Le marché du travail en 2019 : l’emploi accélère, le chômage continue de baisser

Département de l’emploi et des revenus d’activité (Insee)

Insee Références
Paru le : Paru le 02/07/2020
Département de l’emploi et des revenus d’activité (Insee)
Emploi, chômage, revenus du travail - Juillet 2020

Résumé

Fin 2019, 28,5 millions de personnes sont en emploi en France, soit 359 000 emplois de plus qu’un an auparavant, après 225 000 créations nettes en 2018. Cette accélération provient principalement de l’emploi salarié privé, en particulier dans le secteur tertiaire et la construction. L’emploi public rebondit modérément, surtout parce que le nombre de bénéficiaires de contrats aidés baisse moins que les deux années précédentes.

Le temps partiel fléchit de nouveau, à 18,1 % en 2019 après avoir gagné 1,7 point entre 2008 et 2017. Le sous-emploi diminue encore, ce qui le porte à 5,4 % de l’emploi, soit 1,3 point de moins qu’en 2015.

Le taux d’activité des 15 64 ans reste quasiment stable en 2019 à 71,7 %, après une hausse quasi-continue depuis 2007, qui l’avait porté en 2018 à son plus haut niveau depuis 1975. En 2019, le taux d’activité des 15 24 ans recule, tandis que celui des 60 64 ans continue de croître sous l’effet des réformes successives des retraites. Depuis 2007, le taux d’activité des 65 69 ans a plus que doublé, même s’il reste limité (7,8 %).

Le taux de chômage s’établit à 8,4 % de la population active en moyenne annuelle en 2019. Il diminue pour la quatrième année consécutive, soit une baisse de 1,9 point depuis 2015. Il reste néanmoins de 1,0 point supérieur à son dernier point bas de 2008. Après avoir fortement augmenté entre 2008 et 2016, la part des personnes faisant partie du halo autour du chômage parmi les 15 64 ans est globalement stable ; leur nombre est toutefois nettement plus élevé en fin d’année 2019 qu’un an auparavant.

Le pouvoir d’achat du salaire moyen par tête accélère nettement en 2019 dans le privé, notamment du fait de la baisse de l’inflation et du versement au premier trimestre de la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (Pepa). Il accélère à peine dans le public.

En 2019, le coût du travail ralentit (+ 1,9 % après + 2,6 % en 2018) mais reste nettement plus dynamique que les cinq années précédentes. Depuis 2018, ont en effet été interrompues ou modulées des mesures qui avaient allégé le coût du travail de 4,3 points entre 2013 et 2017.

L'emploi accélère en 2019

Fin 2019, 28,5 millions de personnes sont en emploi en France , dont 25,5 millions de salariés et 3,0 millions de non salariés. Ce sont 359 000 emplois de plus qu’un an auparavant (soit + 1,3 %), après 225 000 créations nettes en 2018 (soit + 0,8 %), retrouvant le rythme de 2017.

En 2008 et 2009, avec la récession économique, les pertes d’emploi cumulées sur les deux années avaient atteint 1,3 % (figure 1). L’emploi s’était redressé les deux années suivantes, avant de ralentir en 2012. Il a ensuite renoué avec la croissance à un rythme s’élevant continûment de 2014 à 2017. Le net recul de 2008 2009 de même que les évolutions depuis 2015 reflètent surtout les fluctuations de l’activité économique via l’emploi salarié. En revanche, l’emploi indépendant a une dynamique propre [Salembier et Théron, 2020], liée surtout à la création du statut d’auto entrepreneur en 2009 (devenu micro-entrepreneur) et à son élargissement en 2018.

En 2019, l’accélération de l’emploi provient essentiellement de l’emploi salarié privé (+ 1,4 % après + 0,8 %). Pourtant, l’activité économique ralentit, le produit intérieur brut pro-gressant de 1,5 % après + 1,8 % en 2018 (en données corrigées des jours ouvrables). Si l’effet sur l’emploi des politiques allégeant le coût du travail s’estompe, le remplacement en 2019 du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) par un allégement général de cotisations employeurs permet un enrichissement supplémentaire de la croissance en emplois. L’emploi accélère notamment dans la construction, le commerce et l’hébergement restauration. En outre, le secteur de l’intérim résiste en 2019 après s’être replié en 2018. Dans l’industrie, l’emploi augmente modérément pour la troisième année consécutive après seize années de recul ininterrompu. De plus, l’emploi dans le secteur public rebondit (+ 0,4 % après 0,0 %), principalement parce que le nombre de bénéficiaires de contrats aidés baisse moins que les deux années précédentes.

De son côté, l’emploi non salarié augmenterait de nouveau vivement en 2019 (+ 2,4 %), quasiment comme en 2018. Il est porté par des mesures favorables aux micro-entrepreneurs : doublement du plafond de chiffre d’affaires en 2018 et élargissement de l’aide à la création d’entreprise (ACRE) à tous les créateurs en 2019.

En 2019, l’emploi salarié progresse plus fortement qu’en moyenne nationale en Île-de-France, dans les DOM et dans une partie des régions du Sud (Occitanie, Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Corse) et de la façade atlantique (Bretagne et Pays de la Loire).

Figure 1 - Évolution de l'emploi de 1990 à 2019

en %
Figure 1 - Évolution de l'emploi de 1990 à 2019 (en %) - Lecture : en 2008, l’emploi a reculé de 0,5 %. La baisse de l’emploi salarié a contribué pour – 0,6 point à cette baisse, tandis que la hausse de l’emploi non salarié a contribué pour + 0,1 point.
Emploi total Emploi salarié Emploi salarié privé Emploi salarié public Emploi non salarié
1990 0,62 1,06 -0,43
1991 -0,20 0,30 -0,50
1992 -1,02 -0,38 -0,63
1993 -0,87 -0,39 -0,48
1994 0,97 1,33 -0,36
1995 0,73 1,07 -0,34
1996 0,14 0,43 -0,29
1997 1,13 1,31 -0,18
1998 1,91 2,11 -0,19
1999 2,53 2,49 0,04
2000 2,62 2,77 -0,15
2001 1,12 1,19 -0,07
2002 0,68 0,68 0,00
2003 -0,15 -0,15 0,00
2004 0,49 0,33 0,16
2005 0,78 0,67 0,11
2006 1,27 1,18 0,09
2007 1,38 1,29 0,09
2008 -0,54 -0,60 0,06
2009 -0,80 -0,85 0,05
2010 0,64 0,19 0,45
2011 0,53 0,25 -0,01 0,28
2012 0,12 -0,34 0,08 0,38
2013 0,70 -0,02 0,31 0,41
2014 0,02 -0,11 0,16 -0,02
2015 0,41 0,36 0,01 0,04
2016 0,74 0,60 0,11 0,03
2017 1,28 1,30 -0,09 0,07
2018p 0,81 0,56 -0,01 0,25
2019p 1,27 0,95 0,08 0,25
  • p : résultats provisoires en 2018 et 2019.
  • Notes : le partage entre emploi salarié privé et public n'est pas disponible avant 2010. Les estimations d'emploi pour 2018 et 2019 sont provisoires. En 2019, l'emploi non salarié est issu d'une prévision.
  • Lecture : en 2008, l’emploi a reculé de 0,5 %. La baisse de l’emploi salarié a contribué pour – 0,6 point à cette baisse, tandis que la hausse de l’emploi non salarié a contribué pour + 0,1 point.
  • Champ : France hors Mayotte, personnes de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, Estimations d'emploi.

Figure 1 - Évolution de l'emploi de 1990 à 2019

  • p : résultats provisoires en 2018 et 2019.
  • Notes : le partage entre emploi salarié privé et public n'est pas disponible avant 2010. Les estimations d'emploi pour 2018 et 2019 sont provisoires. En 2019, l'emploi non salarié est issu d'une prévision.
  • Lecture : en 2008, l’emploi a reculé de 0,5 %. La baisse de l’emploi salarié a contribué pour – 0,6 point à cette baisse, tandis que la hausse de l’emploi non salarié a contribué pour + 0,1 point.
  • Champ : France hors Mayotte, personnes de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, Estimations d'emploi.

Moins d’emploi à durée limitée, moins de temps partiel et moins de sous-emploi en 2019 : la qualité de l’emploi s’améliore

En moyenne en 2019, 74,6 % des personnes en emploi sont, selon l’enquête Emploi (encadré 1), salariées en contrat à durée indéterminée (CDI) ou fonctionnaires ; les autres salariés sont en contrat à durée déterminée (CDD ; 9,1 % de l’emploi), en intérim (2,4 %) ou en apprentissage (1,7 %).

Globalement, après deux décennies de quasi-stabilité, la part des salariés en emploi à durée indéterminée a augmenté de 2,3 points entre 2000 et 2004, année où elle a atteint son point le plus haut (78 %) depuis sa première mesure dans l’enquête Emploi en 1982. Depuis 2004, elle a diminué de 3,4 points, si bien qu’en 2019, cette part est à son plus bas niveau à 74,6 %. Cette baisse a eu pour contrepartie principalement une hausse de la part des CDD, de l’intérim et de l’apprentissage dans l’emploi, malgré un repli de 0,4 point sur les deux dernières années (figure 2). Notamment la part de l’intérim, qui avait fléchi en 2009 en raison de la crise économique, s’est redressée progressivement : elle est revenue depuis 2015 à un niveau supérieur à celui qui prévalait en 2007 (2,1 %). En outre, un tiers de la baisse de la part des emplois salariés à durée indéterminée a pour contrepartie une hausse de la part de l’emploi indépendant. En 2019, elle augmente encore, de 0,4 point par rapport à l’année précédente, atteignant 12,1 %. Pour autant, cette part reste très inférieure à son niveau des années 1980 et 1990.

En 2019, près de la moitié des emplois sont des postes d’employés (26,8 %) ou d’ouvriers (19,6 %), dont deux sur cinq sont non qualifiés. La nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS 2003), qui est utilisée pour définir les groupes sociaux, a été rénovée en 2019 (encadré 2). Les groupes sociaux resteront les mêmes pour permettre les analyses en séries longues, mais de nouveaux outils seront disponibles pour analyser des inégalités sociales.

En 2019, 4,9 millions de personnes sont à temps partiel, soit 18,1 % des personnes en emploi (figure 3). Cette part recule de nouveau en 2019 de 0,4 point (– 0,3 point en 2018), après avoir gagné 1,7 point entre 2008 et 2017. C’est essentiellement le temps partiel masculin qui avait contribué à cette hausse, celui des femmes ayant faiblement fluctué depuis le début des années 2000. En 2018 et 2019, le temps partiel des femmes recule de 1,5 point et celui des hommes de seulement 0,1 point. Toutefois, le temps partiel reste nettement moins fréquent pour les hommes que pour les femmes (8,3 % contre 28,4 % en 2019).

En moyenne en 2019, 1,5 million de personnes sont en situation de sous-emploi, soit 5,4 % des personnes en emploi. Cette part recule de 0,5 point en 2019, portant le repli depuis 2015 à – 1,3 point. Le sous-emploi concerne essentiellement des personnes à temps partiel souhaitant travailler davantage et disponibles pour le faire mais qui, pour la plupart, ne recherchent pas un autre emploi. Le sous-emploi touche plus souvent les jeunes : 8,9 % des actifs occupés âgés de 15 à 24 ans sont en sous-emploi.

Figure 2 - Composition de l'emploi de 1982 à 2019

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Figure 2 - Composition de l'emploi de 1982 à 2019 (en %)
Emploi salarié à durée indéterminée Emploi à durée limitée et apprentis dont Indépendants
CDD intérimaires apprentis
1982 76,7 5,3 4,1 0,4 0,8 18,0
1983 76,8 5,1 3,9 0,4 0,8 18,2
1984 76,6 4,8 3,7 0,4 0,7 18,6
1985 76,6 5,6 4,4 0,4 0,8 17,9
1986 75,9 6,3 5,2 0,4 0,7 17,7
1987 75,5 7,1 5,9 0,4 0,8 17,4
1988 75,1 7,6 6,2 0,6 0,8 17,3
1989 75,5 8,0 6,3 0,8 0,9 16,5
1990 75,6 7,7 6,1 0,8 0,8 16,7
1991 76,6 7,1 5,8 0,7 0,6 16,3
1992 76,3 7,5 6,2 0,7 0,6 16,1
1993 76,8 8,1 6,9 0,6 0,6 15,1
1994 76,7 8,2 6,8 0,7 0,7 15,0
1995 76,0 9,5 7,8 1,0 0,7 14,6
1996 76,2 9,7 8,0 0,9 0,8 14,1
1997 75,9 10,3 8,3 1,1 0,9 13,9
1998 75,7 10,9 8,6 1,4 0,9 13,4
1999 75,9 11,0 8,5 1,5 1,0 13,1
2000 75,7 12,0 9,2 1,8 1,0 12,3
2001 76,7 11,4 8,6 1,9 0,9 11,8
2002 77,3 10,9 8,4 1,6 0,9 11,7
2003 77,4 11,1 8,3 1,8 1,0 11,5
2004 78,0 11,1 8,1 1,9 1,1 10,9
2005 77,4 11,6 8,2 2,1 1,3 11,0
2006 76,8 11,7 8,3 2,1 1,3 11,4
2007 76,9 12,0 8,5 2,1 1,4 11,1
2008 77,4 11,9 8,5 2,1 1,3 10,6
2009 77,5 11,4 8,5 1,6 1,3 11,0
2010 76,5 11,9 8,8 1,8 1,3 11,6
2011 76,1 12,2 8,7 2,1 1,4 11,7
2012 76,3 12,2 8,7 2,0 1,5 11,5
2013 76,5 12,2 8,6 2,0 1,6 11,4
2014 76,2 12,1 8,7 2,0 1,4 11,6
2015 75,6 12,9 9,3 2,2 1,4 11,5
2016 75,2 13,0 9,3 2,3 1,4 11,8
2017 74,8 13,6 9,6 2,6 1,4 11,6
2018 74,9 13,5 9,3 2,6 1,6 11,7
2019 74,6 13,2 9,1 2,4 1,7 12,1
  • Champ : France hors Mayotte ; population des ménages, personnes en emploi de 15 ans ou plus
  • Source : Insee, enquêtes Emploi.

Figure 2 - Composition de l'emploi de 1982 à 2019

  • Champ : France hors Mayotte ; population des ménages, personnes en emploi de 15 ans ou plus
  • Source : Insee, enquêtes Emploi.

Figure 3 - Temps partiel et sous-emploi de 1990 à 2019

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Figure 3 - Temps partiel et sous-emploi de 1990 à 2019 (en %)
Sous-emploi Temps partiel
1990 4,0 12,3
1991 3,9 12,3
1992 4,0 12,9
1993 5,5 14,1
1994 6,1 15,1
1995 6,3 15,9
1996 6,4 16,3
1997 6,7 17,1
1998 6,6 17,6
1999 6,6 17,6
2000 6,0 17,3
2001 5,6 16,8
2002 5,1 16,6
2003 5,0 16,9
2004 5,3 17,1
2005 5,3 17,3
2006 5,4 17,3
2007 5,6 17,4
2008 5,8 17,1
2009 6,6 17,5
2010 6,9 17,9
2011 6,1 18,0
2012 6,3 18,1
2013 6,7 18,5
2014 6,5 19,0
2015 6,7 18,8
2016 6,5 18,8
2017 6,1 18,8
2018 5,9 18,5
2019 5,4 18,1
  • Champ : France hors Mayotte ; population des ménages, personnes en emploi de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, enquêtes Emploi.

Figure 3 - Temps partiel et sous-emploi de 1990 à 2019

  • Champ : France hors Mayotte ; population des ménages, personnes en emploi de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, enquêtes Emploi.

Le taux d’activité des seniors augmente encore

En moyenne en 2019, 29,2 millions de personnes de 15 à 64 ans sont actives au sens du Bureau international du travail (BIT), qu’elles soient en emploi ou au chômage. Elles représentent 71,7 % de cette classe d’âge : ce taux d’activité recule à peine (– 0,2 point), après avoir atteint en 2018 son plus haut niveau depuis que l’Insee le mesure au sens du BIT dans l’enquête Emploi (1975).

Cette légère baisse en 2019 fait en effet suite à une hausse quasi-ininterrompue entre 2007 et 2018 : + 2,5 points, surtout portée par les seniors. Le taux d’activité des 50 à 64 ans s’est en effet accru de 11,1 points par rapport à 2007, dont 0,4 point sur la dernière année, pour s’établir à 66,9 % en 2019. Cette hausse résulte des différentes mesures portant sur la durée de la vie active : réforme des régimes spéciaux en 2007, recul de l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans entre 2011 et 2017, augmentation de la durée de cotisation pour accéder au taux plein et restrictions d’accès aux dispositifs de cessation anticipée d’activité (dispense de recherche d’emploi, préretraite, retraite anticipée). Le taux d’activité s’accroît ainsi encore plus fortement pour les 55 64 ans, et même, en 2018 et 2019, pour les 60 64 ans. Pour ces derniers, l’accroissement est de + 1,7 point en 2019 portant à + 19,0 points la hausse depuis 2007.

De son côté, le taux d’activité des 65 à 69 ans a fortement varié depuis 1975 (figure 4). Il se situe toutefois à un niveau très inférieur à celui des 50 à 64 ans. Il a d’abord chuté de 14,6 % en 1975 à 6,5 % en 1983, avec la généralisation de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans ; puis a ensuite diminué à un rythme plus modéré jusqu’en 2006, où il a atteint son plus bas niveau (2,5 %). Depuis 2007 à l’inverse, il a plus que doublé et atteint 7,8 % en 2019 (+ 1,1 point par rapport à 2018).

Le taux d’activité des 15 24 ans diminue de 0,6 point en 2019, à 36,9 %, et retrouve ainsi son niveau de 2017. Il avait diminué entre 1975 et la fin des années 1990, en raison de l’allongement de la durée des études. Il a légèrement augmenté jusqu’à la crise économique de 2008 2009, à la suite de laquelle il a légèrement baissé.

Le taux d’activité des 25 49 ans diminue légèrement en 2019, de 0,2 point à 87,8 %. Il a augmenté tendanciellement de près de 10 points entre 1975 et 1995, puis très faiblement depuis lors, reculant même très légèrement depuis 2010. Celui des hommes s’est érodé de 4,7 points depuis 1975 ; celui des femmes a en revanche fortement progressé, de 24,0 points entre 1975 et 2008, traduisant une participation accrue au marché du travail, avant de se stabiliser ensuite (83,3 % en 2019).

Figure 4 - Taux d'activité selon l'âge de 1975 à 2019

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Figure 4 - Taux d'activité selon l'âge de 1975 à 2019 (en %)
De 15 à 24 ans De 25 à 49 ans De 50 à 54 ans De 55 à 59 ans De 60 à 64 ans De 65 à 69 ans
1975 57,2 78,2 71,0 61,9 39,8 14,6
1976 56,8 79,0 71,3 61,6 37,0 14,0
1977 56,2 79,8 72,0 63,1 34,2 13,0
1978 55,1 80,2 71,1 61,8 30,4 12,1
1979 55,3 81,1 71,8 61,8 28,9 10,7
1980 54,1 81,6 72,6 61,5 29,8 10,0
1981 53,2 81,9 73,2 60,4 28,6 9,0
1982 53,3 82,5 72,7 56,9 26,6 7,4
1983 52,7 83,1 72,7 52,6 23,4 6,5
1984 51,4 83,6 72,3 51,1 21,4 7,1
1985 50,8 84,0 72,3 50,8 20,2 6,8
1986 50,3 84,7 72,5 51,1 19,1 5,7
1987 48,9 84,8 73,1 50,6 18,1 5,7
1988 46,1 85,0 73,1 51,4 17,7 5,3
1989 45,1 85,3 73,9 51,5 16,8 5,5
1990 43,4 85,6 74,3 51,3 15,6 4,8
1991 41,0 86,0 74,7 51,8 13,7 4,5
1992 40,6 86,4 75,1 52,0 13,0 4,5
1993 39,2 86,8 76,0 51,9 12,6 4,5
1994 37,6 87,1 77,0 50,9 12,4 4,1
1995 36,8 87,3 77,8 52,5 10,9 4,0
1996 36,4 87,6 79,6 52,7 11,7 4,1
1997 35,1 87,1 80,0 52,5 11,2 3,5
1998 35,2 87,2 80,5 51,4 10,9 3,3
1999 35,4 87,3 81,1 52,5 11,4 3,0
2000 36,5 87,3 81,0 52,3 10,8 2,9
2001 36,5 87,4 80,7 52,6 10,4 3,0
2002 37,0 87,5 80,9 54,7 12,0 2,9
2003 37,8 87,4 81,8 57,0 13,9 2,6
2004 37,8 87,6 82,3 57,8 14,2 2,9
2005 37,7 87,7 82,7 57,8 14,6 2,8
2006 37,7 88,0 83,3 57,7 15,1 2,5
2007 38,0 88,2 83,7 58,0 16,4 3,3
2008 38,1 88,8 84,2 58,8 17,0 3,8
2009 39,2 88,8 84,7 61,8 18,0 3,8
2010 38,6 88,9 85,5 64,5 18,9 4,2
2011 37,6 88,5 85,0 68,1 19,7 5,3
2012 37,1 88,3 85,5 71,8 23,0 6,0
2013 37,2 88,4 85,5 72,9 25,0 5,8
2014 36,5 88,3 85,8 73,5 27,1 5,8
2015 37,2 87,9 85,5 74,5 29,8 6,1
2016 37,0 87,9 85,8 75,8 30,6 6,5
2017 36,9 87,8 85,7 76,9 31,7 7,0
2018 37,5 88,0 86,0 77,2 33,7 6,7
2019 36,9 87,8 85,9 77,1 35,4 7,8
  • Champ : France hors Mayotte ; population des ménages, personnes de 15 à 69 ans.
  • Source : Insee, séries longues sur le marché du travail, enquêtes Emploi.

Figure 4 - Taux d'activité selon l'âge de 1975 à 2019

  • Champ : France hors Mayotte ; population des ménages, personnes de 15 à 69 ans.
  • Source : Insee, séries longues sur le marché du travail, enquêtes Emploi.

Le chômage baisse en 2019, pour la quatrième année consécutive

En moyenne sur l’année 2019, 2,5 millions de personnes sont au chômage au sens du BIT. Le taux de chômage s’établit à 8,4 % de la population active, après 9,0 % en 2018 et 10,3 % lors de son précédent point haut en 2015 (figure 5). Il diminue ainsi pour la quatrième année consécutive, portant à – 1,9 point la baisse depuis 2015, après avoir quasi-continûment augmenté entre 2008 et 2015. Le taux de chômage atteint son plus bas niveau depuis 2009 ; il reste néanmoins encore supérieur de 1,0 point à son niveau de 2008, son dernier point bas, avant la crise économique de 2008 2009.

Travaillant dans des secteurs plus exposés aux aléas conjoncturels, notamment l’industrie, les hommes ont été plus affectés que les femmes par la hausse du chômage après la crise économique de 2008 2009. Depuis 2012, leur taux de chômage, historiquement inférieur au taux de chômage féminin, était devenu supérieur à celui des femmes, l’écart atteignant jusqu’à 0,9 point en 2015. La baisse du chômage amorcée en 2016 ayant été plus marquée pour les hommes, leur taux de chômage est redevenu similaire à celui des femmes (8,5 % contre 8,4 % en 2019).

En 2019, le taux de chômage recule pour les jeunes de 15 à 24 ans (– 1,2 point) et pour les 25 49 ans (– 0,7 point), alors qu’il est stable pour les 50 ans ou plus. Le taux de chômage des jeunes reste en 2019 bien plus élevé que celui de leurs aînés : il s’élève à 19,6 %, contre 7,8 % pour les 25 49 ans et 6,3 % pour les 50 ans ou plus. Ceci résulte en partie du fait que les 15 24 ans déjà présents sur le marché du travail sont globalement peu diplômés, et d’autre part d’un risque de chômage plus élevé en phase d’insertion professionnelle : en 2019, 16,9 % des actifs ayant terminé leurs études depuis 1 à 4 ans sont au chômage, contre 10,7 % de ceux qui sont sortis de formation initiale depuis 5 à 10 ans et 6,8 % de ceux sortis du système éducatif depuis 11 ans ou plus.

Figure 5 - Taux de chômage de 1975 à 2019

en %
Figure 5 - Taux de chômage de 1975 à 2019 (en %)
Femmes Hommes Ensemble
1975 4,6 2,6 3,4
1976 5,4 2,7 3,8
1977 5,9 3,1 4,3
1978 6,1 3,4 4,4
1979 6,8 3,8 5,0
1980 7,6 3,7 5,3
1981 8,5 4,7 6,3
1982 8,9 5,4 6,8
1983 9,1 5,7 7,1
1984 10,2 7,0 8,4
1985 10,5 7,6 8,8
1986 10,6 7,6 8,9
1987 11,1 7,5 9,0
1988 10,9 7,1 8,8
1989 10,5 6,4 8,2
1990 10,1 6,3 7,9
1991 10,2 6,5 8,1
1992 11,0 7,4 9,0
1993 11,5 8,8 10,0
1994 12,1 9,4 10,6
1995 11,6 8,7 10,0
1996 12,0 9,3 10,5
1997 12,0 9,6 10,7
1998 11,7 9,1 10,3
1999 11,3 8,9 10,0
2000 9,9 7,4 8,6
2001 9,1 6,7 7,8
2002 8,8 7,2 7,9
2003 9,4 7,8 8,5
2004 9,7 8,2 8,9
2005 9,6 8,2 8,9
2006 9,5 8,2 8,8
2007 8,4 7,6 8,0
2008 7,8 7,1 7,4
2009 9,2 9,0 9,1
2010 9,5 9,1 9,3
2011 9,5 8,9 9,2
2012 9,7 9,8 9,8
2013 10,2 10,4 10,3
2014 10,0 10,5 10,3
2015 9,9 10,8 10,3
2016 9,8 10,2 10,0
2017 9,4 9,4 9,4
2018 9,0 9,0 9,0
2019 8,4 8,5 8,4
  • Champ : France hors Mayotte ; population des ménages, personnes actives de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, séries longues sur le marché du travail, enquêtes Emploi.

Figure 5 - Taux de chômage de 1975 à 2019

  • Champ : France hors Mayotte ; population des ménages, personnes actives de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, séries longues sur le marché du travail, enquêtes Emploi.

Le halo autour du chômage se stabilise à haut niveau

En 2019, 1,6 million de personnes sont sans emploi et souhaitent travailler, mais ne sont pas considérées comme étant au chômage au sens du BIT car elles n’en vérifient pas tous les critères, même si leur situation s’en approche : elles font partie du halo autour du chômage. Elles représentent 3,8 % des personnes âgées de 15 à 64 ans. Elles constituent ainsi une population particulière au sein des inactifs : 22 % d’entre elles recherchent activement un emploi, mais ne sont pas disponibles dans les deux semaines pour travailler (0,8 % des personnes de 15 à 64 ans) ; 44 % souhaitent travailler et sont disponibles mais ne recherchent pas activement un emploi (1,6 % des 15 64 ans), tandis que 35 % des personnes du halo souhaitent travailler, sans rechercher activement un emploi et sans être disponibles (1,3 % des 15 64 ans).

Après avoir nettement augmenté de 2008 à 2016 (+ 0,8 point), la part du halo autour du chômage parmi les 15 64 ans est, en moyenne annuelle, globalement stable depuis lors. En 2019, la stabilité en moyenne sur l’année traduit une augmentation tout au long de l’année, avec un niveau en fin d’année nettement plus élevé qu’un an auparavant.

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi recule de nouveau en 2019

Les demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi ne s’identifient pas aux chômeurs au sens du BIT : certains font partie des chômeurs au sens du BIT, d’autres sont dans le halo autour du chômage, d’autres encore peuvent être en emploi, ou être inactifs au sens du BIT (hors halo). Au quatrième trimestre 2019, 6,4 millions de personnes sont inscrites à Pôle emploi, toutes catégories confondues (de A à E). Parmi elles, 3,5 millions sont tenues de chercher un emploi et n’ont pas travaillé dans le mois (catégorie A).

Entre 2007 et 2016, le nombre de personnes dans cette catégorie a augmenté de 1,5 million en moyenne annuelle ; il recule en 2019 (– 85 000 en moyenne annuelle), poursuivant la baisse amorcée en 2017 ; mais il baisse de nouveau plus modérément que le nombre de chômeurs au sens du BIT (– 176 000). En dix ans, ces deux agrégats ont nettement divergé, principalement parce que la part d’inscrits à Pôle emploi qui ne sont pas considérés comme chômeurs au sens du BIT a augmenté [Coder et al., 2019].

En 2019, le pouvoir d’achat du salaire moyen par tête accélère nettement dans le privé, modérément dans le public

En 2019, le Smic est un peu plus revalorisé que l’année précédente (+ 1,5 % au 1er janvier, après + 1,2 % un an avant), le chômage recule et l’inflation diminue, notamment avec le ralentissement des prix de l’énergie : les prix de la consommation des ménages augmentent de 0,9 % en moyenne annuelle en 2019, après + 1,7 % en 2018. Dans ce contexte, le salaire mensuel de base (SMB) dans les secteurs marchands non agricoles progresse de 1,7 % en moyenne annuelle (en euros courants), légèrement plus qu’en 2018 (figure 6a). Le salaire moyen par tête (SMPT), qui intègre l’ensemble des rémunérations perçues par les salariés (salaire de base brut, primes, heures supplémentaires, intéressement et participation), accélère plus nettement en termes nominaux (+ 2,0 % après + 1,6 %). Il a été soutenu notamment au premier trimestre par le dispositif de prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (Pepa), dans le cadre des mesures d’urgence économiques et sociales votées en décembre 2018. En moyenne annuelle, les sommes versées au titre de cette prime ont soutenu les salaires à hauteur de + 0,3 point, dont une petite part serait un effet d’aubaine pour les entreprises (encadré 3).

En termes réels (c’est à dire une fois ôtée la hausse des prix), le SMPT a ralenti de 2015 à 2018, avant d’accélérer en 2019 (figure 6b) : son pouvoir d’achat progresse ainsi de 1,0 % en moyenne annuelle en 2019, après – 0,1 % en 2018. Sa hausse en 2019 devient nettement supérieure à l’évolution de la productivité apparente du travail dans les branches marchandes non agricoles : + 0,2 % en moyenne annuelle, après + 0,4 % en 2018.

En moyenne annuelle, dans les administrations publiques (APU), le SMPT nominal progresse de 1,6 % en 2019, en ralentissement après 2018 (+ 2,2 %), année où il avait été soutenu facialement par l’indemnité compensatrice de la hausse de CSG. Toutefois, avec la baisse de l’inflation, le SMPT en termes réels accélère à peine : + 0,6 % après + 0,5 % en 2018.

Figure 6a - Évolutions nominales du salaire mensuel de base et du salaire moyen par tête dans les branches marchandes non agricoles de 2004 à 2019

en %
Figure 6a - Évolutions nominales du salaire mensuel de base et du salaire moyen par tête dans les branches marchandes non agricoles de 2004 à 2019 (en %)
Salaire mensuel de base Salaire moyen par tête dans les SMNA Salaire moyen par tête dans les APU
2004 2,5 3,8 2,1
2005 2,8 3,2 2,9
2006 2,8 3,5 2,3
2007 2,7 2,8 1,9
2008 2,9 2,7 1,9
2009 2,2 1,4 2,1
2010 1,8 3,5 1,7
2011 2,2 1,4 2,1
2012 2,1 1,9 2,2
2013 1,7 1,7 0,5
2014 1,4 0,9 0,8
2015 1,2 1,6 0,7
2016 1,2 1,7 0,7
2017 1,3 2,1 2,7
2018 1,5 1,6 2,2
2019 1,7 2,0 1,6
  • Champ : France hors Mayotte pour le salaire moyen par tête (SMNA, secteurs marchands non agricoles, hors services aux ménages) et l'indice des prix de la consommation ; France métropolitaine, entreprises de 10 salariés ou plus des secteurs SMNA, santé, action sociale et enseignement privé, pour le salaire mensuel de base (SMB).
  • Sources : Dares, enquête sur l'Activité et les conditions d'emploi de la main d'œuvre (Acemo) ; Insee, comptes nationaux.

Figure 6a - Évolutions nominales du salaire mensuel de base et du salaire moyen par tête dans les branches marchandes non agricoles de 2004 à 2019

  • Champ : France hors Mayotte pour le salaire moyen par tête (SMNA, secteurs marchands non agricoles, hors services aux ménages) et l'indice des prix de la consommation ; France métropolitaine, entreprises de 10 salariés ou plus des secteurs SMNA, santé, action sociale et enseignement privé, pour le salaire mensuel de base (SMB).
  • Sources : Dares, enquête sur l'Activité et les conditions d'emploi de la main d'œuvre (Acemo) ; Insee, comptes nationaux.

L’indice du coût du travail décélère en 2019

Après une augmentation très modérée de 2013 à 2017 (+ 0,8 % en moyenne par an), le coût du travail a nettement accéléré en 2018 (+ 2,6 %). En 2019, il ralentit légèrement, en hausse de 1,9 % sur l’année (figure 7).

Ce retour à un rythme plus proche de sa tendance depuis 2018 résulte des modifications ou de la fin des dispositifs qui ont freiné la hausse du coût du travail entre 2012 et 2017  : en 2018, le taux de CICE appliqué en métropole est passé de 7 % à 6 %, ce qui rehausse le coût du travail de 0,4 point ; en outre, les sorties du dispositif de primes à l’embauche dans les PME contribuent à sa hausse pour + 0,2 point. En 2019, de nouvelles mesures contribuent globalement à accroître le coût du travail. D’une part, à la suite de la fusion des régimes Agirc et Arrco, les taux de cotisations de retraite complémentaire dans le privé ont été modifiés au 1er janvier 2019, rehaussant de 0,3 point en moyenne l’indice du coût du travail. Mais d’autre part, au 1er janvier 2019, le CICE a été transformé en une réduction pérenne de cotisations sociales patronales d’assurance maladie, d’un montant équivalent. Si cette transformation est quasiment neutre sur l’indice du coût du travail (elle rehausse l’évolution en moyenne annuelle de près de 0,1 point), elle contribue en revanche à augmenter la base imposable et, de ce fait, le montant de l’impôt sur les sociétés. Pour compenser cet impact, le dispositif de réduction générale de cotisation sociale applicable aux bas salaires a été renforcé au 1er octobre 2019 en intégrant dans son périmètre la cotisation patronale d’assurance chômage, ce qui a pour effet de diminuer le coût du travail de 0,5 point au quatrième trimestre, soit – 0,1 point en moyenne sur l’ensemble de l’année 2019.

Figure 7 - Évolution de l'indice du coût du travail (ICT) - salaires et charges dans les branches marchandes non agricoles de 2004 à 2019

moyenne annuelle, en %
Figure 7 - Évolution de l'indice du coût du travail (ICT) - salaires et charges dans les branches marchandes non agricoles de 2004 à 2019 (moyenne annuelle, en %)
ICT - salaires et charges ICT - salaires et charges sans mesures significatives
de modification du coût du travail
2004 3,5
2005 3,2
2006 3,0
2007 2,8
2008 2,8
2009 1,4
2010 2,7
2011 3,2
2012 2,3 2,3
2013 0,5 2,5
2014 0,7 1,7
2015 0,8 1,3
2016 1,1 1,2
2017 1,1 1,8
2018 2,6 2,0
2019 1,9 1,6
  • Note : les mesures prises en compte sont le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, le Pacte de responsabilité et de solidarité, la prime à l'embauche dans les PME et les baisses de cotisations sur les bas salaires en 2019 (mesures qui ont allégé le coût du travail), ainsi que l'obligation de proposer une complémentaire santé d'entreprise (mesure qui a renchéri le coût du travail).
  • Champ : France hors Mayotte, secteurs marchands non agricoles (SMNA) hors services aux ménages.
  • Sources : Acoss ; Dares ; Insee.

Figure 7 - Évolution de l'indice du coût du travail (ICT) - salaires et charges dans les branches marchandes non agricoles de 2004 à 2019

  • Note : les mesures prises en compte sont le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, le Pacte de responsabilité et de solidarité, la prime à l'embauche dans les PME et les baisses de cotisations sur les bas salaires en 2019 (mesures qui ont allégé le coût du travail), ainsi que l'obligation de proposer une complémentaire santé d'entreprise (mesure qui a renchéri le coût du travail).
  • Champ : France hors Mayotte, secteurs marchands non agricoles (SMNA) hors services aux ménages.
  • Sources : Acoss ; Dares ; Insee.

Définitions


Actifs occupés : un actif occupé est une personne en emploi. Le taux d’emploi est le rapport entre le nombre de personnes ayant un emploi et la population totale correspondante. Il peut être calculé sur l’ensemble de la population d’un pays, mais on se limite le plus souvent à la population « en âge de travailler » (la convention retenue est le plus souvent celle âgée de 15 à 64 ans), ou à une sous‑catégorie de la population (femmes de 25 à 29 ans par exemple).


Chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT) : un chômeur au sens du BIT est une personne âgée de 15 ans ou plus qui répond simultanément à trois conditions :

  • être sans emploi durant une semaine donnée ;
  • être disponible pour prendre un emploi dans les deux semaines ;
  • avoir cherché activement un emploi au cours des quatre dernières semaines ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois.

Les démarches actives considérées sont variées : étudier des annonces d’offres d’emploi, se rendre à un salon professionnel, mobiliser son réseau social ou prendre des conseils auprès de Pôle emploi, etc. Le taux de chômage est le rapport entre le nombre de chômeurs et le nombre d’actifs (en emploi ou au chômage). La part de chômage est le rapport entre le nombre de chômeurs et la population totale correspondante.


Contrat aidé : contrat de travail dérogatoire au droit commun pour lequel l’employeur bénéficie d’aides, qui peuvent prendre la forme de subventions à l’embauche, d’exonérations de certaines cotisations sociales ou d’aides à la formation. L’accès à ces contrats est réservé aux personnes rencontrant des difficultés particulières d’accès à l’emploi et leur nombre est piloté par les pouvoirs publics. Principaux types de contrats aidés qui existent ou ont existé :

  • Parcours emploi compétence (PEC) (introduit en 2018) : dans le secteur non marchand, il se substitue à partir du 1er janvier 2018 aux contrats uniques d’insertion – contrats d’accompagnement vers l’emploi (CUI‑CAE) et aux emplois d’avenir. Il prévoit un engagement de l’employeur concernant l’acquisition de compétences transférables qui répondent à des besoins du bassin d’emploi ou à d’autres métiers qui recrutent, un accompagnement et l’accès à la formation.
  • Emploi d’avenir (instauré fin 2012) : il concerne les jeunes de 16 à 25 ans (ou 30 ans pour les travailleurs handicapés), sans diplôme ou titulaires d’un CAP/BEP, ni en emploi ni en formation, présentant des difficultés particulières d’accès à l’emploi. À titre exceptionnel, les jeunes résidant dans un quartier prioritaire de la politique de la ville, en zone de revitalisation ou en outre‑mer peuvent y accéder jusqu’au niveau bac + 3 s’ils recherchent un emploi depuis plus d’un an. Le contrat est un CDI ou un CDD de un à trois ans, de préférence à temps plein. Les employeurs perçoivent, pour une durée de trois ans au plus, une aide égale à 75 % du Smic quand il s’agit de structures du secteur non marchand ou à 35 % du Smic pour les structures du secteur marchand.
  • Contrat unique d’insertion (CUI) (introduit en 2010) : il s’est substitué à divers contrats : le contrat initiative emploi (CIE), le contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE), le contrat d’avenir, le contrat d’insertion‑revenu minimum d’activité (CI‑RMA). Le CUI se décline en deux volets : dans le secteur marchand (CUI‑CIE) et dans le secteur non marchand (CUI‑CAE).
  • Contrat initiative‑emploi (CIE) (2005‑2010) : dans le secteur marchand, contrat qui visait à favoriser le retour à l’emploi durable des chômeurs de longue durée.
  • Contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE) (2005‑2010) : dans le secteur non marchand, CDD destiné à favoriser l’insertion professionnelle des personnes sans emploi rencontrant des difficultés particulières d’accès à l’emploi. Le CAE s’est substitué aux contrats emploi solidarité en 2005.
  • Contrat d’avenir (2005‑2010) : dans le secteur non marchand, CDD à temps partiel destiné aux allocataires de minima sociaux.
  • Contrat emploi jeunes (ou soutien à l’emploi des jeunes en entreprise) (jusqu’en 2007) : dans le secteur marchand, contrat qui visait à favoriser l’embauche en CDI de jeunes de 16 à 25 ans éloignés de l’emploi.
  • Contrat d’insertion‑revenu minimum d’activité (CI‑RMA) (2005‑2010) : dans le secteur marchand, contrat qui visait à favoriser l’insertion professionnelle des allocataires de minima sociaux qui rencontraient des difficultés particulières d’accès à l’emploi.
  • Contrat emploi consolidé (CEC) (1992‑2005) : dans le secteur non marchand, contrat à temps partiel de douze mois renouvelables dans la limite de cinq ans destiné notamment aux personnes qui, ayant bénéficié d’un ou plusieurs contrats emploi solidarité, n’avaient pas trouvé d’emploi à l’issue de ces contrats. Il pouvait être signé par les collectivités territoriales, les établissements publics et les associations.
  • Contrat emploi‑solidarité (CES) (1990‑2005) : dans le secteur non marchand, contrat qui visait à favoriser l’insertion professionnelle des personnes sans emploi. Il pouvait être signé par les collectivités territoriales, les établissements publics et les associations.
  • Insertion par l’activité économique (IAE) : secteur qui a pour mission d’aider les personnes rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières à se réinsérer progressivement sur le marché du travail. Des structures conventionnées par l’État recrutent des personnes généralement agréées par Pôle emploi, ce qui leur ouvre droit à des aides financières. Le parcours d’insertion a une durée initiale de vingt‑quatre mois.

Coût du travail : le coût du travail comprend l’ensemble des dépenses encourues par les employeurs pour l’emploi de salariés. Il comprend, en plus des salaires et traitements bruts : les cotisations sociales à la charge de l’employeur (sécurité sociale, chômage, retraite, prévoyance, indemnités de départ) que celles‑ci soient obligatoires, conventionnelles ou facultatives, nettes d’exonérations comme les allègements de cotisations sociales ; les frais de formation professionnelle (taxe d’apprentissage, contributions patronales au financement de la formation professionnelle) ; d’autres dépenses liées à l’emploi de salariés comme les frais de recrutement ; les taxes et les impôts relatifs à l’emploi et aux salariés, déduction faite des subventions perçues par l’employeur et destinées à favoriser l’emploi (CICE notamment).


Demandeur d’emploi : les demandeurs d’emploi sont les personnes inscrites sur les listes de Pôle emploi. L’inscription sur les listes de Pôle emploi est soumise à certaines conditions, mais les demandeurs d’emploi peuvent être ou non indemnisés, certains peuvent occuper un emploi. Selon leur situation vis‑à‑vis de l’obligation de recherche d’emploi et de l’exercice ou non d’une activité, ils sont regroupés en cinq catégories :

  • catégorie A : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi au cours du mois ;
  • catégorie B : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (de 78 heures ou moins au cours du mois) ;
  • catégorie C : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue (de plus de 78 heures au cours du mois) ;
  • catégorie D : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi. Ils peuvent être en stage ou en formation, en maladie, en contrat de sécurisation professionnelle (CSP) ;
  • catégorie E : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, en emploi (par exemple, bénéficiaires de contrats aidés, créateurs d’entreprise).

Emploi : les salariés sont les personnes qui travaillent, aux termes d’un contrat, pour une autre entité résidente en échange d’un salaire ou d’une rétribution équivalente, avec un lien de subordination.


Halo autour du chômage : le halo autour du chômage est composé de personnes inactives au sens du BIT, mais proches du marché du travail. Il s’agit des personnes sans emploi qui recherchent un emploi mais qui ne sont pas disponibles dans les deux semaines pour travailler et des personnes sans emploi qui souhaitent travailler mais qui n’ont pas effectué de démarche active de recherche d’emploi dans le mois précédent, qu’elles soient disponibles ou non.


Population active au sens du BIT : la population active au sens du BIT comprend la population active occupée (les personnes en emploi) et les chômeurs au sens du BIT. Le taux d’activité est le rapport entre le nombre d’actifs et l’ensemble de la population correspondante. Il peut être calculé sur l’ensemble de la population d’un pays, mais on se limite le plus souvent à la population âgée de 15 à 64 ans, ou à une sous‑catégorie de la population (femmes de 25 à 29 ans par exemple). La population active occupée (en emploi) comprend les personnes âgées de 15 ans ou plus ayant travaillé (ne serait‑ce qu’une heure) au cours d’une semaine donnée dite « de référence », qu’elles soient salariées, à leur compte, employeurs ou aides dans l’entreprise ou dans l’exploitation familiale. Elle inclut également les personnes pourvues d’un emploi mais qui en sont temporairement absentes. La population au chômage regroupe les personnes âgées de 15 ans ou plus qui répondent simultanément à trois conditions :

  • être sans emploi durant une semaine donnée ;
  • être disponible pour prendre un emploi dans les deux semaines ;
  • avoir cherché activement un emploi au cours des quatre dernières semaines ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois.

Les personnes qui ne sont ni en emploi ni au chômage sont dites « inactives ».


Prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (Pepa) : les mesures d’urgence économiques et sociales votées en décembre 2018 en réponse au mouvement des « gilets jaunes » offrent la possibilité aux entreprises de verser une prime exceptionnelle de pouvoir d’achat aux salariés dont la rémunération en 2018 n’excède pas trois Smic annuels. Cette prime est exonérée, jusqu’à 1 000 euros, d’impôt sur le revenu et de toutes cotisations et contributions sociales. Elle a été versée entre le 11 décembre 2018 et le 31 mars 2019. Ce dispositif a été à nouveau reconduit au premier semestre 2020, sous des conditions plus restrictives.


Salaire mensuel de base (SMB) : disponible plus rapidement mais sur un concept et un champ plus réduits que le salaire moyen par tête (SMPT), le salaire mensuel de base (SMB) est estimé à partir de l’enquête trimestrielle Acemo de la Dares (enquête sur l’Activité et les conditions d’emploi de la main‑d’oeuvre) qui couvre les entreprises de 10 salariés ou plus, hors agriculture et secteurs non marchands, de France métropolitaine. de France métropolitaine. Dans cette enquête, chaque établissement ou entreprise déclare les salaires de base (c’est-à-dire hors primes et hors rémunération pour heures supplémentaires ou complémentaires et hors avantages en nature) de postes de travail considérés comme représentatifs de 12 catégories professionnelles. Contrairement au SMPT, l’évolution du SMB est à structure constante et ne reflète pas l’évolution de la structure des emplois par niveau de qualification,ni ne couvre les rémunérations correspondant aux heures supplémentaires et aux primes.


Salaire moyen par tête (SMPT) : le salaire moyen par tête (SMPT) rapporte les masses salariales brutes versées par l’ensemble des entreprises au nombre de salariés en personnes physiques. Il est calculé dans les comptes nationaux annuels à partir des sources fiscales d’entreprises au numérateur et des Estimations d’emploi au dénominateur. Il est calculé dans les comptes nationaux trimestriels à partir des assiettes de cotisations salariales fournies par l’Acoss et des Estimations trimestrielles d’emploi pour les effectifs. Les assiettes de cotisations salariales couvrent pratiquement l’ensemble des rémunérations, notamment les primes et les heures supplémentaires mais pas l’épargne salariale (intéressement, participation) que les masses salariales sont censées couvrir. La méthode d’étalonnage‑calage des comptes trimestriels permet de corriger ce biais. L’évolution du SMPT reflète l’évolution des qualifications et de la quotité du travail (effets de structure) et celle de la rémunération des heures supplémentaires et des primes (effets saisonniers et liés à la conjoncture).


Sous-emploi  : le sous‑emploi recouvre les personnes ayant un emploi à temps partiel qui souhaitent travailler plus d’heures et qui sont disponibles pour le faire, qu’elles recherchent ou non un emploi. Sont également incluses les personnes ayant involontairement travaillé moins que d’habitude, pour cause de chômage partiel par exemple, qu’elles travaillent à temps plein ou à temps partiel.

Les données pour la France sont estimées hors Mayotte.

En 2019, les deux principales sources sur l’emploi diffèrent. Pour les facteurs d’écart, voir encadré 1.

Ces mesures sont le CICE, pour 3,4 points d’indice d’allégement (en cumul sur les années 2013 à 2017) ; la réduction du taux de cotisation patronale d’allocations familiales pour les bas salaires, dans le cadre du Pacte de responsabilité et de solidarité, pour 1,0 point ; la prime à l’embauche dans les PME, pour 0,4 point. À l’inverse, une mesure avait augmenté le coût du travail de 0,5 point en 2016 : l’obligation de proposer une couverture complémentaire santé d’entreprise.

Pour en savoir plus

Coder Y., Dixte Ch., Hameau A., Hamman S., Larrieu S., Marrakchi A., Montaut A., « Les chômeurs au sens du BIT et les demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi : une divergence de mesure du chômage aux causes multiples », in Emploi, chômage, revenus du travail, coll. « Insee Références », édition 2019.

Salembier L., Théron G., « Panorama de l’emploi et des revenus des non salariés », in Emploi et revenu des indépendants, coll. « Insee Références », édition 2020.