b) 1,1 -3,4 3,9 0,4
Production au prix de base (c) = (a) + (b) 97,4 -0,6 17,1 16,4
Consommations intermédiaires, dont : (d) 55,8 -5,2 22,0 15,7
achats 46,8 -3,4 18,3 14,3
Valeur ajoutée brute (e) = (c) - (d) 41,6 5,6 11,1 17,3
Subventions d'exploitation 8,2 -8,5
Autres impôts sur la production, dont : 1,8 7,2
impôts fonciers 1,0 2,4
Valeur ajoutée brute au coût des facteurs 48,1 12,3
Emploi agricole³ -0,5
Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif 12,8
Prix du produit intérieur brut 2,9
Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif en termes réels 9,6
  • 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
  • 2. Production des entreprises de travaux agricoles, des coopératives d’utilisation de matériel agricole, services entre agriculteurs, agritourisme, etc.
  • 3. Mesuré en unités de travail annuel (équivalents temps plein de l’agriculture).
  • Lecture : la production de la branche agricole hors subventions s’élève à 96,3 milliards d’euros. La valeur ajoutée brute augmente de 17,3 % en 2022.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2023.

Figure 4 - Contributions à la variation en volume de la production hors subventions en 2021 et 2022

en points de %
Figure 4 - Contributions à la variation en volume de la production hors subventions en 2021 et 2022 (en points de %) - Lecture : le volume de la production agricole totale hors subventions diminue de 0,6 % en 2022. La production de céréales contribue négativement à cette variation à hauteur de -2,1 points. Le vin contribue, quant à lui, positivement à hauteur de 4,6 points.
Postes 2021 2022
Ensemble -0,8 -0,6
Produits végétaux
Vin -2,7 4,6
Céréales 2,3 -2,1
Autres plantes industrielles¹, y c. betteraves 0,2 -0,2
Fourrages 0,9 -1,9
Oléagineux et protéagineux 0,2 0,6
Fruits -0,7 0,8
Légumes, pommes de terre, plantes et fleurs -0,2 -0,8
Produits animaux
Bétail -0,3 -0,4
Volailles et œufs -0,1 -0,6
Lait et autres produits de l'élevage -0,3 -0,6
Services -0,2 -0,1
  • 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
  • Note : l’ordre des produits (classés par ordre décroissant de leur contribution à l’évolution en valeur 2022/2021) est identique à celui de la figure 2.
  • Lecture : le volume de la production agricole totale hors subventions diminue de 0,6 % en 2022. La production de céréales contribue négativement à cette variation à hauteur de -2,1 points. Le vin contribue, quant à lui, positivement à hauteur de 4,6 points.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2023.

Figure 4 - Contributions à la variation en volume de la production hors subventions en 2021 et 2022

  • 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
  • Note : l’ordre des produits (classés par ordre décroissant de leur contribution à l’évolution en valeur 2022/2021) est identique à celui de la figure 2.
  • Lecture : le volume de la production agricole totale hors subventions diminue de 0,6 % en 2022. La production de céréales contribue négativement à cette variation à hauteur de -2,1 points. Le vin contribue, quant à lui, positivement à hauteur de 4,6 points.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2023.

Figure 5 - Contributions à la variation du prix de la production hors subventions en 2021 et 2022

en points de %
Figure 5 - Contributions à la variation du prix de la production hors subventions en 2021 et 2022 (en points de %) - Lecture : le prix de la production agricole totale hors subventions augmente de 17,3 % en 2022. La production de céréales contribue positivement à cette variation à hauteur de 4,0 points.
Postes 2021 2022
Ensemble 9,7 17,3
Produits végétaux
Vin 1,3 0,3
Céréales 5,0 4,0
Autres plantes industrielles¹, y c. betteraves 0,2 0,5
Fourrages -0,9 3,1
Oléagineux et protéagineux 1,5 0,2
Fruits 0,4 -0,3
Légumes, pommes de terre, plantes et fleurs 0,7 1,8
Produits animaux
Bétail 0,4 3,1
Volailles et œufs 0,4 1,9
Lait et autres produits de l'élevage 0,6 2,3
Services 0,2 0,3
  • 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
  • Note : l’ordre des produits (classés par ordre décroissant de leur contribution à l’évolution en valeur 2022/2021) est identique à celui de la figure 2.
  • Lecture : le prix de la production agricole totale hors subventions augmente de 17,3 % en 2022. La production de céréales contribue positivement à cette variation à hauteur de 4,0 points.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2023.

Figure 5 - Contributions à la variation du prix de la production hors subventions en 2021 et 2022

  • 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
  • Note : l’ordre des produits (classés par ordre décroissant de leur contribution à l’évolution en valeur 2022/2021) est identique à celui de la figure 2.
  • Lecture : le prix de la production agricole totale hors subventions augmente de 17,3 % en 2022. La production de céréales contribue positivement à cette variation à hauteur de 4,0 points.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2023.

Production végétale : l’impact inégal des conditions climatiques

La production végétale (hors subventions) progresse globalement de 1,7 % en volume, mais à travers des évolutions très contrastées. Sous l’effet des conditions météorologiques estivales défavorables, la production de céréales est inférieure de 11,0 % en volume à celle de 2021. Le recul atteint 30,2 % pour le maïs, pénalisé par de faibles rendements, après la très bonne récolte 2021. La baisse est également prononcée pour les protéagineux (-20,7 %). Seule la récolte d’oléagineux s’accroît, en raison d’une extension de la surface cultivée en colza. Avec la baisse des rendements, la production diminue également pour les betteraves (-8,6 %) et les pommes de terre (-8,3 %).

En 2021, les récoltes de fruits et les vendanges avaient atteint des niveaux historiquement bas, sous l’effet du gel printanier et d’une météo humide ayant favorisé les maladies. En 2022, la production fruitière marque un net rattrapage. La production viticole s’accroît de 34,9 % en volume et atteint son niveau le plus élevé depuis 2018, même si plusieurs vignobles ont été affectés par la chaleur estivale et par des épisodes de grêle. En particulier, la production de champagne s’est déroulée dans d’excellentes conditions, jusqu’à pratiquement doubler en volume (+93,3 %).

En 2022, les prix de la production (hors subventions) s’apprécient à nouveau fortement pour les produits végétaux (+15,5 %), en particulier les céréales (+24,0 %). Ce renchérissement de la production végétale est consécutif aux prix élevés des intrants, en particulier ceux des engrais et des produits énergétiques. De plus, au niveau mondial, l’offre de céréales est perturbée par la guerre en Ukraine, les sécheresses survenues en Asie et les restrictions d’exportations adoptées en Inde.

Production animale : des prix en forte augmentation et une offre en repli

La production animale (hors subventions) se replie en volume (-4,7 %). Elle baisse sensiblement pour les veaux (-5,1 %) et les porcins (-4,1 %), mais plus modérément pour les bovins (-2,4 %). En France comme en Europe, le cheptel bovin diminue tendanciellement depuis 2016. Le recul est particulièrement marqué pour les volailles (-14,4 %). La production diminue également pour le lait (-4,8 %). La production d’œufs augmente légèrement (+0,6 %). Les volailles sont touchées par le retour de l’épizootie d’influenza aviaire. Dans le même temps, la demande est dynamique, en particulier pour les bovins, les produits laitiers et les œufs.

Les coûts des intrants, énergie et alimentation animale, se répercutent sur les prix des produits au sein de marchés déséquilibrés. Le prix de la production animale (hors subventions) s’accroît fortement (+23,3 %). La hausse concerne tous les produits : bovins (+27,0 %), porcins (+26,2 %), veaux (+15,0 %), volailles (+18,6 %) et lait (+19,1 %). Elle est particulièrement élevée pour les œufs (+68,0 %), en raison d’une très forte demande.

Très fortes hausses des prix des intrants

En 2022, les de la branche agricole augmenteraient fortement en valeur (+15,7 %), sous l’effet de la hausse des prix (+22,0 %). Ces augmentations sont bien plus élevées que celles de l’année précédente (respectivement +4,8 % et +2,7 %).

Premier poste de dépense, les achats d’aliments pour animaux (hors produits agricoles intraconsommés) progressent de 16,4 % en valeur. Leurs prix augmentent fortement (+24,6 %), suivant l’évolution du prix des céréales. Tous les achats d’aliments diminuent en volume, en particulier ceux destinés aux volailles, moins nombreuses du fait de l’épizootie. Globalement, les dépenses d’achats pour animaux diminuent de 6,6 % en volume.

Les prix de l’énergie s’accroissent de 40,6 %, après la hausse déjà forte de l’année précédente (+18,4 %). La facture énergétique des exploitations s’alourdit de plus d’un tiers (+35,0 %).

Liés aux prix du gaz, les prix des engrais et amendements bondissent de 79,7 %. Cette hausse exceptionnelle résulte des effets successifs de la reprise économique avec la sortie du confinement, puis de la guerre en Ukraine. Leur recours diminue en volume (-12,9 %), mais sous l’effet de la hausse des prix, les achats d’engrais et amendements augmentent néanmoins de 56,4 % en valeur en 2022.

La valeur ajoutée au coût des facteurs augmente à nouveau

En 2022, la de la branche agricole augmenterait de 17,3 %, davantage que l’année précédente (+14,4 %). Ceci tient à la forte hausse de la (+16,4 %), c’est-à-dire y compris les subventions sur les produits, les consommations intermédiaires augmentant un peu moins fortement que la production.

En 2022, les s’élèveraient à 8,2 milliards d’euros. Leur montant diminuerait d’un peu plus de 760 millions d’euros par rapport à 2021, avec l’arrêt des versements du fonds de solidarité pour les entreprises face à l’épidémie de Covid-19.

En prenant en compte les subventions d’exploitation et les impôts à la production, la augmenterait de 12,3 % en 2022. Comme l’emploi agricole continue tendanciellement de décroître (-0,5 % en 2022), la croîtrait de 12,8 % en 2022. En , elle augmenterait de 9,6 %, après 13,1 % en 2021 (figure 6).

Figure 6 - Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole en termes réels¹

indice base 100 en 2010
Figure 6 - Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole en termes réels¹ (indice base 100 en 2010) - Lecture : en 2022, l’indice de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif en termes réels se situe à 136,8.
Année Valeur ajoutée brute
au coût des facteurs
par actif en termes réels
Moyenne mobile
sur 3 ans
2000 82,5 82,6
2001 83,1 83,0
2002 83,4 83,2
2003 83,1 83,8
2004 84,8 83,3
2005 82,0 85,2
2006 88,8 89,3
2007 97,1 91,9
2008 89,7 88,6
2009 79,1 89,6
2010 100,0 94,5
2011 104,3 103,4
2012 105,8 101,8
2013 95,3 101,2
2014 102,4 101,2
2015 105,8 101,5
2016 96,2 103,1
2017 107,4 107,1
2018 117,7 112,2
2019 111,5 113,2
2020 110,3 115,5
2021 124,7 123,9
2022 136,8
  • 1. Déflatée par l’indice de prix du produit intérieur brut.
  • Lecture : en 2022, l’indice de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif en termes réels se situe à 136,8.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2023.

Figure 6 - Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole en termes réels¹

  • 1. Déflatée par l’indice de prix du produit intérieur brut.
  • Lecture : en 2022, l’indice de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif en termes réels se situe à 136,8.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2023.

Encadré 1 - Rappel sur le compte 2022

Les données présentées ici concernent le compte 2022 provisoire de l’agriculture.

En juillet 2023, à l’occasion de la publication du compte 2022 provisoire, l’évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif en termes réels a été révisée de -6,8 points par rapport au compte prévisionnel de décembre 2022 (hausse de 9,6 % au lieu de 16,4 %), dans un contexte de forte volatilité des prix (encadré 2). Les données 2022 seront encore mises à jour en juillet 2024 (version semi-définitive). Elles seront publiées simultanément avec les comptes 2021 définitif et 2023 provisoire.

Encadré 2 - Les prix des produits et des intrants volatils en forte hausse

Plus encore qu’en 2021, les prix des matières premières, énergétiques et agricoles ont augmenté fortement et rapidement en 2022, sous les effets conjugués des conditions climatiques, de la sortie de crise sanitaire, puis de la guerre en Ukraine. Or, pour les comptes de l’agriculture, les productions végétales sont valorisées sur des campagnes agricoles (de juillet de l’année n à juin de l’année n+1 pour les productions de l’année n). Ceci suppose pour 2022 de faire des hypothèses de prix et de production jusqu’en juin 2023. Les prix des céréales ont atteint en mai 2022 leur niveau le plus haut depuis dix ans, avant de diminuer jusqu’en mai 2023 (figure). L’essentiel des ventes ayant lieu en début de campagne, 65 % des blés de 2022 ont été vendus entre juillet et septembre, quand les prix étaient encore très élevés. Lors du compte prévisionnel réalisé en décembre, l’hypothèse retenue a été un retour vers les niveaux antérieurs à la flambée des cours. La baisse s’est révélée plus rapide, notamment avec le renouvellement de l’accord céréalier de la mer Noire en mars 2023, mais seule une minorité des ventes a lieu à ce prix. Depuis deux ans, l’ampleur et la rapidité des dynamiques de prix rendent l’estimation des comptes particulièrement délicate.

Évolution des indices de prix pour le blé tendre et deux intrants

indices base 100 en 2015
Évolution des indices de prix pour le blé tendre et deux intrants (indices base 100 en 2015) - Lecture : pour la campagne 2022, l’indice du blé tendre, pondéré par les ventes de la campagne, est de 189,4.
Campagne Mois de la campagne agricole pour l’IPPAP blé tendre IPPAP blé tendre Mois de la campagne agricole pour l’IPAMPA gazole non routier IPAMPA gazole non routier Mois de la campagne agricole pour l’IPAMPA engrais simples azotés IPAMPA engrais simples azotés
2020 Juill. 2020 108,8 Janv. 2020 123,3 Juill. 2019 89,3
Août 107,5 Fév. 112,7 Août 89,7
Sept 111,2 Mars 91,7 Sept 89,5
Oct. 118,3 Avr. 77,1 Oct. 89,3
Nov. 122,5 Mai 77,9 Nov. 88,5
Déc. 121,4 Juin 85,3 Déc. 86,6
Janv. 2021 132,8 Juill. 87,3 Janv. 2020 85,8
Fév. 133,5 Août 85,7 Fév. 85,7
Mars 130,4 Sept 79,3 Mars 86,0
Avr. 127,7 Oct. 81,3 Avr. 85,5
Mai 128,0 Nov. 85,1 Mai 83,6
Juin 122,8 Déc. 91,2 Juin 81,5
2021 Juill. 123,5 Janv. 2021 99,5 Juill. 2020 80,7
Août 141,6 Fév. 109,2 Août 81,0
Sept 147,2 Mars 113,3 Sept 81,0
Oct. 159,8 Avr. 108,7 Oct. 81,6
Nov. 172,3 Mai 113,7 Nov. 81,9
Déc. 165,5 Juin 117,3 Déc. 82,5
Janv. 2022 160,9 Juill. 120,5 Janv. 2021 86,9
Fév. 157,2 Août 118,5 Fév. 93,8
Mars 219,7 Sept 124,4 Mars 98,4
Avr. 228,9 Oct. 143,6 Avr. 100,5
Mai 237,1 Nov. 146,0 Mai 100,8
Juin 223,3 Déc. 141,5 Juin 104,0
2022 Juill. 201,0 Janv. 2022 157,6 Juill. 2021 111,1
Août 195,5 Fév. 171,8 Août 115,7
Sept 201,3 Mars 243,7 Sept 128,7
Oct. 201,5 Avr. 197,9 Oct. 170,9
Nov. 191,1 Mai 198,8 Nov. 183,0
Déc. 180,7 Juin 238,1 Déc. 195,5
Janv. 2023 171,5 Juill. 211,2 Janv. 2022 202,0
Fév. 167,9 Août 199,2 Fév. 205,8
Mars 153,0 Sept 181,4 Mars 243,9
Avr. 142,7 Oct. 223,4 Avr. 253,9
Mai 133,1 Nov. 205,0 Mai 250,3
Juin 124,1 Déc. 186,3 Juin 239,9
  • Notes : les prix sont des prix de campagne, à savoir ceux utilisés pour valoriser les produits végétaux et intrants agricoles selon la méthodologie des comptes nationaux.
    Par exemple, pour l’année 2022, les prix du blé tendre sont ceux de juillet 2022 à juin 2023. Les prix des engrais azotés sont ceux de la période de mise en terre (juillet 2021 à juin 2022).
    Les prix du carburant sont ceux de l’année civile.
  • Lecture : pour la campagne 2022, l’indice du blé tendre, pondéré par les ventes de la campagne, est de 189,4.
  • Source : Insee, indices de prix à la production agricole (IPPAP) et indices des prix d'achat des moyens de production agricole (IPAMPA), base 2015.

Évolution des indices de prix pour le blé tendre et deux intrants

  • Notes : sur ce graphique, les prix sont des prix de campagne, à savoir ceux utilisés pour valoriser les produits végétaux et intrants agricoles selon la méthodologie des comptes nationaux.
    Par exemple, pour l’année 2022, les prix du blé tendre sont ceux de juillet 2022 à juin 2023. Les prix des engrais azotés sont ceux de la période de mise en terre (juillet 2021 à juin 2022).
    Les prix du carburant sont ceux de l’année civile.
  • Lecture : pour la campagne 2022, l’indice du blé tendre, pondéré par les ventes de la campagne, est de 189,4.
  • Source : Insee, indices de prix à la production agricole (IPPAP) et indices des prix d'achat des moyens de production agricole (IPAMPA), base 2015.

Encadré 3 - L’excédent en produits agricoles atteint un niveau record grâce aux exportations de céréales

Après deux années de baisse consécutives, le solde du commerce extérieur des produits agricoles se redresse fortement en 2022. Il augmente de 3,9 milliards d'euros (Md€), pour s’établir à 5,8 Md€. La hausse de la valeur des exportations s’élève à 5,6 Md€ (+36,9 %) et compense largement l’augmentation des importations de 1,6 Md€ (+12,3 %). L’amélioration est tirée par l’excédent des échanges de céréales, qui atteint le niveau historique de 10,7 Md€ sous l’effet de la hausse des cours mondiaux. De plus, les disponibilités importantes de céréales au premier semestre à la suite des bonnes récoltes de 2021 permettent à la France de profiter de la réorientation des échanges mondiaux de céréales induite par la guerre en Ukraine. Par ailleurs, le déficit du commerce extérieur des fruits et légumes se stabilise en 2022.

Sources

Le compte français de l’agriculture est établi selon la méthode et les concepts du Système européen des comptes (SEC). Le compte provisoire 2022 repose sur des informations disponibles en juin 2023.

Définitions

La branche agricole est le regroupement de toutes les unités d’activité économique qui exercent les activités suivantes : culture de végétaux (y compris maraîchage et horticulture), élevage d’animaux, activités de travaux agricoles à façon, chasse et activités annexes.

Les subventions à l’agriculture comprennent les subventions sur les produits (aides associées à certains types de production), et les subventions d’exploitation, versées dans le cadre de la PAC ou au niveau national.

Les consommations intermédiaires correspondent aux biens et services qui entrent dans le processus de production.

La valeur ajoutée brute est égale à la production valorisée au prix de base diminuée des consommations intermédiaires.

La production au prix de base est égale à la production valorisée au prix auquel vend le producteur, augmentée des subventions sur les produits qu’il perçoit et diminuée des impôts spécifiques sur les produits qu’il reverse.

La valeur ajoutée brute au coût des facteurs est obtenue par ajout des subventions d’exploitation et déduction des impôts sur la production. Son évolution peut être rapportée à celle du nombre d’unités de travail annuel total (ou équivalents temps plein) : on obtient ainsi l’évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole par actif.

Les indicateurs de résultats sont présentés en termes réels : les évolutions à prix courants sont déflatées par l’indice de prix du produit intérieur brut (PIB), qui couvre l’ensemble du champ de l’économie. Ainsi, l’évolution d’un prix ou d’un résultat calculée en termes réels est positive si elle est supérieure à l’évolution générale des prix. Il s’agit d’une moyenne qui résulte d’une grande diversité de situations individuelles.

Pour en savoir plus

Géry C., Hecquet V., Lucas F., « Le compte provisoire de l’agriculture pour 2022 », Documents de travail n° 2023-16, Insee, juillet 2023.

Eurostat, « Ouvrir dans un nouvel ongletComptes économiques de l’agriculture – Revenu du secteur agricole », Indicateur A : indice du revenu réel des facteurs dans l’agriculture par unité de travail annuel pour l’ensemble des pays de l’Union européenne, mars 2023.

Hecquet V., Lucas F., Géry C., « Le compte prévisionnel de l’agriculture pour 2022 – Hausse des prix et alourdissement des charges », Insee Première n° 1934, décembre 2022.

Hecquet V., Lucas F., Géry C., « L'agriculture en 2022 – Les comptes nationaux prévisionnels de l’agriculture en 2022 », Documents de travail n° 2022-17, Insee, décembre 2022.

Géry C., Heim V., Lauraire P., « Le compte provisoire de l’agriculture pour 2021 – Hausse généralisée des prix », Insee Première n° 1913, juillet 2022.

Pour comprendre

Le compte de l'agriculture

Le compte spécifique de l'agriculture est un compte de branche. Il retrace l'activité des unités d'activité économique locales (UAEL) exerçant une activité agricole, quelle que soit l'activité principale de l'unité institutionnelle à laquelle elles appartiennent. Il porte sur un champ légèrement différent de celui retenu pour la branche agriculture dans le cadre central de la comptabilité nationale :

  • les établissements produisant des semences certifiées, les entreprises de paysagisme et les jardins familiaux ne font pas partie du compte spécifique, alors qu'ils sont couverts par le cadre central,
  • les activités non agricoles non séparables des exploitations agricoles font partie de la branche agricole du compte spécifique, alors qu'elles n'en font pas partie dans le cadre central. La liste des activités non séparables de l'UAEL agricole est limitée à la fabrication de produits laitiers à la ferme, la champagnisation dans le cadre de l'exploitation viticole, les travaux forestiers des exploitants agricoles, l'agritourisme.

Les séries publiées sont issues des comptes de l'agriculture en base 2010 présentés deux fois par an à la Commission des comptes de l'agriculture de la Nation (CCAN). Les comptes prévisionnels pour l'année en cours sont présentés en décembre. Les comptes provisoires de l'année écoulée sont présentés en juin ou juillet de l'année suivante. Les comptes des deux années qui précèdent sont alors révisés. Les résultats remontent à l'année 1959.

La séquence des comptes

Alors que les comptes de branche du cadre central s'arrêtent au compte d'exploitation, la séquence des comptes CCAN se prolonge au-delà, compte tenu des spécificités de la branche agriculture, qui permettent d'affecter sans ambiguïté certains agrégats comptables à l'activité agricole. Ainsi s'enchaînent le compte de production, le compte d'exploitation et le compte de revenu.

La production (P1) correspond à la production totale de la branche, qu'elle soit marchande ou non marchande. La production est évaluée au moment où elle est effectuée. La production hors subventions (tableau 10.203) est valorisée au prix payé au producteur auquel on soustrait les impôts sur les produits. Les subventions (tableau 10.202) sont présentées séparément compte tenu de l'intérêt qu'elles présentent pour l'agriculture. Elles sont évaluées en montant dû au titre de la production de l'année. Enfin, la production est valorisée au prix de base (tableaux 10.201, 10.204, 10.205, 10.206, 10.207), c'est-à dire au prix payé au producteur, moins les impôts nets sur les produits qu'il reverse, plus les subventions sur les produits qu'il reçoit.

La consommation intermédiaire (P2) correspond à la valeur des biens et services consommés dans le processus de production. Les consommations intermédiaires (tableaux 10.301 à 10.305) sont évaluées au prix d'acquisition, hors TVA déductible. Dans le cas particulier des fourrages, presque exclusivement intraconsommés, l'évaluation est fondée sur des coûts de production.

La valeur ajoutée brute (B1g), solde du compte de production (tableaux 10.101 à 10.103), est égale à la production valorisée au prix de base moins les consommations intermédiaires.

La consommation de capital fixe (P51c) mesure la dépréciation annuelle des actifs fixes liée à l'usure et à l'obsolescence.

Selon que cette estimation est prise en compte ou pas, les agrégats sont qualifiés de nets ou de bruts.

Valeur ajoutée au coût des facteurs = valeur ajoutée + subventions d'exploitation - autres impôts sur la production, dont impôts fonciers (tableaux 10.101 à 10.103).

La valeur ajoutée nette au coût des facteurs est aussi appelée revenu des facteurs de la branche agricole.

L'excédent d'exploitation, solde du compte d'exploitation (tableaux 10.101 à 10.103), est égal à la valeur ajoutée au coût des facteurs moins la rémunération des salariés. Il est aussi appelé revenu mixte, puisqu'il contient implicitement la rémunération du travail non salarié (travail de l'exploitant et de la main-d'œuvre familiale).

Le résultat de la branche agricole est égal à : valeur ajoutée au coût des facteurs - salaires - cotisations sociales à la charge des employeurs - intérêts versés - charges locatives nettes (tableaux 10.101 à 10.103).

Plusieurs indicateurs de résultat (tableau 10.104) sont définis à partir des soldes comptables :

  • l'évolution de la valeur ajoutée au coût des facteurs est rapportée à l'évolution du nombre total d'unités de travail annuel (ou équivalents temps plein) : on obtient ainsi l'évolution de la valeur ajoutée au coût des facteurs par actif (elle est aussi présentée en termes réels, c'est-à-dire déflatée par l'indice de prix du PIB),
  • l'évolution du résultat de la branche agricole est rapportée à celle du nombre d'unités de travail annuel des non-salariés (ou équivalents temps plein) : on obtient l'évolution du résultat de la branche agricole par actif non salarié (elle est aussi présentée en termes réels).

Définitions

La branche agricole est le regroupement de toutes les unités d’activité économique qui exercent les activités suivantes : culture de végétaux (y compris maraîchage et horticulture), élevage d’animaux, activités de travaux agricoles à façon, chasse et activités annexes.

Les subventions à l’agriculture comprennent les subventions sur les produits (aides associées à certains types de production), et les subventions d’exploitation, versées dans le cadre de la PAC ou au niveau national.

Les consommations intermédiaires correspondent aux biens et services qui entrent dans le processus de production.

La valeur ajoutée brute est égale à la production valorisée au prix de base diminuée des consommations intermédiaires.

La production au prix de base est égale à la production valorisée au prix auquel vend le producteur, augmentée des subventions sur les produits qu’il perçoit et diminuée des impôts spécifiques sur les produits qu’il reverse.

La valeur ajoutée brute au coût des facteurs est obtenue par ajout des subventions d’exploitation et déduction des impôts sur la production. Son évolution peut être rapportée à celle du nombre d’unités de travail annuel total (ou équivalents temps plein) : on obtient ainsi l’évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole par actif.

Les indicateurs de résultats sont présentés en termes réels : les évolutions à prix courants sont déflatées par l’indice de prix du produit intérieur brut (PIB), qui couvre l’ensemble du champ de l’économie. Ainsi, l’évolution d’un prix ou d’un résultat calculée en termes réels est positive si elle est supérieure à l’évolution générale des prix. Il s’agit d’une moyenne qui résulte d’une grande diversité de situations individuelles.