Insee Flash Hauts-de-FranceLes résidences secondaires : un choix de proximité pour les habitants des Hauts-de-France

Fabrice Danielou, Julie Dufeutrelle (Insee)

Les Hauts-de-France comptent 110 600 résidences secondaires. Ces dernières représentent 4 % du parc de logements dans la région, contre 9 % en moyenne en France métropolitaine. Leurs occupants sont majoritairement des couples sans enfant, et plutôt âgés. Le marché est essentiellement interne à la région : 7 occupants sur 10 y vivent à titre principal. Plus de trois quarts d’entre eux vivent à moins de deux heures de leur résidence secondaire, soit la proportion la plus forte observée en France métropolitaine.

Insee Flash Hauts-de-France
No 118
Paru le : Paru le 11/02/2021
Fabrice Danielou, Julie Dufeutrelle (Insee)
Insee Flash Hauts-de-France  No 118 - Février 2021

4 % de résidences secondaires dans les Hauts-de-France

En 2017, les Hauts-de-France comptent 110 600 résidences secondaires, soit 4 % du total de France métropolitaine, ce qui positionne la région au 10ᵉ rang métropolitain. Cette part reste sensiblement inférieure au poids démographique de la région (9 %). Au niveau national, trois régions concentrent près de la moitié du stock de résidences secondaires : Occitanie (16 %), Provence-Alpes-Côte d’Azur (15 %) et Auvergne-Rhône-Alpes (15 %).

Dans les Hauts-de-France, le parc de logements est davantage composé de résidences principales qu’en France métropolitaine (86 % contre 80 %). Les résidences secondaires ne représentent que 4 % de l’ensemble des logements de la région, soit 5 points de moins qu’au national. La région se classe ainsi à l’avant-dernier rang des régions métropolitaines.

Les résidences secondaires sont surtout localisées dans le Pas-de-Calais et la Somme (figure 1), des territoires présentant une façade maritime importante et touristique. Respectivement 42 100 et 23 200 logements dans ces départements sont des résidences secondaires (soit 6 % et 8 % du parc de logements). À l’autre extrême, le Nord, l’Oise et l’Aisne en concentrent peu, respectivement 2, 3 et 4 % de leur parc, soit 22 000, 12 500 et 10 800 logements.

Sur les 110 600 résidences secondaires de la région, 7 100 (soit 6 %) sont occupées par des résidents étrangers. Les 103 500 logements restants sont habités par 91 000 ménages résidant en France, certains en détenant plusieurs.

Figure 1La proximité de la mer, facteur majeur dans le choix géographiquePart de résidences secondaires par commune dans les Hauts-de-France en 2017

  • Source : Insee, recensement de la population 2017, exploitation principale.

Beaucoup d’occupants sont des couples sans enfant et plutôt âgés

Parmi ces ménages, les couples sans enfant et les personnes âgées sont surreprésentés, constat également vérifié au niveau national. La retraite, la fin d’un emprunt immobilier, le départ des enfants du foyer ou un héritage sont autant d’évènements susceptibles de motiver l’acquisition d’un logement supplémentaire.

Les couples sans enfant représentent ainsi 39 % des occupants de résidence secondaire, contre environ 24 % dans l’ensemble des ménages. De même, les référents fiscaux de 50 à 79 ans sont très majoritaires, représentant deux occupants sur trois d’une résidence secondaire dans les Hauts-de-France (figure 2).

Percevoir des revenus élevés est une composante déterminante dans l’accès à une résidence secondaire. Ainsi, 20 % des occupants de ces logements dans la région perçoivent 80 000 € ou plus par an alors qu’ils ne représentent que 4 % des ménages des Hauts-de-France (contre 6 % en moyenne en métropole).

Être propriétaire d’une résidence secondaire n’implique pas forcément d’être propriétaire d’une résidence principale. En effet, 17 % des propriétaires de résidence secondaire dans la région ne le sont pas de leur résidence principale (soit 1 point de plus qu’au niveau national).

Figure 2Les ménages de 50 à 79 ans représentent 67 % des occupants de résidences secondairesCaractérisation des occupants de résidences secondaires des Hauts-de-France, des ménages des Hauts-de-France et des ménages de France métropolitaine

Les ménages de 50 à 79 ans représentent 67 % des occupants de résidences secondaires - Note de lecture : parmi les résidents à titre secondaire dans les Hauts-de-France, 16 % disposent d’un revenu disponible compris entre 60 000 et 80 000 €. C’est 10 points de plus que chez les résidents à titre principal dans la région.
Occupants de résidences secondaires dans les Hauts-de-France Population des Hauts-de-France Population de France métropolitaine
Type de ménage (en %)
Couple sans enfant 39 24 24
Couple avec enfant(s) 27 29 27
Famille monoparentale 5 12 11
Personne seule 21 31 35
Autre 8 4 4
Âge du référent fiscal (en %)
Moins de 30 ans 4 9 8
Entre 30 et 49 ans 17 35 33
Entre 50 et 79 ans 67 48 48
80 ans et plus 12 9 10
Niveau de revenus (en %)
Moins de 20 000 € 8 26 25
20 000 € à moins de 40 000 € 29 43 41
40 000 € à moins de 60 000 € 27 21 21
60 000 € à moins de 80 000 € 16 6 8
80 000 € et plus 20 4 6
  • Note de lecture : parmi les résidents à titre secondaire dans les Hauts-de-France, 16 % disposent d’un revenu disponible compris entre 60 000 et 80 000 €. C’est 10 points de plus que chez les résidents à titre principal dans la région.
  • Sources : Fideli 2017 et Filosofi 2017.

7 occupants sur 10 ont aussi leur résidence principale dans la région

Parmi les 91 000 ménages occupants de résidence secondaire dans la région, 69 % y ont également leur résidence principale, soit 19 points de plus qu’au niveau national. Le marché de la résidence secondaire dans les Hauts-de-France est donc essentiellement tourné vers la région. Elle suit de près le Grand Est, première région de France métropolitaine au marché intrarégional, où 70 % des occupants de résidence secondaire y vivent aussi à titre principal.

Mais cette proportion diminue au fur et à mesure que le revenu augmente. Dans les tranches de revenus les plus faibles, la proportion de ménages ayant à la fois leurs résidences secondaire et principale dans la région est élevée : elle atteint 80 % chez les ménages gagnant moins de 20 000 € par an. Cette proportion n’est en revanche que de 61 % chez les ménages percevant 80 000 € ou plus.

Après les habitants de la région, les ménages franciliens sont les occupants les plus fréquents de résidences secondaires dans les Hauts-de-France. Pour autant, ils sont proportionnellement moins présents que dans les autres régions (22 % contre 25 % en moyenne dans l’ensemble des régions métropolitaines). Les ménages résidant en dehors des Hauts-de-France et de l’Île-de-France ne représentent que 9 % des occupants des résidences secondaires.

Plus de 3 occupants sur 4 vivent à moins de 2 heures

Nombreux sont les occupants de résidence secondaire de la région à bénéficier d’un temps de trajet court depuis leur résidence principale, ce qui favorise les petits séjours, le temps d’un week-end par exemple. Près de 77 % d’entre eux vivent à moins de 2 heures de leur résidence secondaire. C’est la proportion la plus forte de toutes les régions (29 points de plus que la moyenne de France métropolitaine). Cela peut s’expliquer à la fois par la proportion importante de ménages disposant d’une résidence principale et secondaire dans la région, la proximité immédiate de l’Île-de-France, mais aussi par la géographie de la région et la présence d’infrastructures routières facilitant l’accès aux principaux lieux de villégiature.

Quels lieux de résidence secondaire pour les habitants des Hauts-de-France ?

Dans les Hauts-de-France, 130 600 ménages occupent une résidence secondaire dans ou en dehors de la région. Pour 48 % de ces ménages (50 % en France métropolitaine), elle se situe dans les Hauts-de-France. Viennent ensuite les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur (9 %), Auvergne-Rhône-Alpes (9 %) et Occitanie (8 %).

À une échelle infra-régionale, le critère de proximité de la résidence secondaire reste vrai. Par exemple, 47 % des ménages occupant une résidence secondaire dans le Pas-de-Calais y vivent à titre principal.

D’autres régions s’exportent davantage, comme l’Île-de-France qui en est l’exemple le plus marquant. En effet, seulement 17 % des ménages franciliens portent leur choix de résidence secondaire sur la région parisienne. Ils se tournent ensuite vers la Normandie (12 %), la Nouvelle-Aquitaine (11 %) et la Bretagne (10 %), les Hauts-de-France n’arrivant qu’en 11ᵉ position avec 3 %.

Sources

Le fichier démographique sur les logements et les individus (Fidéli) 2017 se présente comme un assemblage de données principalement fiscales (fichier de la taxe d’habitation, des propriétés bâties, d’imposition des personnes…) conçu à des fins d’analyses socio-démographiques. À la différence du recensement de la population, Fidéli permet de disposer de nombreuses informations sur les résidences secondaires et leurs occupants lorsque le local est associé à une personne physique. Pour les logements dont le propriétaire réside à l’étranger, seul le pays d’envoi des documents fiscaux est connu. Les logements retenus comme résidences secondaires sont ceux qui dans la table locale de Fidéli ont une taxe d’habitation secondaire active. La part des résidences secondaires est calculée sur l’ensemble des logements.

Le fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2017 est issu du rapprochement des données fiscales (déclaration de revenus des personnes physiques, taxe d’habitation et fichier d’imposition des personnes physiques de la Direction générale des finances publiques) et des données sur les prestations sociales (issues des CNAF, CNAV, MSA).

La carte consacrée aux pourcentages de résidences secondaires par communes a été réalisée à partir de l’exploitation principale du recensement de la population 2017.