Insee Flash CorseEn Corse, 86 % de la population vit dans l’aire d’attraction d’une ville

Arnaud Huyssen, Rémi Malleville (Insee)

L’aire d’attraction d’une ville définit l’étendue de son influence sur les communes environnantes. En Corse, sept aires d’attraction des villes regroupent 86 % de la population. Ce sont des aires de petite taille : aucune ne dépasse 200 000 habitants. Quatre personnes sur dix vivent dans les pôles des aires contre cinq sur dix au niveau national. Les emplois sont encore plus concentrés que la population dans les pôles. Entre 2007 et 2017, la croissance démographique est supérieure à la tendance nationale, que ce soit dans les pôles, les couronnes ou hors des aires.

Arnaud Huyssen, Rémi Malleville (Insee)
Insee Flash Corse  No 54 - Octobre 2020

Le zonage en aires d’attraction des villes succède au zonage en aires urbaines de 2010. L’aire d’attraction d’une ville définit l’étendue de son influence sur les communes environnantes, mesurée par les déplacements domicile-travail (méthodologie). En Corse sept aires d’attraction des villes regroupent 256 communes et 86 % de la population (figure 1). C’est le taux le plus bas après la Guyane (78 %) et avant la Nouvelle-Aquitaine et la Bretagne (87 %). Il est inférieur de 8 points à la moyenne nationale.

Figure 1Sept aires d’attraction des villes en CorseAires d'attraction des villes (AAV) dans la région Corse selon le nombre d'habitants en 2017

Sept aires d’attraction des villes en Corse -
Nom de l'AAV Taille de l'AAV selon le nombre d'habitants en 2017
AAV de Ajaccio AAV de 50 000 à 200 000 habitants
AAV de Bastia AAV de 50 000 à 200 000 habitants
AAV de Calvi AAV de moins 50 000 habitants
AAV de Corte AAV de moins 50 000 habitants
AAV de L'Île-Rousse AAV de moins 50 000 habitants
AAV de Porto-Vecchio AAV de moins 50 000 habitants
AAV de Propriano AAV de moins 50 000 habitants
  • Source : Insee, recensement de la population 2017

Figure 1Sept aires d’attraction des villes en CorseAires d'attraction des villes (AAV) dans la région Corse selon le nombre d'habitants en 2017

  • Source : Insee, recensement de la population 2017

Sept aires d’attraction des villes de moins de 200 000 habitants

Avec un territoire assez étendu et une population moins nombreuse que celle des autres régions, la Corse demeure peu urbanisée (38 habitants par km²). En particulier, on n’y dénombre aucune aire supérieure ou égale à 200 000 habitants parmi les 55 que compte le territoire français.

En Corse, seules deux aires d’attraction abritent plus de 50 000 habitants : les aires d’Ajaccio et de Bastia avec une population respectivement de 114 000 et 109 000 personnes. Elles concentrent les deux tiers des résidents et la moitié des communes de l’île. Ensuite, cinq autres aires d’attraction des villes ont moins de 50 000 habitants. Il s’agit des aires de Porto-Vecchio, Corte, Calvi, L’Île-Rousse et Propriano. Elles regroupent ensemble 64 000 habitants soit 19 % de la population corse et 84 communes. Enfin 104 communes sont hors attraction des villes. Ce sont de petites communes : la moitié d’entre elles a moins de 150 habitants et elles totalisent 48 000 habitants soit 14 % de la population insulaire.

Quatre habitants sur dix résident au sein du pôle d’une aire

En Corse, 44 % de la population régionale vit dans des pôles, c’est moins qu’au niveau national (50 %).

Comme sur l’ensemble du territoire français, la majorité des pôles corses est composée d’une unique commune-centre. Seul le pôle de Propriano en compte deux : Propriano (3 747 habitants) et Viggianello (814 habitants).

Au sein des aires d’attraction des villes, les pôles concentrent en moyenne 52 % de la population, en Corse comme au niveau national. Cependant la répartition de la population est fortement variable à l’intérieur des aires. Dans celle d’Ajaccio, la population est la plus concentrée dans le pôle, avec 62 % des habitants de l’aire, soit 22 points de plus que l’ensemble des aires françaises de cette taille. Alors que celle de Bastia est dans la moyenne avec 42 % de la population dans son pôle.

Dans les aires de plus petite taille, la part de la population dans le pôle s’élève en moyenne à 51 % sur l’île (53 % au niveau national). Elle atteint un maximum dans les pôles de Propriano (61 %) et de Corte (59 %) alors que la concentration est moindre dans les aires de Calvi (46 %) et de L’Île-Rousse (35 %).

Les pôles centralisent l’emploi

Les emplois sont encore plus concentrés que la population dans les pôles (figure 2). Ces derniers regroupent 58 % des emplois de la région.

Dans les pôles des aires, on trouve ainsi 131 emplois pour 100 actifs occupés résidents. Un taux proche du taux national. Dans le pôle de L’Île-Rousse, le taux de couverture de l’emploi est le plus important avec 181 emplois pour 100 actifs occupés résidents. Cela tient à la faible part de la population et des actifs en emploi résidant dans le pôle (33 %) en raison notamment de la très petite superficie de cette commune.

À l’inverse, les couronnes, à vocation davantage résidentielle, offrent moins d’emplois qu’elles n’abritent d’actifs occupés : seulement 68 emplois pour 100 actifs occupés résidents, soit un ratio similaire au niveau national. Ce déséquilibre se traduit alors par des trajets domicile-travail plus fréquents entre la zone de résidence et celle de l’activité.

La couronne de Bastia se démarque de celle des autres aires insulaires : elle comporte 79 emplois pour 100 actifs occupés résidents. Comme la population, les actifs en emploi habitent majoritairement dans la couronne (60 %) et les emplois y sont plus présents (47 %, soit deux fois plus que dans la couronne d’Ajaccio). L’axe routier et le relief permettent le développement urbain au sud de la commune et facilitent les échanges couronne-pôle dans les deux sens.

Enfin, les communes hors des aires d’attraction des villes, comptent 94 emplois pour 100 actifs occupés, contre seulement 76 au niveau national, signe d’un isolement plus marqué de ces communes.

Figure 2Taux de couverture de l’emploiNombre d’emplois pour 100 actifs occupés résidents

Taux de couverture de l’emploi - Lecture : dans les communes des couronnes des aires corses, on trouve 68 emplois pour 100 actifs occupés résidents.
France entière Corse
Ensemble 98 99
Commune hors attraction des pôles 76 94
Couronne 67 68
Pôle 129 131
  • Lecture : dans les communes des couronnes des aires corses, on trouve 68 emplois pour 100 actifs occupés résidents.
  • Champ : limites territoriales communales de la région en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2020.
  • Source : Insee, recensement de la population 2017.

Figure 2Taux de couverture de l’emploiNombre d’emplois pour 100 actifs occupés résidents

  • Lecture : dans les communes des couronnes des aires corses, on trouve 68 emplois pour 100 actifs occupés résidents.
  • Champ : limites territoriales communales de la région en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2020.
  • Source : Insee, recensement de la population 2017.

Un dynamisme démographique généralisé

Dans la région, la croissance démographique est supérieure à la tendance nationale (figure 3). Entre 2007 et 2017, la population augmente de 1,1 % en moyenne par an contre 0,5 % pour la France. Ce dynamisme est exclusivement porté par le solde migratoire, le solde naturel étant nul sur l’île. Cette forte croissance bénéficie à tous les types de territoires.

Toutes les aires insulaires ont un taux de croissance supérieur à la moyenne nationale de leur catégorie. La croissance démographique est deux fois plus rapide dans les couronnes (+ 1,6 %) que dans les pôles (+ 0,8 %). L’aire de Porto-Vecchio croît le plus vite avec + 1,4 % en moyenne par an. Cette hausse est portée par le solde naturel dans la commune de Porto-Vecchio et par le solde migratoire dans sa couronne.

Les communes hors attraction des villes ont un taux de croissance annuel moyen de 0,9 % malgré un solde naturel négatif de - 0,2 %.

Figure 3Principales caractéristiques des aires d’attraction des villes en Corse

Principales caractéristiques des aires d’attraction des villes en Corse
Nombre de communes Population 2017 Taux de variation annuel 2007-2017 (en %) Surface km² Densité hab/km²
Ensemble Dû au solde naturel
Aire d’Ajaccio 79 113 612 1,2 -0,1 1 893 60
Pôle 1 70 659 0,9 0,0 83 847
Couronne 78 42 953 1,7 -0,2 1 810 24
Aire de Bastia 93 108 967 1,2 0,1 1 082 101
Pôle 1 45 715 0,5 0,0 20 2 317
Couronne 92 63 252 1,7 0,2 1 062 60
Aire de Porto-Vecchio 10 23 069 1,4 0,4 720 32
Pôle 1 12 042 0,6 0,7 167 72
Couronne 9 11 027 2,4 0,2 553 20
Aire de Corte 34 12 670 0,6 -0,3 726 17
Pôle 1 7 446 1,0 -0,1 150 50
Couronne 33 5 224 0,0 -0,6 576 9
Aire de Calvi 15 11 972 0,8 0,3 457 26
Pôle 1 5 559 0,2 0,7 32 174
Couronne 14 6 413 1,3 -0,1 425 15
Aire de L'Île-Rousse 12 8 788 1,1 -0,2 199 44
Pôle 1 3 043 1,0 -0,3 3 1 184
Couronne 11 5 745 1,2 -0,1 196 29
Aire de Propriano 13 7 498 1,4 -0,2 238 31
Pôle 2 4 561 1,8 0,0 36 126
Couronne 11 2 937 0,7 -0,6 202 15
Communes hors attraction des villes 104 48 362 0,9 -0,2 3 419 14
CORSE 360 334 938 1,1 0,0 8 732 38
  • Source : Insee, recensements de la population 2007 et 2017, état civil.

Pour comprendre

Le zonage en aires d’attraction des villes

Une aire d’attraction des villes est composée d’un pôle, défini à partir de critères de population et d’emploi, et d’une couronne constituée des communes dont au moins 15 % des actifs travaillent dans le pôle. Au sein du pôle, la commune la plus peuplée est appelée la commune-centre. Cette approche fonctionnelle de la ville permet d’étudier les disparités territoriales selon deux dimensions : la taille de l’aire et la distinction entre centre et périphérie. La définition des aires d’attraction des villes est cohérente avec les concepts européens et internationaux. Ainsi, les plus grandes aires coïncident avec les « cities » et « aires urbaines fonctionnelles » utilisées par Eurostat et l’OCDE pour analyser le fonctionnement des villes.

Sources

Insee recensements de la population 2007 et 2017, état civil.

Définitions


Un actif occupé est une personne ayant un emploi (en France ou à l’étranger), comptabilisée au lieu de résidence.


Le taux de couverture de l’emploi est le rapport entre le nombre d’emplois (au lieu de travail) et le nombre d’actifs occupés (au lieu de résidence) pour un territoire donné.


Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes entrées sur un territoire et le nombre qui en sont sorties au cours de la période considérée. Dans cette étude, il s’agit d’un solde apparent estimé par différence entre la variation totale de la population et le solde naturel.


Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période.

Pour en savoir plus