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Insee Conjoncture Auvergne-Rhône-Alpes · Juillet 2022 · n° 33
Insee Conjoncture Auvergne-Rhône-AlpesEntre dynamisme et essoufflementNote de conjoncture régionale - 1er trimestre 2022

Frédéric Lahi, Annelise Robert (Insee)

Le premier trimestre 2022 a été marqué par une nouvelle vague Omicron et par les tensions liées au début du conflit ukrainien. En Auvergne-Rhône-Alpes, en début d’année, le volume d’heures rémunérées par les entreprises parvient à se maintenir au-dessus du niveau d’avant-crise. L’emploi salarié progresse mais de moins en moins vite depuis douze mois. L’intérim régional croît, à l’inverse du rythme national. L’industrie et la construction sont à l’arrêt sur le trimestre alors que le tertiaire, marchand ou non, poursuit son extension. Le taux de chômage n’a jamais été aussi bas depuis 2008. Le dynamisme des créations d’entreprises est essentiellement le fait des nouveaux microentrepreneurs. La construction neuve de logements se fortifie tandis que l’activité touristique subit les effets de la pandémie.

Insee Conjoncture Auvergne-Rhône-Alpes
No 33
Paru le : Paru le 11/07/2022

Au premier trimestre 2022, l’activité économique régionale, mesurée par le volume d’heures rémunérées par les entreprises, se maintient au-dessus du niveau enregistré avant la crise sanitaire. En Auvergne-Rhône-Alpes, tous secteurs confondus, l’activité économique est de 2,9 % supérieure à celle observée début 2019 (figure 1). L’évolution est quasi équivalente à celle de la France (+ 2,8 %).

Dans les grands secteurs, seule l’industrie ne parvient toujours pas à retrouver sa situation d’avant-crise : en début d’année, l’activité reste inférieure de 1,2 % à ce qu’elle était trois ans auparavant. Le tertiaire garde le cap : la branche marchande surpasse son niveau de début 2019 de 4,3 % et la branche non marchande de 3,7 %. Enfin, la construction montre des signes forts de résilience avec un volume d’heures rémunérées supérieur de 4,5 %.

En avril, selon des données provisoires, l’activité ralentirait mais resterait toujours au vert avec un niveau supérieur de 1,5 % par rapport à 2019. L’industrie serait toujours en retrait et les deux branches tertiaires conserveraient un volume d’heures dépassant l’avant-crise.

Figure 1Écart des heures rémunérées par secteur par rapport au même mois de l’année 2019

en %
Écart des heures rémunérées par secteur par rapport au même mois de l’année 2019 (en %)
Industrie Construction Tertiaire marchand Tertiaire non marchand Ensemble des secteurs
janv.-2020 -0,3 4,9 2,3 1,0 1,8
févr.-2020 -0,2 3,8 2,5 0,7 1,8
mars-2020 -10,1 -31,2 -14,8 -8,0 -14,5
avr.-2020 -27,0 -51,9 -36,4 -20,3 -33,7
mai-2020 -19,6 -18,2 -24,2 -12,2 -21,1
juin-2020 -10,0 -4,5 -10,6 -4,2 -9,1
juil.-2020 -8,0 -3,7 -6,5 -2,2 -6,1
août-2020 -4,5 0,8 -3,9 -1,3 -3,4
sept.-2020 -4,9 -3,2 -3,8 -0,8 -3,7
oct.-2020 -4,6 -3,8 -4,4 -0,2 -4,0
nov.-2020 -4,5 -2,4 -13,6 -1,3 -8,9
déc.-2020 -3,1 -3,6 -10,8 0,4 -7,1
janv.-2021 -4,6 5,5 -10,2 1,0 -6,3
févr.-2021 -3,1 2,9 -10,5 1,7 -6,2
mars-2021 -2,7 2,9 -10,4 2,4 -6,0
avr.-2021 -3,9 0,0 -12,1 -0,7 -7,7
mai-2021 -4,0 0,0 -6,9 1,3 -4,6
juin-2021 -1,0 3,3 0,0 3,2 0,4
juil.-2021 -3,0 -2,2 0,5 2,2 -0,4
août-2021 -2,2 -2,7 1,3 2,1 0,3
sept.-2021 -1,4 1,1 1,9 2,8 1,2
oct.-2021 -1,7 0,5 2,2 2,3 1,1
nov.-2021 0,4 1,4 3,5 3,9 2,6
déc.-2021 -0,3 -3,3 3,2 3,1 1,9
janv.-2022 -2,9 5,1 2,3 2,5 1,3
févr.-2022 -0,8 3,8 4,9 3,6 3,3
mars-2022 0,0 4,6 5,6 4,9 4,1
avr.-2022 -2,9 -0,1 3,5 2,3 1,5
  • Note : la comparaison se fait avec le même mois de 2019, ce qui occasionne une rupture chaque mois de janvier. Cette rupture est signalée par les traits verticaux pointillés.
  • Source : DSN, traitements provisoires Insee.

Figure 1Écart des heures rémunérées par secteur par rapport au même mois de l’année 2019

  • Note : la comparaison se fait avec le même mois de 2019, ce qui occasionne une rupture chaque mois de janvier. Cette rupture est signalée par les traits verticaux pointillés.
  • Source : DSN, traitements provisoires Insee.

L’emploi salarié en ralentissement

Fin mars 2022, près de 3,2 millions de salariés travaillent en Auvergne-Rhône-Alpes. En trois mois, 9 500 emplois ont été créés, soit une hausse de 0,3 %, comme en France (figure 2). Malgré cela, la croissance ralentit depuis quatre trimestres. L’évolution est un peu plus faible dans le secteur public (+ 0,2 %) que dans le secteur privé (+ 0,3 %). Par rapport à l’avant-crise, tous secteurs confondus, ce sont 94 000 emplois supplémentaires dans la région, équivalents à une hausse de 3 %, plus importante qu’au niveau national (+ 2,8 %). L’emploi est particulièrement dynamique dans le secteur privé (+ 3,4 %), tandis que le nombre des salariés du public n’augmente que de 1,6 % par rapport à la situation pré-pandémie.

Figure 2Évolution de l'emploi salarié

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2014
Évolution de l'emploi salarié (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2014)
Emploi salarié total - Auvergne-Rhône-Alpes Emploi salarié total - France hors Mayotte Emploi salarié privé - Auvergne-Rhône-Alpes Emploi salarié privé - France hors Mayotte
4ᵉ trim. 2014 100,0 100,0 100,0 100,0
1ᵉ trim. 2015 99,8 100,0 99,8 99,9
2ᵉ trim. 2015 100,1 100,2 100,1 100,2
3ᵉ trim. 2015 100,3 100,3 100,2 100,3
4ᵉ trim. 2015 100,5 100,4 100,5 100,5
1ᵉ trim. 2016 100,6 100,6 100,8 100,7
2ᵉ trim. 2016 100,9 100,8 101,1 101,0
3ᵉ trim. 2016 101,4 101,1 101,6 101,3
4ᵉ trim. 2016 101,4 101,2 101,6 101,4
1ᵉ trim. 2017 101,9 101,6 102,3 101,9
2ᵉ trim. 2017 102,5 102,0 103,0 102,4
3ᵉ trim. 2017 102,8 102,1 103,4 102,6
4ᵉ trim. 2017 103,2 102,5 104,0 103,2
1ᵉ trim. 2018 103,5 102,7 104,4 103,5
2ᵉ trim. 2018 103,5 102,8 104,6 103,7
3ᵉ trim. 2018 103,5 102,7 104,6 103,7
4ᵉ trim. 2018 104,0 103,1 105,1 104,1
1ᵉ trim. 2019 104,6 103,6 105,9 104,8
2ᵉ trim. 2019 104,6 103,9 105,8 105,0
3ᵉ trim. 2019 105,0 104,3 106,3 105,6
4ᵉ trim. 2019 105,4 104,6 106,8 106,0
1ᵉ trim. 2020 102,8 102,5 103,4 103,2
2ᵉ trim. 2020 102,8 102,0 103,6 102,8
3ᵉ trim. 2020 104,7 103,8 105,7 104,7
4ᵉ trim. 2020 104,0 103,8 104,7 104,6
1ᵉ trim. 2021 104,8 104,5 105,7 105,6
2ᵉ trim. 2021 106,8 105,8 108,2 107,1
3ᵉ trim. 2021 107,7 106,6 109,2 108,1
4ᵉ trim. 2021 108,3 107,2 110,1 109,0
1ᵉ trim. 2022 108,6 107,5 110,5 109,4
  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS, en fin de trimestre.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Figure 2Évolution de l'emploi salarié

  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS, en fin de trimestre.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Rhône et Savoie portent la croissance régionale trimestrielle

Plus de huit créations nettes d’emploi sur dix se situent dans le Rhône ou la Savoie, départements très dynamiques où l’emploi croît respectivement de 0,7 % et 1,0 % ce trimestre. À l’opposé, dans l’Ain, l’Ardèche et le Cantal, l’emploi recule entre 0,2 % et 0,4 % ; il est stable dans le Puy-de-Dôme.

La situation d’avant-crise est toutefois dépassée dans tous les départements de la région. La Drôme, le Rhône ainsi que la Savoie sont particulièrement moteurs de la croissance grâce à une hausse de 4,0 %. La progression du nombre de salariés en Haute-Loire (+ 3,4 %) est également supérieure à la moyenne régionale.

Hausse régionale de l’intérim, contrairement à la France

Au premier trimestre 2022, le secteur intérimaire gagne 400 salariés dans la région, soit une légère hausse de 0,3 %. Au niveau national, l’intérim baisse de 1,7 % après presque deux ans de progression (figure 3). La croissance est particulièrement portée par le Rhône qui compte 900 intérimaires supplémentaires, ainsi que par la Savoie et l’Isère, dans une moindre mesure. À l’opposé, l’Ain, l’Ardèche et la Loire subissent des pertes entre 2,5 % et 5,2 %.

Par rapport à l’avant-crise, l’Ardèche reste le seul département en repli (– 19,7 %). La Haute-Savoie et l’Isère, bien qu’en croissance par rapport à fin 2019, sont en deçà de la moyenne régionale (+ 8,4 %).

Figure 3Évolution de l'emploi intérimaire

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2014
Évolution de l'emploi intérimaire (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2014)
Auvergne-Rhône-Alpes France hors Mayotte
4ᵉ trim. 2014 100,0 100,0
1ᵉ trim. 2015 99,3 99,8
2ᵉ trim. 2015 103,5 103,7
3ᵉ trim. 2015 109,5 107,5
4ᵉ trim. 2015 108,7 109,9
1ᵉ trim. 2016 109,1 110,1
2ᵉ trim. 2016 112,2 112,7
3ᵉ trim. 2016 116,2 116,8
4ᵉ trim. 2016 122,9 121,9
1ᵉ trim. 2017 125,6 126,9
2ᵉ trim. 2017 131,4 132,8
3ᵉ trim. 2017 135,0 137,3
4ᵉ trim. 2017 140,3 142,4
1ᵉ trim. 2018 144,1 143,7
2ᵉ trim. 2018 140,5 141,0
3ᵉ trim. 2018 140,2 141,0
4ᵉ trim. 2018 136,4 137,6
1ᵉ trim. 2019 142,0 142,8
2ᵉ trim. 2019 139,8 140,9
3ᵉ trim. 2019 139,3 140,3
4ᵉ trim. 2019 137,5 138,1
1ᵉ trim. 2020 84,9 85,1
2ᵉ trim. 2020 104,6 102,9
3ᵉ trim. 2020 126,1 125,5
4ᵉ trim. 2020 131,4 130,7
1ᵉ trim. 2021 137,0 134,1
2ᵉ trim. 2021 139,4 136,8
3ᵉ trim. 2021 140,6 138,8
4ᵉ trim. 2021 148,6 146,9
1ᵉ trim. 2022 149,1 144,5
  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS, en fin de trimestre.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Figure 3Évolution de l'emploi intérimaire

  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS, en fin de trimestre.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Industrie et construction à l’arrêt

En Auvergne-Rhône-Alpes, l’emploi industriel est globalement stable début 2022, après quatre trimestres en croissance (figure 4). En France, il se replie de 0,1 %. Dans la région, les pertes d’emplois dans le secteur de l’énergie (– 0,4 %), la fabrication de matériel électronique (– 0,3 %) et de transport (– 1,1 %) sont compensées par de nouveaux salariés dans l’agroalimentaire (+ 0,3 %) et les autres produits industriels (+ 0,2 %).

Figure 4Emploi salarié par secteur

Emploi salarié par secteur
Secteur d’activité Effectif au 1ᵉʳ trimestre 2022 Évolution par rapport au 4ᵉ trimestre 2021 Évolution par rapport à l’avant-crise (4ᵉ trimestre 2019)
En effectif En % France hors Mayotte (en %)
Agriculture 24 700 -200 -0,8 -0,6 5,8
Industrie 493 500 -100 0,0 -0,1 0,3
Construction 199 300 0 0,0 0,1 5,3
Tertiaire marchand hors intérim 1 386 200 8 300 0,6 0,6 4,0
Intérim 118 200 400 0,3 -1,7 8,4
Tertiaire non marchand 970 300 1 100 0,1 0,2 1,9
Ensemble 3 192 200 9 500 0,3 0,3 3,0
  • Note : données corrigées des variations saisonnières et arrondies pour les effectifs.
  • Avertissement : les données du secteur agricole sont provisoires suite à des difficultés de traitement par la MSA. L’Insee réalise une estimation, en prolongeant les tendances des trimestres précédents et à partir des déclarations administratives.
  • Champ : emploi salarié total ; données corrigées des variations saisonnières
  • Source : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee

Le niveau d’emploi industriel dépasse de 0,3 % celui de fin 2019 en Auvergne-Rhône-Alpes, alors qu’il est en deçà de 0,5 % en France. La fabrication de matériel de transport (– 5,4 %) peine à retrouver sa situation antérieure, mais le fort dynamisme de l’agroalimentaire (+ 6,4 %) et de l’énergie (+ 2,1 %) permettent à la branche d’être positive. L’Ain, le Puy-de-Dôme ainsi que la Haute-Savoie sont en repli d’au moins 0,8 %. L’Ardèche, la Loire ainsi que le Rhône comptabilisent autant de salariés qu’avant la pandémie. La Drôme et l’Isère sont ceux qui s’en sortent le mieux.

Ce premier trimestre 2022, le secteur de la construction est stable dans la région après sept trimestres de hausse (figure 5). La croissance dans l’Ain, l’Allier, l’Ardèche et le Puy-de-Dôme compense les pertes de la Drôme, de la Haute-Loire et de la Haute-Savoie.

Figure 5Évolution de l'emploi salarié par secteur - Auvergne-Rhône-Alpes

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2014
Évolution de l'emploi salarié par secteur - Auvergne-Rhône-Alpes (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2014)
Construction Industrie Tertiaire marchand hors intérim Tertiaire non marchand
4ᵉ trim. 2014 100,0 100,0 100,0 100,0
1ᵉ trim. 2015 98,8 99,7 99,9 99,9
2ᵉ trim. 2015 98,0 99,6 100,2 100,2
3ᵉ trim. 2015 97,2 99,2 100,5 100,4
4ᵉ trim. 2015 97,2 99,0 101,1 100,3
1ᵉ trim. 2016 97,4 98,8 101,5 100,3
2ᵉ trim. 2016 97,4 98,4 102,0 100,6
3ᵉ trim. 2016 97,5 98,6 102,3 100,9
4ᵉ trim. 2016 97,1 98,4 102,2 100,8
1ᵉ trim. 2017 97,8 98,3 102,9 101,1
2ᵉ trim. 2017 98,5 98,7 103,6 101,1
3ᵉ trim. 2017 98,6 98,7 104,1 100,9
4ᵉ trim. 2017 98,7 99,2 104,9 100,7
1ᵉ trim. 2018 99,4 99,3 105,4 100,7
2ᵉ trim. 2018 99,5 99,6 105,7 100,3
3ᵉ trim. 2018 100,3 99,8 105,8 100,0
4ᵉ trim. 2018 100,9 100,1 106,7 100,4
1ᵉ trim. 2019 101,9 100,6 107,3 100,5
2ᵉ trim. 2019 102,0 100,8 107,2 100,7
3ᵉ trim. 2019 102,8 101,0 107,9 100,6
4ᵉ trim. 2019 103,5 101,1 108,9 100,7
1ᵉ trim. 2020 103,2 100,7 106,3 100,5
2ᵉ trim. 2020 104,4 100,2 105,5 99,9
3ᵉ trim. 2020 105,3 99,8 108,0 101,1
4ᵉ trim. 2020 106,2 99,6 105,1 101,8
1ᵉ trim. 2021 107,6 100,1 106,1 102,1
2ᵉ trim. 2021 108,0 100,6 110,4 102,4
3ᵉ trim. 2021 108,7 101,1 112,0 102,3
4ᵉ trim. 2021 109,0 101,4 112,6 102,6
1ᵉ trim. 2022 109,0 101,4 113,3 102,7
  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS, en fin de trimestre.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Figure 5Évolution de l'emploi salarié par secteur - Auvergne-Rhône-Alpes

  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS, en fin de trimestre.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Depuis fin 2019, le nombre de salariés de la construction a augmenté de 5,3 % dans la région, rythme moins marqué qu’en France (+ 6,2 %). Seul le Cantal ne retrouve pas son niveau d’avant-crise (– 0,7 %). L’Ardèche, l’Isère et le Puy-de-Dôme enregistrent une hausse d’au moins 7,5 %.

Au premier trimestre 2022, les effectifs salariés du tertiaire marchand hors intérim augmentent de 0,6 %, un rythme similaire à ce qu’il est au plan national. Ce secteur est le plus allant : 8 300 emplois supplémentaires ont été créés dans la région. Seuls l’Ain et le Cantal sont en recul (respectivement – 0,5 % et – 0,3 %). La Savoie est le département le plus dynamique avec une vive augmentation de 1,6 %. Au sein du tertiaire marchand, l’emploi est presque stable dans les activités de transport et d’entreposage, l’hébergement-restauration et les activités financières, et plus dynamique dans les autres branches des services marchands.

Le tertiaire marchand, chahuté par la pandémie, s’est bien relevé depuis fin 2019, avec un gain de 4,0 % dans la région, soit un rythme plus rapide qu’en France (+ 3,7 %). Près de la moitié des 54 000 emplois supplémentaires se trouvent dans le Rhône.

Les activités immobilières, financières et d’assurance ainsi que le transport et l’entreposage ne retrouvent pas leur niveau d’avant-crise. Au contraire, l’emploi dans l’information et la communication croît de 9,2 %. Le commerce augmente de 4,8 % et l’hébergement-restauration, activité à l’arrêt pendant la crise, dépasse de 3,1 % son niveau de fin 2019.

Début 2022, 1 100 salariés supplémentaires viennent renforcer les effectifs de la branche du tertiaire non marchand, soit une hausse de 0,1 %, légèrement inférieure à la croissance nationale (+ 0,2 %). Ces emplois sont essentiellement situés dans le Rhône et les départements savoyards.

L’emploi non marchand dépasse sa situation d’avant-crise de 1,9 %, tant dans la région qu’en France. Seuls l’Allier et le Cantal ne participent pas à cette évolution, du fait d’un repli de 0,1 % et 1,0 % respectivement. La Savoie se distingue avec une forte hausse de 4,7 %. L’emploi dans l’Ain, le Rhône ainsi que la Haute-Savoie croît à un rythme compris entre 2,0 % et 2,7 %.

Avertissement sur l’emploi salarié localisé

Les Estimations trimestrielles d’emploi au premier trimestre 2022 sont davantage révisées sur le passé qu’habituellement, car elles bénéficient de plusieurs changements méthodologiques.

La Caisse nationale de l’Urssaf a, en juin 2021, basculé l’ensemble de son système statistique vers la source des déclarations sociales nominatives (DSN), générant des révisions des séries longues du nombre de postes salariés sur le champ privé hors intérim. Cette révision est maintenant prise en compte dans les séries diffusées par l’Insee. S’y ajoute la révision, habituelle, liée à la mise à jour des modèles calculant les corrections des variations saisonnières.

Par ailleurs, les alternants (en apprentissage ou contrat de professionnalisation) sont désormais inclus explicitement dans la dynamique de l’emploi salarié sur les années récentes. Cela conduit à comptabiliser 240 000 créations d’emplois supplémentaires entre fin 2019 et fin 2021, l’apprentissage ayant fortement augmenté entre fin 2019 et fin 2021.

Enfin, les niveaux d’emploi en séries longues des Estimations trimestrielles d’emploi sont calés sur les Estimations annuelles d’emploi, qui ont été l’objet d’un rebasement au printemps 2022.

Ces différentes révisions sont détaillées dans la note méthodologique sur l’emploi salarié.

Le chômage au plus bas depuis 2008

Dans la région, le taux de chômage s’établit à 6,3 % de la population active à la fin du premier trimestre 2022. Il baisse de 0,1 point par rapport à la fin d’année précédente, comme au niveau national (figure 6). En repli quasi continu depuis un an, le chômage régional atteint un niveau aussi bas que celui connu avant la crise économique de 2008. Ainsi, les effets de la crise sanitaire ont été gommés : le taux de chômage est inférieur de 0,8 point au niveau pré-crise.

Figure 6Taux de chômage

en %
Taux de chômage (en %)
Auvergne-Rhône-Alpes France hors Mayotte
4ᵉ trim. 2014 8,9 10,5
1ᵉ trim. 2015 8,9 10,3
2ᵉ trim. 2015 9,1 10,5
3ᵉ trim. 2015 9,0 10,3
4ᵉ trim. 2015 8,9 10,2
1ᵉ trim. 2016 8,9 10,2
2ᵉ trim. 2016 8,7 10,0
3ᵉ trim. 2016 8,6 9,9
4ᵉ trim. 2016 8,7 10,0
1ᵉ trim. 2017 8,3 9,6
2ᵉ trim. 2017 8,2 9,5
3ᵉ trim. 2017 8,2 9,5
4ᵉ trim. 2017 7,7 9,0
1ᵉ trim. 2018 7,9 9,3
2ᵉ trim. 2018 7,8 9,1
3ᵉ trim. 2018 7,7 9,0
4ᵉ trim. 2018 7,5 8,7
1ᵉ trim. 2019 7,5 8,7
2ᵉ trim. 2019 7,3 8,4
3ᵉ trim. 2019 7,3 8,4
4ᵉ trim. 2019 7,1 8,2
1ᵉ trim. 2020 6,8 7,9
2ᵉ trim. 2020 6,4 7,2
3ᵉ trim. 2020 7,9 9,1
4ᵉ trim. 2020 7,1 8,1
1ᵉ trim. 2021 7,3 8,1
2ᵉ trim. 2021 7,0 8,0
3ᵉ trim. 2021 7,0 8,0
4ᵉ trim. 2021 6,4 7,4
1ᵉ trim. 2022 6,3 7,3
  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données trimestrielles CVS.
  • Source : Insee, Enquête Emploi et Taux de chômage localisés.

Figure 6Taux de chômage

  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données trimestrielles CVS.
  • Source : Insee, Enquête Emploi et Taux de chômage localisés.

Au sein de la région, le chômage n’augmente faiblement que dans l’Allier et en Ardèche (+ 0,1 point) et reste stable en Haute-Loire. Il baisse dans les autres départements, entre – 0,1 point et – 0,2 point. Tous les départements se situent sous leur seuil d’avant-crise, jusqu’à plus d’un point d’écart pour la Loire et la Drôme. Les deux Savoie, fortement orientées vers le tourisme, ont enregistré une flambée de leur taux de chômage lors de la pandémie. Elles retrouvent un niveau modéré en début d’année (5,4 % pour la Savoie et 5,7 % pour la Haute-Savoie).

Les créations d’entreprises toujours portées par les microentrepreneurs

Au premier trimestre 2022, 31 700 entreprises ont été créées en Auvergne-Rhône-Alpes, un niveau équivalent au record du troisième trimestre 2020, après le premier confinement. En trois mois, les créations régionales augmentent de 2,1 % (figure 7), un point de plus qu’au national. La croissance est portée par les services (+ 11,2 %) et, dans une moindre mesure, par la construction (+ 2,6 %). En revanche, l’industrie et le commerce reculent fortement (respectivement – 8,9 % et – 15,1 %). Les créations dans ce dernier secteur sont en baisse continue depuis l’été 2020. La branche des services représente désormais plus de six créations sur dix. Toutes activités confondues, la région compte 124 100 entreprises nouvellement créées sur les douze derniers mois, un plateau toujours très élevé, comme en France.

Figure 7Créations d'entreprises

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2014
Créations d'entreprises (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2014)
Auvergne-Rhône-Alpes hors micro-entrepreneurs France entière hors micro-entrepreneurs Auvergne-Rhône-Alpes y compris micro-entrepreneurs France entière y compris micro-entrepreneurs
4ᵉ trim. 2014 100,0 100,0 100,0 100,0
1ᵉ trim. 2015 89,9 93,3 94,6 94,6
2ᵉ trim. 2015 89,7 93,3 93,7 94,1
3ᵉ trim. 2015 91,9 97,0 95,1 95,8
4ᵉ trim. 2015 94,0 100,4 97,5 98,6
1ᵉ trim. 2016 98,9 103,9 100,2 99,9
2ᵉ trim. 2016 100,0 107,5 102,0 104,4
3ᵉ trim. 2016 99,4 106,4 100,9 102,9
4ᵉ trim. 2016 103,0 110,4 102,6 104,6
1ᵉ trim. 2017 105,4 110,6 107,4 106,2
2ᵉ trim. 2017 105,6 111,6 109,7 107,1
3ᵉ trim. 2017 110,0 115,1 115,2 115,1
4ᵉ trim. 2017 112,0 117,7 115,6 118,5
1ᵉ trim. 2018 111,0 116,8 123,2 122,9
2ᵉ trim. 2018 111,0 118,5 126,5 126,9
3ᵉ trim. 2018 109,3 116,1 128,9 128,2
4ᵉ trim. 2018 112,1 119,7 130,2 134,0
1ᵉ trim. 2019 115,4 125,6 150,6 145,0
2ᵉ trim. 2019 115,5 124,6 149,4 145,2
3ᵉ trim. 2019 116,2 124,7 152,5 150,0
4ᵉ trim. 2019 109,8 120,8 154,9 153,0
1ᵉ trim. 2020 106,7 114,3 146,0 139,3
2ᵉ trim. 2020 82,7 86,5 117,8 114,0
3ᵉ trim. 2020 120,9 132,3 179,6 178,8
4ᵉ trim. 2020 126,5 134,3 176,8 178,9
1ᵉ trim. 2021 128,7 136,0 174,9 182,7
2ᵉ trim. 2021 129,9 139,4 174,9 178,3
3ᵉ trim. 2021 130,2 135,8 174,1 173,0
4ᵉ trim. 2021 132,2 136,6 176,1 176,3
1ᵉ trim. 2022 129,3 134,9 179,9 178,0
  • Note : données trimestrielles corrigées des variations saisonnières (CVS).
  • Champ : ensemble des activités marchandes hors agriculture.
  • Source : Insee, REE (Répertoire des Entreprises et des Établissements - Sirene).

Figure 7Créations d'entreprises

  • Note : données trimestrielles corrigées des variations saisonnières (CVS).
  • Champ : ensemble des activités marchandes hors agriculture.
  • Source : Insee, REE (Répertoire des Entreprises et des Établissements - Sirene).

Sur le trimestre, 20 000 créations relèvent du microentrepreneuriat et tirent la croissance régionale, avec une hausse de 4,9 %. Sous ce régime, les services enregistrent à nouveau une forte progression (+ 15,1 %), tandis que le commerce recule nettement (– 17,2 %). Hors microentrepreneuriat, les créations baissent (– 2,2 %), entraînées par le commerce et l’industrie (tous deux autour de – 12,5 %). Les services gardent la tête hors de l’eau, mais avec une augmentation bien moins franche (+ 4,1 %).

Entre avril 2021 et mars 2022, 3 400 défaillances d’entreprises ont été répertoriées dans la région. Après avoir atteint un point bas dans un contexte de mesures étatiques de soutien aux entreprises, les dépôts de bilan semblent repartir à la hausse depuis le début de l’année, dans la région comme en France. Les défaillances restent toutefois bien en deçà de leur niveau d’avant-crise (environ 6 000 dans la région sur un an).

Avertissement sur les créations d’entreprises

Les créations d’entreprises sont calculées selon un dispositif rénové depuis la publication portant sur janvier 2022. Il en résulte un relèvement, en niveau, de l’historique des créations d’entreprises. Pour plus de détails, se référer à la documentation sur le sujet.

Un dynamisme quasi généralisé pour la construction de logements

Dans la région, 68 700 autorisations de construction de logements neufs ont été délivrées entre avril 2021 et mars 2022. Par rapport au cumul annuel de l’année précédente, le volume de permis de construire progresse de 25,6 % (figure 8). Le constat au niveau national est presque identique, avec un demi-point de plus. La poussée est globale dans la région, seuls le Rhône et la Haute-Savoie étant sous la barre des 10 %. L’Allier, la Drôme, l’Isère, la Haute-Loire et le Puy-de-Dôme sont particulièrement dynamiques, avec des hausses supérieures à 40 %. En comparaison avec l’avant-crise, le volume d’autorisations de construction augmente de 7 %.

Les mises en chantier de logements progressent également sur les douze derniers mois, mais à un rythme bien moindre (+ 8,2 % dans la région, contre + 9,8 % en France). La hausse est supérieure à 40 % en Haute-Loire et dans le Puy-de-Dôme. Bien que plus faible, elle reste à deux chiffres dans le Cantal, l’Ardèche, la Savoie et l’Ain. Inversement, le Rhône est en recul de 4,4 % et, compte tenu de son poids important dans la région, freine la croissance régionale.

Figure 8Évolution du nombre de logements autorisés à la construction

indice base 100 en décembre 2014
Évolution du nombre de logements autorisés à la construction (indice base 100 en décembre 2014)
Auvergne-Rhône-Alpes France hors Mayotte
déc. 2014 100,0 100,0
janv. 2015 98,9 99,7
févr. 2015 98,7 99,1
mars 2015 96,9 98,0
avr. 2015 97,8 99,1
mai 2015 98,3 98,4
juin 2015 98,1 99,6
juil. 2015 97,4 99,4
août 2015 98,1 100,5
sept. 2015 98,5 101,5
oct. 2015 102,8 102,3
nov. 2015 103,7 104,7
déc. 2015 101,9 106,3
janv. 2016 102,4 106,7
févr. 2016 104,3 108,4
mars 2016 105,6 108,8
avr. 2016 106,1 110,1
mai 2016 108,0 112,6
juin 2016 105,9 113,0
juil. 2016 108,1 114,3
août 2016 110,6 115,7
sept. 2016 113,0 118,4
oct. 2016 114,3 119,2
nov. 2016 116,5 120,4
déc. 2016 120,0 121,8
janv. 2017 120,6 122,6
févr. 2017 120,4 122,9
mars 2017 120,9 125,6
avr. 2017 123,5 125,4
mai 2017 125,7 126,4
juin 2017 128,3 127,7
juil. 2017 127,8 129,4
août 2017 127,8 129,9
sept. 2017 129,3 130,2
oct. 2017 128,3 130,8
nov. 2017 126,5 129,7
déc. 2017 128,3 129,3
janv. 2018 127,8 129,6
févr. 2018 129,8 130,3
mars 2018 129,4 128,6
avr. 2018 128,0 128,7
mai 2018 126,3 128,4
juin 2018 125,0 126,7
juil. 2018 123,0 125,1
août 2018 123,0 124,6
sept. 2018 119,1 123,4
oct. 2018 118,5 123,2
nov. 2018 119,3 122,9
déc. 2018 116,7 121,2
janv. 2019 116,9 120,8
févr. 2019 113,0 119,0
mars 2019 111,5 118,1
avr. 2019 111,7 118,5
mai 2019 113,0 117,8
juin 2019 113,7 117,5
juil. 2019 115,2 118,2
août 2019 115,4 117,0
sept. 2019 115,6 115,6
oct. 2019 115,9 116,4
nov. 2019 115,2 116,4
déc. 2019 118,7 118,2
janv. 2020 120,7 118,9
févr. 2020 124,8 120,3
mars 2020 126,1 120,1
avr. 2020 120,7 114,5
mai 2020 114,6 110,2
juin 2020 113,7 109,0
juil. 2020 111,9 106,2
août 2020 109,8 105,4
sept. 2020 109,1 105,5
oct. 2020 108,1 103,7
nov. 2020 107,6 104,0
déc. 2020 103,7 103,0
janv. 2021 103,9 102,1
févr. 2021 101,5 101,8
mars 2021 101,1 102,9
avr. 2021 106,9 108,5
mai 2021 111,7 113,1
juin 2021 112,6 115,3
juil. 2021 115,2 118,6
août 2021 116,1 119,9
sept. 2021 118,9 121,9
oct. 2021 119,8 122,4
nov. 2021 120,0 122,3
déc. 2021 122,0 122,6
janv. 2022 121,5 123,7
févr. 2022 123,7 126,7
mars 2022 126,9 129,5
avr. 2022 126,5 130,7
mai 2022 128,0 131,7
  • Notes : données mensuelles brutes, en date réelle. Chaque point représente l'évolution du cumul des 12 derniers mois.
  • La ligne verticale rouge représente la fin du trimestre d'intérêt.
  • Source : SDES, Sit@del2.

Figure 8Évolution du nombre de logements autorisés à la construction

  • Notes : données mensuelles brutes, en date réelle. Chaque point représente l'évolution du cumul des 12 derniers mois.
  • La ligne verticale rouge représente la fin du trimestre d'intérêt.
  • Source : SDES, Sit@del2.

L’activité touristique marquée par la vague Omicron en début d’année

Au premier trimestre 2022, marqué par la survenue de la vague Omicron avec son pic fin janvier, les hôtels de la région ont enregistré six millions de nuitées (figure 9). Le niveau de fréquentation reste inférieur aux années précédant la crise sanitaire et s’explique principalement par une chute de la clientèle résidant à l’étranger. Par rapport à début 2019, celle-ci est en recul de 28 % dans la région. La clientèle résidant en France garde un niveau quasi égal à l’avant-crise. Dans la région, elle représente un peu plus de 76 % de la fréquentation totale sur le trimestre, soit environ cinq points de plus qu’avant la survenue de la Covid.

Au mois de janvier 2022, les nombres d’heures rémunérées dans les secteurs touristiques approchent ceux enregistrés avant la crise (+ 0,5 % dans l’hébergement, mais – 0,5 % dans la restauration). À la fin du pic épidémique de début d’année, leurs niveaux remontent en février et mars et se situent entre + 4 % et + 6 % par rapport aux totaux d’avant-crise. En avril, selon des données provisoires, le volume d’heures fléchirait légèrement, mais demeurerait au-dessus de celui observé en 2019.

Figure 9Évolution de la fréquentation hôtelière

Évolution de la fréquentation hôtelière
Nuitées totales Nuitées clientèle résidente
1ᵉʳ trimestre 2017 6 381 4 610
1ᵉʳ trimestre 2018 6 466 4 589
1ᵉʳ trimestre 2019 6 540 4 584
1ᵉʳ trimestre 2020 5 961 4 246
1ᵉʳ trimestre 2021 2 204
1ᵉʳ trimestre 2022 6 005 4 603
  • Note : données trimestrielles brutes. En 2021, les enquêtes ne permettent pas la répartition entre clientèle étrangère et résidente.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT) et la DGE, enquête hôtellerie, 2017-2022.

Figure 9Évolution de la fréquentation hôtelière

  • Note : données trimestrielles brutes. En 2021, les enquêtes ne permettent pas la répartition entre clientèle étrangère et résidente.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT) et la DGE, enquête hôtellerie, 2017-2022.

Les chiffres d’affaires dans l’hôtellerie progressent et dépassent en février, pour la première fois, le niveau enregistré avant la crise sanitaire (de près de 2 %). Dans la restauration, ils sont légèrement en deçà (– 0,9 %). En mars, selon des données provisoires, c’est l’inverse qui se produirait : l’hôtellerie repasserait sous son niveau d’avant-crise (– 1,4 %), tandis que la restauration le dépasserait nettement (+ 4,5 %).

Encadré 1 - Contexte international – L’économie mondiale face aux chocs

Début 2022, les principales économies mondiales ont été confrontées à une situation sanitaire dégradée ainsi qu’au déclenchement de la guerre en Ukraine qui, notamment, a accentué les tensions sur les prix. L’activité économique a ainsi marqué le pas dans les principales économies occidentales, grevée en zone euro par l’inflation et le recul de la consommation des ménages. Au Royaume-Uni et aux États-Unis en revanche, la consommation a progressé, soutenue par les hausses de salaire et la baisse du taux d’épargne des ménages. Au deuxième trimestre, l’activité mondiale aurait progressé à un rythme modéré, affectée par les confinements en Chine et la hausse de l’inflation, et ce malgré l’amélioration de la situation sanitaire en zone euro.

Encadré 2 - Contexte national – En France, l’activité s’est repliée début 2022

Début 2022, l’activité française s’est légèrement repliée (– 0,2 % au premier trimestre). La consommation des ménages, en particulier, a nettement reculé (– 1,5 %), du fait d’une situation sanitaire dégradée et d’une hausse continue de l’inflation, accentuée fin février par le déclenchement de la guerre en Ukraine (+ 4,5 % d’inflation sur un an en mars après + 2,9 % en janvier). L’emploi, en revanche, a continué de progresser, tout en ralentissant. Il a notamment été porté par l’alternance et de possibles besoins de main-d’œuvre pour pallier les absences liées à la pandémie. Au deuxième trimestre, l’amélioration de la situation sanitaire aurait conduit l’activité à se redresser, tirée par les secteurs ayant pâti de la vague pandémique (hébergement-restauration, services de transport…). La consommation ne se serait reprise que modérément, la hausse de l’inflation continuant de peser sur les décisions d’achat des ménages.

Publication rédigée par : Frédéric Lahi, Annelise Robert (Insee)

Définitions

Les personnes salariées travaillent, aux termes d'un contrat, pour une autre entité en échange d'un salaire ou d'une rétribution équivalente, avec un lien de subordination.

Les non-salariés travaillent mais sont rémunérées sous une autre forme qu'un salaire.

En pratique, les non‑salariés sont des personnes affiliées à un régime de protection sociale des travailleurs non salariés : régime social des indépendants (RSI), Urssaf ou Mutualité sociale agricole (MSA). Sont concernés les micro‑entrepreneurs d’une part et les non‑salariés « classiques » de l’autre ; ces derniers sont pour l’essentiel des entrepreneurs individuels « classiques » (hors micro‑entrepreneurs) ou des gérants majoritaires de sociétés à responsabilité limitée (SARL ou SELARL).

L' intérim (ou travail intérimaire ou travail temporaire) consiste à mettre à disposition provisoire d’entreprises clientes, des salariés qui, en fonction d'une rémunération convenue, sont embauchés et rémunérés à cet effet par l'entreprise de travail temporaire.


Elle se caractérise donc par une relation triangulaire entre l’entreprise de travail temporaire, l’entreprise cliente et le salarié, et implique la conclusion de deux contrats : un contrat de mise à disposition (entre l’entreprise de travail temporaire et l’entreprise cliente) et un contrat de mission (entre l’entreprise de travail temporaire et le salarié).

Le secteur tertiaire recouvre un vaste champ d'activités qui s'étend du commerce à l'administration, en passant par les transports, les activités financières et immobilières, les services aux entreprises et services aux particuliers, l'éducation, la santé et l'action sociale.

Il est composé du :

  • tertiaire principalement marchand (commerce, transports, activités financières, services rendus aux entreprises, services rendus aux particuliers, hébergement-restauration, immobilier, information-communication) ;
  • tertiaire principalement non-marchand (administration publique, enseignement, santé humaine, action sociale).

Le périmètre du secteur tertiaire est de fait défini par complémentarité avec les activités agricoles et industrielles (secteurs primaire et secondaire).

Lorsqu'une entreprise réduit son activité au-dessous de l'horaire légal ou arrête momentanément tout ou partie de son activité et qu'elle n'entend pas rompre les contrats de travail qui la lient à ses salariés, elle peut avoir recours au chômage partiel.

Le système d'indemnisation du chômage partiel permet de gérer une baisse d'activité ponctuelle, limitée dans le temps et ayant pour cadre l'année civile.

Remarque :

Le dispositif du chômage partiel a pour but d'éviter des licenciements : il permet à une entreprise qui subit une perte d'activité de nature économique, technique ou naturelle, de réduire temporairement les horaires de ses effectifs.

Lorsque le chômage partiel se prolonge au-delà de 6 semaines, les salariés dont le contrat de travail est suspendu sont considérés comme étant à la recherche d'un emploi et peuvent être admis au bénéfice de l'allocation d'aide de retour à l'emploi versée par Pôle Emploi ; on parle alors de « chômage partiel total ».

En 2008, afin de tenir compte de la dégradation de la conjoncture économique, l'instruction DGEPF n° 2008/19 du 25 novembre 2008 précise les conditions d'une application dynamique du chômage partiel, qu'il s'agisse, par exemple, de répondre favorablement aux demandes des entreprises en redressement judiciaire, dans la perspective de leur reprise, aux demandes des entreprises de sous-traitance affectées par les difficultés de leurs donneurs d'ordres, ou encore, d'assouplir l'interprétation du caractère temporaire du chômage partiel.

L'instruction rappelle également les autres dispositifs auxquels peuvent recourir les entreprises avant de solliciter l'État pour bénéficier du chômage partiel : aménagement du temps de travail dans le cadre fixé par la loi du 20 août 2008, formation des salariés...

Le taux de chômage est le pourcentage de chômeurs dans la population active (actifs occupés + chômeurs).

On peut calculer un taux de chômage par âge en mettant en rapport les chômeurs d'une classe d'âge avec les actifs de cette classe d'âge. De la même manière se calculent des taux de chômage par sexe, par PCS, par région, par nationalité, par niveau de diplôme...

Remarque :

Le taux de chômage diffère de la part du chômage qui, elle, mesure la proportion de chômeurs dans l'ensemble de la population.

Rapport entre le nombre de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT) et le nombre d’actifs au sens du BIT.

Les demandeurs d'emploi en fin de mois (DEFM) sont les personnes inscrites à Pôle Emploi et ayant une demande en cours au dernier jour du mois.

Les demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) sont ceux inscrits en catégories A, B, C, depuis un an ou plus.

Une création d'entreprise correspond à la mise en œuvre d'une nouvelle combinaison de facteurs de production avec pour restriction qu'aucune autre entreprise ne soit impliquée dans cet évènement.

Les créations d’entreprises sont en fait des créations d’unités légales. On parle néanmoins de créations d’entreprises en raison de la spécificité de la situation au moment de la création. En effet, au moment de son immatriculation, il n’est pas possible de déterminer si une unité légale est indépendante ou appartient à un groupe. Par défaut, au moment de la création, toute entité est donc indépendante et considérée comme une entreprise.

La statistique mensuelle des créations d'entreprises est constituée à partir des informations du Répertoire des entreprises et des établissements (REE), issu de Sirene. Les créations d'entreprises correspondent aux unités légales du répertoire Sirene qui enregistrent un début d'activité relevant de l'un des cas suivants :

  • l'immatriculation d'une nouvelle unité légale avec création d'une nouvelle combinaison de facteurs de production ;
  • le cas où l'entrepreneur redémarre une activité après une interruption de plus d'un an (il n'y a pas de nouvelle immatriculation mais reprise de l'ancien numéro Siren, en général pour un entrepreneur individuel) ;
  • le cas où l'entrepreneur redémarre une activité après une interruption de moins d'un an, mais avec changement d'activité ;
  • la reprise par une unité légale nouvellement immatriculée de tout ou partie des activités et facteurs de production d'une autre unité légale, lorsqu'il n'y a pas de continuité économique entre la situation du cédant et celle du repreneur.

On considère qu'il n'y a pas continuité économique de l'unité légale si, parmi les trois éléments suivants concernant son siège, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l'unité légale contrôlant l'établissement siège, l'activité économique et la localisation.

Depuis les données relatives à janvier 2009, à la suite de la mise en place du régime de l'auto-entrepreneur (renommé micro-entrepreneur, à compter du 19 décembre 2014), les statistiques de créations d'entreprises incluent les demandes de créations enregistrées dans Sirene au titre de ce régime. Ce dénombrement n'inclut pas les entrepreneurs déjà en activité avant le 1er janvier 2009 et qui avaient demandé, à titre dérogatoire au plus tard le 31 mars 2009, à bénéficier du régime micro-social et du versement fiscal libératoire en 2009.

La statistique de créations d'entreprises couvre l'ensemble des activités marchandes hors agriculture.

Remarque :

Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d'entreprise s'appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons.


Une unité légale est en situation de défaillance ou de dépôt de bilan à partir du moment où une procédure de redressement judiciaire est ouverte à son encontre.

Cette procédure intervient lorsqu'une unité légale est en état de cessation de paiement, c'est-à-dire qu'elle n'est plus en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible.

Remarque :

Il ne faut pas confondre la notion de défaillance et la notion de cessation. La notion de cessation correspond à l'arrêt total de l'activité économique d'une entreprise. Toutes les défaillances ne donnent pas des cessations. Par exemple, un jugement d'ouverture de procédure de défaillance (dépôt de bilan d'une entreprise inscrite dans le cadre d'une procédure judiciaire) ne se résout pas forcement par une liquidation.

Toutes les cessations n'ont pas donné lieu à une défaillance. Par exemple, un entrepreneur individuel peut cesser son activité suite à un départ en retraite.

Un logement autorisé est un logement, non encore réalisé, dont la construction a été autorisée par un permis de construire ou une non-opposition à une déclaration préalable.


Un logement est considéré comme commencé (ou mis en chantier) après réception de la déclaration d’ouverture de chantier (DOC) envoyée par le pétitionnaire (ou maître d’ouvrage).

Un chantier est considéré ouvert lorsque les fouilles en rigole ou les fondations sont entreprises pour une partie ou la totalité des constructions autorisées.

Remarque :

Une « fouille en rigole » est un creusement du sol pour permettre la construction à l'emplacement des « semelles » (ces dernières sont les parties basses).

La correction des variations saisonnières permet d’éliminer l'effet de fluctuations périodiques infra-annuelles dues au calendrier et aux saisons, de manière à faire ressortir les évolutions les plus significatives de la série. Celles-ci sont contenues dans la tendance et la composante irrégulière.

Par exemple, les ventes de jouets augmentent toujours fortement entre novembre et décembre, en raison de Noël. Sur les données brutes, cet effet périodique masque l’évolution conjoncturelle sous-jacente pour une année donnée. Une fois la série désaisonnalisée, c’est-à-dire l’effet Noël retiré, les ventes peuvent s’avérer en baisse, signe d’une moins bonne année.

Pour en savoir plus

Bilan économique 2021 : « Un retour progressif à la normale », Insee Conjoncture Auvergne-Rhône-Alpes n° 32, juin 2022

« Embellie en fin d’année » Insee Conjoncture Auvergne-Rhône-Alpes n° 31, avril 2022

« Guerre et Prix », Note de conjoncture, Insee, juin 2022

« Au premier trimestre 2022, toutes les régions sont au-dessus de leur niveau d’emploi salarié d’avant la crise sanitaire », Informations rapides n° 180, juillet 2022

Tableau de bord de la conjoncture