Des immigrés aux origines plus diverses mais un accès à l’emploi souvent difficile

Thierry Geay, Martin Veschambre (Insee)

Les personnes immigrées arrivées en France entre 2010 et 2015 ont des origines plus diversifiées que les immigrés de plus longue date. Toutefois, les trois premières provenances restent l’Algérie, le Maroc et le Portugal. Cette immigration récente se concentre largement dans les grands pôles urbains. Elle est aussi davantage féminisée, plus jeune et plus diplômée. Pour ces nouveaux arrivants, les difficultés d’accès à l’emploi restent nombreuses. Ils sont largement concernés par le chômage, mais aussi par l’emploi précaire ou le temps partiel.

Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes
No 89
Paru le : Paru le 06/12/2019
Thierry Geay, Martin Veschambre (Insee)
Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes  No 89 - décembre 2019

L’immigration est un phénomène ancien. En France, plusieurs temps forts ont rythmé ces mouvements de population au gré des évènements politiques ou économiques : révolution industrielle à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, périodes de reconstruction après les Première et Seconde Guerres mondiales, ou encore boom économique des trente glorieuses.

Depuis le début du XXIe siècle, on constate une réelle diversification de l’origine des immigrés. La part des immigrés natifs d’Europe poursuit une baisse constante depuis 40 ans, tandis que celle des immigrés d’origine asiatique ou d’Afrique subsaharienne est en progression. Les caractéristiques socio-démographiques de la population immigrée s’en trouvent ainsi modifiées. Les personnes arrivées en France entre début 2010 et début 2015, quel que soit le lieu d’arrivée, seront appelées « immigrés récents » dans la suite de cette étude ; la date de leur installation dans la région importe peu.

L’Afrique, principal continent d’origine

Auvergne-Rhône-Alpes compte 728 000 immigrés, soit 12 % des 6,2 millions d’immigrés vivant en France (figure 1). Elle est ainsi, en volume, la seconde région d’accueil des immigrés. Parmi eux, 40 % ont acquis la nationalité française et sont donc des immigrés naturalisés français (définitions, figure 2). Avec 9,2 % d’immigrés parmi sa population, Auvergne-Rhône-Alpes se situe dans la moyenne nationale et au quatrième rang des régions de France métropolitaine, derrière l’Île-de-France, mais aussi Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Corse.

Figure 1Les immigrés représentent 9,2 % de la population d’Auvergne-Rhône-AlpesVolume et part de la population immigrée en France métropolitaine, par région, en 2015

Les immigrés représentent 9,2 % de la population d’Auvergne-Rhône-Alpes
code libelle Nombre d’immigrés Part d’immigrés
11 Île-de-France 2 296 077 19,0
84 Auvergne-Rhône-Alpes 727 931 9,2
93 Provence-Alpes-Côte d'Azur 527 185 10,5
76 Occitanie 497 253 8,6
44 Grand Est 484 502 8,7
75 Nouvelle Aquitaine 355 817 6,0
32 Hauts-de-France 314 620 5,2
27 Bourgogne-Franche-Comté 187 630 6,7
24 Centre-Val de Loire 172 602 6,7
52 Pays de la Loire 138 293 3,7
28 Normandie 137 305 4,1
53 Bretagne 109 555 3,3
94 Corse 33 525 10,2
  • Source : Insee, Recensement de la population 2015

Figure 1Les immigrés représentent 9,2 % de la population d’Auvergne-Rhône-AlpesVolume et part de la population immigrée en France métropolitaine, par région, en 2015

  • Source : Insee, Recensement de la population 2015

Les origines des immigrés vivant dans la région présentent des similitudes avec celles de l’ensemble des immigrés vivant en France. Ainsi, les immigrés africains sont les plus présents dans la région (40 %), devant les ressortissants de l’Union européenne (UE, 34 %). Les principaux pays d’origine sont, dans les deux cas, l’Algérie, le Maroc et le Portugal.

En revanche, les immigrés provenant d’Afrique, bien qu’étant les plus nombreux, sont sous-représentés dans la région comparativement au plan national (à l’exception de ceux venant d’Algérie). Inversement, les ressortissants de l’UE sont proportionnellement plus nombreux dans la région. Parmi les immigrés natifs de Turquie, de Serbie ou d’Italie ayant émigré en France, un sur cinq s’est installé en Auvergne-Rhône-Alpes. Proximité oblige, c’est aussi le cas d’un immigré suisse sur deux.

Figure 2728 000 immigrés dont 40 % sont français par naturalisationLes populations immigrée et étrangère en Auvergne-Rhône-Alpes en 2015

728 000 immigrés dont 40 % sont français par naturalisation
en millions
Population Auvergne-Rhône-Alpes 7,9
dont :
Population immigrée 0,7
Population étrangère 0,5
Personnes nées françaises à l’étranger 0,2
en unités
Population immigrée Auvergne-Rhône-Alpes 728 000
Immigrés naturalisés français 288 000
Immigrés de nationalité étrangère 440 000
Étrangers nés en France 63 000
Population étrangère 503 000
  • Source : Insee, Recensement de la population 2015

Figure 2728 000 immigrés dont 40 % sont français par naturalisationLes populations immigrée et étrangère en Auvergne-Rhône-Alpes en 2015

  • Source : Insee, Recensement de la population 2015

Les immigrés arrivés entre 2010 et 2015 ont des origines plus diversifiées

En 2015, parmi l’ensemble de la population immigrée, 100 000 personnes sont arrivées sur le territoire depuis moins de 5 ans. Ces immigrés dits « récents » représentent 14 % de l’ensemble des immigrés de la région. Auvergne-Rhône-Alpes constitue, en volume, la seconde région d’accueil de cette nouvelle population. Ils sont pour un tiers originaire d’Afrique et pour un autre tiers d’un pays de l’UE (figure 3).

Si l’Algérie, le Portugal et le Maroc demeurent les principaux pays d’origine des immigrés récents, ces trois pays ne représentent plus qu’un quart des arrivées, contre un tiers de l’ensemble des immigrés. En effet, la population arrivée récemment a des origines plus diversifiées qu’avant. Ainsi, la Suisse arrive dorénavant au quatrième rang des provenances des immigrés. Globalement, les pays européens non membres de l’UE, l’Amérique ou l’Océanie sont surreprésentés par rapport à l’immigration plus ancienne.

Figure 3Malgré une part en baisse, l’Afrique et l’Union européenne restent les principales origines des immigrés récentsRépartition des immigrés présents en Auvergne-Rhône-Alpes en 2015 selon leur origine

Malgré une part en baisse, l’Afrique et l’Union européenne restent les principales origines des immigrés récents
Pays de naissance Immigrés (en milliers) Part (en %) Immigrés récents (en milliers) Part (en %)
Union européenne 245,9 33,8 32,1 32,0
dont :
Portugal 83,4 11,5 8,3 8,3
Italie 59,5 8,2 5,6 5,6
Espagne 31,6 4,3 3,7 3,7
Autres pays d’Europe 64,8 8,9 14,3 14,3
dont :
Suisse 29,7 4,1 6,8 6,8
Afrique 288,1 39,6 33,5 33,4
dont :
Algérie 118,1 16,2 9,1 9,1
Maroc 65,1 8,9 7,5 7,5
Tunisie 39,9 5,5 3,9 3,9
Asie 102,9 14,1 12,7 12,7
dont :
Turquie 45,8 6,3 1,9 1,9
Amérique/Océanie 26,2 3,6 7,5 7,5
Ensemble 727,9 100,0 100,2 100,0
  • Source : Insee, Recensement de la population 2015

Conséquence de cette diversification, en 2015, parmi les immigrés d’origine portugaise, italienne, algérienne ou turque vivant dans la région, seul un sur dix est arrivé depuis 2010. Cela est bien entendu lié au fait que ce sont des pays d’immigration ancienne. À l’opposé, plus de trois immigrés sur dix venant de Roumanie, de Chine, du Brésil ou des États-Unis présents dans la région en 2015 sont arrivés en France au cours des cinq années précédentes. Quoique de moins grande ampleur, le constat s’applique également aux immigrés en provenance de Suisse (23 % d’entre eux étant des immigrés récents), en lien avec de nouvelles politiques favorisant les échanges.

Une immigration plus féminisée et plus diplômée

En Auvergne-Rhône-Alpes, les immigrés récents forment une population un peu plus féminisée (53 %) que celle des immigrés anciens (51 %). Les immigrés récents venant d’Algérie présentent le plus fort taux de féminisation (58 %), devant les populations originaires d’Asie (hors Turquie) et celles d’Amérique ou d’Océanie. Les populations immigrées de l’UE sont à l’inverse moins féminisées, en particulier celles originaires d’Italie, d’Espagne ou du Portugal, pour lesquelles les hommes sont légèrement majoritaires. Enfin, les immigrés de Turquie présentent la plus faible proportion de femmes (45 %).

Plus de la moitié des immigrés récents sont âgés de moins de 30 ans et huit sur dix ont moins de 40 ans. Ils forment logiquement une population bien plus jeune que celle des immigrés plus anciens (dont la moitié a plus de 50 ans).

Parmi les individus âgés de 20 ans et plus ayant terminé leurs études, les nouveaux immigrés sont plus nombreux à avoir un diplôme (64 %) que ceux arrivés auparavant (51 %). L’écart se creuse si l’on s’intéresse aux seuls diplômés du supérieur (36 % contre 21 %). Leur profil est ainsi assez proche de celui des non-immigrés, dont 31 % sont diplômés du supérieur. Toutefois, cette forte proportion d’immigrés récents ayant suivi des études supérieures s’explique d’abord par un effet de génération. À âge identique, les non-immigrés restent davantage diplômés, notamment du supérieur, que les immigrés récents.

Les immigrés récents originaires de l’UE, d’Amérique, d’Océanie et d’Asie (hors Turquie) sont les plus diplômés, avec plus d’un individu sur deux diplômés du supérieur. Les immigrés du Portugal font exception avec une population largement non diplômée, comme les natifs de Turquie. Les immigrés africains sont également moins diplômés en moyenne, qu’ils soient originaires d’un pays du Maghreb ou du reste de l’Afrique.

Des immigrés essentiellement citadins

En Auvergne-Rhône-Alpes, la population immigrée est majoritairement citadine, résidant souvent au sein des grandes agglomérations. Ainsi, 92 % des immigrés vivent dans l’espace des grandes aires urbaines (pôles et couronnes), quand ce n’est le cas que de 85 % des non-immigrés.

C’est encore plus vrai dans les grands pôles urbains, où résident 74 % des immigrés et seulement 55 % des non-immigrés. Leur présence au sein des grands pôles urbains est davantage marquée pour les immigrés récents (78 % d’entre eux y vivent), en particulier pour ceux originaires d’Afrique et d’Asie. Les personnes natives d’Algérie sont celles qui résident le plus fréquemment dans un grand pôle urbain (91 %).

Dans les départements du nord-est de la région (Ain et Haute-Savoie), la part des immigrés récents (17 %) est plus élevée que la moyenne régionale (14 %). Cela s’explique par l’importance de l’immigration suisse de ces dernières années. Au nombre de 6 800, il s’agit souvent de « navetteurs » qui travaillent dans leur pays d’origine et privilégient, pour des raisons économiques, des lieux de résidence du côté français de la frontière.

Une insertion dans l’emploi souvent compliquée pour les immigrés récents

Parmi les personnes âgées de 20 à 64 ans, les immigrés récents sont moins souvent en emploi (45 %, figure 4) que les immigrés anciens (60 %) et moins encore que les non-immigrés (74 %). Leur arrivée récente sur le marché du travail français y contribue sans doute.

Les nouveaux immigrés originaires de l’UE ont le taux d’emploi le plus élevé (68 %), en particulier les Portugais (79 %). Les natifs de Suisse sont aussi largement en emploi (plus de 80 %). À l’inverse, moins de 30 % des immigrés récents africains sont en emploi.

Figure 4Des difficultés d’accès à l’emploi accentuées pour les immigrés récentsActivité en Auvergne-Rhône-Alpes, selon la situation vis-à-vis de l’immigration

Des difficultés d’accès à l’emploi accentuées pour les immigrés récents
Actifs ayant un emploi Chômeurs Élèves, étudiants, stagiaires Femmes ou hommes au foyer Autres inactifs Retraités ou préretraités
Immigrés récents 45,1 22,6 11,2 10,7 9,5 0,9
Immigrés anciens 60,2 15,7 1,4 9,6 6,7 6,4
Non-immigrés 73,6 8,6 3,0 2,5 4,2 8,1
  • Champ : population âgée de 20 à 64 ans.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2015

Figure 4Des difficultés d’accès à l’emploi accentuées pour les immigrés récentsActivité en Auvergne-Rhône-Alpes, selon la situation vis-à-vis de l’immigration

  • Champ : population âgée de 20 à 64 ans.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2015

Dans ce domaine, les femmes paraissent plus vulnérables que les hommes. Le taux d’emploi des immigrées récentes n’est que de 35 %, très en deçà de celui des immigrées de plus longue date (52 %). Ce faible taux d’emploi s’explique non seulement par un fort chômage des immigrées récentes, mais aussi par une population inactive plus importante (38 % d’entre elles, deux fois plus que parmi les immigrées plus anciennes).

Davantage en emploi que les femmes, les hommes immigrés récents le sont toutefois moins que le reste de la population masculine (57 % contre 69 % pour le reste des immigrés et 76 % pour les non-immigrés).

Enfin, la part des jeunes immigrés récents à n’être ni en emploi, ni en formation (36 % parmi les 15-29 ans) est deux fois plus élevée que parmi les non-immigrés.

Des immigrés récents très fortement touchés par le chômage

En 2015, en Auvergne-Rhône-Alpes, 17 300 immigrés récents se déclarent chômeurs au recensement de la population, soit 34 % des actifs (figure 5). Cette part est bien supérieure à celle des immigrés anciens (23 %) ou des non-immigrés (11 %). Les immigrés récents africains sont les plus touchés par le chômage, ceux de l’UE l’étant le moins.

Figure 5Les femmes principales victimes du chômage chez les immigrés récentsPart du chômage dans la population active, selon la situation vis-à-vis de l’immigration, par sexe

Les femmes principales victimes du chômage chez les immigrés récents
Femmes Hommes Ensemble
Immigrés récents 41,6 26 33,4
Immigrés anciens 23,3 22,8 23
Non-immigrés 10,9 10 10,5
  • Champ : population âgée de 20 à 64 ans.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2015

Figure 5Les femmes principales victimes du chômage chez les immigrés récentsPart du chômage dans la population active, selon la situation vis-à-vis de l’immigration, par sexe

  • Champ : population âgée de 20 à 64 ans.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2015

Posséder un diplôme du supérieur améliore la situation des nouveaux immigrés (28 % de chômeurs) par rapport à ceux détenteurs du seul baccalauréat ou non diplômés. Mais elle l’améliore moins que pour les non-immigrés. Parmi ces derniers, seuls 7 % des titulaires d’un diplôme du supérieur se déclarent au chômage.

Pour la seule population masculine, l’écart se réduit, même s’il reste fort, entre immigrés récents, anciens et non-immigrés. À l’inverse, il se creuse pour les femmes avec une part de personnes au chômage de 42 % pour les immigrées récentes, près de deux fois supérieure à celle des autres immigrées et quatre fois supérieure à celle des non-immigrées.

Des hommes ouvriers, des femmes employées et une proportion de cadres qui augmente

Les hommes immigrés, récents comme anciens, sont plus souvent ouvriers que les non-immigrés. Près d’un de ces emplois sur deux est non qualifié. Mais la part d’hommes ouvriers varie énormément selon l’origine des individus. Elle dépasse ainsi les 55 % pour les nouveaux immigrés originaires du Maghreb ou de Turquie et culmine à 75 % pour les immigrés portugais, contre 44 % pour l’ensemble des immigrés. À l’inverse, les nouveaux immigrés de l’UE (hors Portugal) sont nettement moins ouvriers. La construction est le premier secteur d’emploi des immigrés récents.

Les immigrés récents sont toutefois davantage cadres (22 %). Ils le sont un peu plus que les non-immigrés (20 %) mais se distinguent surtout du reste des immigrés (15 %), portés par les nouvelles générations au niveau de formation supérieur dans l’ensemble. Les disparités sont très importantes entre les immigrés d’origine turque, rarement cadres, et ceux venant des États-Unis, qui le sont majoritairement. L’Afrique est le continent d’origine où la part des cadres est la plus basse, deux fois plus faible que la moyenne.

Les femmes nouvellement immigrées exercent avant tout la fonction d’employée (41 %), dans une proportion inférieure au reste de la population féminine immigrée (47 %). Elles sont également un peu moins souvent ouvrières que les immigrées plus anciennes. Comme pour les hommes, elles sont davantage cadres (19 %) que le reste des immigrées mais aussi que les non-immigrées.

Les nouvelles immigrées natives d’Afrique sont plus souvent employées que celles originaires d’un pays de l’UE, d’Amérique ou d’Océanie. Celles originaires du Maghreb, de Turquie ou du Portugal sont davantage ouvrières que l’ensemble des immigrées récentes. Quant aux cadres, elles sont avant tout originaires de l’UE, d’Amérique ou d’Océanie.

Le secteur de la santé humaine et de l’action sociale est le premier employeur pour ces immigrées récentes.

Des immigrés récents plus souvent en emploi précaire

Parmi les immigrés récents salariés en emploi, près de 40 % n’ont pas de contrat à durée indéterminée. On peut alors considérer leur emploi comme précaire. Hommes et femmes sont concernés dans les mêmes proportions. Les immigrés plus anciens ont, eux, des conditions d’emploi beaucoup plus proches des non-immigrés (19 % d’emplois précaires contre 15 %).

Parmi eux, les natifs de Suisse se distinguent largement des autres, avec un taux d’emploi précaire deux fois inférieur à celui des non-immigrés. A contrario, près de 50 % des salariés originaires d’Afrique ou d’Asie sont en contrat à durée déterminée (CDD) ou en situation d’intérim.

Enfin, 9 % des nouveaux immigrés exercent une activité non salariée, une part inférieure à celle des immigrés plus anciens et des non-immigrés (14 % chacun).

D’une manière générale, les femmes sont bien plus souvent à temps partiel que les hommes. Les nouveaux immigrés sont également davantage à temps partiel que le reste de la population, pour les hommes comme pour les femmes.

Pour comprendre

Les données présentées dans cette étude sont issues du Recensement de la population 2015 (exploitation principale). Elles portent sur les personnes vivant en logement ordinaire, en communauté (foyers, maisons de retraite, internats…), en habitation mobile ou étant sans abri.

Définitions

Selon la définition adoptée par le Haut Conseil à l’Intégration, un immigré est une personne née étrangère à l’étranger et résidant en France. La qualité d’immigré est permanente : un individu continue à appartenir à la population immigrée même s’il devient français par acquisition. C’est le pays de naissance, et non la nationalité à la naissance, qui définit l’origine géographique d’un immigré.

Les personnes nées françaises à l’étranger et vivant en France ne sont donc pas comptabilisées. À l’inverse, certains immigrés ont pu devenir français, les autres restant étrangers. Les populations étrangère et immigrée ne se confondent pas totalement : un immigré n’est pas nécessairement étranger et réciproquement, certains étrangers étant nés en France (essentiellement des mineurs).

Un immigré « récent » est une personne immigrée ayant déclaré, au Recensement 2015, être arrivée en France (quel que soit le lieu) au cours des cinq dernières années. Ce sont donc des individus ayant rejoint le territoire français entre 2010 et début 2015.

Pour en savoir plus

« Les immigrés sont davantage présents dans les grands pôles urbains », Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes n° 21, septembre 2016

« L’accès à un travail et des conditions d’emploi plus difficile pour les immigrés », Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes n° 22, septembre 2016

« Le nouveau profil de la population active immigrée », La lettre Analyses Insee Rhône-Alpes n° 183, décembre 2012

Chiffres clés, questions-réponses, précisions méthodologiques : dossier « Immigrés, étrangers »