Saison touristique d’été 2019Troisième année de hausse pour la fréquentation, grâce à la clientèle résidente

Jean-Claude Gidrol (pôle Tourisme - Insee)

En France métropolitaine, la fréquentation estivale des hébergements collectifs touristiques augmente de 2,2 % en 2019. Cette hausse prolonge celles des deux années précédentes. La croissance est portée cette année par la clientèle résidente, alors que la fréquentation des non-résidents est stable. Elle est plus forte dans les campings et les autres hébergements collectifs touristiques que dans les hôtels. Les littoraux de l’ouest et du nord profitent des conditions météorologiques très favorables. La progression est plus soutenue dans l’espace urbain de province qu’en Île-de-France.

Insee Focus
No 171
Paru le : Paru le 28/11/2019
Jean-Claude Gidrol (pôle Tourisme - Insee)
Insee Focus  No 171 - novembre 2019

Hausse de la fréquentation, grâce à la clientèle résidente

Durant les six mois de la saison d’été 2019, les hébergements collectifs touristiques de France métropolitaine enregistrent 316 millions de nuitées. La fréquentation augmente de 2,2 % par rapport à la saison estivale de 2018. Cette hausse prolonge celles enregistrées en 2018 (+ 1,2 %) et en 2017 (+ 6,1 %). Elle est portée par les nuitées de la clientèle résidente (+ 3,2 %). Les nuitées de la clientèle non résidente sont stables ; elles augmentent dans les campings et les autres hébergements collectifs de tourisme (AHCT) tandis qu’elles diminuent dans les hôtels. La fréquentation en provenance du Royaume-Uni et des Pays-Bas baisse. Celle en provenance d’Espagne et d’Allemagne est en hausse. La fréquentation des campings et des AHCT augmente plus que celle des hôtels (respectivement + 2,9 %, + 2,6 % et + 1,3 %) (figure 1).

Figure 1 - Nuitées d'été et évolution 2019/2018 par grande zone géographique et type d’hébergement

Figure 1 - Nuitées d'été et évolution 2019/2018 par grande zone géographique et type d’hébergement
Nuitées d’été 2019 (en millions) Évolution 2019/2018 (en %)
Total Campings Hôtels AHCT¹ Résidents Non-résidents
Littoral 121,8 2,1 3,5 1,1 -1,1 2,2 1,8
Littoral méditerranéen 55,8 -0,5 0,0 0,8 -3,0 -1,8 2,5
Littoral atlantique 39,1 3,3 5,1 1,1 -2,4 4,1 0,3
Littoral breton 16,9 4,4 4,2 2,2 9,1 6,5 -3,6
Littoral nord et normand 10,0 8,9 16,5 1,5 5,3 9,5 7,6
Massifs de montagne 15,9 8,9 3,1 2,3 14,2 10,4 3,9
Massif alpin 11,2 11,3 2,9 3,8 16,6 14,1 3,6
Massif pyrénéen 2,1 1,8 6,7 -4,5 0,6 1,1 7,2
Autres massifs 2,6 4,7 1,0 0,9 13,6 4,9 4,0
Urbain² 115,6 1,7 0,7 1,4 3,8 3,9 -1,4
Île-de-France 46,6 0,3 1,8 0,4 -1,2 4,1 -2,6
Urbain de province 69,0 2,7 0,6 2,3 6,8 3,8 0,3
Autres espaces² 63,0 1,5 2,4 0,2 0,1 2,2 -0,1
Ensemble 316,3 2,2 2,9 1,3 2,6 3,2 0,0
  • 1 Autres hébergements collectifs touristiques.
  • 2 Hors zones littorales ou massifs montagneux (une zone urbaine sur le littoral est classée en littoral et non dans l’espace urbain).
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme et la Direction générale des entreprises, enquête sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques.

La fréquentation de la clientèle non résidente baisse en Île-de-France

La fréquentation touristique estivale augmente peu (+ 0,3 %) en Île-de-France par rapport à l’été 2018. La hausse de la clientèle résidente (+ 4,1 %) compense à peine la baisse des nuitées des non-résidents (− 2,6 %). Cette quasi-stagnation fait suite à deux étés en forte hausse (+ 7,6 % en 2018 et + 13,7 % en 2017).

L’activité touristique augmente de façon plus marquée dans l’espace urbain de province (+ 2,7 %), où tous les types d’hébergement bénéficient de la hausse. Moins fréquentés par les touristes non résidents que ceux d’Île-de-France, les hébergements des espaces urbains de province sont moins affectés par les évolutions de comportements de cette clientèle non résidente.

Les littoraux de l’ouest et du nord profitent de conditions météorologiques très favorables

La fréquentation estivale augmente de 2,1 % en un an sur le littoral. Le nombre de nuitées sur le littoral méditerranéen baisse de 0,5 % par rapport à l’été 2018. En revanche, la fréquentation est dynamique sur les littoraux atlantique (+ 3,3 %), breton (+ 4,4 %) et surtout sur les littoraux de Normandie et du nord de la France (+ 8,9 %). Le beau temps généralisé et la forte chaleur persistante de l’été 2019 ont pu conduire certains estivants à rechercher une fraîcheur relative. Comme en 2018, la fréquentation des campings littoraux (+ 3,5 %) augmente plus fortement que celle des hôtels (+ 1,1 %), tandis que le nombre de nuitées dans les AHCT du littoral baisse (− 1,1 %).

Une saison positive dans les massifs de montagne

Dans les massifs de montagne, relativement peu fréquentés en dehors des périodes de sports d’hiver, la fréquentation augmente de 8,9 %. Après une saison d’été difficile en 2018, ces espaces retrouvent leur niveau de fréquentation de l’été 2017, avec un retour marqué de la clientèle résidente. La croissance est particulièrement forte pour les AHCT (+ 14,2 %). Mais le nombre de nuitées progresse également dans les campings et les hôtels.

Dans les « autres espaces », qui regroupent les zones rurales et les zones de moyenne montagne, la fréquentation augmente de 1,5 % par rapport à l’été 2018, grâce à la clientèle résidente (+ 2,2 %). Sur ces territoires, la fréquentation des non-résidents est stable (− 0,1 %).

La fréquentation est en nette hausse au nord et à l’ouest et moins dynamique au sud

La fréquentation est en hausse dans la plupart des régions métropolitaines durant la saison d’été 2019 (figures 2 et 3). La Corse fait exception avec une baisse sensible du nombre de nuitées (− 4,2 %), après plusieurs bonnes saisons d’été. Les épisodes successifs de fortes chaleurs de l’été ont pu conduire une partie de la clientèle à préférer des régions au climat plus tempéré.

Dans un grand quart nord-ouest du pays, la fréquentation augmente à un rythme nettement supérieur à la moyenne métropolitaine. Dans les Hauts-de-France et en Normandie, la hausse des nuitées dépasse largement 5 %, tirée par la fréquentation littorale. En Normandie, l’Armada de Rouen et le 75e anniversaire du débarquement ont attiré une clientèle résidente et plus encore non résidente, tandis que la saison estivale dans les Hauts-de-France est tirée par les résidents (+ 9,5 %). En Centre-Val-de-Loire, les nuitées sont en hausse de 4,6 %. Les touristes y sont venus plus nombreux, aussi bien dans l’espace urbain que dans les autres espaces. En Bretagne et dans les Pays de la Loire, la croissance des nuitées approche ou dépasse 4 %, grâce au dynamisme de l’espace urbain et à une bonne saison sur le littoral.

En Auvergne-Rhône-Alpes, la fréquentation est également en hausse marquée (+ 4,0 %). Cette croissance est portée par les résidents qui reviennent nombreux dans les massifs de montagne.

Dans le quart nord-est, la hausse est proche de la moyenne métropolitaine. En Bourgogne-Franche-Comté, le nombre de nuitées augmente de 2,7 %. Le retour des résidents dans l’espace urbain et les autres espaces de cette région compense largement la faible dynamique des non-résidents. Dans le Grand Est, la fréquentation est supérieure de 1,9 % à celle de l’été 2018.

Dans le sud, les évolutions sont contrastées. En Nouvelle-Aquitaine, la croissance des nuitées (+ 3,1 %) est tirée par les résidents. En Occitanie et en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), la fréquentation augmente nettement plus modérément (moins de 1 %). En Occitanie, elle est soutenue par la fréquentation des résidents dans l’espace urbain et dans les massifs de montagne. PACA est, avec la Corse, la seule région où la fréquentation des résidents baisse. Cette diminution est néanmoins compensée par le retour des non-résidents dans l’espace urbain et sur le littoral.

Figure 2 - Évolution 2019/2018 des nuitées d'été par région et grande zone géographique

Figure 2 - Évolution 2019/2018 des nuitées d'été par région et grande zone géographique - Lecture : durant la saison d’été 2019, par rapport à la même saison 2018, les nuitées ont augmenté de 5,5 % en Normandie.
Évolution 2019/2018 (en %)
Total Espace urbain* Littoral Massifs de montagne Autres espaces* Résidents Non-résidents
Hauts-de-France 7,0 2,3 6,0 /// 18,1 9,5 2,1
Normandie 5,5 2,3 10,4 /// -3,3 4,7 7,4
Centre-Val de Loire 4,6 3,8 /// /// 5,6 6,1 1,1
Bretagne 4,5 6,5 4,4 /// 3,0 6,6 -3,3
Auvergne-Rhône-Alpes 4,0 3,3 /// 10,9 -0,6 5,6 0,1
Pays de la Loire 3,9 4,4 3,1 /// 5,9 4,7 -0,8
Nouvelle-Aquitaine 3,1 1,9 3,4 -13,0 3,5 4,1 -0,1
Bourgogne-Franche-Comté 2,7 1,2 /// 16,1 2,6 3,8 0,9
Grand Est 1,9 3,4 /// 2,7 -0,7 2,6 0,8
Occitanie 0,9 3,1 0,9 3,7 -1,6 0,9 0,9
Provence-Alpes-Côte d'Azur 0,5 0,4 -0,2 7,7 0,4 -1,4 4,1
Île-de-France 0,3 0,3 /// /// /// 4,1 -2,6
Corse -4,2 /// -4,2 /// /// -3,0 -6,7
France métropolitaine 2,2 1,7 2,1 8,9 1,5 3,2 0,0
  • /// Absence de résultat due à la nature des choses.
  • * Hors zones littorales ou massifs montagneux (une zone urbaine sur le littoral est classée en littoral et non dans l’espace urbain).
  • Lecture : durant la saison d’été 2019, par rapport à la même saison 2018, les nuitées ont augmenté de 5,5 % en Normandie.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme et la Direction générale des entreprises, enquête sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques.

Figure 3 - Évolution des nuitées 2019/2018 par département

en %
Figure 3 - Évolution des nuitées 2019/2018 par département (en %) - Lecture : durant la saison d’été 2019, par rapport à la même saison 2018, le nombre de nuitées a augmenté de 0,5 % dans le Vaucluse.
Ain 2,3
Allier 5,1
Ardèche -4,1
Cantal 1,1
Drôme 2,3
Isère 5,1
Loire 4,3
Haute-Loire 0,9
Puy-de-Dôme 1,3
Rhône 6,2
Savoie 12
Haute-Savoie 5,7
Côte-d'Or 2,3
Doubs 1,4
Jura 5,2
Nièvre 2,4
Haute-Saône 8,7
Saône-et-Loire 2,3
Yonne -0,8
Territoire de Belfort 2
Côtes-d'Armor 5,2
Finistère 5
Ille-et-Vilaine 5,3
Morbihan 3,1
Cher 4
Eure-et-Loir 6,2
Indre 2,2
Indre-et-Loire 4,7
Loir-et-Cher 6,2
Loiret 2
Corse-du-Sud -3,7
Haute-Corse -4,7
Ardennes -19
Aube 2,5
Marne -2,3
Haute-Marne -8,4
Meurthe-et-Moselle 2,5
Meuse 1,3
Moselle 3
Bas-Rhin 4,6
Haut-Rhin 4,6
Vosges 0,7
Aisne 16
Nord 3,9
Oise 8,3
Pas-de-Calais 6
Somme 6,4
Paris 1,4
Seine-et-Marne 0,7
Yvelines -3,2
Essonne -2,5
Hauts-de-Seine 1,6
Seine-Saint-Denis -1
Val-de-Marne 0,7
Val-d'Oise -6,7
Calvados 10,3
Eure 0,5
Manche 2,5
Orne -8,5
Seine-Maritime 3
Charente 5,4
Charente-Maritime 4,9
Corrèze 1,2
Creuse -2,7
Dordogne 3,8
Gironde 2,7
Landes 3,1
Lot-et-Garonne 5,3
Pyrénées-Atlantiques 0,8
Deux-Sèvres 7,8
Vienne 1,5
Haute-Vienne -0,2
Ariège 2,8
Aude -1,2
Aveyron -0,6
Gard -3,3
Haute-Garonne 8,9
Gers -7,3
Hérault 2,3
Lot 2,5
Lozère -0,4
Hautes-Pyrénées 1
Pyrénées-Orientales 0,4
Tarn -0,1
Tarn-et-Garonne 0,3
Loire-Atlantique 3,3
Maine-et-Loire 5,7
Mayenne 1,4
Sarthe 4,5
Vendée 3,9
Alpes-de-Haute-Provence -1,3
Hautes-Alpes 4
Alpes-Maritimes 0,1
Bouches-du-Rhône 2,7
Var -0,7
Vaucluse 0,5
  • Lecture : durant la saison d’été 2019, par rapport à la même saison 2018, le nombre de nuitées a augmenté de 0,5 % dans le Vaucluse.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme et la Direction générale des entreprises, enquête sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques.

Figure 3 - Évolution des nuitées 2019/2018 par département

  • Lecture : durant la saison d’été 2019, par rapport à la même saison 2018, le nombre de nuitées a augmenté de 0,5 % dans le Vaucluse.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux et départementaux du tourisme et la Direction générale des entreprises, enquête sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques.

Un début de saison en demi-teinte, rattrapé par les mois de juin et juillet

En France métropolitaine, le début de saison d’été 2019 est en demi-teinte, avec une baisse des nuitées de 1,0 % en avril-mai par rapport à 2018. Au mois de juin, le week-end de Pentecôte et des conditions météorologiques favorables en fin de mois permettent une forte augmentation de la fréquentation (+ 11,6 %). Cette dernière progresse plus modérément en juillet (+ 2,1 %) et en août (+ 1,0 %). La saison d’été finit sur une note positive grâce à l’hôtellerie de plein-air : en septembre, la fréquentation augmente de 4,1 % dans les campings.

Sources

En partenariat avec la Direction générale des entreprises et les comités régionaux et départementaux du tourisme, l’Insee réalise mensuellement une enquête sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques : hôtels, campings et autres hébergements collectifs touristiques (AHCT).

Un changement de questionnaire à partir de janvier 2019 modifie la manière d’observer le pays de résidence des touristes. Jusqu’en janvier 2019, lorsque le pays de résidence d’un touriste n’était pas connu, les nuitées et les arrivées de touristes étaient imputées aux non-résidents. À partir de janvier 2019, une nouvelle modalité de réponse « pays non-connu » a été introduite dans le questionnaire. Elle permet d’identifier les situations pour lesquelles le responsable de l’hébergement ne sait pas si les touristes sont résidents ou non-résidents. Cette modification permet de mieux estimer la répartition des nuitées et des arrivées entre résidents et non-résidents.

Révision des séries concernant les hôtels

À partir du 1er janvier 2019, les données des hôtels non répondants sont imputées au moyen d’une nouvelle méthode, en fonction de leurs caractéristiques. Cette méthode d’imputation de la non-réponse tend à revoir légèrement à la baisse le nombre total de nuitées (− 0,9 % au quatrième trimestre 2018) mais n’a pas d’impact sur les évolutions. Les données sont inchangées pour les autres modes d’hébergement.

Définitions

La saison d’été couvre les mois d’avril à septembre.

La clientèle peut être soit résidente en France (si son lieu d’habitation habituel est localisé en France) soit non résidente.

Les nuitées (ou fréquentation) correspondent au nombre total de nuits passées par les clients. Un couple séjournant trois nuits consécutives dans un hôtel compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Les autres hébergements collectifs touristiques (AHCT) comprennent notamment les résidences de tourisme (dont appart’hôtel), villages de vacances, maisons familiales et auberges de jeunesse. Ils n’incluent pas les hébergements proposés par des particuliers.