Insee
Insee Focus · Décembre 2021 · n° 257
Insee FocusLa dégradation du solde naturel affaiblit le dynamisme démographique entre 2013 et 2019

Chantal Brutel (Insee)

Au 1ᵉʳ janvier 2019, 66 988 000 personnes vivent en France hors Mayotte, soit une croissance moyenne de 0,4 % par an depuis 2013. Le dynamisme démographique faiblit un peu car la contribution du solde naturel se réduit dans presque toutes les régions. Entre 2013 et 2019, la population baisse en Martinique et en Guadeloupe ; elle est relativement stable en Hauts-de-France, Grand Est, Normandie, Centre-Val de Loire et Bourgogne-Franche-Comté et continue de croître dans les autres régions de France métropolitaine. De plus en plus de départements enregistrent des baisses de population. Les communes rurales sous forte influence des villes sont les plus dynamiques. Elles cumulent dans leur ensemble excédents naturel et migratoire. À l’opposé, les communes rurales autonomes connaissent un déficit démographique dû à un solde naturel négatif.

Insee Focus
No 257
Paru le : Paru le 29/12/2021

Le solde naturel baisse dans presque toutes les régions

Au 1er janvier 2019, 66 988 000 personnes vivent en France hors Mayotte (sources). Entre 2013 et 2019 (encadré 1), la population augmente de 0,4 % par an en moyenne, soit 237 000 habitants supplémentaires chaque année, l’équivalent de la commune de Lille (figure 1). Cette dynamique de population est, comme par le passé, davantage tirée par le solde naturel que par le solde migratoire apparent. Entre 2013 et 2019, le solde naturel induit une hausse de 0,3 % de la population en moyenne chaque année. Celle due au solde migratoire apparent est de 0,1 %. Entre 2008 et 2013, la population augmentait de 0,5 % par an dont 0,4 % dû au solde naturel.

Entre 2013 et 2019, le solde naturel devient négatif par rapport à la période quinquennale précédente en Nouvelle-Aquitaine et en Corse. Il a par ailleurs baissé dans toutes les autres régions, à l’exception de l’Île-de-France et de la Guyane. La diminution du solde naturel est due à la fois au plus grand nombre de décès (avec l’arrivée à des âges avancés des générations nombreuses du baby-boom) et au recul des naissances.

Figure 1 – Population des régions et taux de variation de la population

Figure 1 – Population des régions et taux de variation de la population - Lecture : entre 2013 et 2019, la population de la région Auvergne-Rhônes-Alpes a augmenté de 0,6 % par an, dont 0,3 % dû au solde naturel et 0,3 % dû au solde migratoire apparent.
Population 2019 Variation annuelle moyenne 2013-2019 (en nombre d’habitants) Taux de variation annuel moyen (en %)
2013-2019 2008-2013
Ensemble Dû au solde naturel Dû au solde migratoire apparent Ensemble Dû au solde naturel Dû au solde migratoire apparent
Île-de-France 12 262 544 50 456 0,4 0,9 – 0,4 0,5 0,9 – 0,4
Auvergne-Rhône-Alpes 8 042 936 47 557 0,6 0,3 0,3 0,8 0,4 0,3
Nouvelle-Aquitaine 6 010 289 27 685 0,5 – 0,1 0,6 0,6 0,0 0,6
Hauts-de-France 6 004 947 2 852 0,0 0,3 – 0,3 0,2 0,5 – 0,3
Occitanie 5 933 185 41 551 0,7 0,1 0,7 1,0 0,2 0,8
Grand Est 5 556 219 631 0,0 0,1 – 0,1 0,1 0,3 – 0,2
Provence-Alpes-Côte d'Azur 5 081 101 21 238 0,4 0,2 0,2 0,3 0,3 0,0
Pays de la Loire 3 806 461 24 268 0,7 0,2 0,4 0,8 0,4 0,4
Bretagne 3 354 854 16 025 0,5 0,0 0,5 0,7 0,2 0,5
Normandie 3 325 032 – 555 0,0 0,1 – 0,1 0,2 0,3 – 0,1
Bourgogne-Franche-Comté 2 805 580 – 2 367 – 0,1 0,0 – 0,1 0,1 0,2 0,0
Centre-Val de Loire 2 573 180 439 0,0 0,1 0,0 0,3 0,2 0,1
La Réunion 861 210 4 351 0,5 1,1 – 0,6 0,7 1,2 – 0,6
Guadeloupe 384 239 – 2 980 – 0,8 0,4 – 1,1 0,0 0,6 – 0,6
Martinique 364 508 – 3 507 – 0,9 0,2 – 1,1 – 0,6 0,5 – 1,1
Corse 340 440 3 372 1,0 – 0,1 1,1 1,1 0,0 1,1
Guyane 281 678 6 260 2,4 2,4 0,0 2,2 2,4 – 0,2
France hors Mayotte 66 988 403 237 276 0,4 0,3 0,1 0,5 0,4 0,1
France métropolitaine 65 096 768 233 152 0,4 0,3 0,1 0,5 0,4 0,1
DOM hors Mayotte 1 891 635 4 124 0,2 0,9 – 0,7 0,4 1,1 – 0,7
  • Note : les taux de variation sont arrondis au plus près de leurs valeurs réelles. La somme des taux dus aux soldes naturel et migratoire peut être de fait légèrement différente du taux de variation de la population.
  • Lecture : entre 2013 et 2019, la population de la région Auvergne-Rhônes-Alpes a augmenté de 0,6 % par an, dont 0,3 % dû au solde naturel et 0,3 % dû au solde migratoire apparent.
  • Champ : France hors Mayotte, limites territoriales communales en vigueur au 1er janvier 2021.
  • Source : Insee, recensements de la population de 2008, 2013 et 2019, état civil.

Entre 2013 et 2019, la croissance démographique se renforce en Guyane et Provence-Alpes-Côte d’Azur

Entre 2013 et 2019, le rythme de croissance de la population atteint ou dépasse 0,4 % par an dans dix régions. En Île-de-France (+ 0,4 %) et à La Réunion (+ 0,5 %), l’évolution résulte d’une combinaison de deux phénomènes opposés : les soldes naturels y sont les plus élevés et les soldes migratoires apparents, qui incluent les mouvements de population avec l’étranger mais aussi avec les autres régions françaises, particulièrement négatifs. Les régions où la population augmente le plus sont la Guyane (+ 2,4 %), la Corse (+ 1,0 %), l’Occitanie (+ 0,7 %), les Pays de la Loire (+ 0,7 %) et Auvergne-Rhône-Alpes (+ 0,6 %). À l’inverse, la population baisse en Guadeloupe (– 0,8 %) et en Martinique (– 0,9 %) sous l’effet de soldes migratoires négatifs. Dans les régions Hauts-de-France, Grand Est, Normandie, Centre-Val de Loire et Bourgogne‑Franche‑Comté, la population est globalement stable en raison d’un solde migratoire apparent plutôt négatif compensé par le solde naturel.

Entre 2013 et 2019, le taux de croissance annuel de la population augmente par rapport à 2008-2013 dans seulement deux régions, la Guyane et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans dix régions, il se détériore d’au moins 0,2 point par rapport à celui des années précédentes, la plus forte décélération étant constatée en Guadeloupe (– 0,8 point).

La population diminue dans 20 départements

Entre 2013 et 2019, la population baisse à un rythme moyen d’au moins 0,2 % par an dans vingt départements, contre onze entre 2008 et 2013. La Guadeloupe, Paris et la Meuse perdent au moins 0,5 point de croissance annuelle par rapport à la période 2008-2013. La ville de Paris perd annuellement 0,5 % de ses habitants alors qu’elle en gagnait 0,2 % par an durant les cinq années précédentes. Elle bénéficie pourtant d’un fort excédent des naissances sur les décès qui contribue à l’augmentation de la population au rythme de + 0,7 % par an sur chacune des deux périodes, mais qui ne suffit plus à compenser le niveau élevé du déficit migratoire apparent (figure 2). En effet, ce déficit s’aggrave sensiblement : – 1,1 % par an entre 2013 et 2019 contre – 0,6 % entre 2008 et 2013.

Figure 2a – Taux de variation annuel de la population par département entre 2013 et 2019

Figure 2a – Taux de variation annuel de la population par département entre 2013 et 2019 - Lecture : en 2019, la population de l’Ain est de 652 432 habitants. Entre 2013 et 2019, la population a augmenté de 0,9 % par an.
Département Population 2019 Taux de variation annuel
entre 2013 et 2019
(en %)
Ain 652 432 0,9
Aisne 531 345 – 0,3
Allier 335 975 – 0,4
Alpes-de-Haute-Provence 164 308 0,2
Hautes-Alpes 141 220 0,2
Alpes-Maritimes 1 094 283 0,2
Ardèche 328 278 0,4
Ardennes 270 582 – 0,6
Ariège 153 287 0,1
Aube 310 242 0,2
Aude 374 070 0,4
Aveyron 279 595 0,1
Bouches-du-Rhône 2 043 110 0,4
Calvados 694 905 0,1
Cantal 144 692 – 0,3
Charente 352 015 – 0,1
Charente-Maritime 651 358 0,5
Cher 302 306 – 0,5
Corrèze 240 073 0,0
Côte-d'Or 534 124 0,1
Côtes-d'Armor 600 582 0,1
Creuse 116 617 – 0,6
Dordogne 413 223 – 0,1
Doubs 543 974 0,3
Drôme 516 762 0,7
Eure 599 507 0,1
Eure-et-Loir 431 575 – 0,1
Finistère 915 090 0,2
Corse-du-Sud 158 507 1,0
Haute-Corse 181 933 1,0
Gard 748 437 0,3
Haute-Garonne 1 400 039 1,3
Gers 191 377 0,1
Gironde 1 623 749 1,3
Hérault 1 175 623 1,2
Ille-et-Vilaine 1 079 498 1,0
Indre 219 316 – 0,7
Indre-et-Loire 610 079 0,3
Isère 1 271 166 0,5
Jura 259 199 – 0,1
Landes 413 690 0,7
Loir-et-Cher 329 470 – 0,1
Loire 765 634 0,2
Haute-Loire 227 570 0,1
Loire-Atlantique 1 429 272 1,2
Loiret 680 434 0,4
Lot 174 094 0,0
Lot-et-Garonne 331 271 – 0,1
Lozère 76 604 0,0
Maine-et-Loire 818 273 0,4
Manche 495 045 – 0,2
Marne 566 855 – 0,1
Haute-Marne 172 512 – 0,8
Mayenne 307 062 0,0
Meurthe-et-Moselle 733 760 0,1
Meuse 184 083 – 0,7
Morbihan 759 684 0,5
Moselle 1 046 543 0,0
Nièvre 204 452 – 0,9
Nord 2 608 346 0,1
Oise 829 419 0,3
Orne 279 942 – 0,5
Pas-de-Calais 1 465 278 0,0
Puy-de-Dôme 662 152 0,5
Pyrénées-Atlantiques 682 621 0,5
Hautes-Pyrénées 229 567 0,1
Pyrénées-Orientales 479 979 0,6
Bas-Rhin 1 140 057 0,5
Haut-Rhin 767 086 0,2
Rhône 1 875 747 0,9
Haute-Saône 235 313 – 0,3
Saône-et-Loire 551 493 – 0,1
Sarthe 566 412 – 0,1
Savoie 436 434 0,5
Haute-Savoie 826 094 1,2
Paris 2 165 423 – 0,5
Seine-Maritime 1 255 633 0,0
Seine-et-Marne 1 421 197 0,7
Yvelines 1 448 207 0,3
Deux-Sèvres 374 878 0,1
Somme 570 559 0,0
Tarn 389 844 0,3
Tarn-et-Garonne 260 669 0,7
Var 1 076 711 0,8
Vaucluse 561 469 0,3
Vendée 685 442 0,7
Vienne 438 435 0,3
Haute-Vienne 372 359 – 0,2
Vosges 364 499 – 0,5
Yonne 335 707 – 0,3
Territoire de Belfort 141 318 – 0,3
Essonne 1 301 659 0,6
Hauts-de-Seine 1 624 357 0,3
Seine-Saint-Denis 1 644 903 1,0
Val-de-Marne 1 407 124 0,6
Val-d'Oise 1 249 674 0,8
Guadeloupe 384 239 – 0,8
Martinique 364 508 – 0,9
Guyane 281 678 2,4
La Réunion 861 210 0,5
  • Lecture : en 2019, la population de l’Ain est de 652 432 habitants. Entre 2013 et 2019, la population a augmenté de 0,9 % par an.
  • Champ : France hors Mayotte, limites territoriales communales en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2021.
  • Source : Insee, recensements de la population de 2013 et 2019, état civil.

Figure 2a – Taux de variation annuel de la population par département entre 2013 et 2019

  • Lecture : en 2019, la population de l’Ain est de 652 432 habitants. Entre 2013 et 2019, la population a augmenté de 0,9 % par an.
  • Champ : France hors Mayotte, limites territoriales communales en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2021.
  • Source : Insee, recensements de la population de 2013 et 2019, état civil.

Paris mise à part, le solde naturel est négatif dans la plupart des départements où la population baisse. Pour l’essentiel, ces départements sont localisés dans le quart nord-est, dans le centre et dans le Massif central. La population baisse fortement dans les départements de la Nièvre, Haute-Marne, Indre et Meuse, qui cumulent déficits naturel et migratoire apparent.

Les fortes croissances démographiques se concentrent dans un nombre plus restreint de départements qu’auparavant, autour de Paris, le long de la façade atlantique, dans le sud et dans le couloir rhodanien. Entre 2013 et 2019, la population augmente d’au moins 1,0 % par an dans dix départements, contre quinze entre 2008 et 2013. Six de ces départements cumulent excédents naturel et migratoire apparent (Haute-Garonne, Gironde, Hérault, Haute-Savoie, Loire Atlantique, Ille-et-Vilaine). La Guyane enregistre une croissance de population uniquement due à un solde naturel record (+ 2,4 %) tandis qu’à l’inverse, dans les départements corses, elle résulte du seul solde migratoire. Enfin, en Seine-Saint-Denis, le solde naturel est le plus élevé de France métropolitaine mais il est atténué par un solde migratoire apparent négatif.

Une croissance démographique plus élevée dans le rural sous forte influence des pôles

Le dynamisme démographique des territoires dépend de leur degré d’urbanisation ou de ruralité (figure 3, encadré 2). Entre 2013 et 2019, la population augmente deux fois plus rapidement dans l’espace urbain que dans l’espace rural (+ 0,4 % par an contre + 0,2 % par an) avec une forte hétérogénéité dans les espaces ruraux. La croissance est en effet élevée lorsque les communes rurales sont sous forte influence des pôles (+ 0,7 % en moyenne par an). À l’inverse, dans le rural autonome très peu dense, la population diminue de 0,4 % par an. La croissance démographique dans l’espace rural sous forte influence des pôles s’explique à parts égales par le solde naturel et par le solde migratoire apparent (+ 0,3 % chacun). Lorsque l’influence des pôles diminue, la contribution du solde naturel à la croissance démographique devient inférieure à celle du solde migratoire apparent (respectivement 0,1 % et 0,3 %). La baisse de la population dans les communes rurales autonomes est essentiellement due à l’excédent des décès sur les naissances.

Dans l’espace urbain dense, compte-tenu de la jeunesse de la population, l’augmentation de la population est portée par un solde naturel très positif (+ 0,7 %), le solde migratoire apparent étant négatif. Dans l’urbain de densité intermédiaire, le solde naturel est plus modéré mais l’augmentation de la population est aussi soutenue par le solde migratoire apparent (+ 0,2 % chacun).

Figure 3 – Variation de la population entre 2013 et 2019 selon le type d'espace

Figure 3 – Variation de la population entre 2013 et 2019 selon le type d'espace - Lecture : entre 2013 et 2019, la population a augmenté en moyenne de 0,4 % par an dans l’espace urbain (dont 0,4 % dû au solde naturel et 0,0 % dû au solde migratoire apparent).
Population 2019 Variation annuelle moyenne 2013-2019
(en nombre d’habitants)
Taux de variation annuel 2013-2019
(en %)
Ensemble Dû au solde naturel Dû au solde migratoire apparent
Espace urbain 45 089 732 185 362 0,4 0,4 0,0
Urbain dense 25 512 274 113 662 0,5 0,7 – 0,2
Urbain de densité intermédiaire 19 577 458 71 700 0,4 0,2 0,2
Espace rural 21 898 671 51 914 0,2 0,0 0,3
Rural sous forte influence d'un pôle 6 835 477 43 635 0,7 0,3 0,3
Rural sous faible influence d'un pôle 5 956 876 18 782 0,3 0,1 0,3
Rural autonome peu dense 7 557 962 – 4 984 – 0,1 – 0,3 0,2
Rural autonome très peu dense 1 548 356 – 5 519 – 0,4 – 0,3 – 0,1
Ensemble 66 988 403 237 276 0,4 0,3 0,1
  • Note : les taux de variation sont arrondis au plus près de leurs valeurs réelles. La somme des taux dus aux soldes naturel et migratoire peut être de fait légèrement différente du taux de variation de la population.
  • Lecture : entre 2013 et 2019, la population a augmenté en moyenne de 0,4 % par an dans l’espace urbain (dont 0,4 % dû au solde naturel et 0,0 % dû au solde migratoire apparent).
  • Champ : France hors Mayotte, limites territoriales communales en vigueur au 1er janvier 2021.
  • Source : Insee, recensements de la population de 2013 et 2019, état civil.

Encadré 1 – Le choix des périodes d’évolution de la population

La méthode du recensement annuel est basée sur des cycles de collecte de cinq ans. Pour plus de pertinence, les données sont donc traditionnellement analysées avec un pas de cinq ans. Toutefois, l’évolution de la situation sanitaire a conduit à reporter à 2022 l’enquête annuelle de recensement prévue en 2021. Pour toutes les communes de moins de 10 000 habitants, il y aura donc dorénavant (pendant les cinq prochaines années) un intervalle entre deux collectes de recensement de six ans au lieu de cinq habituellement. La méthode de calcul des populations annuelles a été adaptée en conséquence. Pour être robustes, les évolutions mesurées sur la dernière période (ici 2013-2019) doivent donc être analysées avec un pas de six ans. Dans le présent document, les comparaisons sont donc basées sur une période de six ans pour la plus récente (2013-2019) et une période de cinq ans (2008-2013) pour la plus ancienne. La comparaison des évolutions de la population, du solde migratoire et du solde naturel sur ces périodes de durée différente n’en reste pas moins pertinente, car toutes les données sont présentées en moyenne annuelle.

Encadré 2 – Une nouvelle approche du rural

Jusqu’en 2020, l’Insee définissait le rural comme l’ensemble des communes n’appartenant pas à une unité urbaine, notion reposant sur la continuité du bâti et le nombre d’habitants. Les territoires ruraux désignent désormais l’ensemble des communes peu denses ou très peu denses définies dans la grille communale de densité.

La densité de population ne permet pas d’appréhender toutes les dimensions de l’espace rural. En y associant des critères de degré d’influence d’un pôle d’emploi, quatre catégories d’espaces ruraux se dessinent : le rural sous forte influence d'un pôle, le rural sous faible influence d'un pôle, le rural autonome peu dense, le rural autonome très peu dense.

Publication rédigée par : Chantal Brutel (Insee)

Sources

Afin d'améliorer la prise en compte de la multirésidence, notamment pour les enfants en résidence partagée, le questionnaire du recensement de la population a évolué en 2018. La croissance de population mesurée entre 2013 et 2019 est ainsi affectée d’un léger effet questionnaire, qui est négligeable sur cette période.

Du fait du report de l’enquête annuelle de recensement de 2021, les méthodes de calcul des populations légales 2019 ont été adaptées.

Les données de population au 1ᵉʳ janvier 2019 dans les limites territoriales des communes existant au 1ᵉʳ janvier 2021 seront officielles dès leur authentification par décret. Ces populations officielles entrent en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2022.

Les statistiques sur les naissances et les décès sont issues de l’exploitation des informations d’état civil transmises par les mairies à l’Insee.

Définitions

Solde naturel : différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d'une période. On parle d’excédent lorsque ce solde est positif, de déficit dans le cas contraire.

Solde migratoire apparent : différence entre le nombre de personnes entrées sur un territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours de la période considérée. Dans cette étude, il s’agit d’un solde apparent estimé par différence entre la variation totale de la population et le solde naturel. On parle d’excédent lorsque ce solde est positif, de déficit dans le cas contraire. À l’échelle nationale, il ne comprend que les mouvements de personnes avec l’étranger ; au niveau infra-national (région, département, zonage géographique d’étude), il inclue également les mouvements de personnes avec le reste du territoire français. Le solde migratoire apparent national est égal à la somme des soldes migratoires apparents infra-nationaux. Ce concept est indépendant de la nationalité.

Pôle de l’aire d’attraction d’une ville : ensemble de communes contiguës déterminé principalement à partir de critères de densité et de population totale, suivant une méthodologie cohérente avec celle de la grille communale de densité. Un seuil d’emplois est ajouté de façon à éviter que des communes essentiellement résidentielles, comportant peu d’emplois, soient considérées comme des pôles.

Unité urbaine : commune ou ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants.

Population municipale (concept défini par le décret n°2003-485 publié au Journal officiel du 8 juin 2003, relatif au recensement de la population) : comprend les personnes ayant leur résidence habituelle (au sens du décret) sur le territoire de la commune, dans un logement ou une communauté, les personnes détenues dans les établissements pénitentiaires de la commune, les personnes sans-abri recensées sur le territoire de la commune et les personnes résidant habituellement dans une habitation mobile recensée sur le territoire de la commune.

Pour en savoir plus

D’Alessandro C., Levy D., Regnier T., « Une nouvelle définition du rural pour mieux rendre compte des réalités des territoires et de leurs transformations », in La France et ses territoires, coll. « Insee Références », édition 2021.

Vallès V., « Une croissance démographique marquée dans les espaces peu denses », Insee Focus n° 177, décembre 2019.

Vallès V., « Du nord au sud, les mouvements naturels et migratoires opposent les départements », Insee Focus n° 107, décembre 2017.